Politique

Maxime Bernier attaque Trudeau sur la diversité

MONTRÉAL - Le député conservateur Maxime Bernier reproche au premier ministre Justin Trudeau de promouvoir toujours plus de diversité au Canada, affirmant que cela détruira le pays plutôt que de le rendre plus fort.

Dans une série de six messages publiés lundi en français et en anglais sur son compte twitter, le député de Beauce reconnaît que le Canada est un pays immense et que sa diversité le définit et doit être célébrée, mais il se demande où la ligne doit être tracée.

Il estime que le multiculturalisme extrême et le culte de la diversité du premier ministre Trudeau vont diviser les Canadiens en petites tribus qui ont de moins en moins en commun, à part leur dépendance envers le gouvernement. Il s'agit, à son avis, de clientèles politiques qu'on achète avec de l'argent des contribuables et des privilèges.

Le député soutient que la balkanisation culturelle amène la méfiance, les conflits sociaux et potentiellement la violence comme on le voit partout. Il est temps de renverser cette tendance avant que la situation n'empire, ajoute-t-il.

M. Bernier écrit que la volonté d'accueillir des gens qui rejettent les valeurs fondamentales de l'Occident que sont la liberté, l'égalité, la tolérance et l'ouverture ne nous rend pas plus forts. Il affirme que ceux qui refusent de s'intégrer et qui veulent vivre dans leur ghetto ne rendent pas notre société plus forte.

Il propose de mettre l'accent sur les traditions culturelles du Canada, ce que les gens ont en commun et sur ce qui différencie les Canadiens des autres cultures et sociétés.

Politique

L’Ontario vendra d’abord le cannabis récréatif uniquement en ligne

TORONTO — Le gouvernement de l’Ontario affirme qu’il vendra du cannabis récréatif par l’entremise d’un réseau de vente au détail en ligne lorsque la substance sera légalisée cet automne. La vente dans des magasins de détail privés devrait commencer au début de l’année prochaine.

Les ventes en ligne seront gérées par une agence gouvernementale appelée Société ontarienne du cannabis. Selon la province, un modèle de vente au détail privé «strictement réglementé» sera en place d’ici le 1er avril 2019.

Politique

Des débats sur la gestion de l'offre et l'avortement au congrès conservateur

OTTAWA — L'élimination de la gestion de l'offre et la réglementation de l'avortement font partie de la soixantaine de résolutions qui seront à l'ordre du jour du congrès biennal du Parti conservateur du Canada prévu à Halifax plus tard ce mois-ci.

Ce congrès - le premier depuis que Andrew Scheer a été élu chef - préparera le terrain pour la campagne électorale de 2019.

Politique

Migrants: l’Ontario réitère ses exigences; le Québec attend toujours le triage

Ottawa rajuste sa stratégie pour gérer l’épineux dossier des migrants dans un nouvel effort pour calmer l’Ontario.

Lundi, le Groupe de travail intergouvernemental spécial sur la migration irrégulière a tenu une réunion par téléphone, la dernière à laquelle auront pris part les ministres fédéraux de l’Immigration et de la Sécurité publique, et qui aura été présidée par le ministre Marc Garneau.

Dominic LeBlanc, nommé ministre des Affaires intergouvernementales au remaniement du mois dernier, prend la relève à la tête du groupe de travail. Le nouveau ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, remplace ses collègues Ahmed Hussen et Ralph Goodale.

Lundi après-midi, à l’issue de la réunion téléphonique qui réunissait ministres fédéraux, provinciaux et le maire de la ville de Toronto, la ministre ontarienne Lisa MacLeod s’est félicitée de ne plus avoir le ministre Hussen comme interlocuteur. Elle a dit espérer rencontrer les ministres LeBlanc et Blair aussi tôt que mardi. Mais lors d’une conférence de presse donnée à Ottawa, elle ne s’est pas montrée conciliante.

