Politique

Couillard défend Charest à la veille du congrès du PLQ

Pour la première fois depuis qu’il est en poste, le premier ministre Philippe Couillard a défendu son prédécesseur Jean Charest. Une défense qui survient à quelques heures du 33e congrès du Parti libéral du Québec.

Au chef caquiste François Legault, qui le pressait jeudi de «dénoncer ce qui a été fait par le gouvernement de Jean Charest», Philippe Couillard a rétorqué qu’il n’obtiendra jamais le titre de premier ministre, contrairement à l’ex-chef libéral.

«M. Charest a obtenu un titre que je doute que le chef de la deuxième opposition obtienne un jour. C’est le premier ministre qui a littéralement géré une crise financière d’ampleur internationale de façon remarquable, qui a lancé le Plan Nord, le libre-échange avec l’Europe, l’équité salariale, la représentation paritaire des hommes et des femmes dans les conseils d’administration et au Conseil des ministres.»

«Je pense que, quand le chef de la deuxième opposition aura fait la moitié de ça, si un jour, ça se produit, on pourra en reparler.»

Terrain délicat

Jean Charest sera présent au congrès du week-end lors duquel on soulignera les 150 ans du Parti libéral du Québec. C’est l’actuel premier ministre lui-même qui l’a invité à être de la partie. Il sait que les militants seront pour la très grande majorité d’entre eux très contents de revoir M. Charest.

Philippe Couillard marche cependant sur un fil. Il sait aussi que, désormais, pour beaucoup de Québécois, Jean Charest est cet ex-chef libéral qui est sous enquête policière. Aucune accusation n’a cependant été portée contre lui.

Depuis qu’il est au pouvoir, M. Couillard n’a cessé d’insister sur le fait qu’il existe un «avant» et un «après» au Parti libéral du Québec.

Sachant le terrain délicat, il a pris soin de préciser, jeudi, que son but n’était pas de défendre son prédécesseur comme tel, mais de souligner ses réalisations.

Le caquiste François Legault a rappelé que c’est sous le règne de «son invité de marque de la fin de semaine» que s’est déroulée la vente d’immeubles gouvernementaux dénoncée par la vérificatrice générale, une transaction qui a floué les contribuables.

Problème mis «en vitrine»

En invitant Jean Charest, le Parti libéral du Québec met «en vitrine» son «problème de fond», soit «son problème structurel» d’éthique et d’intégrité, a affirmé le chef péquiste, Jean-François Lisée.

«Ils devraient tous être» à ce congrès, y compris Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, qui font face à des accusations devant les tribunaux, a poursuivi M. Lisée pour mieux pourfendre ses adversaires.

«Si on souligne les 150 ans du Parti libéral, soulignons-les avec les points de beauté et les verrues», a-t-il dit en martelant que Philippe Couillard dirige le même parti que son prédécesseur et qu’il se trouve aujourd’hui pris au piège.

Les partis d’opposition se disent convaincus que M. Charest a commis des gestes illégaux en matière de financement politique.

Politique

Concert de condamnations dans un Adidas

QUÉBEC — Le premier ministre Philippe Couillard a condamné jeudi les propos du gérant d’un commerce de la rue Sainte-Catherine à Montréal.

Selon ce qu’a rapporté Le Journal de Montréal, lors de l’inauguration de la nouvelle boutique Adidas, son gérant, Alexandre Des Roches, s’est presque excusé de parler en français en affirmant qu’il allait dire quelques mots dans cette langue afin d’accommoder les médias francophones. Le reste de la cérémonie s’est déroulé en anglais.

À la période de questions à l’Assemblée nationale, Philippe Couillard a déclaré que ces propos étaient « inacceptables », en réponse à une question du chef péquiste Jean-François Lisée.

Au dire du premier ministre, le signal des chefs d’entreprise doit être clair : la langue de travail au Québec, c’est le français et dans la métropole du Québec, on parle français.

M. Couillard s’est empressé d’ajouter que cela ne veut pas dire que l’anglais soit une langue étrangère, car les citoyens de langue anglaise au Québec sont des actifs très importants pour la société, pour reprendre ses mots.

