L’interdiction immédiate de certains produits ne semble toutefois pas être dans la mire du gouvernement caquiste.

Le Québec veut garder les moyens d’agir sur le plastique

Si le gouvernement du Québec est d’accord avec l’idée de réduire au maximum les déchets de plastique, il rappelle au gouvernement fédéral qu’il veut décider des moyens pour y arriver.

«On serait pas contre une politique-cadre qui fixerait des objectifs, en autant que les moyens restent au niveau des provinces», avertit le ministre de l’Environnement Benoit Charrette.

«On est tous d’accord avec une réduction de l’utilisation du plastique», lance le premier ministre François Legault. Son gouvernement est d’ailleurs en train de rédiger un plan pour réduire les déchets et répondre à l’actuelle crise du recyclage.

Est-ce que les Québécois sont prêts toutefois à voir le coût de certains produits augmenter si on légifère sur le matériau dans lequel ils seront emballés? «Je pense que les gens sont prêts à faire des efforts pour moins consommer de plastique», répond M. Legault.

Avec l’environnement comme thème central de son dernier conseil général, la Coalition avenir Québec tient à en faire davantage en cette matière. «On est relativement avancés dans la réflexion, au point où dès l’automne qui vient, on serait en mesure d’annoncer un plan ambitieux au niveau de la récupération, du recyclage et de la revalorisation de différents produits, notamment le plastique», indique M. Charrette.

Difficile d’interdire

L’interdiction immédiate de certains produits ne semble toutefois pas être dans la mire du gouvernement caquiste. «C’est difficile d’interdire à ce moment-ci, lorsque les produits de remplacement ne sont pas toujours disponibles. Notre souci à ce moment-ci, c’est réellement de limiter l’utilisation à la source, ce qui est déjà une grosse partie du problème», ajoute M. Charrette.

Le 27 juin, une rencontre aura lieu entre la ministre de l’Environnement fédérale et tous les ministres de l’Environnement des provinces. Le plastique sera à l’ordre du jour. Sans dire que le Québec sera précurseur sur le sujet, M. Charrette se dit «convaincu que les moyens qu’on mettra de l’avant risquent d’inspirer les autres provinces».

M. Charrette soutient que des modifications à certaines lois et à certains règlements seront nécessaires à partir de l’automne pour que son plan puisse se déployer. Chose certaine, il faut éviter selon lui que 50 % des contenants de verre et de plastique que les Québécois déposent dans leur bac bleu se «retrouvent bêtement à l’enfouissement», comme c’est le cas à l’heure actuelle.