Daniel Jean, à Ottawa, en janvier 2017

Départ du conseiller au coeur de la controverse du voyage de Trudeau en Inde

OTTAWA - Le conseiller à la sécurité nationale de Justin Trudeau, qui est coeur d’une controverse au sujet du voyage du premier ministre en Inde, prendra bientôt sa retraite.

Des initiés insistent toutefois pour dire que la retraite de Daniel Jean n’a rien à voir avec ses déclarations aux journalistes. Sous le couvert de l’anonymat, le conseiller à la sécurité nationale a suggéré que des membres du gouvernement indien avaient saboté le voyage officiel du premier ministre, en février.

En fait, selon deux sources proches du dossier, M. Jean avait déjà prévenu le gouvernement de ses intentions dès le mois de janvier - bien avant que n’éclate l’»affaire Atwal». Le Bureau du Conseil privé - le «ministère du premier ministre» - a refusé de confirmer la retraite imminente de M. Jean, pour des questions de confidentialité. M. Jean n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de La Presse canadienne.

Le moment de son départ n’est pas connu - et on ne sait pas si cette date a pu être modifiée à cause de la controverse.

Daniel Jean, un diplomate de carrière, ancien sous-ministre des Affaires étrangères, est conseiller à la sécurité nationale de Justin Trudeau depuis mai 2016.

Pendant le voyage officiel de M. Trudeau en Inde, Jaspal Atwal, un sikh canadien qui avait été condamné pour avoir tenté d’assassiner un ministre indien au Canada il y a trente ans, a été invité à deux réceptions auxquelles devait participer le premier ministre.

Lors d’une séance d’information aux journalistes, M. Jean a laissé entendre que des factions au sein du gouvernement indien avaient pu orchestrer cet imbroglio dans le but d’embarrasser le premier ministre et le gouvernement canadien, soupçonnés de sympathies à l’endroit des indépendantistes sikhs.

À l’époque, cette thèse du «complot indien» était attribuée à «un responsable canadien», puisque M. Jean l’avait suggérée aux journalistes sous le couvert de l’anonymat. Les conservateurs à Ottawa ont rapidement identifié la source de cette thèse, et ils souhaitent depuis que M. Jean rencontre les députés.

Après d’intenses négociations, il a finalement été décidé que M. Jean témoignera aux Communes devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, et qu’il rencontrera plus tard, à huis clos, le chef conservateur, Andrew Scheer. M. Jean doit comparaître aux Communes lundi prochain, lors d’une séance publique.