Politique

Gerald Butts jouera un rôle important dans la campagne libérale

OTTAWA - Gerald Butts, l'ancien secrétaire principal du premier ministre Justin Trudeau, jouera un rôle important dans la prochaine campagne électorale, a confirmé un responsable du Parti libéral du Canada.

À trois mois du scrutin, les libéraux mettent les bouchées doubles pour préparer leur campagne électorale. M. Trudeau participe lui-même à des rassemblements afin de susciter l'enthousiasme des partisans.

M. Butts, un ami personnel du premier ministre, a démissionné en février dans la foulée de la controverse entourant SNC-Lavalin. Il avait expliqué ce départ en faisant état des sources anonymes qui l'accusaient d'avoir exercé des pressions sur l'ancien ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould pour qu'elle offre à l'entreprise la possibilité de négocier un accord de réparation.

Il avait publié un communiqué pour nier catégoriquement les reproches qu'on lui faisait.

La controverse entourant la firme d'ingénierie serait l'une des causes de la chute du Parti libéral dans les sondages depuis ce printemps.

Les libéraux soutiennent que les messages qu'ils reçoivent sont positifs. Selon eux, ils pourraient compter sur un plus grand effectif de bénévoles que lors de toutes les campagnes électorales précédentes.

Un porte-parole libéral, Braeden Casey, soutient que le financement populaire fonctionne à un plus grand régime, affirmant que les collectes de fonds ont atteint un sommet pour un mois de juin.

Selon lui, plus de 204 000 Canadiens ont adhéré au Parti libéral depuis les dernières élections fédérales. Il ajoute que la prochaine campagne offrira «une alternative claire» entre les libéraux et les conservateurs.

En Ontario, le premier ministre conservateur Doug Ford, une figure impopulaire dans la province, pourrait se retrouver au coeur de la stratégie libérale. Les libéraux disent obtenir de bonnes réactions dans le porte-à-porte lorsque les politiques de M. Ford sont mentionnées.

En coulisses, les libéraux ont déjà pris des décisions importantes. Ainsi, ils ont déjà annoncé en mai que Jeremy Broadhurst, l'ancien chef de cabinet de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, et ancien directeur national du parti de 2013 à 2015, dirigera la campagne nationale.

Le comité du programme est présidé par le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale et la députée d'Ottawa-Vanier Mona Fortier, a dit M. Casey.

Politique

Ottawa simplifie la documentation de l'Allocation canadienne pour enfants

Le gouvernement fédéral offrira ce mois-ci un formulaire de demande simplifié pour l’Allocation canadienne pour enfants (ACE), après avoir entendu parler des obstacles que doivent affronter des nouveaux arrivants et des Autochtones qui sont admissibles, mais qui n’effectuent pas les formalités administratives nécessaires pour l’obtenir.

Le ministre responsable, Jean-Yves Duclos, s’était fait dire il y a plusieurs mois que les règles d’admissibilité de la prestation et la demande elle-même pourraient représenter un obstacle pour certaines familles «à risque».

Bien que les taux de participation soient élevés, il existe potentiellement des milliers de bénéficiaires admissibles qui ne perçoivent pas de prestations, parce qu’ils sont des gardiens informels qui ne sont pas reconnus comme des tuteurs légaux, ils vivent dans des réserves ou ils n’ont pas produit de déclaration de revenus.

Une note d’information préparée pour le ministre Duclos à la fin de l’année dernière a également fait état d’une situation particulièrement problématique pour les familles autochtones dont les enfants sont libérés des systèmes provinciaux de protection de l’enfance. Les provinces et les territoires ont qualifié la transition de «défi pour les peuples autochtones», en partie parce que «les familles ne présentent généralement pas de nouvelle demande» dans cette situation.

La note indiquait que la demande serait révisée pour tenir compte du fait qu’elle est trop complexe pour certaines familles, en particulier pour les nouveaux arrivants.

Le gouvernement annonce que le nouveau formulaire sera disponible ce mois-ci - au moment où le montant de l’allocation augmentera, pour s’ajuster au coût de la vie. Des contacts seront aussi établis avec les 700 Premières Nations pour aider les familles faire leur demande; des brochures ont notamment été traduites en langue autochtone.

«Nous reconnaissons que certaines familles, en particulier les Autochtones vivant dans et hors des réserves, font face à des difficultés particulières pour accéder à l’ACE et à d’autres prestations», a déclaré Valérie Glazer, porte-parole du ministre Duclos.

Une allocation majorée

Samedi, lorsque commencera la nouvelle année de l’allocation, le paiement annuel maximal passera à 6639 $ pour chaque enfant de moins de six ans et à 5602 $ par enfant de six à 17 ans.

C’est la deuxième fois que l’allocation est majorée depuis que les libéraux ont accepté l’an dernier d’ajuster les paiements à l’inflation.

La prestation a été liée à une réduction de quelque 278 000 enfants vivant dans la pauvreté depuis son entrée en vigueur en juillet 2016.

Les dépenses fédérales au titre des prestations devraient passer de 24,3 milliards $ cette année à 26,1 milliards $ au début de 2024.

Les critères inchangés

Tandis que le formulaire fait l’objet d’une refonte, les critères d’admissibilité semblent inchangés.

Les règles stipulent, entre autres, que les paiements ne peuvent être versés qu’à une personne qui vit avec un enfant de moins de 18 ans et qui est principalement responsable de ses soins.

Les gardiens informels qui ne sont pas reconnus comme le tuteur légal de l’enfant «peuvent avoir du mal à prouver qu’ils sont principalement responsables des soins et de l’éducation d’un enfant», ont déclaré des responsables à M. Duclos dans la note d’information.

Son ministère envisageait d’examiner les critères d’admissibilité afin de trouver des moyens pour que les familles les plus à risque de vivre dans la pauvreté puissent bénéficier de la prestation, y compris «un accès plus facile pour les gardiens informels».

Emploi et Développement social Canada a indiqué dans un courriel que les règles d’admissibilité des demandeurs d’asile ne seront pas modifiées. Les demandeurs d’asile ne peuvent bénéficier de ces prestations que s’ils ont reçu une décision favorable à l’égard de leur demande d’asile, ce qui peut prendre 20 mois.

Politique

Réconciliation avec les Autochtones: Trudeau invite les Canadiens à la patience

VICTORIA — Le premier ministre Justin Trudeau invite les Canadiens non autochtones à être patients et inconditionnels dans leur soutien aux communautés autochtones sur la voie de la réconciliation et à leur permettre de commettre des erreurs.

Lors d’un événement de financement à Victoria, jeudi soir, M. Trudeau a affirmé que les Canadiens devaient donner leur soutien inconditionnel aux communautés autochtones, «de la même manière qu’un parent doit offrir son amour inconditionnel - bien qu’il n’y ait pas de dynamique parent-enfant dans la situation actuelle».

Et cette réconciliation doit permettre aux communautés autochtones «de faire leurs propres erreurs», a-t-il ajouté.

La solution doit venir des communautés autochtones, et pas des Canadiens non autochtones, a-t-il soutenu.

M. Trudeau a tenu ces propos dans un hôtel de Victoria lors d’une «discussion informelle» animée par Nikki Macdonald, qui est une ancienne conseillère de l’ex-premier ministre libéral Jean Chrétien.

Le premier ministre avait passé une partie de la journée à Montréal, où se tenait un sommet de l’Union européenne, avant de se rendre dans l’Ouest du pays en après-midi.

Un consensus au Canada

Il a expliqué aux participants que la chose la plus puissante à propos de la réconciliation était de constater un consensus parmi les Canadiens non autochtones, selon lequel il est temps de s’engager sur la voie du vrai respect et du partenariat.

Les Canadiens ont passé des décennies à s’illustrer sur la scène mondiale sur des enjeux tels que la pauvreté et les droits de la personne, tout en ignorant les problèmes des communautés autochtones, a-t-il plaidé.

Mais le traumatisme intergénérationnel «déchirant» dans certaines communautés remonte à des siècles et il faudra plus que quelques années pour le réparer, a-t-il indiqué. Bien que certaines communautés autochtones soient en plein essor, il continue d’y avoir des problèmes à certains endroits, a-t-il ajouté.

