Les relations entre Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée étaient, au mieux, courtoises, soutient Yves-François Blanchet.

«C’était prévisible»

Trois-Rivières — Si la nouvelle a eu l’effet d’une bombe dans le monde politique, l’ancienne députée Noëlla Champagne ne semblait pas surprise de constater l’annonce du départ imminent des députés péquistes Agnès Maltais, Alexandre Cloutier et Nicole Léger.

«Ce n’est pas un choc. Je m’attendais à ce qu’il y ait des annonces. Quand on regarde les feuilles de route de ces députés, plusieurs sont là depuis longtemps. Je m’attendais à du mouvement. Mais oui, toutes ces courses à la chefferie, ça laisse des traces et il y a eu des clivages. C’est inévitable qu’il y ait des effets collatéraux. Je suis arrivée en 2003 au PQ et ça n’a jamais arrêté de brasser.»

Alors, si ces départs étaient à ce point prévisibles, pourquoi la nouvelle a-t-elle semblé ébranler le monde politique de la sorte ? L’ex-député péquiste devenu analyste politique, Yves-François Blanchet, estime que la situation pouvait difficilement être plus mal gérée par le Parti québécois.

«Ç’a été mal annoncé, surtout dans un contexte d’élections à date fixe. Les députés s’annoncent successivement afin que le processus d’investiture soit mis en place. Mais dans ce cas-ci, Nicole Léger l’a annoncé tard, Alexandre ne le savait pas, et dans cette situation, Jean-François Lisée a demandé à Agnès Maltais de le faire aussi.»

Même s’il était encore jeune, les murmures du départ d’Alexandre Cloutier étaient constants au PQ.

«Ce n’est pas une surprise. On le savait qu’il était malheureux et que sa relation avec Jean-François Lisée était au mieux courtoise», rappelle M. Blanchet.

Le Parti québécois vit assurément une portion plus difficile de son histoire. Troisième dans les sondages, il devra présenter des candidats convaincants afin de conserver les trois circonscriptions laissées vacantes mardi.

«Des départs, ça va se produire même au Parti libéral. Le seul parti où ça ne va pas se produire, c’est le parti qui va bien dans les sondages, qui vit une forme de jouissance présentement et qui n’a jamais pris le pouvoir. Ils sont en attente de tout», analyse Mme Champagne à propos de la Coalition avenir Québec. Elle repousse du revers de la main les analystes qui affirment que les jours du parti sont comptés.

«J’ai confiance en Jean-François Lisée. Ceux qui prédisent la fin du parti, ça me passe sur le dos comme de l’eau sur un canard. Depuis que je suis là, en 1994, j’ai tout entendu. Je n’ai pas d’inquiétude démesurée, mais je suis consciente que nous n’aurons pas une année facile. La relève n’est pas nécessairement à la porte.»

Le retour de Jean-Martin Aussant?
Alors que les départs s’accumulent au Parti québécois, les rumeurs d’un retour de Jean-Martin Aussant en ses murs se font de plus en plus entendre. Il ne faut toutefois pas s’attendre à ce que le fondateur d’Option nationale se présente dans la circonscription Bécancour-Nicolet-Saurel comme il l’avait fait en 2008 et 2012. C’est le château fort de Pointe-aux-Trembles, laissé vacant par Nicole Léger, qui lui serait offert. Encore faut-il qu’il accepte de revenir en politique.

«Je suis confiant que c’est la plus belle opportunité pour lui de le faire. Mais je ne suis pas du tout certain qu’il va le faire. Il est en discussion avec Jean-François Lisée depuis un mois et même si Nicole Léger a annoncé son départ, le PQ n’est pas en mesure d’annoncer son retour. Mais je suis convaincu que s’il ne revient pas maintenant, il se rend la tâche difficile pour plus tard. C’est une occasion parfaite, il doit la prendre, sinon, la sincérité de son engagement sera mise en doute», conclut Yves-François Blanchet.