Thomas Donohue, le président de la Chambre de commerce américaine (troisième à partir de la gauche) a vanté les mérites de l’ALENA qui a, selon lui, bien servi le Canada, le Mexique et les États-Unis pour se relever de la crise économique de 2008.

B7: les leaders mondiaux unis contre le protectionnisme

Entouré d’homologues des pays du G7 dénonçant à l’unanimité le protectionnisme, évitant toutefois d’aborder de front le repli des États-Unis, le président de la Chambre de commerce américaine, Thomas Donohue, a réitéré vendredi son appui sans faille à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui en est à une étape critique de sa renégociation.

Les sommités des gens d’affaires du B7 (Business 7) étaient réunis ces deux derniers jours à Québec en prévision du Sommet du G7, les 8 et 9 juin dans Charlevoix. En conférence de presse bilan, ils ont présenté vendredi leurs recommandations, lesquelles seront remises aux leaders politiques du G7, soit du Canada, des États-Unis, de l’Allemagne, du Japon, de la Grande-Bretagne, de l’Italie et de la France.

D’une voix commune, ils ont dénoncé le protectionnisme et ont fait une profession de foi en faveur du libre-échange. Seul le représentant japonais a cité en exemple les positions du président américain Donald Trump. 

Thomas Donohue, un défenseur du libre-échange, a rappelé d’emblée que «95 % des compagnies et des individus à qui les entreprises américaines veulent vendre leurs produits ou leurs services sont à l’extérieur des États-Unis».

Il a du même souffle vanté les mérites de l’ALENA, qui a selon lui bien servi le Canada, le Mexique et les États-Unis pour se relever de la crise économique de 2008. «Nous avons travaillé très fort pour mettre en place [ce traité]. […] La Chambre de commerce américaine est un joueur majeur [dans les négociations]. Nous faisons en sorte qu’il y ait des ajustements constructifs et que nous ne causions aucun tort [à l’ALENA]», a-t-il poursuivi. II a aussi insisté sur le fait que l’ALENA représente 14 millions d’emplois chez nos voisins du Sud.

Optimisme 

M. Donohue s’est par ailleurs dit «plus optimiste qu’il y a quelques semaines» sur la possibilité d’une entente de principe avant la tenue des élections mexicaines en juillet, ou encore des élections de mi-mandat américaines en novembre. 

Des déclarations qui survenaient au moment où les ministres responsables des négociations de l’ALENA pour chaque pays étaient réunis à Washington pour une nouvelle séance de discussions intensives en autant de jours.

18 recommandations

Les influents gens d’affaires réunis à Québec ont finalement émis 18 recommandations comme ouvrir les marchés, confirmer les accords commerciaux existants, conclure de nouvelles ententes, renforcer des institutions comme l’Organisation mondiale du commerce. 

On y a aussi parlé de nouvelles technologies, d’intelligence artificielle, de «croissance inclusive», qui ne laisserait personne de côté, particulièrement les femmes et les jeunes, et de l’appui plus important à apporter aux petites et moyennes entreprises (PME) pour assurer leur croissance.

Le Canada était représenté à la table par les coprésidentes du Sommet d’affaires B7 Monique F. Leroux et Dawn Farrell, ainsi que le président de la Chambre de commerce du Canada Perrin Beaty et le ministre du Commerce international François-Philippe Champagne. Avec La Presse canadienne

***

DES DISCUSSIONS CONSTRUCTIVES, SELON FREELAND

WASHINGTON — Les discussions pour renégocier l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) sont constructives, a estimé vendredi la ministre canadienne des Affaires étrangères, actuellement en visite à Washington pour rencontrer des représentants américains et mexicains. «Nous avons eu deux jours de travail intensif, constructif et productif», a-t-elle mentionné, précisant que les négociations allaient se poursuivre vendredi soir ainsi que dans les prochains jours. La ministre canadienne a elle-même prévu de rester plus longtemps dans la capitale fédérale, évoquant une nouvelle phase d’«engagement plus intense» de la part des négociateurs, «ce qui est positif».

Le premier ministre canadien Justin Trudeau avait évoqué jeudi une «grande possibilité» que le Canada, les États-Unis et le Mexique puissent s’entendre dans les prochains jours sur les grandes lignes d’un ALENA renégocié, «avec un accord gagnant-gagnant-gagnant». «Si l’on pouvait annoncer quelque chose au sommet des Amériques», les 13 et 14 avril au Pérou, «ce serait très bien», avait-il ajouté. AFP