«Il y a une formidable impatience pour régler ce problème rapidement. Je le ressens aussi, mais nous devons corriger cela», a-t-il soutenu.

«Il reste encore beaucoup de travail à faire, mais ce qui me tient convaincu que nous allons y arriver, c’est la bienveillance constante et la volonté de le faire que j’entends de la part des Canadiens autochtones et non autochtones.»

Actualités

Aide aux médias: un comité d’experts demande des mesures fiscales plus larges

OTTAWA - Le gouvernement fédéral doit étendre la portée des mesures fiscales visant à aider les petits médias à locaux à traverser la crise actuelle, affirme un comité d'experts indépendants dans son rapport final publié jeudi.

Le programme déjà mis en place par le fédéral «ne suffira pas à lui seul à empêcher la disparition de nombreuses sources d'information essentielles», écrivent les membres du comité dans une lettre transmise au ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, et au ministre des Finances, Bill Morneau.

Selon eux, les entreprises les plus vulnérables sont «les petits médias locaux qui ne sont pas visés par les mesures du budget 2019».

«D'autres programmes de soutien devraient être envisagés», ajoutent-ils.

Le comité recommande que les petites publications «qui n'avaient pas deux employés réguliers au cours des douze derniers mois» puissent «compter des pigistes et des entrepreneurs indépendants parmi leurs journalistes (...) afin qu'elles puissent être considérées comme des organisations journalistiques canadiennes admissibles».

Dans son budget 2019, le gouvernement fédéral avait annoncé diverses mesures pour venir en aide aux médias canadiens: un nouveau crédit d'impôt remboursable à l'intention des organisations journalistiques admissibles, un nouveau crédit d'impôt non remboursable pour les abonnements aux médias d'information numériques canadiens et l'accès à des incitatifs fiscaux de bienfaisance pour les organisations journalistiques à but non lucratif.

Le comité exhorte aussi le gouvernement à consacrer «immédiatement au moins 5 pour cent de son budget publicitaire à l'achat d'espace publicitaire dans les publications écrites qui servent les communautés de langue officielle en situation minoritaire».

De plus, il souhaite que le gouvernement s'engage «à acheter une part importante de publicité dans les médias écrits canadiens, imprimés et numériques».

À LIRE AUSSI:

Les donateurs admissibles

Les critères visant à définir les donateurs admissibles pouvant recevoir des reçus à des fins d'impôt devraient être élargis, soutient-il.

«La législation actuelle exclut des organismes comme Les Amis du Devoir, qui soutiennent le journalisme depuis longtemps et qui pourraient jouer un rôle important dans le financement futur du journalisme», déplore le comité.
Le comité recommande aussi que la responsabilité de déterminer quelles entreprises seront admissibles aux crédits d'impôt soit donnée à l'Agence du revenu du Canada, qui pourrait recevoir l'aide d'un organisme consultatif.

Le ministre des Finances Bill Morneau avait annoncé diverses mesures totalisant 600 millions $ afin de venir en aide aux entreprises de presse qui font face à une crise de revenu depuis quelques années.

àUn comité d'experts, comprenant des représentants du secteur, des associations professionnelles et des syndicats, a été nommé pour aider le gouvernement à mettre en ?uvre de manière efficace et équitable ces mesures fiscales.
Réagissant au rapport, le gouvernement fédéral a dit vouloir poursuivre son soutien au journalisme tout en s'assurant qu'il n'y ait pas d'ingérence politique dans le contenu des informations des médias.

«Nous avons dit, depuis le début, que nous protégerons l'indépendance des journalistes en laissant le secteur établir les critères et les définitions, a indiqué Simon Ross, un porte-parole de M. Rodriguez, par courriel. Nous continuerons à respecter cette indépendance.»

RÉACTIONS

Du côté du Groupe Capitales Médias, le président-directeur général Claude Gagnon, a qualifié de «logiques» les recommandations du comité considérant son mandat «très restreint».

Celui qui est aussi président et éditeur du Soleil aurait toutefois souhaité que le groupe indépendant d’experts puisse traiter de la définition des fonctions qui seront considérées pour avoir accès à un crédit d’impôt, comme «les correspondants, les collaborateurs et les photographes contractuels.»

M. Gagnon estime aussi que le maximum de salaire fixé et le pourcentage du crédit accordé ne tiennent pas compte de la réalité et des réels besoins de l’industrie. «Aussi, la notion de financement intérimaire du crédit revêt une importance majeure considérant les besoins à court terme de l’ensemble des médias au pays», a-t-il ajouté.

«On aurait également souhaité que la notion d’organisme à but non lucratif considère la particularité du Devoir, a souligné le président-directeur de GCM. Et on aurait aussi pu considérer les plus petits hebdomadaires dans le programme d’aide, car ils connaissent également des difficultés.» Avec Le Soleil

Politique

Le peu de courses à l’investiture nuit à la démocratie canadienne, selon une étude

OTTAWA - Le choix des candidats pour les élections fédérales se fait de façon étonnamment peu compétitive et opaque, selon une nouvelle étude, une situation qui aurait de profondes conséquences pour la démocratie canadienne.

Une nouvelle étude réalisée par le Centre Samara pour la démocratie, établi à Toronto, montre que de 2003 à 2015, seulement 17 pour cent des plus de 6600 candidats aux élections fédérales ont fait face à une course à l’investiture, tandis que 2700 candidats ont été nommés directement par les partis.

«Si vous considérez la candidature comme un élément d’une chaîne démocratique» conduisant à l’élection d’un membre du Parlement, a souligné Michael Morden, directeur de la recherche à Samara, «je pense qu’il est remarquable que, dans une écrasante majorité des cas, il n’y ait pas de vraie décision prise par la population locale».

M. Morden a affirmé que des entretiens avec des députés avaient montré qu’il existait une «compréhension large et discrète» dans les milieux politiques des carences du processus de nomination.

Mais il a ajouté que la plupart des Canadiens n’ont guère accès à la «boîte noire» du processus de nomination, ou n’ont pas la capacité d’en examiner le contenu, malgré l’importance que revêt la manière avec laquelle les partis organisent leurs élections internes.

Selon Samara, les partis politiques sont des organisations privées, mais ce sont aussi des «services publics» qui ont de profondes répercussions sur la démocratie canadienne.

Et le manque de concurrence pourrait indiquer une déconnexion inquiétante avec le public canadien, suggère l’étude.

L’étude propose plusieurs raisons pour lesquelles les processus sont si souvent non compétitifs. La tenue d’élections précipitées en est une, de même que les règles qui profitent aux députés en place. Ensuite, il y a la réalité que beaucoup d’associations locales de partis sont trop désorganisées ou trop petites pour attirer de multiples candidatures.

Mais la tendance s’étend aux plus grands partis qui ont des organisations importantes à travers le pays, a souligné M. Morden.

«Dans notre esprit, le manque de concurrence est encore flagrant», a-t-il déclaré.

Diversité des candidatures

Outre le manque de concurrence, l’étude a également révélé que les règles de nomination avaient également des effets importants sur la diversité des candidats et, par conséquent, sur la diversité des membres élus à la Chambre des communes.

M. Morden a noté que les partis justifient parfois la nomination de candidats sur la base de la diversité, mais les données dans l’étude ne confirment pas cette corrélation.

En fait, l’étude laisse croire que les candidats nommés étaient moins susceptibles d’être issus de minorités visibles ou d’origines autochtones.

La question de la représentation des femmes dans les processus de candidature est encore plus remarquable.

Conformément aux conclusions selon lesquelles les femmes remportent les élections à peu près dans la même proportion que les hommes, l’étude suggère que les candidates à l’investiture sont tout aussi susceptibles de gagner les courses internes que les hommes.

Mais seuls 28 pour cent des candidats à l’investiture couverts par l’étude étaient des femmes.

