Le Parti libéral du Québec a décidé de transférer son war room de campagne électorale à Québec.

Le quartier général électoral du PLQ à Québec

Compte tenu des mauvais sondages et de l’importance qu’il y a pour lui à ne pas perdre de plumes — ou pas trop — dans la capitale, le Parti libéral du Québec (PLQ) a décidé de transférer son «war room» de campagne électorale à Québec.

Le dernier sondage Léger sur les intentions de vote au Québec, publié samedi dans Le Devoir, donnait 28 % au PLQ, contre 39 % à la Coalition avenir Québec (CAQ) et 20 % au Parti québécois (PQ).

Dans la région de la capitale, la formation de François Legault est créditée de 53 % d’appuis, ce qui ferait vraisemblablement disparaître tous les élus libéraux si ce chiffre se concrétisait dans les urnes le 1er octobre.

Les députés libéraux à qui les journalistes parlent depuis des mois dans les couloirs de l’Assemblée nationale cachent mal leurs inquiétudes pour la suite des choses. Une situation qui ne favorise guère le recrutement de candidats de prestige pour les prochaines élections, confie-t-on également depuis quelque temps.

Mercredi, les députés libéraux qui seront réunis à huis clos jusqu’à jeudi après-midi pour préparer la nouvelle rentrée parlementaire devraient apprendre que la direction du parti a choisi d’installer son prochain «war room» de campagne à sa permanence de Québec plutôt qu’à celle de Montréal, comme cela a toujours été le cas.

Autrement dit, que la prochaine campagne libérale sera en quelque sorte dirigée de la capitale. C’est en tout cas ce qui devrait être annoncé aux députés. Cette information n’a pu être confirmée de source officielle. Elle provient cependant d’un interlocuteur libéral proche de ces questions.

L’opération vise à tenter de bénéficier de meilleures antennes ailleurs que dans la métropole — et à rassurer les élus libéraux inquiets, peut-on comprendre.

La CAQ est en avance non seulement dans la capitale, mais aussi dans toutes les régions du Québec, selon le dernier Léger. Il n’y a qu’à Montréal que le PLQ maintient une légère avance.

«Mégadonnées politiques»

En vue de la prochaine campagne électorale, le Parti libéral du Québec entendrait par ailleurs travailler avec une firme spécialisée dans les «mégadonnées politiques», Data Sciences. Cette entreprise s’est installée à Montréal récemment. Son expertise s’est développée pendant la campagne électorale des libéraux fédéraux de Justin Trudeau.

L’automne dernier, un représentant de cette firme a indiqué à La Presse que celle-ci a aussi contribué «à l’effort d’analyse de données mené par la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron au premier et, surtout, au deuxième tour en France».

Les firmes du genre, très en vogue aux États-Unis, cherchent à permettre aux partis politiques de cibler différents groupes d’électeurs. «On est bons dans l’utilisation du data et du numérique pour induire une action humaine», s’est félicité le représentant de Data Sciences dans ce reportage. À ce moment-là, il n’était pas question du Parti libéral du Québec avec lequel une entente paraît avoir été conclue.