Le gouvernement Ford soutenait qu’Ottawa était entièrement responsable de la crise du logement à Toronto causée par des demandeurs d’asile qui traversent la frontière canado-américaine de façon irrégulière, et que c’était à Ottawa d’assumer la totalité de la facture.

Doug Ford blâme le gouvernement fédéral pour la «crise» des demandeurs d’asile

TORONTO - Justin Trudeau croit que Doug Ford ne saisit pas toute l’ampleur des obligations internationales du Canada en ce qui concerne les demandeurs d’asile.

M. Trudeau a rencontré le nouveau premier ministre de l’Ontario à Toronto, jeudi après-midi. Il soutient avoir passé un certain temps à expliquer à M. Ford comment fonctionne le système canadien de demande d’asile.

Le premier ministre fédéral a également souligné l’importance d’une bonne collaboration, affirmant que les représentants des deux ordres de gouvernement devaient s’allier pour s’assurer que le système d’immigration et de protection des réfugiés soit appliqué «dans son intégrité».

Peu de temps avant cette rencontre, le gouvernement Ford soutenait qu’Ottawa était entièrement responsable de la crise du logement à Toronto causée par des demandeurs d’asile qui traversent la frontière canado-américaine de façon irrégulière, et que c’était à Ottawa d’assumer la totalité de la facture.

Selon le porte-parole du premier ministre Ford, le gouvernement fédéral a encouragé des demandeurs d’asile à entrer sur le territoire canadien sans passer par les postes frontaliers officiels, à la frontière entre les États-Unis et le Québec - des gens qui affluent ensuite en Ontario, a-t-il dit. Simon Jefferies a soutenu que ce «gâchis» avait entraîné une «crise du logement» et des «menaces aux services dont dépendent les familles de l’Ontario», et que c’était au gouvernement fédéral de payer la note.

Ottawa a annoncé en juin le versement de 50 millions $ pour l’hébergement temporaire des demandeurs d’asile qui traversent la frontière canado-américaine de façon irrégulière - soit 36 millions $ pour le Québec, 11 millions $ pour l’Ontario et 3 millions $ pour le Manitoba. Le Québec, qui voit arriver la majorité de ces demandeurs d’asile, au chemin Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle, estime ses coûts actuels et futurs à près de 146 millions $.

Le maire de Toronto, John Tory, a déclaré que la municipalité à elle seule avait besoin de 64 millions $ pour recouvrer les coûts de logements temporaires des demandeurs. Le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, a déclaré que l’enveloppe de 11 millions $ est destinée à répondre à certains des besoins immédiats en matière de logement temporaire.

Mercredi, à l’issue de la 11e rencontre du groupe de travail intergouvernemental formé pour gérer l’afflux de demandeurs d’asile à la frontière, Ottawa se disait prêt à mettre en oeuvre le plan de triage des demandeurs dès que l’Ontario aura donné son feu vert. La nouvelle ministre ontarienne des Services sociaux et communautaires, Lisa MacLeod, responsable de l’immigration, a participé pour la première fois à la réunion du groupe de travail mercredi - elle a été assermentée la semaine dernière.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, qui fait partie du groupe de travail, a estimé qu’il fallait laisser au nouveau gouvernement ontarien le temps de se familiariser avec ses dossiers et de prendre des décisions.