«Cela nous ramène de nouveau au recrutement, à l’ouverture générale du processus, aux facteurs intangibles qui poussent certaines personnes à se frayer un chemin et à d’autres à se retirer ou à ne jamais avoir l’option», a expliqué M. Morden.

L’étude a révélé que les courses plus longues et celles ne nécessitant pas de versement d’argent par les candidats étaient associées à une participation plus élevée des femmes.

M. Morden a affirmé que les partis gardent à l’écart une majorité de Canadiens par des règles qui rendent plus difficile la participation aux processus de nomination: courses rapides, coûts importants, manque d’informations et protections pour les députés sortants.

L’étude recommande des modifications aux politiques des partis dans cette optique: dates d’ouverture et de clôture standard des courses, obligation de signaler le nombre de votes obtenus par les candidats et organisation d’une course même lorsqu’il y a un député titulaire.

Ces changements sont dans l’intérêt des partis qui souhaitent maintenir des fondations solides et rester près de la population, estime M. Morden.

L’étude envisage également un rôle potentiellement élargi pour Élections Canada dans l’administration ou la réglementation des courses, une avenue impopulaire au sein des formations politiques reconnaît M. Morden.

Les partis peuvent également être réticents à même fournir des informations sur leurs processus de nomination, a-t-il souligné. Par exemple, seul le Parti vert a fourni des informations sur le nombre de candidats qu’il a sélectionnés parmi ses nominations en 2015.

«Il n’y a tout simplement pas de culture de transparence», a déclaré M. Morden. «Le processus de nomination est toujours considéré comme étant à caractère très interne, plutôt que comme un véhicule pour un engagement politique de masse.»

La première étape du processus de réforme consiste à convaincre les Canadiens de s’en soucier, a fait valoir M. Morden, car sinon, «vous ne convaincrez pas les partis de faire grand-chose».

«Il est difficile de réglementer les partis, car ce sont eux qui font les lois», a-t-il soutenu.

Politique

Chaque région a son message dans la précampagne du Bloc québécois

Le Bloc québécois lance une précampagne «positive» pour l’été, qui mise sur l’appartenance régionale. Il y aura un message différent pour chaque région ciblée, dont le Saguenay et la Gaspésie.

Déjà, depuis lundi, on peut lire «L’autre Fort de Chambly» à côté d’une photo tout sourire du nouveau chef du Bloc, Yves-François Blanchet, sur l’affiche géante de l’autoroute 30, à l’ouest du boulevard Cousineau.

Le Bloc s’inspire des caractéristiques des régions et met son chef au centre de cette première campagne, il mise sur son niveau d’appréciation pour gagner des sièges. Dès la semaine prochaine, d’autres pancartes seront visibles le long des autoroutes jusqu’à la mi-août : «Une voix forte pour Lanaudière» à Repentigny, «Fier et fjord» à Jonquière et «Un phare pour la Gaspésie» en Gaspésie. 

«Le Bloc ne va pas travailler en disant : “Voici énormément d’argent pour faire une insistante campagne nationale”, on va plutôt cibler par l’originalité un message adapté précisément à chacune des régions. On veut avoir un message plus léger pour l’été, et arriver à l’automne avec des messages électoraux plus sérieux parce qu’on va prendre de grosses décisions», commente M. Blanchet, chef du Bloc.

Un ton moins dur qu'avant

M. Blanchet insiste sur le ton positif de la campagne et veut transmettre un message simple : le Bloc est présent dans toutes les régions du Québec.

Si seulement quatre pancartes sont annoncées, M. Blanchet laisse savoir que d’autres pourront s’ajouter. D’autres régions seront aussi ciblées pour des campagnes sur le Web et dans les médias sociaux, notamment la grande région de Québec. Les approches seront différentes, mais l’esprit du message sera le même.

«On veut donner le goût aux gens de s’intéresser à nous. La notoriété n’est pas encore la même que les autres chefs, je ne suis pas là depuis aussi longtemps qu’eux. On va travailler sur la notoriété et on va changer le ton. Pendant de nombreuses années, les souverainistes en général ont travaillé avec un ton un peu dur, toujours dans la dénonciation. Nous, on veut faire un message positif, une campagne souriante. Les gens doivent avoir envie de nous suivre», ajoute M. Blanchet. 

Le chef du Bloc soutient d’ailleurs que la réponse de la population est déjà très bonne depuis l’installation du premier panneau. Il reçoit de nombreux messages de la part d’électeurs. 

Politique

Jagmeet Singh estime que le Québec est un «terreau fertile», comme en 2011

OTTAWA — Jagmeet Singh estime que le Québec constitue toujours un «terreau fertile» pour le Nouveau Parti démocratique - même si, en privé, des militants s’inquiètent de l’état des choses, à trois mois du scrutin.

Dans une entrevue accordée depuis Sherbrooke, M. Singh a assuré qu’il n’était «pas préoccupé» par les chances du NPD au Québec. Il rappelle que Jack Layton bénéficiait d’appuis semblables dans les sondages avant les élections de 2011 - et l’historique «vague orange» qui a finalement englouti 80 % des comtés du Québec.

Lors de ce scrutin de 2011 - et après une performance remarquable de Jack Layton à l’émission «Tout le monde en parle» -, les néo-démocrates avaient fait élire au Québec 59 députés sur 75; les libéraux en faisaient élire sept, les conservateurs cinq et le Bloc québécois quatre. Aux élections suivantes, le NPD, sous la direction de Thomas Mulcair, a fait élire 16 députés.

«Je pense qu’il y a beaucoup d’appuis ici» au Québec, a déclaré M. Singh. «Nous recevons beaucoup d’amour. Nous avons 14 députés, alors il y a beaucoup de terrain à prendre. Nous avons beaucoup d’excellents candidats qui ont oeuvré dans leur communauté.»

Notons que le NPD compte en fait 15 députés au Québec, selon le site de la Chambre des communes.

M. Singh, qui était à Montréal lundi, s’est ensuite rendu à Sherbrooke mardi. Le NPD s’est engagé à relier ces deux villes par un train de passagers, dans le cadre d’un investissement dans les transports publics destiné à lutter contre les changements climatiques.

M. Singh a annoncé ce projet, qui créerait près de 400 «emplois de qualité» et réduirait les émissions de gaz à effet de serre de 10 000 tonnes, en compagnie du député néo-démocrate local. Pierre-Luc Dusseault, élu lors de la «vague orange» en 2011, est devenu le plus jeune député de l’histoire des Communes - il venait d’avoir 20 ans lorsqu’il a été assermenté.

Cette tournée estivale intervient alors que des députés néo-démocrates et des militants se demandent en secret si le parti pourra être compétitif lors des élections d’octobre, compte tenu de ses éternels défis en matière de collecte de fonds et considérant le moral des troupes, qui a déjà été meilleur.

M. Singh a soutenu mardi que le seul sondage d’opinion qui compte, c’est le scrutin du 21 octobre, et il se dit persuadé que les gens seront plus attentifs pendant la campagne électorale officielle cet automne.

Meilleure posture qu’en 2011?

Karl Bélanger, qui était secrétaire principal de Thomas Mulcair, convient que les leaders politiques ne devraient pas s’intéresser aux sondages et devraient se concentrer sur leur objectif central: diffuser le message du parti. Mais l’équipe autour de M. Singh, elle, doit se préoccuper des élections et se demander comment rallier plus d’appuis. Or, les défis ne manquent pas au Québec, estime M. Bélanger.

«C’est mathématique: si vous êtes cinquième dans les sondages, il sera difficile de remporter un grand nombre de sièges, dit-il. C’est pourquoi Jagmeet Singh et son équipe ont planifié cette tournée et se sont concentrés sur une région où ils peuvent bénéficier d’un soutien.»

M. Bélanger estime toutefois que le NPD est dans une bien meilleure posture, à bien des égards, que sous le regretté Jack Layton avant les élections de 2011. En élisant 16 néo-démocrates en 2015, les Québécois ont envoyé au caucus la plus importante délégation provinciale.

«En ce sens, il y a beaucoup de force là-dedans», a estimé M. Bélanger, soulignant que les députés sortants auront un défi de taille lors du prochain scrutin, mais ils auront l’avantage d’être députés - un atout que n’avait pas le NPD au Québec en 2011, à l’exception de M. Mulcair.