Politique

Retraite à deux vitesses: la FTQ estomaquée que des conditions soient posées

MONTRÉAL — La possibilité que Québec rende conditionnel à la situation dans les autres provinces le fait d’interdire les régimes de retraite à deux vitesses a fait sursauter, jeudi, dans le milieu syndical. Et cette question des clauses de disparité de traitement a rebondi à l’Assemblée nationale.

Le quotidien La Presse a rapporté, jeudi, qu’un rapport sur lequel la ministre du Travail doit se baser pour sa réforme recommande bel et bien de mettre fin à ces clauses de disparité de traitement dans les conventions collectives, mais seulement si les autres provinces font de même.

Cette question des régimes de retraite à deux vitesses touche également les régimes d’assurances collectives. Il s’agit de clauses, dans les contrats de travail, qui permettent aux employeurs d’offrir des conditions moins généreuses aux employés embauchés après une date donnée.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, jeudi, le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, s’est dit estomaqué devant cette idée de rendre l’interdiction de telles clauses discriminatoires conditionnelle au fait que les autres provinces fassent de même.

Il s’est demandé si la ministre du Travail du Québec allait hausser le salaire minimum à 15 $, puisque l’Ontario a annoncé qu’elle le ferait et qu’elle le haussera déjà à 14 $ le 1er janvier.

Politique

Congrès du PLQ: la présence de Jean Charest cause des remous

QUÉBEC — La présence de l’ancien premier ministre Jean Charest au congrès du Parti libéral du Québec (PLQ) en fin de semaine continue de semer l’émoi dans la classe politique.

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a vivement réagi jeudi matin sur le ton de l’ironie, en félicitant le PLQ d’accepter de « mettre en vitrine son problème de fond », c’est-à-dire selon lui, son problème d’éthique et d’intégrité.

Jean Charest a été premier ministre du Québec entre 2003 et 2012. Il est actuellement ciblé par une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) qui s’attarde au financement du PLQ à cette époque. Aucune accusation n’a été portée contre lui.

M. Lisée s’est demandé, jeudi, pourquoi les anciens ministres libéraux accusés de fraude et d’abus de confiance, en l’occurrence Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, n’ont pas, eux, été invités.

« Ils devraient tous être là, a-t-il maintenu. Si on souligne les 150 ans du Parti libéral, eh bin soulignons-les avec les points de beauté et les verrues. »

Selon M. Lisée, « il n’y a jamais eu de vraie rupture entre l’ancien régime de M. Charest et le nouveau régime ». Une dizaine de ministres, dont l’actuel premier ministre Philippe Couillard, ont fait partie du cabinet Charest.

« Le Parti libéral est prisonnier de son passé récent », mais au moins, a-t-il dit, « ils ont la franchise de célébrer cette continuité entre l’ère Charest et l’ère Couillard ».

M. Lisée a conclu en rappelant que René Lévesque avait choisi de quitter le PLQ il y a 60 ans en raison du manque d’intégrité au parti.

M. Couillard se porte à la défense de M. Charest

En Chambre, le premier ministre Couillard a fait l’éloge de son prédécesseur. Selon lui, Jean Charest a géré « de façon remarquable » une des pires crises financières de l’histoire. Il a également lancé le Plan Nord et le libre-échange avec l’Europe.

Jean Charest a amélioré l’équité salariale et instauré la parité hommes-femmes dans les conseils d’administration et au conseil des ministres, a-t-il renchéri.

À une question du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, M. Couillard a répondu qu’il en reparlerait lorsque celui-ci aura accompli la moitié de ce que M. Charest a accompli durant sa carrière.

« M. Charest a effectivement obtenu un titre que je doute que le chef de la deuxième opposition obtienne un jour », a-t-il déclaré.

Politique

Vente d’immeubles: le gouvernement a perdu 18,6 M$

Le gouvernement a fait preuve de «mauvaise gestion» et d’«imprudence» lors de la vente de trois grands immeubles en 2008, selon la vérificatrice générale du Québec Guylaine Leclerc. Alors que l’opposition crie au vol et à la fraude, les libéraux reconnaissent que des agissements «inacceptables» ont eu lieu.

Lors de ces transactions, le gouvernement a perdu «minimalement» 18,6 millions $, évalue Mme Leclerc dans son rapport. Les trois immeubles dont il est question sont Place Québec et l’édifice J.-A. Tardif, situés sur la colline parlementaire à Québec, de même que le 500, boulevard René-Lévesque Ouest à Montréal.

