Geneviève Guilbault a répondu à l’appel de la politique il y a tout juste un an, et la voilà devenue numéro deux du gouvernement du Québec, à titre de vice-première ministre.

L’ascension fulgurante de Guilbault

L’ascension est fulgurante. Geneviève Guilbault, 35 ans, a répondu à l’appel de la politique il y a tout juste un an, et la voilà devenue numéro deux du gouvernement du Québec, à titre de vice-première ministre.

«On reçoit cet honneur avec beaucoup d’humilité et on promet de faire de notre mieux. C’est ce que je compte faire», a commenté la nouvelle ministre, tout sourire.

Mme Guilbault a répondu calmement à de nombreuses entrevues quelques minutes après avoir appris qu’elle aurait à porter trois chapeaux au cours des quatre prochaines années : celui de vice-première ministre du Québec, de ministre de la Sécurité publique et de ministre responsable de la Capitale-Nationale. «Je vais travailler très fort pour honorer ces trois positions.»

Mme Guilbault est consciente que le chef François Legault lui donne beaucoup de poids au sein de son gouvernement. «On peut penser que [le rôle de vice-première ministre] va être légèrement différent de celui qu’on a connu jusqu’à aujourd’hui.»

Une note interne obtenue par Le Soleil il y a trois semaines évoquait que ce poste permettrait à son titulaire de parler «au nom du gouvernement dans tous les dossiers, y compris sur la scène internationale.» La vice-première ministre piloterait également un «Comité de suivi des engagements électoraux» selon cette note.

Mme Guilbault a indiqué que des discussions doivent toujours avoir lieu entre elle et M. Legault sur son rôle précis.


« La politique, chez moi, c’est un projet familial. J’ai l’homme qui a toujours été un partenaire hors pair depuis la naissance de ma fille, qui va continuer de l’être. »
Geneviève Guilbault, vice-première ministre du nouveau gouvernement caquiste

Pour ce qui est de la Sécurité publique, la nouvelle ministre dit avoir «une connaissance expérientielle» du milieu. Cette diplômée en communication publique de l’Université Laval a déjà travaillé au cabinet de Jacques Dupuis, ex-ministre de la Sécurité publique, de même qu’à la sécurité civile et au Bureau du coroner.

Nouvelle maman

C’est sous le regard de son conjoint et de sa fille de neuf mois, prénommée Capucine, que Mme Guilbault a été assermentée jeudi. Pendant que maman était en direct à la télévision, le bébé mordillait ses mains quelques mètres plus loin.

La politicienne est bien consciente que ses lourdes responsabilités vont lui imposer de plus grands sacrifices familiaux encore que ce qu’elle a vécu jusqu’à maintenant.

«Je le vis très bien. La politique, chez moi, c’est un projet familial. J’ai l’homme qui a toujours été un partenaire hors pair depuis la naissance de ma fille, qui va continuer de l’être.» Mme Guilbault dit également pouvoir compter sur ses parents et de la famille élargie.

«C’est important d’avoir des élus qui sont connectés sur les préoccupations du vrai monde. Je pense qu’en termes de conciliation travail-famille, je vais être quelqu’un très à l’écoute», ajoute-t-elle.

Ses projets politiques ont toujours été de pair avec ses projets familiaux. En septembre 2017, elle dit oui à François Legault en se présentant à l’élection partielle dans Louis-Hébert. À la dernière minute et enceinte de six mois, elle accepte de remplacer un candidat caquiste évincé.

Sa victoire est totale. Elle gagne avec 51 % des voix dans ce qui était considéré un château-fort libéral. Emballé, François Legault la qualifie de «nouvelle étoile de la politique». Depuis, il la voit comme l’élément déclencheur de la montée de la Coalition avenir Québec, montée qui a mené à une victoire écrasante le 1er octobre dernier.

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