Le PQ veut que chaque école ait son Epipen

Toutes les écoles primaires et secondaires du Québec devraient avoir un auto-injecteur Epipen à portée de main pour faire face aux cas urgents de réaction allergique, croit le Parti québécois.

La députée péquiste Carole Poirier a déposé un projet de loi en ce sens jeudi, que son parti adoptera s’il est porté au pouvoir l’automne prochain. «Nous sommes la seule province au Canada qui n’a pas encore mis des balises pour s’assurer de protéger nos enfants», déplore-t-elle.

Aucune norme minimale n’encadre les directions d’école, qui gèrent au mieux de les cas d’allergies alimentaires chez les enfants. Il y a un an, le ministre de la Santé Gaétan Barrette avait soutenu que «des Epipen, dans des écoles, ça devrait être partout» et que des discussions entre le ministère de l’Éducation et de la Santé pour établir un protocole uniforme étaient en cours. Mais depuis, aucun protocole du genre n’a été annoncé. 

«Il ne faut surtout pas attendre un prochain décès», prévient Dominique Seigneur, directrice générale d’Allergies Québec. Mme Seigneur rappelle que le dernier décès par anaphylaxie dans une école remonte à 2011, alors que la petite Megann Ayotte, 6 ans a péri parce que «personne n’a su agir». «C’est 7 années qui ont passé et il n’y a rien qui a été fait», regrette-t-elle. 

En 2005, l’Ontario a adopté la Loi Sabrina, après le décès médiatisé d’une jeune fille portant ce nom, d’un choc anaphylactique dans une école.

Allergies Québec calcule que 75 000 enfants allergiques fréquentent les écoles du Québec. Mme Seigneur explique qu’il n’est pas question de «déresponsabiliser» l’enfant, qui devrait toujours porter son Epipen à la taille.

Il s’agit seulement d’avoir un autre auto-injecteur prêt à servir en tout temps dans chaque milieu scolaire, comme de nombreux arénas et centres sportifs ont un défibrillateur cardiaque à portée de main. 

«On a une deuxième chance si on a un problème avec le premier auto-injecteur, si on a besoin d’injecter de nouveau après 5 minutes ou s’il s’agit d’une toute première réaction allergique», explique Mme Seigneur. 

Allergies Québec demande également à ce que de la formation soit donnée à tout le personnel scolaire. Des mesures dont le coût n’a pas été précisé. 

Mme Seigneur soutient que les réactions allergiques les plus fortes aujourd’hui ne sont plus seulement causées par les arachides et des noix, mais par 10 autres allergènes dangereux, dont le lait, les oeufs, la moutarde ou les kiwis. 

Comme les écoles ne peuvent interdire tous ces aliments dans les boîtes à lunch, il est important selon elle d’être prêt à agir si un contact survient.