Le candidat à la direction du Parti conservateur, Erin O'Toole, estime que tous les Canadiens doivent se concentrer sur la lutte contre la COVID-19, y compris sa propre équipe de campagne, les députés du parti et les membres de la base.

Conservateurs: Erin O'Toole souhaite le report du vote pour élire un chef

Le candidat à la direction du Parti conservateur, Erin O’Toole, ajoute sa voix à celles qui demandent le report du vote prévu le 27 juin.

M. O’Toole, un ancien ministre de Stephen Harper, estime que tous les Canadiens doivent se concentrer sur la lutte contre la COVID-19, y compris sa propre équipe de campagne, les députés du parti et les membres de la base.

Dans une vidéo diffusée dimanche, il a appelé ses partisans à consacrer leurs ressources aux besoins de la collectivité.

«Je ne quitte pas la course, en fait je pense que nous allons la gagner, mais je propose que nous mettions les besoins de nos concitoyens au premier plan», a-t-il déclaré.

M. O’Toole est le plus deuxième des quatre candidats encore en lice à réclamer que la course à la direction conservatrice soit suspendue.

À la fin de la semaine dernière, le député ontarien Derek Sloan avait plaidé pour un report de toutes les dates limites, y compris celle du 17 avril pour recruter de nouveaux membres, et celle du 25 mars pour répondre aux exigences d’admissibilité.

D’ici le 25 mars, les candidats doivent payer 300 000 $ et soumettre 3000 signatures pour être inscrits sur le bulletin de vote.

M. O’Toole, M. Sloan, une avocate de Toronto, Leslyn Lewis, et l’ancien ministre conservateur Peter MacKay ont déjà satisfait à ces exigences.

L’organisation de M. MacKay a indiqué, par voie de communiqué, qu’elle avait été la première à suspendre les rencontres de campagne. Elle dit continuer de faire la cour aux membres en utilisant des moyens techniques. Selon elle, la décision de suspendre la course appartient au parti.

Besoin d’un chef

Mme Lewis a affirmé dimanche qu’elle ne pensait pas que la course devait être annulée jusqu’à ce que le comité organisateur décide que c’était logistiquement impossible. Selon elle, le parti a besoin d’un chef qui sera mis à l’épreuve.

«Le prochain chef de notre parti devra faire preuve de leadership, à un moment où le Canada est toujours dans une vallée de larmes créée par cette pandémie, a-t-elle exprimé dans une déclaration. La façon dont vous dirigez et gérez une campagne en temps de crise est très révélatrice de la façon dont vous pouvez diriger le parti, et plus important encore, notre pays en temps de crise.»

La députée Marilyn Gladu poursuit ses efforts afin de respecter la date limite du 25 mars, même si elle avait demandé un report du vote, il y a deux semaines.

Un autre autre candidat, Rick Peterson, a abandonné la semaine dernière la course, citant l’impossibilité d’obtenir des fonds et le soutien des membres du parti, à un moment où les gens sont plus préoccupés par des questions pratiques, pas par la politique.

Rudy Husny, dont le nom demeure encore sur la liste des candidats, a cessé sa campagne, défiant même le parti de le disqualifier.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne à la fin de la semaine dernière, le chef actuel du parti, Andrew Scheer, a refusé de commenter lorsqu’on lui a demandé si le scrutin devait se dérouler à la date prévue.

Selon lui, le conseil national du parti et le comité organisateur de l’élection sont conscients des défis posés par la pandémie.

«Comme vous pouvez l’imaginer dans une course au leadership, la modification des règles, des délais ou des dates peut avoir des ramifications majeures, a t-il déclaré. On accorde une haute importance à la mise en place de règles équitables pour tous.»

Le comité organisateur a apporté quelques modifications mineures à la course à la direction: les débats prévus pour avril se tiendront à huis clos, et des portails en ligne ont été mis en place pour faciliter les demandes d’adhésion.