Politique

L’OTAN incite le Canada à augmenter ses dépenses militaires

PETAWAWA, Ontario — Le secrétaire général de l’OTAN encourage le premier ministre Justin Trudeau à redoubler d’efforts pour augmenter les dépenses militaires du Canada et aider l’alliance militaire à contrer les menaces auxquelles elle est confrontée.

En visite lundi à la base militaire de Petawawa, dans la vallée de l’Outaouais, Jens Stoltenberg a souligné que «les dépenses en matière de défense augmentent maintenant» au Canada et dans d’autres pays de l’OTAN après des années de réduction.

Politique

Sondage Mainstreet sur l'économie: les Canadiens optimistes, mais...

Ni les libéraux ni les conservateurs ne pourront jouer à fond la carte de l’économie au cours des prochaines élections fédérales. D’après un sondage Mainstreet, en effet, les Canadiens portent un regard tout en nuance sur l’économie et leurs finances personnelles, se montrant optimistes pour l’avenir, mais trouvant aussi que le coût de la vie a beaucoup augmenté.

Près de 54 % des sondés se sont dits très ou assez optimistes au sujet de l’économie canadienne, et 63 % voient l’avenir d’un bon œil au sujet de leurs finances personnelles. Cet optimisme est particulièrement marqué au Québec, avec des scores de 64 % pour l’économie et 67 % pour les finances personnelles. Il y a aussi plus de Canadiens qui estiment que leur situation s’est améliorée depuis quatre ans (48 %) qu’il y en a qui trouvent le contraire (40 %), ce qui devrait en principe donner des munitions au gouvernement sortant de Justin Trudeau.

Cependant, une écrasante majorité de répondants estiment par ailleurs que le coût de la vie a augmenté «assez» (42 %) ou «beaucoup» (34 %). En outre, quand on leur demande si c’est le temps de changer de gouvernement au fédéral, 45 % disent être «fortement d’accord» et 16 % «partiellement d’accord», pour un total de 61 % qui désirent une défaite des libéraux. Ce qui, bien sûr, avantage les conservateurs d’Andrew Scheer.

Pas étonnant qu’au final, ces mêmes Canadiens n’ont pas de préférence apparente au sujet de qui devrait être responsable de l’économie pour les quatre prochaines années : 30,6 % choisissent Andrew Scheer, soit statistiquement la même chose que pour Justin Trudeau (30,5 %).

«La question de savoir qui est le meilleur leader pour l’économie est habituellement un bon indicateur pour savoir qui gagnera l’élection», dit le président de Mainstreet Research, Quito Maggi. Alors ces chiffres-là nous disent que les élections qui s’en viennent pourraient être très serrées, malgré l’avance qu’a Justin Trudeau dans nos sondages [ndlr : par 35 % contre 33 % pour le Parti conservateur du Canada dans un sondage publié la semaine dernière].

«Si les électeurs votent en fonction de leurs impressions sur l’économie et leurs finances personnelles, alors Trudeau va en profiter. Mais si c’est leur désir de changement et le fait que la vie est maintenant très chère qu’ils ont en tête, alors c’est Scheer qui aura l’avantage», poursuit M.  Maggi.

Ce sondage a été réalisé auprès de 2651 Canadiens entre le 27 juin et le 2 juillet. Sa marge d’erreur est de ± 1,9 % 19 fois sur 20, mais les sous-échantillons régionaux ont des marges plus grandes.

Politique

Le gouvernement ajuste ses cartes de zones inondables

Le gouvernement Legault ajuste ses cartes de zones inondables et retire une trentaine de municipalités du gel de construction décrété à la mi-juin. La ministre des Affaires municipales Andrée Laforest dit avoir écouté la population, mais plusieurs insatisfactions persistent.

En tout, 5600 personnes ont participé aux assemblées publiques tenues dans les différentes régions du Québec le 4 juillet et le ministère a reçu 3000 courriels. Plusieurs citoyens ont fait valoir que la zone d’intervention spéciale (ZIS) décrétée par le gouvernement embrassait trop large et touchait des maisons qui n’ont pas subi d’inondation récente. Les citoyens dont la résidence est située dans cette zone subissent un moratoire qui les empêche de rénover ou de reconstruire leur résidence pour le moment.

Cette ZIS, la plus grande de l’histoire du Québec, est composée des territoires qui ont été inondés par les crues des printemps 2017 et 2019 et des zones inondables 0-20 ans. À la mi-juin, le gouvernement avait publié une carte qui incluait 813 municipalités. Aujourd’hui, la zone rétrécie couvre plutôt 783 municipalités et exclut des milliers de résidences moins à risque. 

Plus prudents que pas assez

La ministre Laforest se défend d’avoir agi dans la précipitation. «Il fallait agir pour éviter une course aux permis parce qu’on avait déjà des demandes énormes», indique-t-elle en entrevue. Selon elle, les fonctionnaires du gouvernement ont voulu être plus prudents que pas assez dans l’élaboration de la première carte. «On savait qu’il y aurait des ajustements à faire, mais je pense qu’on a agi de façon responsable», juge-t-elle. 

Si des imprécisions devaient subsister dans la nouvelle carte, les municipalités ont jusqu’au 19 août pour faire leurs revendications auprès du ministère des Affaires municipales. «On pourra refaire des petites modifications en septembre», indique Mme Laforest. 

La ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac conservera quant à elle son traitement particulier. Ses citoyens auront le droit de reconstruire leur résidence, étant donné que l’inondation majeure survenue ce printemps a été causée par la rupture de la digue. 

Mme Laforest dit comprendre que certaines personnes soient déçues. «C’est pas facile de se faire placer en zone inondable. Mais à un moment donné, il faut agir en gouvernement responsable et revoir complètement l’aménagement du territoire, pour ne pas avoir à compenser tous les ans.»

La ministre rappelle que les inondations de 2017 ont coûté 280 millions $ aux contribuables et que jusqu’à maintenant, les inondations de 2019 ont coûté 41 millions $ en compensations, un chiffre qui est loin d’être final. 

Le ministère des Affaires municipales précise que la mise en place de cette ZIS est une mesure transitoire de «précaution et de prévention», le temps de revoir la gestion des zones inondables au Québec. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est engagé à livrer d’ici décembre 2019 un plan d’action. 

«Rien de réglé»

La députée libérale Marie-Claude Nichols dénonce «l’improvisation» du gouvernement dans ce dossier. «Cette carte-là, ça a eu l’effet d’une bombe pour nos municipalités. Et je peux vous dire que la nouvelle carte, ça fait pas l’affaire encore. Il n’y a rien de réglé.»

Mme Nichols déplore que le gouvernement n’ait pas travaillé en collaboration avec les villes, préférant leur imposer sa vision. «Il reste plusieurs cas problématiques, notamment en Montérégie. Mon téléphone arrête pas de sonner», lance-t-elle. 

Si Mme Nichols est d’accord pour revoir la gestion des zones inondables au Québec, elle en a contre la façon de faire du gouvernement. «Avec la géomatique, il y a des villes qui sont mieux outillées que le gouvernement à l’heure actuelle. Il faut leur faire confiance.» 

Pour consulter la carte de la zone d’intervention spéciale 

Politique

L'environnement politique actuel risque d'être fatal, préviennent des élus

OTTAWA — L'environnement politique actuel, caractérisé par un fort stress, une implication élevée et des horaires de travail impitoyables, sera éventuellement fatal pour un élu, préviennent des députés.

Le leader parlementaire adjoint des libéraux, Kevin Lamoureux, se dit particulièrement préoccupé par les longs votes nocturnes, un des rares moyens que disposent les partis de l'opposition pour s'immiscer dans la capacité d'un gouvernement majoritaire à faire adopter un projet de loi.

Politique

Trudeau veut réaliser un équilibre l'entre l'économie et l'environnement

CALGARY — Le seul moyen de réaliser des projets comme le prolongement de l'oléoduc Trans Mountain est de trouver un compromis entre croissance de l'économie et protection de l'environnement, a déclaré le premier ministre Justin Trudeau, samedi.

