Don Meredith
Don Meredith

Le Sénat modifie les règles dans le processus impliquant les victimes de Meredith

La Presse Canadienne
Le Sénat a accepté de permettre aux victimes de harcèlement de l’ex-sénateur Don Meredith d’être accompagnées d’un avocat lorsqu’elles doivent répondre à l’évaluatrice indépendante chargée de déterminer quelle compensation pourrait leur être versée.

Il s’agit d’un recul partiel dans les règles fixées par la chambre haute. Un changement qui survient deux jours après que deux ex-employées de Don Meredith se sont confiées à La Presse Canadienne, qualifiant le processus de «totalement inacceptable».

Les deux femmes ont déclaré, mardi, qu’elles se sentaient intimidées par le Sénat pour qu’elles acceptent de participer à un processus d’indemnisation qu’elles jugent injuste et opaque.

Ces femmes n’ont pas été nommées publiquement et se sont exprimées sous le couvert de l’anonymat pour préserver leur vie privée en tant que victimes de harcèlement et d’abus.

Parmi leurs récriminations, elles ont critiqué l’impossibilité de recourir à un avocat pour les accompagner dans leurs échanges avec l’évaluatrice indépendante, l’ancienne juge de la Cour d’appel du Québec Louise Otis, sous prétexte qu’il ne s’agit pas d’un procès ou d’une audience judiciaire.

Louise Otis

On leur a également fait savoir, dans une lettre envoyée par l’avocat du Sénat, que toute dépense engagée auprès d’un juriste pour obtenir des conseils dans la préparation de leur témoignage serait faite à leurs frais.

Dans une déclaration publiée jeudi, le puissant Comité permanent de la régie interne, des budgets et de l’administration du Sénat dit vouloir fournir des «informations additionnelles concernant le processus d’évaluation».

On y précise que «les participants au processus peuvent être accompagnés d’un conseiller juridique» et que l’évaluatrice «peut recommander au Sénat d’indemniser les participants pour leurs frais juridiques».

L’ancienne juge Louise Otis a été embauchée afin de discuter avec six anciennes employées du bureau du sénateur Meredith et d’examiner tous les documents de deux enquêtes précédentes sur sa conduite, dont une complétée il y a un an par le conseiller sénatorial en éthique.

Cette enquête a révélé que M. Meredith avait à plusieurs reprises harcelé, menacé et intimidé son personnel et touché, embrassé et fait des propositions à plusieurs reprises à certaines employées.

Don Meredith, qui avait été nommé par l’ancien premier ministre Stephen Harper en 2010, a démissionné en 2017 après qu’une enquête distincte a conduit à une recommandation interne selon laquelle il serait expulsé pour une relation sexuelle qu’il avait eue avec une adolescente.

Il n’a fait face à aucune accusation criminelle.