Élections Québec se prépare à tenir les élections scolaires de 2020 en organisant un projet-pilote de vote par Internet, même si le nouveau ministre de l’Éducation veut abolir les commissions scolaires.

Le vote par Internet toujours à l’étude en vue des élections scolaires de 2020

Élections Québec planche sur un projet-pilote de vote électronique en vue des élections scolaires de 2020, même si la Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite qu’elles n’aient jamais lieu.

La semaine dernière, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a affirmé qu’il allait tenir son engagement d’abolir les élections scolaires et de transformer les commissions scolaires en centres de service aux élèves.

«La transformation des commissions scolaires va se faire graduellement», a-t-il soutenu, avant d’ajouter qu’«il va falloir que ça se fasse avant les prochaines élections scolaires, ça c’est certain». Celles-ci sont prévues pour novembre 2020.

Élections Québec se prépare d’ailleurs à tenir ces élections en organisant un projet-pilote de vote par Internet. L’objectif est de stimuler la participation électorale à ce scrutin, qui est normalement boudé par les Québécois. 

«Les travaux sont enclenchés. Il y a plusieurs questions qui se posent, notamment sur la sécurité électronique, la confidentialité du vote, les coûts de l’opération et bien d’autres», énumère Ahissia Ahua, porte-parole d’Élections Québec.

Motion à l’Assemblée nationale

Une motion présentée à l’Assemblée nationale le 14 juin dernier par l’ex-ministre de l’Éducation Sébastien Proulx exige que ce projet-pilote soit prêt à temps pour les élections scolaires de 2020, qui deviendraient un banc d’essai pour le vote électronique au Québec.

«On est dans les débuts des travaux, mais ça avance. On regarde ce qui se fait à l’international, par exemple», ajoute Mme Ahua.

Depuis que la CAQ a pris le pouvoir, aucune directive n’a été envoyée à Élections Québec pour que cessent ces travaux. Francis Bouchard, l’attaché de presse du ministre Roberge, confirme que son cabinet n’a pas encore pris position quant à l’avenir de ce projet-pilote chez Élections Québec. «Nous sommes en train d’étudier le dossier», affirme M. Bouchard.

Résistance

Les élus scolaires n’ont toutefois pas l’intention de voir leur rôle être supprimé sans réagir. Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, de même que l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec attendent une première rencontre avec le ministre Roberge pour tenter de le convaincre d’abandonner cette idée.

«Les idées, ça évolue. La première fois qu’on a parlé d’abolir les élections scolaires, c’était il y a 20 ans, avec l’ADQ de Mario Dumont», lance M. Fortier, qui croit que le sujet n’est plus d’actualité.

«Le Québec n’a pas besoin de ce débat de structures qui a déjà été fait il y a deux ans», ajoute-t-il. À cette époque, les libéraux de Philippe Couillard avaient voulu abolir les élections scolaires, mais en constatant la résistance, qui provenait surtout de la communauté anglophone, ils ont jeté l’éponge.

M. Fortier est d’avis que les élus scolaires doivent «être plus visibles, plus lisibles», afin que la population adhère à leurs idées. Il croit également que le projet-pilote d’Élections Québec est très important et mérite d’être poursuivi. «Peut-on se donner la chance de réussir?»

Lors des dernières élections scolaires, en 2014, le taux de participation était en deçà de 5 % au Québec.