À l’époque, la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget s’était réjouie d’avoir vendu ces immeubles pour faire entrer de l’argent rapidement au gouvernement et garnir le Fonds des générations. 

Place Québec a été vendue à un consortium formé de SOLIM, bras immobilier de la FTQ et de l’entrepreneur Tony Accurso. Une entreprise du géant de l’immobilier George Gantcheff a acheté les deux autres édifices.

«Des règles élémentaires de saine gestion et de prudence devant guider les transactions d’une telle importance n’ont pas été suivies», écrit Mme Leclerc. Le processus de sélection a eu pour effet de réduire la concurrence entre les acheteurs. En plus de laisser filer 18,6 millions $, le gouvernement libéral de l’époque a accepté de rembourser les dépenses de réparations majeures futures. L’argent qui aurait été perdu en raison de cette clause, «c’est pas évaluable», juge Mme Leclerc. 

Lorsqu’il a pris la décision de vendre, le conseil d’administration de la Société immobilière du Québec (SIQ) — devenue en 2013 la Société québécoise des infrastructures (SQI) — s’est basé sur de l’information «insuffisante et erronée». Ces transactions étaient presque exclusivement entre les mains du président-directeur général Marc-André Fortier. «C’est pas normal que ce soit centralisé comme ça», déplore Mme Leclerc. 

Aujourd’hui, la vérificatrice générale constate que la SQI a amélioré ses façons de faire, mais elle n’a toujours pas de planification à long terme. Et parfois, elle décide de vendre un immeuble seulement pour combler de façon pressante un déficit, comme ça a été le cas en 2016 lors de la vente de l’édifice Louis-Philippe-Pigeon, qui loge des fonctionnaires du ministère de la Justice, à Sainte-Foy. 

Mme Leclerc et son équipe se sont penchés sur les trois transactions de 2008 à la suite d’une demande des parlementaires, qui réagissaient à un reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada, diffusé en novembre 2016. Il est question dans ce reportage que la vente de ces immeubles soit entachée par de la fraude impliquant des collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec, comme William Bartlett, Charles Rondeau et Franco Fava.

La vérificatrice générale n’a pas voulu franchir la ligne et traiter ces allégations de favoritisme, estimant que ce n’était pas son mandat. Oui, il y a eu des lacunes dans le processus de vente, mais «on n’est pas en mesure de savoir les intentions […] Ce sera aux policiers de démontrer dans quelle mesure c’est volontaire ou pas», explique-t-elle. Une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) est d’ailleurs toujours en cours dans ce dossier.

Récupérer des sommes

Ce rapport ne répond qu’en partie à toute la saga soulevée par l’émission Enquête. Un autre rapport suivra au printemps 2018 sur les baux conclus entre le gouvernement et les entreprises appartenant à l’ex-collecteur de fonds du Parti libéral Marc Bibeau. 

Les partis d’opposition ont été unanimes jeudi à condamner fortement ces transactions et à réclamer une réparation au nom des contribuables. Le président du Conseil du trésor Pierre Arcand n’est pas allé jusqu’à s’excuser pour le gouvernement libéral d’il y a 10 ans, mais il a soutenu que les avocats de son ministère allaient tout faire pour «récupérer les sommes de la fraude alléguée». 

Lorsqu’il est entré en poste, M. Arcand dit avoir rapidement rencontré le nouveau pdg de la SQI, Yves Ouellet, car il croit que «le gouvernement doit se doter d’une vision immobilière». 

La SQI a réagi par voie de communiqué, disant avoir amélioré ses pratiques, en adoptant un nouveau code d’éthique et en ayant recours aux services de l’UPAC pour donner de la formation aux membres de son conseil d’administration. 

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L'ÉCHEC DE LA FRANCISATION DES IMMIGRANTS

Les millions de dollars dépensés pour que les immigrants apprennent le français au Québec sont loin de porter fruit.

La vérificatrice générale du Québec consacre un chapitre de son rapport publié jeudi à soulever de graves lacunes du ministère de l’Immigration (MIDI) dans ce domaine. Par exemple, seulement le tiers des immigrants qui ne parlent pas un mot de français s’inscrivent à des cours de francisation. Le MIDI n’assure aucun suivi individuel auprès des personnes qui négligent de s’inscrire à ces cours ou auprès de celles qui les abandonnent.

