Après avoir présenté celle qui serait vice-première ministre dans un gouvernement péquiste, Jean-François Lisée a fait monter Véronique Hivon sur scène.

Hivon vice-chef du PQ

Le chef péquiste Jean-François Lisée abat une nouvelle carte pour faire bouger l'aiguille des sondages : il a nommé dimanche sa collègue Véronique Hivon vice-chef du PQ, un précédent.

Dans une mise en scène bien orchestrée, M. Lisée avait réservé la surprise aux militants, dimanche après-midi, au terme du Conseil national du Parti québécois qui se tenait à Saint-Hyacinthe. Celle qui avait dû abandonner la course à la direction du parti en 2016 accède ainsi à un poste de numéro deux créé expressément pour elle.

Après avoir présenté celle qui serait vice-première ministre dans un gouvernement péquiste, M. Lisée a fait monter Mme Hivon sur scène.

Ensemble, ils ont prononcé un discours marqué par plusieurs pointes d'humour, en vantant les qualités de l'un et de l'autre, où la nouvelle vice-chef a pris beaucoup de place.

«Notre tout sera plus grand que la somme des parties», a lancé Véronique Hivon, qui a été acclamée avec une vigueur qu'on n'avait pas sentie depuis le début du conseil national.

«On est différent, mais on va le rester. Il arrivera qu'on va dire les choses différemment, mais on regarde dans la même direction», a déclaré M. Lisée.

À la fin, des petites affiches ont été distribuées aux militants, où était inscrit «Lisée-Hivon 2018», un peu à la manière du ticket des campagnes présidentielles américaines, où les noms des candidats à la présidence et à la vice-présidence apparaissent côte à côte.

En point de presse après le conseil national, les deux partenaires ont refusé d'expliquer clairement comment ils prévoient se répartir les tâches et ont plutôt indiqué qu'ils en feront part au cours des prochaines semaines.

Pas comme à QS

Le nouveau tandem ne s'apparentera toutefois pas à ce qui se fait à Québec solidaire, où Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois sont tous deux co-porte-parole.

Cette annonce survient au moment où un sondage Léger Le Devoir place le Parti québécois troisième dans les intentions de vote, à 20 %, derrière la CAQ (39 %) et les libéraux (28 %).

Le chef et sa vice-chef ont assuré que l'annonce de ce duo n'avait rien à voir avec les sondages.

M. Lisée avait évoqué ce scénario à sa partenaire après le congrès de septembre et les deux avaient commencé à se partager des tâches de façon non officielle depuis, mais la députée de Joliette souhaitait que l'annonce soit formalisée à ce conseil national, ont-ils expliqué.

Toutefois, le chef ne s'en cache pas, il espère bien que l'électorat sera séduit.

«Est-ce que ça va rendre notre tâche plus facile de passer notre message qu'on est un parti de la bienveillance, qui veut servir les Québécois, les aînés, les élèves? Bien sûr. Est-ce qu'on espère que ça va provoquer un changement d'opinion en faveur du Parti québécois? Bien sûr!»

Modèle inédit

La nouvelle formule brasse aussi les cartes au sein du parti, qui n'a jamais testé ce modèle, même si rien ne l'interdit dans ses statuts.

Incidemment, l'annonce survient alors qu'un ancien chef, le magnat de Québecor, Pierre Karl Péladeau, se dit «en réserve de la République» et prêt à reprendre du service en politique, ce qui a relancé les rumeurs sur un éventuel retour qui pourrait être souhaité par des militants et des élus.

Véronique Hivon s'est fait connaître tout particulièrement dans le dossier des consultations sur les soins de fin de vie, d'abord comme représentante de l'opposition et vice-présidente de la commission itinérante, ensuite comme ministre déléguée du gouvernement Marois qui a piloté le projet de loi qui en était issu. Elle s'est fait remarquer sur cet enjeu qui dépassait le débat partisan.

Mme Hivon est actuellement porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille. Elle était d'ailleurs aux côtés du chef lors de l'annonce sur le plan de relance des centres de la petite enfance (CPE) et le retour à la tarification universelle la semaine dernière.

Mme Hivon a été brièvement candidate dans la course à la direction du PQ qui a couronné M. Lisée en 2016, après le départ de Pierre Karl Péladeau, mais elle avait dû se retirer pour des raisons de santé.