Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, a reconnu que les libéraux ont trop attendu avant de parler d'environnement lors de la dernière campagne électorale.

Le Parti libéral du Québec pourrait prendre un virage vert

LAC-BEAUPORT — Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec (PLQ), Pierre Arcand, estime que sa formation politique pourrait prendre un virage vert. Il accueille favorablement l’idée de la commission jeunesse de faire de la lutte aux changements climatiques et de la protection de l’environnement la neuvième valeur officielle du parti.

M. Arcand a reconnu, mercredi, que les libéraux ont trop tardé à parler d’environnement lors de la dernière campagne électorale.

Son prédécesseur, Philippe Couillard, avait attendu au 30e jour de la course pour dévoiler sa première promesse en environnement, qui consistait notamment à interdire les pailles en plastique dans les bars et les restaurants.

«Le reproche qui a été fait pendant la campagne, c’était qu’on a présenté nos mesures environnementales un peu plus tard que ce qui aurait peut-être dû être à ce moment compte tenu de l’importance que l’environnement a pris», a déclaré M. Arcand à son arrivée à l’hôtel L’Entourage, au Lac-Beauport, où les 29 députés libéraux sont réunis en caucus présessionnel.

«C’est incontournable. J’accueille avec beaucoup d’enthousiasme cette idée qui vient de la commission jeunesse. La question des changements climatiques interpelle tout le monde», a-t-il ajouté.

Il a fait valoir que le gouvernement libéral a posé plusieurs gestes significatifs en matière d’environnement dans le passé, dont la création du Fonds vert.

Le plan du Québec en matière de lutte aux changements climatiques prévoit également de diminuer d’ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5 pour cent, et de 20 pour cent d’ici 2020.

Cependant, pour le président de la commission jeunesse du PLQ, Stéphane Stril, ce n’est pas suffisant. «En 2018, la question climatique ne peut plus être une question de second plan qu’on aborde lorsqu’on a le temps», a-t-il souligné en entrevue téléphonique, mercredi.

Il a prévenu qu’aucun candidat ne peut espérer devenir chef du PLQ s’il ne s’intéresse pas aux propositions des jeunes.

«Je suis très d’accord avec les jeunes libéraux. Les milléniaux ne parlent que de ça», a répondu d’emblée la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, qui n’exclut pas de briguer la chefferie.

«On sait que le Parti libéral du Québec, c’est le parti de l’économie. On veut que ça devienne le parti de l’économie verte», a-t-elle tranché.

La porte-parole libérale en matière d’environnement, Marie Montpetit, a pour sa part décoché quelques flèches à la Coalition avenir Québec (CAQ).

Elle juge «archaïque» que le gouvernement Legault étudie la possibilité de relancer l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti.

«Il y a une démarche en ce moment pour que l’île d’Anticosti soit reconnue au niveau de patrimoine mondial à l’UNESCO. C’est un joyau patrimonial et un joyau au niveau de la biodiversité. Je ne comprends pas cette orientation archaïque», a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, les élus libéraux participeront à des activités de «team building» au Lac-Beauport. Selon M. Arcand, le quart des députés ne se connaissent pas.

«Il y a ce qu’on appelle l’esprit d’équipe à garder avec nous, et je pense que ça, c’est très important», a-t-il dit.

Une randonnée pédestre avec tous les députés est prévue mercredi, en fin de journée.

L’équipe libérale pourra d’ailleurs compter sur l’ex-ministre Lucie Charlebois pour assurer la cohésion. Celle qui a été battue dans Soulanges aux dernières élections devient chef de cabinet de la whip Nicole Ménard.