Et même lorsque les immigrants se donnent la peine de suivre des cours de francisation, les résultats ne sont pas au rendez-vous. En 2015, 90% des étudiants ont échoué les tests qui leur permettent d’atteindre le «seuil d’autonomie langagière» à l’oral en français. À l’écrit, 95% des étudiants n’arrivent pas à atteindre ce seuil. 

En 2016-2017, le gouvernement a dépensé 74,5 millions $ dans les cours de francisation destinés aux immigrants. À cela s’ajoute un manque de reddition de compte de la part des organismes d’intégration des immigrants que le MIDI finance. 

Des constats qui ont fait bondir le chef du Parti québécois Jean-Français Lisée. «L’échec de la francisation, c’est l’échec de son gouvernement», a-t-il lancé en visant le premier ministre Philippe Couillard en chambre. M. Couillard a tempéré les choses, soutenant qu’il ne fallait pas dépeindre une «image d’apocalypse» de la francisation. «Bien sûr qu’on peut faire mieux. Et on fera mieux», a-t-il ajouté. 

Nathalie Roy, députée de la Coalition avenir Québec, croit aussi que la situation est «catastrophique». Surtout que le MIDI ne fait pas de suivi des immigrants qui ne parlent pas français. «En d’autres mots, ils sont perdus dans la nature», accuse-t-elle. 

Le ministre de l’Immigration David Heurtel s’est défendu en déposant jeudi son plan pour répondre aux principales recommandations de la vérificatrice générale. «Nous sommes en action», a-t-il plaidé. 

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DES LIENS ENTRE LA SQI ET L'UNIVERSITÉ LAVAL

Quelques paragraphes du rapport de la vérificatrice générale Guylaine Leclerc révèlent l’existence de liens entre la Société québécoise des infrastructures (SQI) et l’Université Laval. Une transaction entre les deux entités «n’a pas suivi la démarche de vente normale». 

En 2010, l’Université souhaitait acheter une parcelle de terrain située près de l’édifice Camille-Laurin, à Montréal. Le bien-fondé de cette vente n’a pas été justifié et a soulevé le questionnement d’experts internes, écrit la vérificatrice générale. L’Université Laval a finalement acheté le terrain de gré à gré en 2016, au coût de 444 000 $, alors qu’une firme privée avait évalué sa valeur à 850 000 $. 

Dans son rapport, la vérificatrice souligne que des dons de la SQI ont été accordés à la Fondation de l’Université Laval «sans que les politiques en vigueur aient été respectées». Un don de 200 000 $ a été fait en 2011, alors qu’un autre de 75 000 $ a été octroyé en janvier 2017.

Politique

Entrées irrégulières à la frontière: 10 % des Haïtiens ont obtenu le statut de réfugié

OTTAWA — La majorité des demandeurs d’asile ayant traversé irrégulièrement la frontière au Canada jusqu’à maintenant cette année sont des Haïtiens, et à ce jour, seulement 10 % de leurs demandes ont été acceptées, indiquent des données présentées mercredi.

Depuis février, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié a reçu au total 14 467 demandes de la part de personnes ayant fait une entrée irrégulière à la frontière, et la proportion de requêtes acceptées se situe à 60 %.

Le fait que le nombre de demandes de la part d’Haïtiens ayant obtenu une réponse positive soit «très bas» devrait servir de mise en garde pour ceux envisageant encore de traverser la frontière entre les États-Unis et le Canada de manière illégale, a dit le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen.

M. Hussen a rappelé que la venue au Canada devait se faire par les «canaux réguliers», et que le système de réfugiés s’appliquait seulement aux personnes ayant un véritable besoin de protection.

Un nombre imposant de personnes ont tenté d’entrer au Canada hors des postes de contrôle cet été, après que le gouvernement des États-Unis eut averti que leur statut temporaire de résidence était réexaminé. Un peu moins de 60 000 Haïtiens sont concernés par ce programme leur évitant la déportation.

Le nombre a chuté considérablement depuis, mais la crainte de le voir exploser a surgi cette semaine, l’administration Trump ayant annoncé la fin d’ici juillet 2019 du statut temporaire de résidence.

