De passage à La cache à Maxime avec son équipe de candidats, Philippe Couillard n’a pas bronché devant la sortie de l’ex-premier ministre Jean Charest. Selon ce dernier, la saga Ouimet n’aide pas le Parti libéral et laisse une impression d’improvisation.

Jean Charest s’immisce dans la précampagne

SCOTT — L’ex-premier ministre Jean Charest s’est immiscé dans la précampagne en se portant à la défense du député François Ouimet et en s’étonnant du «magasinage» que certains candidats effectuent auprès des partis. Des commentaires qui n’ont pas fait broncher l’actuel chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard.

En entrevue avec Nathalie Normandeau sur les ondes de la radio BLVD, M. Charest a soutenu que toute la saga entourant l’expulsion à la dernière minute du vétéran Ouimet de l’équipe libérale, «ça n’aide pas» le parti. «Ça laisse une impression qu’il y a de l’improvisation de part et d’autre, et ça, c’est jamais bon.»

M. Charest trouve «étonnant» que M. Couillard ait montré la porte à ce député «très efficace, apprécié dans son comté». M. Charest a soutenu que même lorsqu’il était chef du PLQ, François Ouimet avait l’ambition de devenir président de l’Assemblée nationale, une ambition qu’il juge «légitime». 

M. Charest a d’ailleurs critiqué M. Couillard pour avoir dit qu’on ne se fait pas d’amis en politique, ce qui n’est «pas vrai». «Ça a été des relations d’amitié qui ont été très fortes et que j’ai pour la vie», a soutenu celui qui a dirigé le Québec de 2003 à 2012.

Cette entrevue a été diffusée alors que la centaine de candidats libéraux qui sont déjà investis étaient réunis lundi à la Cache à Maxime de Scott, en Beauce. L’objectif de cette rencontre, une idée du président de campagne Alexandre Taillefer, est de «souder l’équipe» et de galvaniser les troupes avant de partir aux quatre coins du Québec. 

Appelé à réagir, M. Couillard a soutenu que les commentaires de M. Charest ne «changent absolument rien à notre enthousiasme et à notre désir d’aller en campagne», ajoutant que «tout le monde est libre de s’exprimer». 

Dans le dossier du député Ouimet, il s’est défendu en soutenant qu’il s’agissait d’une décision difficile, comme d’autres chefs de parti ont dû en prendre avant lui. «Je crois que c’est arrivé à toutes les époques et sous tous les chefs.»

Il a toutefois réitéré l’affection qu’il avait pour le député exclu, en soutenant que parfois, des décisions sont prises «aux dépens de gens qui sont des amis et qu’on aime». 

La centaine de candidats libéraux déjà investis, dont le nouveau venu Enrico Ciccone, étaient réunis lundi à La cache à Maxime de Scott, en Beauce.

Interchangeable

Jean Charest s’est aussi étonné lors de l’entrevue accordée à l’ex-ministre libérale Nathalie Normandeau que les candidats magasinent les partis et que ceux-ci magasinent les candidats. «J’ai jamais vu ça […] C’est comme si tout était interchangeable.»

M. Charest faisait entre autres allusion à la pdg du CHU de Québec, Gertrude Bourdon, qui a eu des discussions autant avec la CAQ, le PLQ et le PQ. Il raconte qu’à son époque, les gens se lançaient en politique sur la base de principes et de convictions profondes. «Je trouve ça intrigant de voir les gens se promener comme ça.»

Sans s’avancer sur les discussions que son parti peut avoir avec Mme Bourdon, M. Couillard a soutenu que les gens qui veulent se lancer en politique choisissent souvent le Parti libéral. «Parfois, ils sont allés voir ailleurs et reviennent vers nous à cause de la force de nos convictions et de nos valeurs. […] On a des exemples précis au cours des dernières semaines. On en aura d’autres peut-être bientôt et c’est ce qui fait notre force.»

Lors de son entrevue, M. Charest a également critiqué le PLQ pour avoir perdu son image de parti de l’économie au profit de la CAQ. 

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PONT DE QUÉBEC: COUILLARD DIT S'ÊTRE DÉJÀ ENGAGÉ

Le maire de Québec, Régis Labeaume, refait de la peinture du pont de Québec l’une de ses priorités en vue de la campagne électorale québécoise. En entrevue au FM93, M. Labeaume a appelé les politiciens à faire le choix de «déranger» dans ce dossier. Le chef du Parti libéral Philippe Couillard répond que son gouvernement a déjà réservé 23,5 millions $ pour repeindre le pont, mais que comme la structure appartient au CN, «c’est pas à nous d’aller au bâton en premier». «On s’est déjà engagés, mais ça dépend avant tout du CN et du fédéral. On n’ira pas faire la job des autres», a-t-il commenté en marge d’une journée de formation des candidats libéraux à Scott, lundi.  Patricia Cloutier

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IAN LAFRENIÈRE AUX CÔTÉS DE LEGAULT

Le chef caquiste François Legault confirmera ce mardi que son candidat dans la circonscription de Vachon sera Ian Lafrenière. Mis à part une interruption de quelque temps, M. Lafrenière a été le principal porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal ces dernières années. Il sera aux côtés de M. Legault en début d’après-midi dans cette circonscription de la rive sud de la métropole afin de confirmer qu’il sera candidat de l’équipe de la Coalition avenir Québec. La circonscription de Vachon est représentée à l’Assemblée nationale par la députée indépendante Martine Ouellet. Elle s’était fait élire sous la bannière péquiste lors du précédent rendez-vous électoral, et a été chef du Bloc québécois, avant d’être forcée de démissionner de son poste.  Jean-Marc Salvet