M. Trudeau s'est adressé à des donateurs du Parti libéral lors d'une réunion qui s'est déroulée dans un café du centre-ville de Calgary. Il en a profité pour attaquer ses rivaux conservateurs. Pendant ce temps, à l'extérieur, un petit groupe de manifestants vêtus de gilet jaune ont brandi des pancartes anti-Trudeau.

«Je peux vous assurer d'une chose. On ne peut lire sur aucune de ces pancartes : "faites un bon compromis, soyez raisonnables".»

Selon lui, un gouvernement ne peut pas unilatéralement décider d'un parcours pour la construction d'un pipeline, comme l'avait fait jadis le premier premier ministre canadien John Macdonald, pour le chef de fer.

«Accepter un compromis est une position plus difficile et plus courageuse que de rester intransigeant, de se croiser les bras et de dire : "je reste sur mes principes et je ne bouge pas", a déclaré le premier ministre. [Le compromis] ne permet pas de de pas écouter les autres points de vue.»

Plus tôt, M. Trudeau avait salué les festivaliers venus au Stampede de Calgary où il s'est montré moins présent que par les années passées. Il a servi des crêpes lors d'un petit-déjeuner organisé par le Stampede.

Politique

Conseil de sécurité de l'ONU: le gouvernement Trudeau fait appel à Jean Charest

OTTAWA — L'ancien premier ministre québécois Jean Charest est l'un des envoyés spéciaux du gouvernement canadien pour l'obtention d'un siège temporaire au Conseil de sécurité des Nations unies.

Jusqu'à présent, il s'est rendu aux Émirats arabes unis, à Oman et au Koweït pour rencontrer des «représentants de haut niveau afin de discuter et de faire progresser les priorités du Canada», a indiqué vendredi Angela Savard, porte-parole d'Affaires mondiales.

M. Charest connaît bien les pays du Golfe, ayant été nommé l'an dernier coprésident de l'organisme «Canada-UAE Business Council», qui fait la promotion des occasions d'affaires entre le Canada et les Émirats arabes unis.

L'ancien politicien ne touche aucun salaire pour ce mandat, mais a droit à des frais de déplacements liés à la campagne, précise Affaires mondiales.

Rappelons que M. Charest est un proche de l'ambassadeur du Canada aux Nations unies, Marc-André Blanchard, qui coordonne les efforts canadiens pour l'obtention de ce siège au Conseil de sécurité.

M. Blanchard a non seulement été président du Parti libéral du Québec, mais il a aussi été président du conseil et chef de la direction du bureau d'avocats McCarthy Tétrault, où M. Charest travaille maintenant comme associé.

Le gouvernement prévoit avoir d'autres envoyés spéciaux pour qu'ils fassent campagne pour le Canada. Il s'agit d'une pratique courante pour tenter d'obtenir des appuis à l'approche du vote, qui devrait avoir lieu à l'automne 2020. Le Canada devra affronter la Norvège et l'Irlande.

Si le Canada parvient à obtenir ce siège convoité, cela mettra fin à la plus longue absence canadienne à ce comité chargé de prendre des décisions majeures pour la stabilité du monde - 21 années depuis la fin du mandat de deux ans en 1999-2000.

Politique

Oléoducs: Trudeau ne tranche pas entre l’Alberta et le Québec

Le premier ministre Justin Trudeau a soufflé le chaud et le froid sur les obligations du gouvernement fédéral pour l’approbation des projets de pipelines à travers le pays, un sujet qui fait débat entre le Québec et l’Alberta.

M. Trudeau était de passage à Edmonton, vendredi, pour rencontrer des travailleurs du pipeline Trans Mountain, deux jours après avoir été chahuté à propos de ce même pipeline lors de l’investiture du candidat Steven Guilbeault à Montréal.

Lors d’une conférence de presse, le premier ministre a déclaré que le fédéral a toujours l’obligation de «veiller à l’intérêt national» et que, dans ce sens, il a le dernier mot sur des projets qui passent à travers différentes provinces.

En même temps, a-t-il précisé, le fédéral doit également s’assurer que «l’unité du pays n’est pas menacée».

Lors du Conseil de la fédération à Saskatoon, plus tôt cette semaine, les premiers ministres du Québec et de l’Alberta ont exprimé un désaccord sur la responsabilité du fédéral pour les oléoducs interprovinciaux.

Le premier ministre albertain, Jason Kenney, a déclaré que la constitution canadienne était bien claire sur le fait qu’Ottawa avait le dernier mot, alors que son homologue québécois François Legault insistait pour dire qu’il s’agissait davantage d’une question «politique».

M. Kenney et le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, ont déclaré que l’unité nationale était menacée à l’heure actuelle, une affirmation que M. Trudeau «rejette catégoriquement».

«Le fait que des politiciens conservateurs sont en train de vouloir diviser le pays et même d’inventer des menaces à l’unité nationale, je trouve ça complètement irresponsable», a martelé M. Trudeau.

Trans Mountain ira de l’avant, promet Trudeau

Le premier ministre canadien s’est dit confiant que le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain ira de l’avant, puisqu’il a été fait «de la bonne façon», soit en protégeant l’environnement et en créant des partenariats avec les peuples autochtones.

«C’est ce que les gouvernements conservateurs n’avaient pas compris depuis 10 ans et continuent de ne pas comprendre parce qu’ils insistent qu’il faut aller de l’avant en n’écoutant pas les préoccupations des citoyens, des Canadiens, des Autochtones», a-t-il dit.

M. Trudeau croit que la certitude des investisseurs ira en augmentant grâce aux nouveaux processus d’évaluation environnementale mis en place par son gouvernement, même si l’industrie prétend le contraire.

Son rival conservateur Andrew Scheer a critiqué sur Twitter la «séance de photos» de M. Trudeau avec des travailleurs de l’industrie pétrolière, alors qu’il célébrait la nomination de M. Guilbeault, un «activiste anti-énergie bien connu», plus tôt cette semaine.

M. Trudeau a volé à la rescousse de son candidat dans Laurier-Sainte-Marie. Le chef libéral soutient que son parti veut rassembler des gens qui ne sont pas toujours d’accord sur tout, mais «qui sont prêts à aller de l’avant ensemble de la bonne façon pour le Canada».

Politique

Laïcité: un froid entre le Manitoba et le Québec

SASKATOON — Un vent frisquet a soufflé jeudi sur la conférence de presse en clôture du Conseil de la fédération lorsque Brian Pallister, du Manitoba, et François Legault, du Québec, sont revenus sur leur rencontre qui visait à faire le point sur la laïcité.

Le chef du gouvernement manitobain avait annoncé la veille qu’il ferait part de ses préoccupations concernant la loi québécoise sur les symboles religieux directement au premier ministre Legault.

M. Pallister, qui cherche à se faire réélire au Manitoba le 10 septembre prochain, qualifie la législation québécoise de dangereuse et de contraire aux valeurs canadiennes. Il dit aussi croire qu’elle peut être potentiellement oppressive.

La loi, adoptée en juin à l’Assemblée nationale, interdit aux employés de l’État en position d’autorité coercitive, comme les juges, les policiers et les gardiens de prison, de porter des signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions. Cette interdiction s’étend aussi aux enseignants du réseau public.

Elle est actuellement contestée devant les tribunaux par Ichrak Nourel Hak, une étudiante en enseignement qui porte le hijab — et qui n’aura donc pas le droit de pratiquer son métier lorsqu’elle obtiendra son diplôme, si elle refuse de retirer son symbole religieux. La contestation de Mme Hak est soutenue par le Conseil national des musulmans canadiens et l’Association canadienne des libertés civiles.

Brian Pallister dit croire que la loi québécoise cible des gens en se basant sur leur apparence, ajoutant qu’il sait comment on peut se sentir dans une telle situation. «Je faisais 6 pieds 3 pouces en septième année, dans une petite école, alors vous pouvez deviner comment ça se passait dans la cour. Je sais ce que ça fait d’être harcelé parce qu’on est différent. Je n’aime pas ça», avait-il relaté devant les journalistes mercredi.