Politique

Gerry Sklavounos espère réintégrer le caucus libéral

Le retour de Guy Ouellette au caucus libéral cette semaine a permis au député indépendant Gerry Sklavounos d'espérer lui aussi que le parti lui rouvre les bras.

En entrevue téléphonique mercredi, le député de Laurier-Dorion a confié qu'il était tout à fait prêt à rencontrer le premier ministre Philippe Couillard pour discuter de la question.

Libéral dans l'âme - «Les gens ne changent pas du jour au lendemain» - il dit s'être toujours comporté de façon «noble» depuis qu'il a été exclu du caucus libéral en octobre 2016, étant visé par des allégations d'agression sexuelle sur une étudiante de l'Université Laval, Alice Paquet.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) l'a blanchi en février en concluant «qu'aucun acte criminel n'a été commis» à l'endroit de celle qui le dénonçait. Mais son exclusion a été maintenue par les libéraux.

«Depuis ce temps-là, je fais mon travail, je représente les citoyens, je me comporte de la manière la plus noble que je peux à l'Assemblée et partout ailleurs, je sens l'appui de la population», a-t-il soutenu.

«C'est sûr et certain que si le premier ministre me convoque, je vais aller rencontrer le premier ministre», a-t-il ajouté.

Plus tôt en journée, M. Couillard a fait savoir sur les ondes du FM93 qu'il aurait des discussions «au cours des prochaines semaines» avec M. Sklavounos. «Je ne peux pas tout dire là, dans le cas de M. Sklavounos, il y a d'autres éléments qu'on doit discuter avec lui», a-t-il commenté.

La whip du gouvernement, Nicole Ménard, a confirmé qu'il y «aura d'autres discussions» avec M. Sklavounos, en temps opportun.

Au plus fort de la tempête, M. Sklavounos avait également été montré du doigt pour son comportement inadéquat à l'égard de membres du personnel politique et de pages à l'Assemblée nationale.

À 42 ans, Gerry Sklavounos dit maintenant réfléchir à son avenir et à la possibilité de faire une autre campagne avec les libéraux. «J'essaye d'avoir un autre enfant avec ma femme. Chaque élection est une autre élection, chaque mandat, il faut qu'on s'assoie quand on a une famille, on discute avec notre conjointe», a-t-il affirmé.

Demi-victoire pour Guy Ouellette

Fraîchement réintégré dans le caucus libéral, le député Guy Ouellette s'est quant à lui vu retirer définitivement, mercredi, la présidence de la Commission des institutions.

Il avait demandé de reprendre son rôle de président dans une lettre au premier ministre Philippe Couillard, lundi, rappelant sa grande loyauté envers le Parti libéral du Québec (PLQ) et son engagement dans la lutte contre la corruption.

La Commission des institutions se penche notamment sur les mandats et pouvoirs des corps policiers.

Or, M. Ouellette a plutôt été nommé membre de deux autres commissions: celle de la culture et de l'éducation, ainsi que celle de l'aménagement du territoire. Sa rétrogradation représente pour lui une perte salariale d'environ 25 000 $.

Guy Ouellette, qui est âgé de 65 ans, a été arrêté par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) le 25 octobre dernier relativement aux fuites dans l'enquête Mâchurer qui s'attarde au financement du PLQ à l'époque où il était dirigé par Jean Charest.

Aucune accusation n'a, à ce jour, été portée contre lui.

Il a affirmé être «heureux» de réintégrer le caucus libéral, mais n'a offert aucun commentaire mercredi sur son rôle réduit en commission parlementaire.

Politique

La réforme des normes du travail retardée

EXCLUSIF / Le projet de réforme de la loi sur les normes du travail, celui devant offrir plus de congés aux Québécois assujettis à ce régime, ne sera pas présenté à l’Assemblée nationale en décembre, comme prévu. Il ne le sera vraisemblablement pas avant février ou mars, selon ce qu’a appris Le Soleil.

Ce projet de loi visera également les agences de placement temporaire de la main-d’œuvre. Or, la ministre du Travail, Dominique Vien, a décidé de les contraindre à obtenir un permis pour opérer, selon nos informations — une obligation susceptible de soulever un tollé au sein des associations patronales.