«Le gouvernement fédéral a l’obligation de payer pour l’échec de ses politiques», a-t-elle lancé après avoir offert les détails de la facture de 200 millions $ qu’elle tend à Ottawa.

Elle calcule que l’hébergement temporaire coûte à la Ville de Toronto 74 millions $, alors que le gouvernement fédéral lui a versé seulement 11 millions $. Elle estime également que la Ville d’Ottawa débourse 12 millions $ en logement pour cette population migrante et que son gouvernement verse 90 millions $ en aide sociale et 20 millions $ en services scolaires.

Quelques minutes plus tard, dans un point de presse à Toronto, le ministre Blair s’est dit prêt à tenir «ces importantes conversations» au sujet des dépenses ontariennes.

Le ministre fédéral a cependant rappelé la demande fédérale - rejetée par l’Ontario - d’une participation de la province au système de triage promis depuis avril et qui ne s’est pas encore matérialisé.

«La province (de l’Ontario) a un rôle significatif à jouer dans ceci», a-t-il insisté.

«Nous ne participerons pas à ça. C’est une question pour le gouvernement fédéral», venait de répéter la ministre MacLeod.

Pour sa part, le Québec, dans une déclaration du porte-parole du ministre David Heurtel, a rappelé qu’il attend toujours le système de triage promis. Ce système doit permettre de diriger rapidement les migrants qui arrivent, presque tous, par le chemin Roxham au Québec, mais dont un grand nombre veut s’établir en Ontario. Mais il a surtout insisté sur l’importance de réduire le délai d’examen des dossiers.

«Pour le gouvernement du Québec, le délai de traitement des demandes d’asile est un enjeu majeur», a écrit dans un courriel Maxim Labrecque, attaché de presse du ministre québécois.

M. Labrecque a également rappelé que le Québec a établi sa capacité d’accueil à 1850 places dans quatre centres d’hébergement temporaires. Et cette capacité est «déjà atteinte», a-t-il souligné.

Politique

Bernier dénonce le «multiculturalisme extrême» de Trudeau

OTTAWA — Le député conservateur Maxime Bernier qualifie de «multiculturalisme extrême» le message souvent répété par le premier ministre Justin Trudeau sur les vertus de la diversité au Canada.

Dans une série de gazouillis publiés en anglais et en français dimanche, M. Bernier soutient que «Trudeau continue de promouvoir son slogan “la diversité est notre force”».

«Oui, le Canada est un pays immense et divers. Cette diversité nous définit et doit être célébrée. Mais où trace-t-on la ligne?» demande M. Bernier. «Le multiculturalisme extrême et le culte de la diversité de Trudeau vont nous diviser en petites tribus qui ont de moins en moins en commun, à part leur dépendance envers le gouvernement [...] des clientèles politiques qu’on achète avec de l’$ des contribuables et des privilèges.»

Le député de Beauce estime que «la balkanisation culturelle amène la méfiance, les conflits sociaux et potentiellement la violence, comme on le voit partout». M. Bernier croit qu’«accueillir des gens qui rejettent les valeurs fondamentales de l’Occident que sont la liberté, l’égalité, la tolérance et l’ouverture ne nous rend pas plus forts» au Canada. Selon lui, «il est temps de renverser cette tendance avant que la situation n’empire», car «plus de diversité ne nous rendra pas plus forts, cela détruira notre pays».

«Des minorités ethniques, religieuses, linguistiques ont été réprimées dans le passé, écrit-il. Nous avons fait beaucoup de chemin pour redresser ces injustices et donner des droits égaux à tous. Le Canada est aujourd’hui l’un des pays où l’on peut le plus librement exprimer son identité.

«Mais pourquoi promouvoir toujours plus de diversité? Si tout et n’importe quoi est canadien, que signifie être Canadien?» demande M. Bernier. «Pourquoi ne pas mettre l’accent sur nos traditions culturelles, ce que nous avons en commun qui nous différencie des autres cultures et sociétés?»