Jeudi, la question lui a été posée à savoir si lui et M. Legault s’étaient bel et bien parlé dans le blanc des yeux. «Je pense qu’il est un brave homme», a-t-il débuté, visiblement mal à l’aise, alors qu’il était assis à la même table que tous les premiers ministres.

«Nous ne nous entendons pas sur la loi 21. Le premier ministre a le droit, il a fait campagne en demandant une permission pour agir dans ce dossier, il a le droit de faire avancer son projet de loi, et je respecte cela. Je ne suis pas d’accord, les Manitobains célèbrent leur diversité, je crois que le pays le fait aussi, je ne crois pas qu’il faille cacher cela. Ma position demeurera la même, et peut-être que celle du premier ministre demeurera la même également.»

Aucun autre premier ministre n’a osé dénoncer publiquement la loi québécoise lors du Conseil de la fédération. Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, avait manifesté son opposition à la loi lors d’un tête-à-tête avec François Legault à Québec, le 12 juin, tandis que l’administration Ford avait gazouillé sa désapprobation par la voix de son ministre Prabmeet Sarkaria.

Les Canadiens opposés à la loi québécoise?

Interrogé à son tour, M. Legault a poliment prié son homologue manitobain de prendre connaissance du sondage Nanos Research, publié le matin même dans The Globe and Mail.

«Il n’y a pas unanimité au Canada, a-t-il insisté. C’est très partagé partout au Canada.»

Il a qualifié la discussion avec M. Pallister de «respectueuse». «Maintenant au Québec, la question a été tranchée», a-t-il dit.

Le coup de sonde, mené auprès de 1000 personnes entre le 29 juin et le 4 juillet, suggère que les Canadiens sont peut-être moins opposés à la loi québécoise sur la laïcité qu’on ne pourrait le croire.

Selon Nanos Research, 53 % des Canadiens sont opposés, ou plutôt opposés, à la loi, contre 45 pour cent qui sont d’accord ou plutôt d’accord.

Dans les Maritimes, 61,5 % des répondants s’opposent à la mesure législative, comparativement à 60,4 % en Ontario, 56,8 % dans les Prairies et 56,4 % en Colombie-Britannique. Trente-six pour cent des Québécois sondés sont contre la loi du gouvernement Legault.

Par ailleurs, 48 % des Canadiens appuieraient la décision du gouvernement fédéral de ne pas immédiatement contester la loi devant les tribunaux. Trente-huit pour cent voudraient qu’Ottawa la conteste.

Le sondage de Nanos Research comporte une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20.

Politique

Steven Guilbeault essuie les critiques au côté de Justin Trudeau à Montréal

MONTRÉAL — Justin Trudeau venait à peine de commencer à présenter son nouveau candidat Steven Guilbeault, mercredi soir, à Montréal, qu’une manifestante a brandi un panneau et a commencé à crier des slogans contre les oléoducs.

La foule d’environ 150 personnes s’est tue. La manifestante a demandé au premier ministre Trudeau de respecter la souveraineté des peuples autochtones et d’arrêter l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, que le gouvernement fédéral a acheté pour 4,5 milliards $.

«Il y a des communautés autochtones qui veulent que cela aille de l’avant», a répondu M. Trudeau.

La foule a hurlé d’approbation, mais la nouvelle recrue de M. Trudeau, Steven Guilbeault, militant écologiste bien connu et respecté, n’a pas applaudi. Il a regardé dans le public avec un regard sévère.

En 1993, M. Guilbeault a aidé à fonder Équiterre, un important groupe de défense de l’environnement au Québec. Le militant a également travaillé pour Greenpeace pendant dix ans avant de revenir à Équiterre en tant que directeur et porte-parole en 2007.

L’aspirant politicien est également opposé à l’oléoduc Trans Mountain. Mais il pense pouvoir faire davantage pour lutter contre le changement climatique au sein du Parti libéral plutôt qu’en tant qu’observateur.

«Je comprends que pour avancer, il faut faire des compromis», a déclaré M. Guilbeault dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie.

«Je trouve au Parti libéral tout ce qu’il faut pour pouvoir aller continuer la lutte contre le changement climatique», a-t-il ajouté.

M. Guilbeault sera un candidat vedette des libéraux. Le parti espère que sa notoriété et la grande authenticité de l’écologiste lui permettront de soutirer le siège au NPD et d’accroître la présence des libéraux au Québec.

La circonscription est néo-démocrate depuis 2011. Auparavant, elle était le bastion de l’ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. Elle échappe aux libéraux depuis 1988.

Laurier-Sainte-Marie est importante pour les libéraux, qui ont dans leur mire les 15 sièges du NPD dans la province comme un moyen de les aider à remporter les élections d’octobre.

«Je l’ai fait pendant 25 ans. Être à l’extérieur. Proposer des choses et critiquer. Je pense qu’il est temps pour moi de passer à une autre étape et d’essayer de faire changer les choses de l’intérieur. Et c’est ce que je vais faire», a déclaré M. Guilbeault aux journalistes après son passage sur la scène avec M. Trudeau.

Ses adversaires ont déjà tenté de le peindre comme une girouette environnementale et un militant à deux visages.

À l’extérieur du Lion d’or, où le chef libéral Trudeau a présenté M. Guilbeault, une poignée de manifestants ont brandi des pancartes dénonçant les libéraux et leur position vis-à-vis des pipelines. Robert McBryde, un militant écologiste de 67 ans, a exprimé sa déception à l’égard du nouveau politicien.

«Si vous soutenez quelque chose qui trahit tous vos principes, c’est inutile», a-t-il affirmé à propos de la position de M. Guilbeault sur les oléoducs.

«Je ne peux pas parler de la motivation de M. Guilbeault; je suis vraiment déçu de ce qu’il fait. Je pense que c’est absurde», a-t-il ajouté.

Laurel Thompson, 73 ans, a dit croire que la candidature de M. Guilbeault était bonne pour lui et pour les libéraux, mais pas pour le mouvement écologiste.

«Il pense qu’il va chuchoter à l’oreille de Trudeau», dit-elle. «Mais ça ne va pas marcher.»

Politique

Les conservateurs remettent en doute l’intégrité du libéral Steven Guilbeault

OTTAWA — Le militant écologiste Steven Guilbeault n’est pas encore investi candidat libéral dans Laurier-Sainte-Marie que, déjà, les conservateurs remettent en doute son intégrité.

Le député conservateur Gérard Deltell admet avoir été étonné de voir que M. Guilbeault n’avait pas l’intention de «faire un Jody Wilson-Raybould» de lui-même sur les questions environnementales.

M. Guilbeault a tenu ces propos lors d’une entrevue accordée à La Presse canadienne, mardi.

«Ce monsieur qui a passé sa vie à donner des conseils à tout le monde comme activiste environnemental est prêt à toutes les compromissions pour devenir un politicien dans le Parti libéral», accuse M. Deltell.

À son avis, M. Guilbeault a un «gros problème d’éthique par rapport à ses convictions profondes», en comparaison avec l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould «qui a agi avec le respect des règles qu’on lui connaît».

«Ça veut dire clairement qu’il va fermer les yeux sur tous les cas d’ingérence qu’il va voir si jamais il est élu», accuse M. Deltell.

Le futur candidat libéral a soutenu à de nombreuses reprises qu’il était d’accord avec l’ensemble de l’œuvre du gouvernement Trudeau sur le dossier de l’environnement.

Opposé à Trans Mountain

Mais il continue de s’opposer à l’achat du pipeline Trans Mountain et refusera de le défendre pour le gouvernement Trudeau. En entrevue, mardi, il a dit qu’il est «réducteur» de s’attarder à ce seul aspect.

«On ne parle pas d’un petit détail, dans le cas de l’oléoduc, réplique M. Deltell. On parle d’un achat, par le gouvernement, avec l’argent des contribuables, de 4,5 milliards $. M. Guilbeault est-il d’accord avec cet usage-là de l’argent public alors que cet argent aurait pu servir ailleurs?»

