Jason Kenney a déclaré lundi à Ottawa qu'il présentera cinq demandes concrètes au premier ministre Justin Trudeau lors de leur rencontre de mardi.
Jason Kenney a déclaré lundi à Ottawa qu'il présentera cinq demandes concrètes au premier ministre Justin Trudeau lors de leur rencontre de mardi.

Jason Kenney vient plaider la cause albertaine à Ottawa

Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
OTTAWA — Le premier ministre de l'Alberta est en visite cette semaine à Ottawa pour obtenir des preuves tangibles que le gouvernement libéral va poser des gestes afin de répondre à certaines des demandes de sa province.

Jason Kenney a déclaré lundi à Ottawa qu'il présentera cinq demandes concrètes au premier ministre Justin Trudeau lors de leur rencontre de mardi. Il souhaite notamment des modifications au programme de stabilisation fiscale et à deux lois fédérales plus strictes en matière d'environnement.

Dans un discours prononcé devant le Canadian Club d'Ottawa, lundi midi, M. Kenney a souligné que ces deux demandes avaient déjà été appuyées par tous les premiers ministres des provinces et territoires lors d'une réunion spéciale du Conseil de la fédération, la semaine dernière à Toronto.

«Si j'étais le gouvernement fédéral, je considérerais cela comme une incitation assez forte, une poussée dans le dos pour livrer la marchandise», a-t-il déclaré. «Je ne m'attends pas à sortir demain du bureau du premier ministre avec des accords écrits, mais j'espère bien que nous aurons au moins une indication claire qu'ils sont prêts à bouger.»

M. Kenney est dans la capitale pour une sorte de «mission commerciale politique» de deux jours. Il a emmené à Ottawa huit ministres et plusieurs hauts fonctionnaires, qui devraient plaider la cause albertaine auprès de leurs homologues fédéraux.

Selon M. Kenney, trop de Canadiens croient encore que les problèmes de l'Alberta sont attribuables à la chute dramatique des prix du pétrole il y a cinq ans. Or, les prix se sont stabilisés depuis et aux États-Unis, l'emploi dans le secteur de l'énergie est en plein essor, soutient M. Kenney, alors que l'industrie albertaine fait toujours face à une crise. «La différence, c'est la politique, pas les prix» du pétrole, a-t-il déclaré lundi.

Des mauvaises nouvelles

L'Alberta a été frappée la semaine dernière par plusieurs mauvaises nouvelles économiques. Mardi, la firme Moody's a revu à la baisse la note de crédit de la province, invoquant des inquiétudes concernant sa dépendance à l'égard des ressources non renouvelables. Moody's a également soutenu que l'Alberta présentait un «risque environnemental» élevé, avec son secteur pétrolier et gazier à forte intensité de carbone, ce qui le rend vulnérable aux incendies de forêt et aux inondations.

Vendredi, Statistique Canada a indiqué que le taux de chômage était passé de 6,7 à 7,2 % le mois dernier en Alberta, avec une perte de 18 000 emplois.

M. Kenney a aussi l'intention mardi de demander à M. Trudeau de fixer une date limite stricte pour l'achèvement du projet d'oléoduc Trans Mountain, en y associant rapidement des groupes autochtones. Il souhaite aussi que le gouvernement fédéral améliore les instruments fiscaux pour accroître les investissements et qu'il reconnaisse la réglementation albertaine sur le méthane.

Des demandes qui ne sont pas déraisonnables et ne nuisent à aucune autre province, a déclaré M. Kenney lundi. «Nous demandons simplement aujourd'hui un accord équitable», a-t-il soutenu.

Pendant le dîner au Canadian Club, lundi, M. Kenney était assis à la même table que la vice-première ministre, Chrystia Freeland, une députée de Toronto, née en Alberta, qui a été chargée par M. Trudeau d'améliorer les relations tendues entre Ottawa et l'Alberta. M. Kenney devait rencontrer également à Ottawa les chefs du Parti conservateur et du Nouveau Parti démocratique.