La CAQ propose de baisser davantage les taxes scolaires

SAINTE-ADÈLE — Après les libéraux, au tour de la Coalition avenir Québec (CAQ) de tenter de séduire l’électorat en proposant une baisse des taxes scolaires, grâce à un taux unique pour toutes les régions du Québec.

Au deuxième jour du caucus du parti, dans les Laurentides, la CAQ a attaqué la réforme des taxes scolaires du ministre de l’Éducation Sébastien Proulx, en prenant l’engagement électoral de faire mieux.

Le chef François Legault croit que la proposition du gouvernement libéral d’imposer des taux de taxes scolaires différents d’une région à l’autre est «indéfendable». «C’est broche à foin, c’est encore une fois improvisé de la part du gouvernement libéral. Bien honnêtement, je serais pas surpris de voir le gouvernement encore une fois, reculer, copier la CAQ.»

La CAQ doublerait la mise des libéraux et baisserait les taxes scolaires de 1,37 milliard d’ici 2022. Pour les contribuables de certaines régions, comme la Mauricie ou le Saguenay-Lac-Saint-Jean, les économies entre le scénario libéral et le scénario caquiste seraient de l’ordre de 520$, mais pour d’autres, ceux de la région de Québec par exemple, l’économie serait de seulement 72$. 

Responsable

La CAQ compenserait les commissions scolaires, si bien qu’elles ne perdraient rien au change. Pour le parti, il n’est pas question de couper en éducation.

M. Legault compte sur les surplus accumulés, des économies à faire dans les systèmes informatique et la croissance de l’économie québécoise pour financer sa mesure.  «Considérant l’état des finances publiques actuellement, c’est possible de financer cette mesure et d’investir en éducation. C’est possible de faire les deux. Il n’y aura pas de mauvaises surprises avec un gouvernement de la CAQ. On va agir de façon responsable.»

M. Legault dit vouloir encore alléger le fardeau fiscal des Québécois. «Il y aura d’autre formes d’aide pour le porte-feuille des familles», assure-t-il, dans un plan financier qui sera précisé au cours des prochains mois. 

Lors de la campagne électorale de 2014, la CAQ proposait d’abolir complètement la taxe scolaire. M. Legault dit faire «d’autres choix» cette fois-ci. Le parti a d’ailleurs toujours l’intention d’abolir les élections scolaires et de transformer les commissions scolaires en centres de services aux écoles. 

Dérive

Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, s’inquiète de la promesse des caquistes. «C’est comme si tout le débat de la taxe scolaire a pris une dérive», lance-t-il. M. Fortier avait bien accueilli la proposition libérale, qui permet de réduire les inégalités entre voisins et d’arrêter la migration des contribuables entre commissions scolaires francophones et anglophones. 

Il déplore maintenant «qu’une chasse au plus bas taux» soit enclenchée et que «la CAQ soit tombée dans ce piège-là». Selon lui, l’équité entre tous les contribuables n’est pas atteinte par une simple uniformisation du taux. «C’est une équation beaucoup plus complexe que ça», croit-t-il. 

À la CAQ, on comprend que les résidences ne valent pas la même chose dans une région éloignée qu’au centre-ville de Montréal, ce qui amènera des factures différentes, mais on croit quand même atteindre l’équité avec un taux uniforme.

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PROJET DE LOI SUR L'UPAC: LA CAQ AJUSTE SON TIR

Le chef de la CAQ François Legault a dû ajuster le tir du député de Beauce-Nord André Spénard mardi, sur le projet de loi 107, qui vise à donner davantage de pouvoirs à l’Unité permanente anticorruption (UPAC). 

Réunis en caucus, les députés de la CAQ ont discuté, à huis clos, de leurs prises de position en vue de la prochaine session parlementaire. Il semble qu’un imbroglio soit survenu dans le cas du projet de loi 107. 

En matinée, le député Spénard, critique en matière de Sécurité publique, a expliqué aux journalistes que son parti allait appuyer le projet de loi 107, car les amendements proposés par le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux étaient satisfaisants. 

La CAQ demande depuis des mois que le commissaire de l’UPAC soit nommé aux deux tiers de l’Assemblée nationale, mais le parti semblait prêt à mettre de côté cette demande. «Je vois pas l’utilité de voter contre le projet de loi juste à cause de ça», a soutenu M. Spénard.

Quelques minutes plus tard, le député est toutefois revenu voir les médias pour faire une mise au point. Il a soutenu que son parti allait voter en faveur du principe du projet de loi, afin que celui-ci chemine, mais que le vote sur l’adoption finale n’était pas encore scellé. 

Une position officielle que M. Legault a réaffirmé en conférence de presse, en fin d’avant-midi. «Ce qui est clair, c’est que oui, il y a des avancées dans le projet de loi et oui, on va essayer, avec les libéraux, de le bonifier. Mais en bout de ligne, si les libéraux refusent que le commissaire à l’UPAC soit nommé par un vote du deux tiers de l’Assemblée nationale, on va voter contre.»  

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LE PLAN DE LA CAQ EN CHIFFRES

269 $

Coût de la facture de taxes pour une maison de 280 000 $ partout au Québec en 2022

1,37 M$

Coût total des baisses de taxe scolaire, qui sera assumé par le gouvernement