Une loi est censée protéger ceux qu’on appelle les «lanceurs d’alerte» au Québec, mais le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a affirmé que, dans le congédiement de l’agronome Louis Robert, il y a d’autres facteurs en cause, mais sans les préciser.

Le SPGQ s’insurge du congédiement d’un lanceur d’alerte

Un syndicat s’inquiète «profondément» du congédiement par le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, d’un fonctionnaire qui a alerté la population concernant l’usage de pesticides.

Selon le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), c’est du «jamais vu», et de surcroît, M. Lamontagne a sali son membre sur la place publique.

Rappelons les faits : l’agronome Louis Robert, un expert dans le secteur des grains, avait condamné l’ingérence du privé dans la recherche publique sur l’usage des pesticides.

Le 24 janvier, il a été congédié pour avoir transmis un document confidentiel à un journaliste, ainsi que pour avoir contrevenu aux obligations de discrétion.

Mercredi matin, M. Lamontagne avait dit être «très à l’aise» avec sa décision. Une loi est censée protéger ceux qu’on appelle les «lanceurs d’alerte» au Québec, mais le ministre a affirmé qu’il y a d’autres facteurs en cause, sans les préciser.

«Il y a un ensemble de facteurs qui ne sont pas nécessairement tous connus. Je ne peux vous en dire plus, parce que c’est un dossier personnel.»

La loi prévoit qu’une personne peut choisir de communiquer les renseignements à son ministère, ou encore doit les communiquer à un corps de police ou au Commissaire à la lutte contre la corruption.

«Profondément inquiet»

En entrevue avec La Presse canadienne mercredi, le président du SPGQ, Richard Perron, était indigné et «profondément inquiet».

Il dit n’avoir jamais vu un cas de congédiement direct par un ministre d’un fonctionnaire qui est à cinq paliers hiérarchiques plus bas que lui.

«Pourquoi il s’est impliqué? C’est bizarre», a déclaré M. Perron.

Selon lui, dans ce dossier de santé publique où il y a de gros intérêts financiers, le ministre se range du côté de ceux qui produisent des pesticides potentiellement dangereux.

En outre, le ministre insinue qu’il y a autre chose et salit donc le membre du SPGQ, a soutenu M. Perron.

En riposte, le syndicat a transmis la lettre, qui fonde le congédiement sur les deux motifs invoqués. La correspondance évoque également des «mesures antérieures» au dossier, notamment un «comportement inapproprié».

M. Perron assure que le syndicat va défendre M. Robert «jusqu’au bout». Le SPGQ défendra également deux autres employés qui ont écopé de suspensions en lien avec ce dossier.

En point de presse mercredi matin avant de se rendre à la réunion du caucus de son parti à Gatineau, André Lamontagne dit avoir été informé de la situation dès son arrivée à la tête du ministère.

Il dit ne pas avoir été partie prenante, mais avoir posé des questions pour ensuite trancher.

«C’est ma décision, alors je suis très à l’aise avec ma décision», a-t-il affirmé.