Dominique Anglade n’a pas perdu de temps pour imprimer sa marque sur son parti, son équipe d’officiers parlementaires et ses porte-parole dans les différents dossiers.
Dominique Anglade n’a pas perdu de temps pour imprimer sa marque sur son parti, son équipe d’officiers parlementaires et ses porte-parole dans les différents dossiers.

Cabinet fantôme libéral: André Fortin monte en grade, Gaétan Barrette en retrait

La nouvelle cheffe de l’opposition officielle Dominique Anglade n’a pas perdu de temps pour imprimer sa marque sur son parti, son équipe d’officiers parlementaires et ses porte-parole dans les différents dossiers.

À première vue, l’allégeance des uns et des autres durant la récente course au leadership ne semble pas avoir eu d’influence notable sur les choix de la cheffe libérale, au moment de constituer son cabinet fantôme, dont la composition a été annoncée mardi.

C’est donc cette équipe de députés de l’opposition officielle qui devra affronter le gouvernement lors de la rentrée parlementaire de l’automne.

Le député de Pontiac, André Fortin, qui était resté neutre durant la course au leadership, devient l’homme fort du caucus libéral. Il monte en grade pour occuper désormais la fonction de leader parlementaire de l’opposition officielle, le poste le plus prestigieux en Chambre, après celui de chef. En prime, il devient aussi le porte-parole en finances, détrônant l’ex-ministre des Finances, Carlos Leitao.

M. Fortin, qui avait le dossier de la santé, avait été pressenti pour se lancer dans la course, mais s’était rapidement désisté pour des raisons familiales.

M. Leitao, qui avait coprésidé la campagne de Mme Anglade, s’occupera désormais d’économie et de lutte aux changements climatiques. Les libéraux considèrent que les deux dossiers doivent être désormais «interdépendants». Le développement économique «doit passer par l’adaptation aux changements climatiques», a indiqué M. Leitao en entrevue téléphonique.

Le très expressif député de Lafontaine, Marc Tanguay, perd donc son rôle de leader parlementaire pour occuper un rôle plus discret à l’avenir, comme responsable de la justice, la famille, l’accès à l’information et la réforme du mode de scrutin.

Un autre député qui avait affiché sa neutralité durant la course et qui avait lui-même pensé à se porter candidat, l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, très combatif jusqu’à maintenant dans son rôle de porte-parole dans les dossiers du Conseil du trésor, a été surpris d’apprendre qu’il devrait désormais se faire valoir dans ceux de l’immigration, un domaine qui lui est moins familier. Il s’occupera aussi d’infrastructures, d’éthique et des marchés publics, et pourra donc garder l’oeil ouvert lors de la reprise du débat autour du controversé projet de loi 61, sur la relance économique, cet automne.

Marie Montpetit à la santé

En pleine pandémie, le dossier stratégique de la santé assure au porte-parole de l’opposition officielle une visibilité quotidienne au parlement. Ce sera sans nul doute un des dossiers chauds de l’automne, où l’opposition peut marquer des points. Il sera confié à la députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, qui avait donné son appui à Mme Anglade, après avoir sérieusement songé à se porter elle-même candidate au leadership.

Une autre députée qui avait supporté Mme Anglade, la députée de Marguerite-Bourgeoys, Hélène David, présidera le caucus libéral, un rôle-clé parlementaire. Elle défendra aussi le dossier délicat de la langue française, au moment où le gouvernement s’engage à présenter un plan d’action et des mesures cet automne.

La députée de Jeanne-Mance-Viger, Filoména Rotiroti, succède à Nicole Ménard dans le rôle de whip en chef. Députée de Laporte, Mme Ménard aura le portefeuille de critique en relations internationales.

Le député de Nelligan, Monsef Derraji, monte en grade lui aussi, se voyant confier le rôle de leader parlementaire adjoint, tout en surveillant le sort réservé aux petites et moyennes entreprises (PME). Il a aussi les dossiers du travail et de l’emploi.

La députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, une des deux seules du caucus avec Lise Thériault à avoir appuyé Alexandre Cusson plutôt que Mme Anglade, ne sort pas égratignée par ses choix politiques.

Elle conserve l’éducation, autre dossier chaud de l’automne avec la rentrée scolaire dans le contexte de la pandémie, sans compter les controversées maternelles 4 ans, mais surtout elle acquiert en plus le dossier clé du Conseil du trésor.

Elle perd cependant l’enseignement supérieur, qui sera dorénavant sous la responsabilité de la députée d’Acadie, Christine St-Pierre.

La députée de Verdun, Isabelle Melançon, conserve la culture, et gagne le tourisme et la condition féminine.

Véronyque Tremblay quitte

À l’automne, le gouvernement sera rendu à mi-mandat et les partis vont commencer à placer leurs pions en prévision de la prochaine campagne électorale.

Sour la gouverne de Mme Anglade, le PLQ aura besoin à court terme d’une personne de confiance pour diriger le parti et enclencher déjà le processus d’organisation de la prochaine campagne électorale.

La directrice générale actuelle, l’ex-ministre Véronyque Tremblay, a annoncé mardi qu’elle quittait ses fonctions, le jour même de l’annonce du cabinet fantôme.

On ne sait pas encore qui va lui succéder.

En vrac

En vrac, les autres responsabilités confiées aux députés libéraux sont les suivantes : Pierre Arcand (transports et métropole), Frantz Benjamin (environnement), David Birnbaum (relations intergouvernementales canadiennes, francophonie canadienne et santé mentale), Francine Charbonneau (formation professionnelle et aux adultes et forêt, faune et parcs), Enrico Ciccone (sports, loisirs, saines habitudes de vie, lutte à l’intimidation), Gregory Kelley (affaires autochtones et relations avec les Québécois d’expression anglaise), Jennifer Maccarone (diversité et Inclusion, LGBTQ2 et clientèles vivant avec un handicap ou avec le spectre de l’autisme), Marie-Claude Nichols (affaires municipales et habitation), Saul Polo (énergie et ressources naturelles), Paule Robitaille (solidarité sociale et lutte à la pauvreté), Jean Rousselle (sécurité publique et agriculture), Monique Sauvé (aînés), Lise Thériault (protection des consommateurs), Kathleen Weil (protection de la jeunesse).