Le premier ministre a reconnu les lacunes des gouvernements dans les relations avec les Premières Nations, disant que tous les élus qui avaient «un jour pris place au Parlement avaient échoué à faire respecter les valeurs et les principes qu'ils étaient supposés défendre».

Femmes autochtones disparues: Trudeau pressé d'agir

Le premier ministre Justin Trudeau s'est fait presser de passer de la parole aux actes contre la discrimination envers les populations autochtones durant une cérémonie empreinte d'émotion, mardi, sur la colline du Parlement, honorant la mémoire de femmes assassinées ou disparues.
Sytukie Joamie, petit-cousin de l'artiste primée Annie Pootoogook, qui a été retrouvée morte dans la rivière Rideau à Ottawa le 19 septembre, a dit au premier ministre qu'il «devrait se tenir à leurs côtés».
M. Trudeau regardait M. Joamie lorsque celui-ci a fait valoir la nécessité d'actions concrètes.
Le premier ministre a reconnu les lacunes des gouvernements dans les relations avec les Premières Nations, disant que tous les élus qui avaient «un jour pris place au Parlement avaient échoué à faire respecter les valeurs et les principes qu'ils étaient supposés défendre».
La cérémonie, qui a duré près de deux heures sous le soleil, comportait un hommage spécial à Annie Pootoogook.
L'événement a attiré des dizaines de membres de la communauté inuite d'Ottawa ayant exprimé une profonde déception après que la police d'Ottawa eut initialement affirmé qu'il n'y avait pas eu d'acte criminel dans la mort de Mme Pootoogook. Le corps policier a toutefois indiqué à la fin septembre qu'une enquête portait désormais sur une mort «suspecte».
M. Joamie a soutenu que le racisme s'était manifesté «dès sa découverte dans la rivière».
Natan Obed, président de l'organisation inuite nationale représentant 60 000 membres, a fait valoir, mardi, que la gestion du cas d'Annie Pootoogook reflétait des problèmes profondément enracinés qui devraient être abordés dans le cadre de l'enquête publique annoncée sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.
En entrevue, M. Obed a souligné que les systèmes de justice et de police «marginalisaient souvent les femmes inuites».
Laurie Odjick, qui est à la recherche de sa fille Maisy depuis 2008, a dit avoir peu d'espoir envers ceux qui auront la tâche de mettre en vigueur les éventuelles recommandations de l'enquête sur les femmes assassinées ou disparues, laissant entendre que la Chambre des communes était «la chambre des promesses brisées».