Depuis la campagne électorale de 2015, M. Trudeau s’est fait le chantre de la diversité comme l’un des éléments clés de ce qui fait la force du Canada, et il a martelé ce message dans plusieurs de ses discours et déclarations.

M. Bernier a publié deux autres gazouillis lundi matin dans lesquels il précise qu’il n’est pas contre la diversité, qui définit l’identité de ce pays, mais plutôt contre la quête incessante de plus de diversité, encore et toujours. Il conclut que «ce qui est diversifié à l’infini n’a plus d’identité propre et cesse d’exister».

Le député libertarien, qui a été défait de peu dans la course à la direction du Parti conservateur l’an dernier, a critiqué non seulement le gouvernement Trudeau, mais aussi la position de son propre parti sur la gestion de l’offre dans le secteur agricole. Il a été démis de ses fonctions de porte-parole de l’opposition en juin.

Vives réactions

Ces commentaires ont suscité de vives réactions, notamment chez le député libéral Marc Miller, qui a demandé au chef conservateur Andrew Scheer de préciser si le parti appuyait les opinions de M. Bernier.

Le porte-parole de M. Scheer, Brock Harrison, a publié lundi une déclaration dans laquelle il exprime son soutien à l’idée de diversité, sans mentionner spécifiquement M. Bernier ou ses commentaires. «Le Canada a été bâti par des gens du monde entier venus ici pour jouir de la liberté, de la prospérité et de l’égalité que notre pays peut offrir», a déclaré M. Harrison.

«Les conservateurs continueront à reconnaître et à célébrer les contributions apportées au Canada par des gens d’horizons divers qui ont enrichi notre histoire et notre société.» M. Harrison a précisé que M. Scheer n’aurait aucun autre commentaire à formuler à ce sujet.

La députée conservatrice Michelle Rempel, qui a des opinions tranchées sur l’immigration, critique elle aussi les commentaires de son collègue Bernier. Dans une quinzaine de gazouillis, dimanche soir, elle critique d’un côté M. Trudeau pour la politique d’immigration de son gouvernement, et de l’autre «ceux qui prétendent que le Canada se transforme en un État de ghettos».

«D’un point de vue politique, il est tout aussi facile de proclamer que “la diversité est notre force” que de conclure à l’échec du pluralisme au Canada, si aucune de ces thèses n’est étayée par des données ou des politiques publiques», écrit la députée de Calgary, qui évoque sa grand-mère slovaque venue s’installer au Canada.

«Je suis tellement fatiguée de voir les arguments de chacun des camps être dilués par des considérations de rectitude politique, puériles ou sans aucun fondement, à seules fins d’opportunisme politique. Ceux qui tombent là-dedans sont tous des lâches», soutient Mme Rempel, qui milite pour une «immigration humanitaire ordonnée», afin que les nouveaux arrivants «puissent s’intégrer au tissu social canadien».

Politique

Fredericton tente de panser ses plaies

FREDERICTON — Deux jours après que quatre personnes ont été tuées dans un quartier paisible du Nouveau-Brunswick, le défilé de la Fierté de Fredericton a eu lieu dimanche, le maire de la ville déclarant qu’il y avait «moyen de célébrer» même au coeur de cette période de deuil.

Le premier ministre Justin Trudeau a assisté à un événement lié à la Fierté et a rencontré des policiers et leurs familles en présentant ses condoléances à la communauté.

S’exprimant lors d’une conférence de presse samedi, le maire Mike O’Brien a affirmé que le défilé était une façon pour les résidants de Fredericton de commencer à guérir à la suite des tirs qui ont tué Bobbie Lee Wright, Donnie Robichaud et les policiers Robb Costello et Sara Burns dans un complexe d’appartements du côté nord.

«Nous traverserons la ville pour célébrer la diversité, la culture et la fierté», a déclaré M. O’Brien.

