Le premier ministre Legault n’a pas voulu dire s’il s’est assuré de la faisabilité de faire passer une ligne électrique de 735 000 volts sous le fleuve Saint-Laurent avant que le projet ne soit inscrit dans son discours inaugural de la 42e législature, livré mercredi.

Enfouissement des lignes de haute tension: Legault refuse de dire si Hydro-Québec a été consultée

Le gouvernement Legault refuse de dire s’il a consulté Hydro-Québec avant de lancer l’idée d’enfouir les lignes de haute tension qui traversent actuellement l’île d’Orléans.

Le premier ministre François Legault a évité de répondre à la question vendredi, disant plutôt qu’il avait confié la tâche au ministre des Transports de «s’assurer des coûts» d’un tel projet d’envergure.

Le premier ministre n’a pas voulu dire s’il s’est assuré de la faisabilité de faire passer une ligne électrique de 735 000 volts sous le fleuve Saint-Laurent avant que le projet ne soit inscrit dans son discours inaugural de la 42e législature, livré mercredi.

Même s’il s’agit d’un immense défi technique, le ministre des Transports François Bonnardel s’est montré sûr d’y arriver vendredi.

«Je suis persuadé qu’avec les meilleurs ingénieurs au monde au ministère des Transports et chez Hydro-Québec, qu’on va être capable de répondre positivement à cette demande.» La veille, la ministre responsable de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault disait ne pas savoir s’il était «possible» de le faire.

M. Bonnardel a plusieurs fois refusé de dire aux journalistes si son gouvernement avait fait des vérifications préalables avec Hydro-Québec sur la faisabilité d’un tel projet. ll a par la suite admis qu’il n’avait pas personnellement discuté de cette idée avec la société d’État avant qu’elle soit rendue publique.
coûts à la hausse?

M. Bonnardel assure toutefois que «les équipes sont déjà au travail», au bureau du troisième lien et chez Hydro-Québec. L’idée est de profiter de la construction d’un troisième lien routier dans l’est de Québec pour enfouir du même coup les lignes de haute tension électriques qui passent par là et ainsi améliorer le paysage de l’île d’Orléans. Est-ce que ce projet électrique pourrait faire bondir le coût de construction d’un troisième lien? «On pourra évaluer la situation en temps et lieu, quand on aura les réponses», s’est contenté de dire M. Bonnardel.

La ministre responsable de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault a quant à elle soutenu que cet enfouissement des lignes de haute tension «va faire partie des choses qui vont être évaluées», mais que le projet avancera tout de même rondement. «On ne recule en rien sur notre échéancier d’une première pelletée de terre en 2022.»

En chambre, le député solidaire de Jean-Lesage Sol Zanetti s’est livré à une charge contre le troisième lien, indiquant qu’il s’agissait d’un «gaspillage de fonds public», et à une charge contre le ministre des Transports, qui semble selon lui préférer «les opinions, donc, non fondées à la rigueur et à la science.»

M. Bonnardel a répliqué qu’une grande majorité d’électeurs des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches a voté pour son gouvernement et qu’il remplira sa promesse de livrer un troisième lien.

«Le député de Jean-Lesage peut dire ce qu’il veut. Par idéologie, lui-même, il l’a dit, peu importe s’il passait seulement des bus, ou du covoiturage, ou du taxi, je n’en veux pas, moi, de troisième lien. Ça, c’est son idéologie, c’est un parti et un député anti automobilistes.»