Robert Aubin était accompagné de ses filles, Marie-Philippe et Clémence, à son investiture, samedi.

Élections fédérales: Robert Aubin est officiellement dans la course

TROIS-RIVIÈRES —La chose a été confirmée samedi: Robert Aubin sollicitera un troisième mandat pour représenter Trois-Rivières à la Chambre des communes l’automne prochain, toujours sous la bannière du Nouveau parti démocratique. Le député sortant s’est adressé à quelques dizaines de ses partisans rassemblés à la gare maritime de Trois-Rivières pour son investiture.

L’environnement sera assurément au coeur de la campagne de M. Aubin, qui a rappelé qu’un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime qu’il ne reste plus que 11 ans pour tenter de sauver le climat de la planète. Or, M. Aubin a martelé que seul le NPD peut prendre les mesures nécessaires pour y parvenir au Canada.

«Si on parle de la question environnementale, où il faut avoir réellement le courage d’agir pour mettre en place des mesures audacieuses, ça, il n’y a que le NPD qui peut mettre ces mesures en place, a-t-il soutenu. Conservateurs et libéraux ont très bien démontré au fil des ans qu’ils étaient incapables de s’attaquer sérieusement à cette question-là.»

C’est par ailleurs l’urgence d’agir pour les générations suivantes qui a convaincu le député de tenter d’obtenir un troisième mandat, après avoir jonglé avec l’idée de se lancer dans la course à la mairie de Trois-Rivières, ce printemps.

«C’est pour elles que je le fais, a dit M. Aubin en montrant ses filles, Marie-Philippe et Clémence, présentes à son investiture. Onze ans, c’est deux gouvernements et demi. Ma fille Clémence n’aura pas encore terminé ses études et ne sera pas prête à prendre ma place. Dans 11 ans, il faudra avoir agi, ce ne sera pas le temps de penser à des actions.»

M. Aubin en a par ailleurs profité pour écorcher les conservateurs, les qualifiant de «champions toutes catégories confondues des prix fossiles», sortes de prix citron décernés par des organismes non gouvernementaux aux pays qui ont les plus mauvais bilans en matière de lutte contre les changements climatiques. Il a également critiqué le gouvernement libéral de Justin Trudeau, qui suit selon lui la même voie que le Parti conservateur dans ce domaine, rappelant entre autres l’achat du pipeline Trans Mountain à la firme Kinder Morgan au coût de 4,5 milliards $.

La députée et candidate néodémocrate dans Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, était présente à l’investiture de Robert Aubin. Elle a  aussi insisté sur l’importance de s’attaquer aux changements climatiques, rappelant ses impacts sur la population de la région, notamment avec les inondations de ce printemps.

«C’est important d’avoir un plan crédible de lutte contre les changements climatiques, a-t-elle renchéri. Il faut diminuer notre recours aux énergies fossiles.»

Justice sociale et fiscale

Robert Aubin promet qu’un gouvernement formé par son parti faciliterait l’accès aux prestations de maladie de l’assurance-emploi, auxquelles trop peu de travailleurs ont droit, selon lui. Il souhaite également voir le nombre de semaines de prestations augmenter pour les personnes atteintes d’une maladie grave.

«Quinze semaines pour une maladie grave comme le cancer, c’est ridicule, a-t-il tranché. On est le seul pays du G8 à offrir si peu.»

Le candidat néodémocrate fera également campagne sur la lutte à l’évasion fiscale, lui qui souhaite que «chacun paie sa juste part d’impôts». Il prône également la hausse du salaire minimum à 15 $ de l’heure.

«Personne ne peut vivre avec 12,50 $ de l’heure, a-t-il affirmé. Un taux horaire de 15 $, c’est un minimum.»

À savoir s’il craint d’être désavantagé par la popularité d’Yves Lévesque, qui représentera le Parti conservateur aux élections fédérales dans la ville dont il a été maire pendant 17 ans, M. Aubin rétorque que non.

«Quand on parlera d’Yves Lévesque, maintenant, on parlera du candidat conservateur, c’est-à-dire qu’il aura à défendre la plateforme conservatrice et à ce compte, je suis vraiment beaucoup plus confortable à défendre ma plateforme que la sienne», a-t-il indiqué.

Le candidat compte également défendre des enjeux plus spécifiques à Trois-Rivières, notamment le dossier de la pyrrhotite, le train à grande fréquence et le développement de l’aéroport.

Jusqu’à présent, Robert Aubin et Yves Lévesque sont les seuls candidats qui ont franchi l’étape de l’investiture à Trois-Rivières. Du côté du Bloc québécois, Louise Charbonneau est la seule à s’être officiellement manifestée. Pour le Parti libéral du Canada, le nom de la conseillère municipale de Trois-Rivières, Valérie Renaud-Martin, circule, sans que rien n’ait encore été confirmé.