Yves-François Blanchet, candidat à la chefferie du Bloc québécois.

Chefferie du Bloc québécois: Yves-François Blanchet reste prudent

TROIS-RIVIÈRES — À quelques jours de la fin de la période de mise en candidature pour la chefferie du Bloc québécois, le seul candidat confirmé, Yves-François Blanchet, refuse toujours de crier victoire trop vite. L’ex-ministre péquiste et commentateur politique croit toutefois que sa candidature a jusqu’à présent eu un effet positif sur l’attrait du parti auprès de ceux qui l’ont déserté au courant des dernières années, ce qui pourrait mener à des surprises aux prochaines élections fédérales.

«Jusqu’à minuit le soir du 16 janvier, quelqu’un d’autre peut déposer son bulletin de candidature, soutient M. Blanchet. Mais que ce soit le 16 ou le 24 janvier (jour du dévoilement du résultat de la course à la chefferie, s’il y en a une, NDLR), je travaille dans la perspective d’être chef. Le plan va être ajusté selon les circonstances, mais peu.»

Celui qui est pour l’instant le seul à avoir déposé son bulletin de candidature refuse par ailleurs de dévoiler la circonscription dans laquelle il compte se présenter tant que la place de chef du Bloc ne lui sera pas assurée. «Je ne veux pas aborder ça tant que la course ne sera pas terminée, tranche-t-il. Parce que je ne suis chef de rien pour le moment, je ne suis que candidat. Quand tu es chef de parti, tu profites de la notoriété d’être chef, mais tu ne peux pas frapper à 4000 portes en campagne: il faut faire une campagne nationale. Alors il faut une circonscription en conséquence. Mon choix va être fait au printemps.»

L’ancien ministre péquiste a toutefois déjà annoncé qu’il ne souhaitait pas se présenter dans la circonscription Saint-Maurice-Champlain, où il réside. Il se réjouit cependant de la candidature de Pierre Jolivet, qui désire tenter de déloger le ministre libéral François-Philippe Champagne.

«La candidature de Pierre Jolivet s’est révélée vite et en vigueur, estime-t-il. On voit que les forces souverainistes de Saint-Maurice-Champlain se rassemblent autour de lui. Ça prouve que dans cette circonscription, le Bloc va être à prendre au sérieux.»

Un pari de 20 comtés

Bien que la place de chef ne lui soit pas encore assurée, Yves-François Blanchet dit constater que l’annonce de sa candidature a eu un effet positif sur le parti qui, d’après lui, reprend du poil de la bête depuis sa déconfiture à l’élection de 2011. «Plus personne ne dit que le Bloc est moribond et dépassé, assure-t-il. On a regagné notre crédibilité comme parti.»

Le potentiel chef bloquiste affirme par ailleurs que plusieurs personnes ayant déserté le parti depuis quelques années en ont réintégré les rangs récemment. «J’ai été surpris, mais des gens qui étaient absents pendant des années se sont manifestés autour de ma candidature, indique-t-il. Des gens qui avaient différentes visions sont revenus dans une même perspective politique.»

Cet engouement qu’il sent à nouveau pour le parti pousse M. Blanchet à croire que le Bloc pourrait surprendre aux prochaines élections, même s’il doit se choisir un chef alors que s’amorce l’année électorale. «Si on remonte avant les élections de 2015, il n’y a pas grand monde qui pensait que Trudeau serait majoritaire, illustre-t-il. Beaucoup de choses peuvent se passer en un an. Je pense que les chances que le Bloc franchisse la barre des 20 comtés sont très bonnes.»

Le candidat à la chefferie concède cependant que la route sera longue avant de pouvoir atteindre les résultats qu’il souhaite obtenir l’automne prochain. Parmi les défis que doit relever le parti, M. Blanchet mentionne le financement. Les derniers résultats des efforts de financement du parti lui donnent toutefois espoir. «Le financement en décembre a été excellent, soutient-il. C’est le meilleur qu’on a eu depuis longtemps.»

Outre l’argent, Yves-François Blanchet souhaite que le Bloc continue ses efforts pour rejoindre les jeunes électeurs. Il compte également mettre l’accent sur la parité dans les candidatures aux prochaines élections, tout en respectant le choix des membres de chaque circonscription.

Selon M. Blanchet, quatre autres personnes ont affirmé leur intention de briguer la chefferie du Bloc québécois. Selon le site du parti, un seul d’entre eux a toutefois reçu un bulletin de mise en candidature. Selon les règles fixées par le parti, les candidats doivent recueillir un minimum de 500 signatures provenant d’au moins 15 circonscriptions différentes. Ils doivent également recueillir et verser 15 000 $ au parti.