Réjean Bacon, un protestataire qui a déjà trois grèves de la faim à son actif, fait valoir que l’espérance de vie des Québécois a augmenté de 11 ans depuis la création du régime québécois d’assurance automobile il y a 40 ans, et que les règles sur l’âge devraient être modifiées.

Accidentés de la route âgés: la SAAQ veut modifier la loi

Réjean Bacon n’aura pas eu à faire de grève de la faim. La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) s’est engagée lundi à «régler la situation» des accidentés de la route qui voient leurs revenus baisser de façon drastique après 65 ans.

À son arrivée au siège social de la SAAQ à Québec avec sa pancarte lundi matin, M. Bacon a été accueilli par trois employés de la direction de la société d’État. 

«On était bien au fait de la situation. On travaille déjà, conjointement avec le cabinet du ministre des Transports, pour trouver une formule pour régler cette situation-là», explique Mario Vaillancourt, porte-parole de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). 

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Au Québec, les victimes d’un accident de la route reçoivent une indemnité de remplacement de revenu, qui représente 90 % du salaire gagné lorsqu’ils étaient capables de travailler. 

Mais cette indemnité est amputée de 25 % lors du 65e anniversaire de la personne, et ainsi de suite chaque année, jusqu’à ne plus être versée du tout à 68 ans. 

«Pendant que ces gens sont indemnisés par la SAAQ, ils ne paient pas de cotisation au Régime des rentes du Québec. Alors ils ont des montants en moins à l’âge de la retraite. Ce qu’on veut trouver, c’est une formule qui ne pénalisera pas ces gens-là», explique M. Vaillancourt. 

La solution n’est pas encore ficelée, mais M. Vaillancourt précise qu’il ne s’agit pas ici de verser des indemnités après 68 ans. La SAAQ a plutôt l’intention de faire en sorte que les accidentés de la route reçoivent une rente de retraite à peu près équivalente à celle qu’ils auraient reçu s’ils avaient continué à travailler. «On va proposer au gouvernement une modification à la loi. Le ministre (François Bonnardel) a une volonté ferme de régler ça.» 

M. Vaillancourt indique que ce n’est pas seulement la grève de la faim annoncée de M. Bacon qui a fait réagir la SAAQ. «Ça fait quand même plusieurs mois qu’on est sur le dossier. On avait fait le constat nous-mêmes de cette situation-là et oui, il y a des gens qui nous l’ont signalée.»

Comme un changement à la loi s’impose, il pourrait s’écouler plusieurs mois, voire des années, avant que la situation ne se règle. Mais M. Vaillancourt se fait rassurant. «S’il y a des compensations qui sont données, ce sera rétroactif, pour toutes les personnes concernées.»

Sur ses gardes

M. Bacon a accepté de retourner chez lui et de mettre fin à son moyen de pression après avoir obtenu ces explications. Mais il reste sur ses gardes et s’attend à être informé des développements. «Je leur ai dit que je gardais ma pancarte pas loin, c’est sûr.»

Le citoyen, un protestataire qui a déjà trois grèves de la faim à son actif, fait valoir que l’espérance de vie des Québécois a augmenté de 11 ans depuis la création du régime québécois d’assurance automobile il y a 40 ans, et que les règles sur l’âge devraient être modifiées. 

Celui qui fêtera ses 68 ans le 27 janvier peine à croire que la SAAQ lui versera de l’argent de façon rétroactive. «Quand ils m’ont dit ça, je suis tombé en bas de ma chaise. Je suis pas sûr de voir ces sous-là de mon vivant.»

Mais il laisse la chance au coureur. Depuis qu’il a raconté son histoire au Soleil, il dit avoir reçu de nombreux témoignages d’accidentés de la route qui sont dans le même bateau que lui.