C’est en raison de ce qui doit encore être mis en place en amont pour obliger ces agences à se munir d’un permis que le gouvernement a pris la décision de reporter au début de l’année prochaine la présentation de son projet de loi.

Le permis serait octroyé par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail. Plus de 1000 agences de placement seraient concernées par ce changement.

La ministre du Travail appuierait sa volonté d’imposer un tel permis sur une recommandation qu’elle a reçue du Comité consultatif sur les normes du travail, qui avait été mandaté pour examiner la situation. Ce document n’est pas public.

Le gouvernement ontarien n’exige pas un tel permis, mais les agences de placement en Ontario ne peuvent réclamer de frais aux travailleurs qu’elles recrutent. Elles doivent leur remettre des documents spécifiques, portant notamment sur leurs droits. Des mesures qui pourraient inspirer la ministre Vien, qui ne travaillerait pas que sur l’obligation du permis à proprement parler.

Nécessité d’agir

Le Québec est la seule province au Canada à ne pas encore encadrer ce secteur d’activité, dans lequel des milliers de citoyens sont tous les jours laissés à eux-mêmes.

Ces agences embauchent des travailleurs pour le compte d’autres employeurs. Certaines sont soupçonnées d’exploiter les intérimaires qu’elles recrutent — souvent des immigrants ou des sans-papiers.

Elles évoluent dans toutes sortes de domaines, allant du secteur infirmier jusqu’au monde agricole, en passant par le secrétariat ou l’entretien ménager.

C’est entre autres en raison de la difficulté à séparer celles qui se comportent comme de bons citoyens corporatifs des autres, qui sont très nombreuses, que le gouvernement de Pauline Marois n’était pas allé de l’avant avec un projet de loi ad hoc, qui devait les contraindre à obtenir un permis d’opération, à mettre en place un principe de «coresponsabilité» entre elles et leurs entreprises clientes, ainsi qu’à établir un formulaire de renseignements consignant les conditions offertes aux travailleurs. Le projet qu’avait promis le gouvernement Marois a été abandonné.

Les agences de placement ne constitueront qu’un volet du projet de loi de la ministre Dominique Vien. Elle bonifiera le régime de vacances des Québécois assujettis à la loi sur les normes du travail. Actuellement, celle-ci prévoit deux semaines de vacances payées après une année chez le même employeur et trois semaines de vacances continues par année après cinq ans de service.

Le projet de loi prévoira également des mesures pour les aidants naturels et obligera les entreprises à se doter d’une politique pour contrer le harcèlement sexuel au travail.

Le fait d’obliger toutes les agences de placement de la main-d’œuvre à obtenir un permis les placera, à terme, en permanence sous la loupe de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.

Politique

Les Québécois veulent une action forte contre les paradis fiscaux

EXCLUSIF / Plus de 80% des Québécois «trouvent inacceptable le recours aux paradis fiscaux par certains contribuables et certaines entreprises», d’après un sondage SOM réalisé auprès de 1021 répondants.

Dans la même veine, ils sont aussi nombreux — 81% pour être précis — à estimer que les gouvernements du Québec et du Canada ne déploient pas suffisamment d’efforts pour lutter contre les paradis fiscaux.

Ils sont presque aussi nombreux — 79% — à croire que cette lutte doit devenir une priorité lors des prochaines élections générales tant au Québec, dans moins d’un an, qu’au Canada, en 2019.

Ces résultats surprendront peu de gens. Ils ne surprennent pas, en tout cas, le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Christian Daigle. C’est le collectif Échec aux paradis fiscaux, dont son organisation est membre et dont il est le porte-parole, qui a commandé cette enquête d’opinion. Le groupe tiendra une manifestation jeudi devant l’Assemblée nationale.

Plan d’action

Le plan d’action présenté le 10 novembre par le ministre des Finances, Carlos Leitão, est en deçà des besoins, selon Christian Daigle. «Nous croyons que le Québec aurait pu aller plus loin, par exemple en exigeant un changement de cap de la Caisse de dépôt et placement, qui utilise abondamment les paradis fiscaux», affirme-t-il. 

Il croit que Revenu Québec doit «investir beaucoup plus de ressources que ce qui a été annoncé par M. Leitão», et ce, afin «de développer une véritable expertise sur l’évasion fiscale internationale».

Ottawa n’échappe pas aux tirs de M. Daigle. Le gouvernement de Justin Trudeau «se contente d’affirmer qu’il a octroyé des ressources additionnelles à l’Agence du revenu du Canada et qu’il coopère pleinement aux initiatives internationales sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économique», se désespère-t-il.

Le sondage a été réalisé avant la présentation du plan d’action de Carlos Leitão et avant la diffusion d’informations sur les Paradise papers. La principale mesure du plan Leitão vise à créer une brigade spéciale chargée de traquer les contribuables ayant recours aux paradis fiscaux. Le gouvernement Couillard veut également priver de tout contrat public les entreprises ayant recouru à de l’évitement fiscal abusif, ainsi que les cabinets professionnels qui les auraient guidées sur ce terrain. C’est ce qu’avait recommandé une commission de l’Assemblée nationale.

«Un peu mieux»…

Commentant le plan gouvernemental, le péquiste Nicolas Marceau a indiqué qu’il permet «de faire un peu mieux ce qu’on faisait» déjà, mais qu’il n’apporte aucun «changement de paradigme», qu’il ne mène pas vers «le monde dans lequel on voudrait se retrouver».

Le sondage SOM a été mené du 19 au 24 octobre auprès de 1021 internautes adultes du Québec. La firme indique que les données ont été pondérées pour refléter «au mieux les caractéristiques de la population adulte québécoise». Elle établit à 3,8% la marge d’erreur maximale de son enquête.

Politique

Québec contre les petits couteaux dans les avions

L’Assemblée nationale exige que Transports Canada revienne sur sa décision d’autoriser les couteaux de 6 cm et moins dans les avions.

Une motion en ce sens a été proposée mercredi par la Coalition avenir Québec. Pour le chef François Legault, une telle baisse de la garde en matière de sécurité dans les avions est «inacceptable». La CAQ croit que cette nouvelle directive fédérale vise à accommoder les Sikhs qui souhaitent porter le kirpan, une arme symbolique. «On ne peut pas permettre à des gens d’avoir un couteau pour des raisons religieuses dans un avion», croit M. Legault.

Le Parti libéral et le Parti québécois ont appuyé la motion de la CAQ, mais strictement pour des raisons de sécurité publique, disent-ils. «Les couteaux, c’est pas tout à fait anodin», a commenté Martin Coiteux, ministre de la Sécurité publique. Selon lui, les Québécois «ont des préoccupations qui sont légitimes» par rapport à leur sécurité et le gouvernement fédéral doit justifier pourquoi il permettrait le port de petits couteaux en avion à partir du 27 novembre. Sinon, il doit faire marche arrière. 

Pour M. Coiteux toutefois, cette question n’a rien à voir avec les religions. «On n’en fait pas du tout, mais vraiment pas du tout une question d’identité religieuse.»

Même son de cloche du côté du Parti québécois. «Ce n’est pas un enjeu qui s’adresse à la communauté Sikh», juge le député Pascal Bérubé. Selon lui, il est tout à fait «logique» d’interdire toute arme blanche à bord des avions, peu importent les raisons invoquées. «Il faut l’équité pour tout le monde.» 

QS s’abstient

Les trois députés de Québec solidaire se sont abstenus de voter sur le sujet. «La sécurité dans les avions, qui peut être contre ça? Mais il y a quelque chose de lâche avec cette motion de la CAQ à vouloir casser du sucre sur le dos des Sikhs sans oser l’avouer franchement», a par la suite commenté le député Amir Khadir sur Twitter. 

Le Bloc québécois avait dénoncé cette nouvelle directive à Ottawa en début de semaine, accusant le gouvernement de vouloir favoriser une petite communauté. 

Pour le ministre fédéral des Transports Marc Garneau, il s’agit plutôt d’un accommodement pour tous les passagers et une façon de se conformer aux normes internationales. Plusieurs pays européens permettent de transporter des lames de moins de 6 cm. De tels petits couteaux restent toutefois interdits par les États-Unis.

La World Sikh Organization a salué cette modification proposée par Transports Canada ces derniers jours. Elle militait pour que les petits kirpans soient autorisés à bord des vols en provenance du Canada.