Lors d’une conférence de presse, M. Scheer a déclaré aux journalistes qu’il avait fait part de ses «inquiétudes» à Doug Ford à l’occasion du congrès du Parti progressiste-conservateur de la province, mais que la décision incombait au premier ministre de l’Ontario.

Francophones: la décision revenait à Ford, souligne Andrew Scheer

Le chef du Parti conservateur fédéral, Andrew Scheer, a dit avoir exprimé ses préoccupations au premier ministre ontarien Doug Ford à la suite de l’abandon du projet d’une université de langue française, mais il ne lui a pas demandé de revenir sur sa décision.

Lors d’une conférence de presse, M. Scheer a déclaré aux journalistes qu’il avait abordé le sujet avec M. Ford à l’occasion du congrès du Parti progressiste-conservateur de la province, mais que la décision incombait au premier ministre de l’Ontario.

«C’est à M. Ford de gérer ce genre de chose, a-t-il commenté. Je lui ai dit que lorsque je serai premier ministre en 2019, je vais oeuvrer avec mes homologues provinciaux pour d’assurer que les services en français ne seront pas affectés par ce genre de changement.»

Le gouvernement Ford a annoncé cette décision jeudi dans sa première mise à jour économique depuis son entrée en fonction. Il a décidé d’abolir le Commissariat aux services en français de l’Ontario. Queen’s Park n’a pas dit combien d’argent il espérait épargner de cette façon.

Les plans de l’université de langue française avaient été annoncés en juillet 2017 par le précédent gouvernement libéral en Ontario.

Le premier ministre Justin Trudeau s’est dit «profondément déçu» par la décision de Doug Ford. La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, a écrit sur Twitter que MM. Ford et Scheer devraient être conscients que les francophones «ne peuvent pas et ne seront pas laissés-pour-compte».

M. Scheer, qui devra se battre pour obtenir des appuis chez les francophones, a indiqué que son gouvernement n’imitera pas l’Ontario, a soutenu que les libéraux ne font qu’essayer de faire des gains politiques avec une décision qui n’a rien à voir avec lui.

«Je suis tellement déçu que les libéraux et Madame Joly aient choisi de jouer à des jeux partisans. L’enjeu des langues officielles est trop important pour le politiser», a-t-il fait valoir.

Le chef conservateur a réitéré son appui «inébranlable» aux langues officielles. Ses positions sur les questions intéressant les francophones ont toujours été «nettes et fermes».

«Aux prochaines élections fédérales, la population se prononcera sur les enjeux fédéraux. Elle pourra voter sur les enjeux provinciaux à l’occasion des scrutins provinciaux.»