«C’est un moyen pour notre communauté de commencer à reconstruire notre foi dans la communauté et à célébrer», a-t-il ajouté. Décrivant les victimes comme des «maris, épouses, fils, filles, frères, soeurs, oncles, tantes, amis», le maire a déclaré qu’il savait que la communauté allait «guérir ensemble».

Funérailles et hommages

Des funérailles régimentaires sont prévues pour célébrer la vie des deux policiers tombés, Sara Burns et Robb Costello, et leur rendre hommage, a indiqué par communiqué l’agente d’information Alycia Bartlett, dimanche après-midi. Les détails seront divulgués bientôt.

La porte-parole a aussi mentionné qu’un livre de condoléances sera mis à la disposition du public à partir de lundi à l’hôtel de ville de Fredericton.

Il y a eu un grand nombre de gestes de solidarité dans la petite ville. Les résidants se sont arrêtés au quartier général de la force de police de Fredericton pour y déposer des fleurs, des notes et des oursons en peluche pour les agents décédés.

«Nous vous sommes reconnaissants de l’appui que vous nous avez démontré en laissant des fleurs et des cartes devant le poste de police. En tant que Frederictoniennes et Frederictoniens, nous souffrons de la mort de quatre des nôtres, mais nous sommes également touchés par le soutien manifesté envers nos policiers tombés en service, les deux autres personnes tuées et leurs familles et amis», a affirmé la chef de police de Fredericton, Leanne Fitch.

Après avoir rencontré en privé des policiers le matin, M. Trudeau devait déposer des fleurs à l’extérieur de leur quartier général dans l’après-midi et, en début de soirée, assister à un «événement social de la Fierté de Fredericton» dans un pub local.

Le maire O’Brien a affirmé que la Ville allait tendre la main aux habitants du quartier de Brookside Drive, où la violence mortelle s’est produite.

«Ils ont été traumatisés tout comme le reste de la ville», a-t-il déclaré. «La police et la Ville les contacteront dans un avenir proche avec des informations sur la manière dont nous pouvons nous rassembler en tant que communauté.»

Une équipe de bénévoles de la Croix-Rouge canadienne a aidé à organiser un hébergement d’urgence pour 46 personnes déplacées par l’enquête. Au moins huit autres personnes séjournent en famille ou entre amis.

Dans un billet sur Facebook, Fierté Fredericton a présenté ses condoléances aux familles des victimes, affirmant que le défilé commencerait par une minute de silence.

«Au fur et à mesure que nous marcherons, nous le ferons en remerciant notre chef de police, Leanne Fitch, les premiers intervenants et tous les officiers qui risquent leur vie quotidiennement pour nous protéger», a précisé le message.

Matthew Vincent Raymond, 48 ans, a été accusé de quatre chefs de meurtre au premier degré et devrait comparaître devant le tribunal le 27 août.

La police n’a pas précisé si le suspect et les victimes se connaissaient et n’a pas fait d’hypothèse sur le motif du tireur.

Politique

Une tournée d’une semaine au Québec pour Jagmeet Singh

Le chef du Nouveau Parti démocratique Jagmeet Singh entamait dimanche une tournée d’une semaine au Québec.

M. Singh entend discuter des enjeux reliés à la protection des cours d’eau et à la création d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables.

Selon le chef néo-démocrate, le Québec est un leader en matière de protection de l’environnement et le prouve en développant de plus en plus le secteur des énergies renouvelables.

Jagmeet Singh estime que le Canada devrait investir dans une transition énergétique «juste», ajoutant que «chaque dollar investi dans les énergies renouvelables crée de six à huit fois plus d’emplois que dans les énergies fossiles».

Le chef du NPD dénonce du même coup l’achat par le gouvernement Trudeau du pipeline Kinder Morgan avec 4,5 milliards $ d’argent public. M. Singh visitera tour à tour les circonscriptions des députés Ruth Ellen Brosseau, Brigitte Sansoucy, François Choquette, Matthew Dubé et Anne Minh-Thu Quach. 

