Dans une entrevue diffusée dimanche soir à «Tout le monde en parle», l'ancien premier ministre du Canada a fait allusion à Amanda Simard en mentionnant que la petite fille qui a démissionné, elle est partie; c'est fini.

Brian Mulroney critiqué pour avoir traité Amanda Simard de «petite fille»

MONTRÉAL — Le qualificatif de «petite fille» employé par Brian Mulroney pour désigner la députée indépendante ontarienne Amanda Simard a provoqué des réactions négatives sur les médias sociaux en Ontario, y compris de la principale intéressée.

Dans une entrevue diffusée dimanche soir par Radio-Canada à l'émission Tout le monde en parle, l'ancien premier ministre du Canada a souligné que sa fille Caroline, qui est ministre des Affaires francophones en plus d'être Procureure générale de l'Ontario, était toujours en poste pour défendre les francophones de l'Ontario. En faisant allusion à Mme Simard, qui vient d'avoir 30 ans, il a ajouté «que la petite fille qui a démissionné, elle est partie; c'est fini.»

En début de journée lundi, Amanda Simard a écrit sur Twitter que M. Mulroney avait tenté de défendre sa fille qui, à son avis, a complètement laissé tomber les Franco-Ontariens. Elle a ajouté que l'ancien premier ministre «avait fait de grandes choses pour le Canada, mais que ses propos appartenaient à une autre époque et qu'ils n'avaient pas leur place dans une société respectueuse et égalitaire.»

Dans un message également transmis sur Twitter quelques heures plus tôt, le député du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l'Ontario, Guy Bourgouin, a répondu à l'ancien premier ministre Mulroney que «l'héritage et la culture des francophones de l'Ontario ne sont pas que de simples monnaies d'échange.»

Le député fédéral du comté de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin, a pour sa part décrit les commentaires de M. Mulroney comme ceux d’un « mononcle » qui n’ont « pas leur place dans notre société ».

« Nous pouvons parler de nos enfants sans dénigrer une autre personne. Amanda Simard a fait de grosses vagues à travers le Canada sur les enjeux qui touchent la francophonie », a-t-il écrit sur Twitter. 

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin, qui avait d'abord indiqué que M. Mulroney s'était à son avis simplement «mal exprimé», parlant d'un «mauvais choix de mots», a plus tard en journée changé son fusil d'épaule.

«Les propos que M. Mulroney a tenus à l’endroit de Mme Simard sont des propos qui n’ont plus leur place en 2019. [...] Ce matin quand on était sur le vif, on a eu une discussion très rapide par rapport aux positions qu’on allait prendre et depuis ce temps là, on a eu le temps de réfléchir un peu et de revenir sur [...] les propos et dire que ça n’a plus sa place en 2019. Je pense que Mme Simard l’a très bien mentionné dans le Tweet qu’elle a fait», a-t-il lancé.

Il a aussi mentionné que Caroline Mulroney a la confiance de l'AFO jusqu'à preuve du contraire.

«Je ne peux pas spéculer des discussions qu’il y a eu dans le bureau du premier ministre lorsqu’il y a eu ces décisions-là, mais quant à moi je suis certain que Mme Mulroney a eu des discussions sérieuses. Mais entre la ministre et le premier ministre, c’est le premier ministre qui va de l’avant avec son agenda. Maintenant elle a la difficile position d’avoir à réparer ces pots cassés-là, nous on veut travailler avec Mme Mulroney», a-t-il lancé.

Il a ajouté qu’une rencontre devrait avoir lieu « très bientôt » entre l’AFO et Mme Mulroney afin de faire le bilan des dossiers qui concernent l’AFO, soit le Commissariat aux services en français et l’Université de l’Ontario français, ainsi que les prochains défis. 

M. Mulroney, âgé de 79 ans, a tenu à se porter à la défense de sa fille en soutenant que « Caroline est toujours là pour défendre les intérêts des francophones de l’Ontario ». 

«J'étais de toutes les luttes depuis 50 ans pour la minorité francophone au Canada. Je n'en ai pas manqué une. Ma fille se loge exactement au même endroit que moi. Elle est membre d'un gouvernement, ce n'est pas elle qui décide, elle est pris justement à travailler avec ses collègues pour réparer les pots cassés. Elle est la meilleure voix que les francophones de l'Ontario pourraient jamais avoir, croyez-moi», a-t-il dit.

Amanda Simard a été élue députée de Glengarry-Prescott-Russell pour le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario aux élections générales de l'an dernier. Quelques mois plus tard, elle a claqué la porte du parti devant le refus du premier ministre Doug Ford d'annuler l'abolition du projet universitaire francophone et d'assurer la survie d'un commissariat indépendant aux services en français.

La décision d'Amanda Simard avait alors été saluée par plusieurs personnalités de la francophonie ontarienne. La position du gouvernement Ford dont Caroline Mulroney fait partie a cependant été largement critiquée.

Amanda Simard a prévu répondre en après-midi à 13h aux questions qui lui seront soumises sur la page Facebook du média franco-ontarien ONFR-TFO.

Voici quelques réactions sur les réseaux sociaux en lien avec les propos de Brian Mulroney au sujet de la francophonie ontarienne à TLMEP: