Mercredi, le premier ministre François Legault s'est porté à la défense de celui qui a procédé au congédiement de Louis Robert, le sous-ministre du MAPAQ, Marc Dion.

Le lanceur d'alerte Louis Robert ne sera pas réintégré, confirme Legault

Malgré les demandes répétées des partis d'opposition, le fonctionnaire du ministère de l'Agriculture (MAPAQ) et lanceur d'alerte Louis Robert, congédié en janvier, ne sera pas réintégré dans ses fonctions.

Mercredi, le premier ministre François Legault s'est porté à la défense de celui qui a procédé au congédiement de M. Robert, le sous-ministre du MAPAQ, Marc Dion.

Un sous-ministre peut, «s'il a de bonnes raisons», congédier un fonctionnaire, a soutenu le premier ministre durant la période de questions quotidienne à l'Assemblée nationale.

«C'est important de le faire, c'est important de prioriser la compétence», a-t-il commenté, dans la foulée des propos contradictoires tenus par le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, depuis une semaine, en relation avec ce congédiement.

À propos de M. Dion, le premier ministre a dit que c'était «un expert en gestion, c'est pour ça qu'il a été nommé sous-ministre».

Les partis d'opposition dénoncent le sort subi par M. Robert et jugent qu'il devrait être réintégré dans ses fonctions le temps que la lumière soit faite sur son congédiement controversé, relié à l'ingérence présumée du secteur privé dans la recherche sur l'usage de pesticides en agriculture.

Mais le gouvernement maintient sa position : une demande d'enquête a été formulée à la protectrice du citoyen.

Mercredi, l'opposition libérale a aussi réclamé une commission parlementaire pour faire la lumière sur toute l'histoire.

«Le ministre est en tutelle», a considéré le député libéral Gaétan Barrette, qui parle d'une tentative de «cover up» et de «censure» de toute l'affaire par le gouvernement.

Selon lui, seule une commission parlementaire permettrait de braquer un projecteur sur les circonstances et les raisons à l'origine du congédiement.

«C'est grave ce qui arrive à M. Robert», a estimé l'ex-ministre Barrette.

«Deux poids, deux mesures»

«Deux poids, deux mesures», a dit de son côté, en point de presse, le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, en rappelant que l'ex-ministre MarieChantal Chassé avait été exclue du conseil des ministres pour ses problèmes de communication, alors que M. Lamontagne demeure ministre, même s'il donne «quatre versions» différentes des faits et «ça passe» auprès du premier ministre.

Depuis des jours, les partis d'opposition soutiennent que M. Robert a été victime de représailles pour avoir tenté de défendre les intérêts du public en dénonçant l'ingérence du secteur privé dans la recherche gouvernementale.

Son seul crime «a été de vouloir protéger le public québécois des influences indues de l'entreprise privée», a fait valoir Pascal Bérubé.

Il y a une semaine, le ministre André Lamontagne a placé le gouvernement Legault dans l'embarras, à la suite de ses déclarations contradictoires.

Il a affirmé avoir «autorisé personnellement» le congédiement de M. Robert, avant de se rétracter. Il a aussi dit que le congédiement était lié à d'autres raisons que le manque de loyauté envers le gouvernement, avant de modifier sa version des faits.

Expert dans le secteur des grains, Louis Robert avait dénoncé l'ingérence du secteur privé dans les recherches effectuées sur l'usage des pesticides par le Centre de recherche sur les grains (CÉROM), financé par l'État québécois.

Il a été limogé le 24 janvier pour avoir transmis un document confidentiel à un journaliste, ainsi que pour avoir contrevenu à ses obligations de discrétion, selon la lettre de congédiement rendue publique.

Selon M. Robert, qui conteste son congédiement, les chercheurs feraient l'objet de pressions et même d'intimidation de la part du secteur privé.