Il terminera la semaine à Montréal. Dans chacune des circonscriptions, il se rendra dans une entreprise phare dans le domaine des énergies propres.

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Legs politique de Couillard: fournir les bons leviers à la prochaine génération

QUÉBEC — Si on demande à Philippe Couillard ce qu'il souhaite qu'on retienne de lui quand il aura quitté la politique, il répond sans hésiter qu'il voudrait être perçu comme celui qui aura préparé le terrain pour que la nouvelle génération soit en mesure de relever les défis du XXIe siècle.

Au cours d'une longue entrevue à La Presse canadienne, cette semaine, en prévision de la campagne électorale, il n'a pas parlé spontanément d'environnement, de santé, d'économie ou d'éducation quand on lui a demandé quel serait son legs politique. Il a plutôt adopté une perspective plus large, souhaitant faire les gestes dictés par une époque en transformation sur tous les plans, au profit des générations montantes.

Son rôle de premier ministre dans un second mandat, il le voit comme celui qui donnera aux jeunes, bientôt aux commandes, tous les «leviers» nécessaires pour composer avec ce monde changeant aux valeurs différentes de celles de la génération actuellement au pouvoir.

«J'aimerais qu'on se souvienne ou qu'on remarque que j'aurai donné les moyens d'utiliser ces leviers-là, et de faire des choix, et commencer à orienter le Québec vers la société du XXIe siècle, qui est déjà entamé», dit-il.

Il veut être celui qui «en dégageant les moyens, a préparé le Québec» pour les générations suivantes, a-t-il dit sans préciser à quels «leviers» il faisait allusion.

Aussi, si la population lui confie un deuxième mandat le 1er octobre, il s'engage à «accélérer» le processus, à assurer «la préparation du Québec au changement de société et au changement de génération» qui s'amorce.

Le gouvernement devra donc agir en ayant toujours à l'esprit les attentes des jeunes, en se rappelant qu'il faut «modeler la société selon leurs valeurs à eux», dit ce grand-père de cinq petits-enfants.

Il faut savoir «nommer des valeurs en politique, avant de nommer des éléments de programme», dit-il, rappelant l'adoption d'une stratégie jeunesse et ses engagements portant sur l'équité intergénérationnelle et les clauses orphelin.

Son message tombe à point nommé, alors qu'il se prépare à rencontrer l'aile jeunesse de son parti, réunie en congrès à Montréal, samedi.

Il y sera question d'appropriation culturelle, d'automatisation des transports, d'encadrement des cryptomonnaies, de l'interdiction progressive des véhicules à essence et de la santé mentale des étudiants, notamment.

Une troisième carrière?

Âgé de 61 ans, M. Couillard réclame un deuxième mandat de la population et compte bien le mener à terme, si la population lui fait confiance. Pas question de quitter en cours de mandat: «Si je présente un mandat de gouvernement, c'est pour quatre ans.» Il ne s'aventure pas jusqu'à dire s'il aimerait faire un troisième mandat.

Il dit ne pas vouloir penser à ce qu'il ferait en cas de défaite, le 1er octobre, mais il se plaît à penser qu'il y a aussi une vie après la politique et espère qu'il aura le loisir d'exercer
«une troisième carrière», après la médecine et la politique.

«J'espère que j'aurai un troisième épisode de vie professionnelle un jour», confie-t-il, sans vouloir même esquisser une échéance à ce souhait et sans dire vers ce qu'il aimerait faire après la politique.

À court terme, il entend bien consacrer toutes ses énergies à la campagne électorale et former à nouveau un gouvernement majoritaire pour adopter les réformes souhaitées.

Santé

Malgré les heures d'attente à l'urgence, les années d'attente pour une chirurgie ou les difficultés à trouver un médecin de famille, le premier ministre Couillard ne bronche pas: le bilan de son gouvernement en santé est, selon lui, positif. Pas question de jouer encore dans les structures dans un deuxième mandat, même s'il admet que le fonctionnement du réseau «est loin d'être parfait».