M. Guilbeault, de son côté, met au défi quiconque de trouver «un gouvernement qui en a fait autant en quatre ans en matière de lutte aux changements climatiques en Amérique du Nord dans les 20 dernières années».

Il fustige du même coup le plan en environnement des conservateurs dévoilé le mois dernier. «Si la crise climatique n’était pas aussi importante, je vous aurais dit que c’est pathétique. Mais ça dépasse ça; c’est de l’irresponsabilité, à mon avis», accuse-t-il.

M. Guilbeault sera confirmé candidat mercredi soir à Montréal en compagnie du premier ministre Justin Trudeau.

Politique

Québec ne peut refuser un oléoduc, dit Kenney

SASKATOON — Le premier ministre de l’Alberta a déclaré qu’il importait peu que le Québec s’oppose à l’idée d’un oléoduc dans le cadre du projet Énergie Est — le gouvernement fédéral devrait intervenir et le concrétiser, selon lui.

Jason Kenney a soutenu que sa relation avec le premier ministre François Legault s’était quelque peu améliorée après un début difficile.

Mais il a déclaré que M. Legault avait tort en ce qui concerne un oléoduc, faisant valoir que le Québec bénéficie de l’industrie pétrolière.

«Le Québec reçoit environ 13 milliards $ par an en paiements de péréquation — et la quasi-totalité provient de l’Alberta», a affirmé M. Kenney à l’occasion de la réunion du Conseil de la fédération à Saskatoon mercredi.

«Si vous voulez bénéficier des ressources qui paient les factures dans la fédération, aidez-nous à les développer et à en obtenir un juste prix», a-t-il ajouté.

M. Kenney estime que les pipelines interprovinciaux sont une responsabilité réglementaire fédérale et appelle à l’action peu importe le parti qui remportera les élections fédérales en octobre.

«Ce n’est pas une question partisane», a déclaré M. Kenney. «Qu’il s’agisse du premier ministre [Justin] Trudeau ou du premier ministre [Andrew] Scheer ou n’importe quel autre premier ministre, je m’attendrais à ce qu’il transmette le message aux provinces.»

Le Québec est tout de même devenu un allié de plusieurs autres provinces sur un élément clé : l’opposition à la taxe fédérale sur le carbone. Le Québec s’est récemment joint à titre d’intervenant dans l’appel de la Saskatchewan à la Cour suprême du Canada, après que cette province a perdu une contestation constitutionnelle de la taxe fédérale sur le carbone en Cour d’appel provinciale.

Legault sur la tarification du carbone

M. Legault a réitéré mercredi que la tarification du carbone au Québec était là pour de bon, même si son gouvernement interviendra aux côtés de la Saskatchewan pour contester en Cour suprême la taxe fédérale sur le carbone.

M. Legault et le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, ont pris la parole lors d’une conférence de presse commune à Saskatoon, mercredi, en marge de la réunion du Conseil de la fédération.

M. Legault a réitéré que le Québec ne changera pas son système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions, communément appelé «bourse du carbone», qui satisfait aux critères d’Ottawa sur la tarification des émissions. «Comme vous le savez, au Québec, on a un prix sur le carbone, avec une bourse du carbone, donc on n’a pas l’intention de changer de position de ce côté-là», a-t-il dit.

Le premier ministre a rappelé que le Québec se joignait à la lutte de la Saskatchewan dans le seul but de «contester la compétence du gouvernement fédéral dans le domaine de l’environnement».

«On pense que c’est chaque province qui décide comment elle organise son plan pour réduire les gaz à effet de serre», a-t-il soutenu.

M. Moe et M. Kenney ont salué l’appui du Québec dans leur contestation judiciaire. 

Politique

Steven Guilbeault promet de ne pas «faire un Jody Wilson-Raybould» de lui-même

OTTAWA — Le militant écologiste Steven Guilbeault a beau avoir affiché une dissidence sur le pipeline Trans Mountain, il n'a pas l'intention de «faire un Jody Wilson-Raybould» de lui-même sur les questions environnementales.

Alors qu'il sera confirmé candidat libéral dans Laurier-Sainte-Marie dans quelques heures, l'aspirant politicien se fait rassurant : oui, il y a une ligne de parti et il n'a pas l'intention de la franchir trop souvent.

Politique

La Cour supérieure entend la contestation de la Loi sur la laïcité de l'État

La Loi sur la laïcité de l'État québécois cause des torts sérieux et immédiats aux minorités religieuses et son application devrait être suspendue pour la durée de la contestation judiciaire, ont plaidé mardi des avocats en Cour supérieure à Montréal.

Le «préjudice irréparable» causé par l'application de la loi l'emporte sur les conséquences éventuellement négatives pour la société québécoise de sa suspension pendant quelques années, en attendant un examen judiciaire complet, a plaidé l'avocate Catherine McKenzie. Selon elle, il n'y a aucune preuve que des personnes portant des symboles religieux portent préjudice à qui que ce soit au Québec.

Politique

Sondage Mainstreet: les conservateurs reculent

C’est un peu «par défaut», mais les libéraux fédéraux sont de nouveau en tête des intentions de vote en vue du scrutin de cet automne, d’après un sondage de la maison Mainstreet. Après répartition des indécis, celle-ci mesure 35 % d’appuis pour le parti de Justin Trudeau, contre 33,2 % pour les conservateurs d’Andrew Scheer. L’avance est faible, pour ne pas dire insignifiante d’un point de vue statistique, mais ces résultats viennent confirmer ce que d’autres sondages ont «vu» au cours des dernières semaines.

C’est surtout un recul des conservateurs qui permet au libéraux de reprendre l’avance, analyse le sondeur Luc Fortin, de Mainstreet. «En janvier dernier, le Parti libéral du Canada [PLC] était à 37,2 % d’appuis, et ça a joué pas mal dans ces eaux-là pendant tout l’hiver, alors leurs appuis sont stables, mais ils reviennent en tête parce que les conservateurs ont reculé depuis le mois mars [date du dernier sondage Mainstreet, ndlr]», dit M. Fortin.

Politique

Scheer presse les premiers ministres de discuter de son corridor énergétique

OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer presse les premiers ministres provinciaux et territoriaux d'étudier «très sérieusement» sa proposition de construire un corridor énergétique pancanadien quand ils se réuniront cette semaine.

Dans une lettre ouverte obtenue en français par La Presse canadienne, le chef de l'opposition vend sa salade aux premiers ministres réunis en Saskatchewan pour le Conseil de la fédération.

Politique

Les indemnités de départ aux Communes s’élèvent déjà à 1,6 million$

OTTAWA - Les contribuables verseront au moins 1,6 million $ en indemnités de départ aux députés fédéraux qui ont décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections cet automne - et des millions de plus seront ensuite versés aux députés défaits.

Trente-neuf députés ont déjà indiqué qu’ils ne se représenteraient pas aux prochaines élections. De ce nombre, 18 ont droit à des indemnités de départ d’une valeur totale estimée à 1 618 850 $, selon une analyse conduite par La Presse canadienne.

Les députés en poste qui ont siégé pendant moins de six ans ne sont pas admissibles au régime de pensions et reçoivent une indemnité de départ forfaitaire équivalant à la moitié de leur salaire annuel. Ils récupèrent également les cotisations de retraite qu’ils ont déjà versées au régime, plus les intérêts.

Les députés qui ont siégé pendant plus de six ans à Ottawa, mais qui ont moins de 55 ans - et qui ne sont donc pas immédiatement admissibles à la pension - bénéficieront d’une retraite différée et pourront recevoir une indemnité de départ au même taux que celui de leurs collègues débutants.

Le salaire de base des députés fédéraux est actuellement de 178 900 $, ce qui signifie que la plupart des députés en exercice qui recevront une indemnité de départ toucheront 89 450 $. Certains députés occupant des fonctions parlementaires ont droit à plus d’argent: la députée libérale Pamela Goldsmith-Jones, par exemple, est secrétaire parlementaire et devrait recevoir environ 9000 $ de plus lorsqu’elle partira en octobre.

