M. Couillard n’a pas donné d’échéance à ses ministres ou à ses députés pour prendre leur décision, mais il croit que «l’échéance est un peu naturelle», avant la fin de la session parlementaire et le conseil général du parti en juin.

Couillard promet de bons trios

«Attendez de voir les trios qui seront sur la glace.» C’est en promettant de nouveaux joueurs intéressants que le premier ministre Philippe Couillard a tenté de minimiser mardi l’effet des départs qui s’accumulent au sein de son parti.

Les ministres Laurent Lessard, David Heurtel et Julie Boulet pourraient décider de quitter la politique à la fin de leur mandat. Dans les trois cas, les ministres n’ont pas démenti ou confirmé mardi les informations qui circulent à leur sujet.

«Ma réflexion n’est pas terminée», a commenté le ministre de l’Agriculture Laurent Lessard, qui avait déjà dit il y a quelques mois être en réflexion. «Quand je vais avoir terminé mon processus, je vais le faire correctement et je vais annoncer ma décision à ce moment-là», a-t-il soutenu. Se sent-il poussé vers la sortie? Le ministre Lessard soutient que non, mais qu’après 15 ans en politique, «c’est normal que je réfléchisse». 

Le ministre de l’Immigration David Heurtel, élu pour la première fois en 2013, a quant à lui évité de répondre aux questions des journalistes toute la journée. 

La ministre du Tourisme Julie Boulet a soutenu qu’elle ne «commente pas les rumeurs» qui circulent sur son avenir politique. Mme Boulet n’a jamais dit qu’elle était en réflexion, elle que le Parti libéral a choisi il y a quelques mois pour représenter la nouvelle circonscription de Laviolette–Saint-Maurice, écartant du même coup le député Pierre Giguère. 

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) ne semble pas trop inquiet de ces éventuels départs. Il a assuré que son caucus était «très uni», mais qu’il est «en renouveau». 

M. Couillard n’a pas donné d’échéance à ses ministres ou à ses députés pour prendre leur décision, mais il croit que «l’échéance est un peu naturelle», avant la fin de la session parlementaire et le conseil général du parti en juin.

Le premier ministre assure que le recrutement de nouveaux candidats va bien. «Au moment venu, on vous montrera les nouveaux trios, les nouveaux joueurs.»

Pour le chef du Parti québécois Jean-François Lisée, ces départs en série sont un signe indéniable que le PLQ est en perte de vitesse. «C’est la fin de régime […] Il y a aussi le fait que l’équipe libérale n’est pas soudée, que les gens ne veulent pas rester dans cette équipe. Il y a quelque chose de malsain dans cette équipe qui fait en sorte que les gens sont prêts à partir en nombre assez considérable.»

Le député de la Coalition avenir Québec François Bonnardel a été plus modéré. «On constate comme vous tous qu’il y a beaucoup, beaucoup de députés qui souhaitent quitter leur formation politique.»