«Il n’y a pas un chef du Parti québécois qui ne veux pas s’entourer de gens forts, de futurs chefs du parti», soutient Jean-François Lisée.

«Je lui ai dit que la porte était grande ouverte»

Trois-Rivières — L’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau pourrait-il revenir en politique moins de deux ans après avoir l’avoir quittée? Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée a ouvert la porte à cette possibilité mardi, mais n’a pas l’intention de laisser son poste pour autant.

M. Lisée réagissait aux propos tenus par le patron de Québecor lundi matin à l’émission radiophonique Médium large sur les ondes de Radio-Canada. M. Péladeau a déclaré qu’il était «en réserve de la République» et que sa fille l’avait incité à retourner en politique, lui qui avait quitté ce monde alors qu’il était impliqué dans une dispute conjugale avec son ex-épouse, Julie Snyder.

Lors d’une mêlée de presse au Nouvelliste, M. Lisée a expliqué que des discussions sommaires avaient été tenues dans les dernières semaines quant à un retour de M. Péladeau avec la formation souverainiste.

«Bien sûr que je souhaite la venue de quelqu’un d’aussi fort, d’aussi déterminé avec une expérience économique aussi forte. Je lui ai dit, il le sait», indique le chef du Parti québécois, en ajoutant que les difficultés familiales qui avaient fait dérouter le plan de carrière de M. Péladeau semblent s’être améliorées.

«C’est à lui de décider. Mais je lui dis que la porte est grande ouverte.»

Pierre Karl Péladeau n’a pas fermé la porte à un retour en politique mardi et la machine à rumeur s’est aussitôt emballée, forçant le chef du Parti québécois à réagir lors de son passage au Nouvelliste en fin d’après-midi.

Le retour de M. Péladeau dans le giron péquiste s’avérerait un vent de fraîcheur à la suite du départ annoncé la semaine dernière de trois députés, soit Alexandre Cloutier, Agnès Maltais et Nicole Léger. M. Lisée apporte toutefois un bémol quant à la rapidité à laquelle l’ancien chef du PQ pourrait revenir en politique. «Je sens que c’est une réflexion qu’il mène. Pour l’instant, ce qu’il nous envoie comme signaux, c’est non. Ce que je ne savais pas, c’est que j’avais Romy avec moi. Ça m’a rendu heureux», a souligné M. Lisée à propos de la fille de l’homme d’affaires de 56 ans.

La sortie de Pierre Karl Péladeau intervient au moment où la formation souverainiste est au plus bas selon ce que suggèrent les derniers sondages, sous les 20 pour cent, tandis que la Coalition avenir Québec et le Parti libéral sont au coude-à-coude en cette année électorale.

Le chef péquiste a laissé entendre qu’il ne craignait pas qu’on le pousse vers la sortie pour réinstaller M. Péladeau à la tête de la formation. «Il n’y a pas un chef du Parti québécois qui ne veux pas s’entourer de gens forts, de futurs chefs du parti. Je pense savoir qu’il y a dans mon équipe de futurs chefs. Si Pierre Karl revient, si d’autres reviennent, moi, je ne serai pas là pour trois mandats.»

Au cours de l’entrevue à l’émission Médium large, M. Péladeau a souligné que «le Parti québécois a actuellement un chef, et c’est Jean-François Lisée et moi j’ai toujours été attentif à la collégialité».

M. Lisée estime par ailleurs que les problèmes éthiques soulevés notamment par le précédent jurisconsulte de l’Assemblée nationale sont réglés et sont chose du passé, puisque M. Péladeau avait déjà manifesté le souhait d’aller plus loin pour éviter les critiques.

Quand il était à la tête du PQ, le baron de la presse n’avait pas confié ses actions de son empire à une véritable fiducie sans droit de regard, puisqu’il refusait que le fiduciaire puisse décider de vendre ses actions.

Le jurisconsulte Claude Bisson estimait qu’un élu s’exposait à un conflit d’intérêts s’il interdisait au fiduciaire la vente de ses actifs.

Avec La Presse canadienne