Il veut cependant prêter une attention particulière au personnel hospitalier, en particulier les infirmières et les préposés aux bénéficiaires.

«Il faut s'occuper de notre monde qui travaille dans le réseau», dit le premier ministre, qui dit vouloir assurer au personnel hospitalier une meilleure qualité de vie au travail.

Il est bien conscient que l'enjeu de la santé pourrait lui nuire en campagne électorale, même s'il insiste pour affirmer que, malgré les apparences, les choses vont de mieux en mieux, selon lui.

Mais «la perception sera toujours difficile en santé. On mesure par rapport à la perfection.»

Le fonctionnement du système de santé continuera donc à être soumis à des «tensions entre les besoins et les ressources disponibles», quoi qu'on fasse.=

À titre d'exemples d'améliorations, il note la création de plus d'une quarantaine de super-cliniques (le gouvernement en avait promis 50 en 2014) et promet de développer encore davantage ce réseau dans un deuxième mandat. Ce réseau est un geste concret pour désengorger les salles d'urgence des hôpitaux. «Il en faut plus» de super-cliniques, dit-il.

Familles

Les jeunes familles feront partie des clientèles très courtisées durant la campagne.

Le chef libéral promet de revenir à la charge avec son projet d'offrir davantage de congés payés aux parents. Le gouvernement avait déposé cette année le projet de loi 174, qui est resté sur une tablette. Il s'agissait d'assouplir le régime d'assurance parentale pour permettre aux parents de disposer d'une banque de 10 jours de congés payés à utiliser durant les trois années suivant la naissance de l'enfant. Le congé parental aurait aussi pu être étiré sur deux ans au lieu d'une seule année.

Dans un second mandat, M. Couillard promet de répondre au besoin de temps des parents et d'enlever une série «d'irritants» dans la vie quotidienne des gens, sans préciser lesquels.

Crédibilité

L'enjeu qui fera la différence le soir du premier octobre sera la crédibilité des partis et des chefs, selon le chef libéral.

Quatre axes

Durant un éventuel deuxième mandat, l'action de son gouvernement sera centrée autour de quatre axes:

- Maintenir les finances publiques en bon état;

- Assurer la croissance de l'économie et de la nouvelle économie, avec un accent sur les échanges commerciaux;

- Continuer à moderniser le système d'éducation et de santé;

- Améliorer les conditions de vie des gens, la vie quotidienne des gens, grâce à des mesures «très spécifiques».

Politique

Construction: Québec lance un projet pilote contre les retards de paiement

MONTRÉAL — Québec s’attaque enfin au dossier des retards de paiement dans l’industrie de la construction, au grand soulagement de l’industrie.

Le ministre délégué à l’Intégrité des marchés publics, Robert Poëti, a annoncé vendredi, au cours d’une conférence de presse à Montréal, qu’un projet pilote était lancé à ce sujet.

Le projet pilote prévoit d’abord un calendrier de paiement obligatoire. Ainsi, un organisme public aura l’obligation de respecter un délai de paiement de 30 jours pour payer un entrepreneur général. Ensuite, l’entrepreneur général aura cinq jours pour payer un sous-traitant, puis celui-ci aura cinq jours pour payer un autre sous-traitant, a expliqué le ministre Poëti.

De même, un système de règlement des différends est instauré, lorsqu’il devient impossible de s’entendre à l’amiable. Une des parties pourra alors s’adresser à un expert membre de l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec (IMAQ).

«Dans ce projet-là, ce qu’il y a de vraiment intéressant et de vraiment innovant, c’est l’IMAQ — un intervenant expert, qui va trancher immédiatement sur un montant à devoir payer, soit par l’entrepreneur ou le sous-traitant. Et, dans le cas où ils ne s’entendraient pas, de toute façon il y aurait toujours le recours juridique après», a expliqué le ministre Poëti.

