L’actuel maire de Drummondville, candidat au leadership depuis samedi, Alexandre Cusson

Course à la direction du PLQ: un débat autour de «bébelles»

SHERBROOKE — À la place du grand débat d’idées promis, la course au leadership du Parti libéral du Québec (PLQ) s’est amorcée dimanche sur une discussion autour des «bébelles» servant à mousser la popularité des candidats.

L’actuel maire de Drummondvile, candidat au leadership depuis samedi, Alexandre Cusson, a critiqué les choix d’outils promotionnels de sa rivale, Dominique Anglade, en marge du conseil général du parti, à Sherbrooke.

Les militants et les députés qui appuient Mme Anglade se sont présentés au rassemblement libéral en arborant fièrement un t-shirt et un macaron aux couleurs de leur favorite qui a choisi pour thème Bâtir demain.

Cette façon de faire serait peu compatible avec l’objectif de réduire l’empreinte écologique de la candidate, a laissé entendre M. Cusson, en point de presse, jugeant important «de limiter notre consommation».

«On n’avait pas beaucoup de bébelles après nous ce week-end», a commenté M. Cusson, en prenant ses distances de la stratégie de promotion de sa rivale.

La protection de l’environnement est pourtant un des thèmes que Mme Anglade tient à faire valoir. Elle a dit dimanche qu’elle voulait faire en sorte de réduire son empreinte écologique durant sa campagne. Son bureau est «carboneutre» et elle fait ses tournées du Québec en voiture hybride, a indiqué Mme Anglade.

Vendredi, elle s’était prononcée en faveur d’une charte des régions et de la signature d’un «pacte économique pour le climat», avec la création d’un institut indépendant du climat, qui verrait à définir les meilleures pratiques.

Dominique Anglade

«Campagne d’idées»

Dimanche, elle a réaffirmé qu’elle tenait à favoriser «une campagne d’idées», et elle a dit avoir hâte de connaître celles que M. Cusson sera prêt à défendre.

«Si on veut faire un débat d’idées, encore faut-il qu’il y en ait à débattre. Alors, on les attend avec impatience», a dit la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne à propos de M. Cusson.

Ce dernier a répliqué en disant en anglais que «si elle se demande si j’ai des idées, c’est qu’elle s’éloigne déjà de l’entente que nous avions de faire un débat d’idées».

Le candidat n’est pas encore prêt à ouvrir son jeu sur les engagements qu’il entend prendre pour susciter l’adhésion des militants libéraux.

Pour l’instant, il s’en tient à quelques idées générales.

Dimanche, il a dit favoriser «une société plus juste, plus équitable», notamment pour les aînés.

À propos du modèle d’intervention de l’État dans l’économie, M. Cusson a dit se montrer «extrêmement prudent». Il faut «intervenir où on fait la différence», et non «à tout venant, à tout moment, pour à peu près n’importe quoi», selon lui.

Il n’a pas voulu critiquer les restrictions budgétaires controversées du gouvernement libéral précédent, sous prétexte qu’il n’en faisait pas partie.

De son côté, Mme Anglade, née de parents haïtiens qui ont émigré au Québec, a réaffirmé que selon elle les électeurs n’hésiteraient pas à voter pour une candidate issue de la diversité culturelle. Les Québécois sont rendus «ailleurs», a-t-elle fait valoir.

D’autres candidats?

La course au leadership du PLQ, en vue de trouver un successeur à Philippe Couillard, a débuté officiellement samedi et toute personne intéressée à devenir chef du parti a jusqu’au 6 mars pour déposer son bulletin de candidature.

On ne compte pour l’instant que deux candidats : M. Cusson et Mme Anglade. Mais le chef par intérim, Pierre Arcand, est d’avis que d’autres noms pourraient s’ajouter à la courte liste de candidats.

«Il y a des gens qui m’ont dit qu’ils pouvaient avoir un intérêt», a mentionné M. Arcand, en mêlée de presse, dimanche, sans toutefois donner de noms.

«Plus y a de gens, plus ça fait des débats d’idées, alors plus ça peut être intéressant et plus ça prouve qu’on est un parti vivant», a-t-il fait valoir, avant de quitter précipitamment le conseil général pour aller faire campagne à Québec, où le vote par anticipation a commencé dans Jean-Talon, pour le scrutin du 2 décembre.

Le député de La Pinière, Gaétan Barrette, qui a lui-même songé à se présenter avant de reculer, a dit lui aussi qu’il serait bien de voir se pointer un ou deux autres candidats pour mettre un peu de piquant dans la course.

Pour l’instant, M. Barrette n’appuie aucun des deux candidats en lice.

Le nom du chef sera connu le 31 mai à Québec.