Le patron de Trans Mountain, qui était l'un des invités lors de la retraite ministérielle du cabinet Trudeau à Winnipeg, a assuré que la construction de l'expansion de l'oléoduc était bel et bien en cours et que le projet pourrait être complété d'ici la fin de l'année 2022.
Le patron de Trans Mountain, qui était l'un des invités lors de la retraite ministérielle du cabinet Trudeau à Winnipeg, a assuré que la construction de l'expansion de l'oléoduc était bel et bien en cours et que le projet pourrait être complété d'ici la fin de l'année 2022.

Cible de réduction et Trans Mountain: le yin et le yang du gouvernement Trudeau

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
WINNIPEG — Le ministre fédéral de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a annoncé dimanche que le Canada présentera de nouvelles cibles de diminution de gaz à effet de serre pour 2030.

Quelques instants après, le président et chef de la direction de Trans Mountain Corporation, Ian Anderson, se présentait devant les journalistes pour vanter les bénéfices économiques de l’expansion de l’oléoduc.

C’était une scène «étrange», de l’aveu même du ministre des Ressources naturelles Seamus O’Regan, mais les deux ne sont «pas contradictoires». Les deux sont même compatibles, a-t-il plaidé.

Si le Canada veut réellement être carboneutre en 2050, a-t-il dit, tous les secteurs doivent être à bord et cela passe par un secteur privé, mais aussi une industrie du pétrole et du gaz «durable et en santé».

«Pour faire cela, ils doivent réussir à transporter leurs produits aux marchés. Alors c’est un grand cercle qui se boucle. L’histoire est plus compliquée à raconter, mais il est essentiel qu’on la raconte parce que l’avenir du pays en dépend», a lancé M. O’Regan.

Le patron de Trans Mountain, qui était l’un des invités lors de la retraite ministérielle du cabinet Trudeau à Winnipeg, a assuré que la construction de l’expansion de l’oléoduc était bel et bien en cours et que le projet pourrait être complété d’ici la fin de l’année 2022.

À l’heure actuelle, quelque 2700 personnes travaillent sur le projet, dont 10 % de travailleurs autochtones. M. Anderson espère que ce projet sera une «histoire à succès» tant pour les retombées économiques que la collaboration avec les peuples autochtones.

Lui non plus ne voit aucune contradiction entre l’expansion de Trans Mountain et les nouvelles cibles qui seront annoncées par M. Wilkinson.

«Je pense que ce que les Canadiens peuvent continuer d’apprécier, c’est que les réponses au changement climatiques et les réponses aux conditions environnementales qu’on a devant nous sont critiques à notre nation, mais le développement économique de nos ressources l’est aussi», a-t-il répondu.

Prix citron

Le ministre Wilkinson, de son côté, dit qu’il présentera ses nouvelles cibles environnementales pour 2030 dans les prochains mois. Il veut être fin prêt avant la COP26, qui se tiendra à Glasgow, au Royaume-Uni.

Pour l’instant, le plan de match n’est pas encore défini.

«J’ai dit que le Canada veut avoir de nouvelles cibles quand nous allons aller à COP26 à Glasgow et nous devons développer un plan et parler aux Canadiens. Nous avons seulement commencé maintenant les discussions», a-t-il dit.

Lors de la COP25 à Madrid, le Canada avait obtenu la troisième place du «fossile du jour» - une sorte de prix citron remis par des ONG afin de dénoncer les apparentes contradictions du pays.