La décision de l’expert de l’Institut de médiation et d’arbitrage sera exécutoire, et non pas une simple recommandation.

Me Pierre Grenier, président de l’IMAQ, a précisé que son institut comptait 471 membres, issus de 21 ordres professionnels. Ceux-ci sont des tiers impartiaux, qui agissent comme médiateur ou arbitre.

Deux phases

Au départ, le projet pilote ne touchera que la Société québécoise des infrastructures et le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports. Dans une deuxième phase, des établissements du réseau de la santé et de l’éducation viendront s’y greffer.

Le ministre a indiqué qu’une période de trois ans est prévue pour le projet pilote. Mais si les choses vont bien, le système pourrait être implanté plus rapidement.

Pas qu’au Québec

Le problème des retards de paiement dans l’industrie de la construction n’est pas limité au Québec. Le gouvernement fédéral se penche déjà sur cette question et d’autres provinces également. Le ministre Poëti rapporte toutefois que le Québec est le premier à expérimenter un tel système.

Les retards de paiement dans la construction ne sont donc pas dus à une méfiance accrue, engendrée par les révélations de la Commission Charbonneau, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

Le ministre Poëti explique: «la problématique reliée aux retards de paiement est peut-être provoquée par un délai administratif, dans certains contrats où il y a des avenants - l’avenant retardant le paiement. Dans d’autres cas, il y avait insatisfaction ou mésentente entre le gouvernement et des contracteurs ou entre des contracteurs et des sous-traitants, au niveau de la qualité des travaux ou d’une problématique».

Entreprises soulagées

Ces retards de paiement causent des maux de tête aux entreprises, pouvant aller jusqu’à mettre en danger la survie de certaines d’entre elles, a déploré de son côté Steve Boulanger, porte-parole de la Coaliton contre les retards de paiement dans l’industrie de la construction.

«C’est un premier pas concret et significatif en vue de régler définitivement la problématique des retards de paiement, qui est décriée depuis plusieurs années, et qui a des conséquences négatives, non seulement pour les entrepreneurs, mais pour toute l’industrie, l’économie du Québec et les contribuables payeurs que nous somme tous», a lancé M. Boulanger.

Il a cité les données d’une «étude d’impact», préparée en 2015, selon laquelle «les délais de paiement dans la construction sont de 80 jours en moyenne, et la tendance est à la hausse depuis plusieurs années».

Élections 2018

L'ex-hockeyeur Enrico Ciccone se lancerait en politique pour le PLQ

MONTRÉAL — Le joueur de hockey professionnel devenu animateur sportif Enrico Ciccone sera candidat pour le Parti libéral du Québec (PLQ) lors des élections provinciales du 1er octobre, selon plusieurs sources.

On ignore dans quelle circonscription M. Ciccone se présentera. L’ancien athlète maintenant âgé de 48 ans est né à Montréal.

Le 24 juillet dernier, Enrico Ciccone a annoncé sur Twitter son départ de son poste d’animateur à une station radiophonique de Montréal afin, écrivait-il, de relever un très grand défi à l’automne.

Son message suivant, affiché le 5 août, laissait entendre qu’il était en vacances à Bali, en Indonésie.

Après avoir évolué à Shawinigan et à Trois-Rivières au hockey junior majeur québécois, Enrico Ciccone a entrepris sa carrière professionnelle en 1990 dans la Ligue internationale. L’ancien défenseur a gradué l’année suivante dans la Ligue nationale (LNH) avec les North Stars du Minnesota.

Jusqu’en 2001, il a évolué pour sept équipes de la LNH, dont très brièvement pour les Canadiens de Montréal. Il était réputé pour être un dur à cuire, ayant passé près de 1500 minutes au banc de punition pendant ses 374 matchs disputés dans la Ligue nationale.