L’enveloppe totale de 1,6 million $ ne prend pas en compte trois députés indépendants - les anciens libéraux Hunter Tootoo, Darshan Kang et Raj Grewal -, qui n’ont pas encore annoncé leurs intentions. S’ils ne se présentent pas en octobre, ils recevront 89 450 $, ce qui portera l’enveloppe totale, avant le scrutin, à près de 2 millions $.

Première vague

Et ce n’est que le début: l’enveloppe totale devrait monter en flèche après les élections, lorsque les députés défaits qui ne sont pas admissibles à la pension recevront également des indemnités du Parlement.

Par ailleurs, un ministre défait «coûte plus cher» qu’un député d’arrière-ban. Le cabinet libéral compte 24 ministres qui sont des députés novices, et qui auront donc droit à une indemnité de licenciement de 132 200 $ s’ils sont battus en octobre.

Après le scrutin de 2015, la Fédération canadienne des contribuables estimait qu’un total de 11 millions $ en indemnités de départ avaient été versés aux députés retraités ou défaits.

Aaron Wudrick, directeur général de l’organisme, met d’ailleurs en doute la pertinence de ces indemnités de départ, car être député équivaut moins à un emploi régulier, selon lui, qu’à un contrat à durée déterminée. Étant donné que les députés connaissent les règles du jeu et que la notion même d’insécurité d’emploi fait partie des risques du métier, il serait peut-être raisonnable, selon M. Wudrick, de supprimer au moins une partie de cette indemnité de départ. «Il y a des façons de planifier la vie après Ottawa», estime-t-il.

Et pour attirer des candidats dans ce métier exigeant, M. Wudrick suggère plutôt d’offrir de meilleures conditions de travail, non monétaires, comme l’élimination des séances du vendredi aux Communes, pour alléger les trajets du député vers sa circonscription.

Duff Conacher, de l’organisme Démocratie en surveillance, croit que les Communes devraient soumettre l’ensemble des mesures de compensation à une commission indépendante, qui déterminerait les indemnités de départ des députés en les comparant à des emplois similaires. Il suggère aussi des indemnités modulées: un ministre, qui est plus susceptible de pouvoir trouver un travail lucratif après la politique, pourrait par exemple recevoir moins, pas plus, soutient M. Conacher.

Politique

Le crucifix retiré du Salon bleu de l’Assemblée nationale [VIDÉO]

Le crucifix de l’Assemblée nationale prend sa retraite des parlementaires: il ne trônera plus comme il le fait depuis des décennies derrière le trône du président de l’Assemblée nationale.

Comme prévu, on l’a décroché mardi de sa position stratégique pour observer les élus du Salon bleu, au moment où les députés sont tous partis en vacances.

Ce Christ en croix, symbole controversé de la connivence passée entre l’Église catholique et l’État québécois, incommodait la classe politique depuis des années, et ce, de plus en plus.

La récente vague de fond en faveur de la laïcité de l’État aura eu raison de ses partisans les plus irréductibles, qui vantaient sa valeur historique et patrimoniale pour justifier la décision de le laisser veiller sur les élus.

Le déplacement vers un lieu plus consensuel a donc été effectué mardi matin, point d’orgue d’une interminable saga.

Dans la plus grande discrétion, en marge du brouhaha habituel qui anime le Salon bleu, un employé de l’Assemblée nationale spécialisé dans le maniement des objets patrimoniaux, dont l’identité n’a pas été révélée, a enfilé ses gants blancs, s’est approché du trône du président, pour grimper dans un escabeau et s’emparer délicatement de l’objet religieux autrefois vénéré et aujourd’hui banni des lieux.

Ceux qui s’ennuieront de lui pourront toujours aller se recueillir devant l’alcôve où il sera bientôt placé, plus modestement, sur le parquet, entre le Salon bleu et le Salon rouge, d’ici la fin de l’été.

Deux croix

On y trouvera en fait les deux crucifix ayant orné le Salon bleu au fil des ans: le premier, dès 1936, à l’initiative du premier ministre Maurice Duplessis, et le second, qui était en place depuis 1982. Une notice explicative fournira l’historique des deux objets religieux litigieux.

Après des années de débats sur le sujet, le ministre Simon Jolin-Barrette a déposé une motion à l’Assemblée nationale visant à retirer le crucifix. Elle a été adoptée à l’unanimité le 28 mars. Cette motion stipulait que le Bureau de l’Assemblée nationale (BAN) recevait le mandat de déplacer le crucifix du Salon bleu pour le mettre en valeur ailleurs, dans l’enceinte du Parlement.

Dans le passé, le premier ministre François Legault avait mentionné plusieurs fois qu’à son avis, le crucifix du Salon bleu était un objet patrimonial qui devait rester en place. Il a finalement fait volte-face ces derniers mois, présentant sa nouvelle position comme un compromis offert aux détracteurs de la loi 21 sur la laïcité de l’État, qui interdit à plusieurs catégories d’employés de l’État, dont les enseignants, de porter des signes religieux.

Actualités

Stéphanie Dufresne représentera le Parti vert dans Saint-Maurice-Champlain

CHAMPLAIN — C’est Stéphanie Dufresne qui représentera le Parti vert du Canada dans la circonscription de Saint-Maurice-Champlain aux prochaines élections.

La géographe de formation et titulaire d’une maîtrise en environnement de 44 ans a indiqué vouloir promouvoir les idées de la transition sociale et écologique mises de l’avant par le Parti vert. Elle a affirmé souhaiter voir élu un gouvernement qui accompagnera réellement les citoyens dans ce changement de mode de vie.

Politique

L'ancien premier ministre Jean Chrétien hospitalisé à Hong Kong [VIDÉO]

HONG KONG — L’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien est hospitalisé à Hong Kong, où il reçoit des traitements pour retirer une pierre au rein, a confirmé un porte-parole.

«M. Chrétien a une pierre au rein», a indiqué Bruce Hartley, un ancien adjoint de l’ex-premier ministre. «Il rentrera au Canada après avoir subi un traitement pour la retirer, à Hong Kong.»

Jean Chrétien, 85 ans, devait prendre la parole mardi au Forum des relations commerciales et économiques entre les États-Unis et la Chine, à Hong Kong.

Il a plutôt été emmené à l’hôpital peu de temps après son arrivée à Hong Kong, lundi soir.

Tung Chee-hwa, un ancien leader du territoire chinois semi-autonome, a déclaré aux participants à la conférence que M. Chrétien ne pourrait pas se rendre à l’événement.

L’expansion des échanges commerciaux avec la Chine a été un thème récurrent pendant le mandat de M. Chrétien, et il a continué à travailler sur les relations commerciales entre la Chine et l’Amérique du Nord depuis après son retrait de la politique active.

«Je tiens à présenter des excuses parce que Jean Chrétien, le premier ministre du Canada, est arrivé ici très tard (lundi) soir», a déclaré M. Tung, selon une transcription de ses propos. «Et nous étions censés prendre le petit déjeuner ensemble. Mais il ne va pas bien. Et par précaution, nous l’avons emmené à l’hôpital. Nous pensons que tout ira bien.»

Politique

Cinq premiers ministres «partageant les mêmes idées» réunis au Stampede

CALGARY — Cinq premiers ministres ayant des affinités politiques ont eu une rencontre informelle aux festivités du Stampede de Calgary, où ils ont partagé leurs notes en prévision de la réunion des premiers ministres de cette semaine.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, a reçu ses homologues de l'Ontario, de la Saskatchewan, du Nouveau-Brunswick et des Territoires du Nord-Ouest lors du populaire festival albertain, qui accueille chaque année son lot de politiciens.

Politique

Francisation «obligatoire» des immigrants: Legault souffle le chaud et le froid

Les immigrants qui débarquent au Québec seront-ils bientôt forcés d’apprendre le français? Les paris sont ouverts.

Posée au premier ministre François Legault lundi, cette question demeure sans réponse claire.

En mêlée de presse, M. Legault a soufflé le chaud et le froid, paraissant dire une chose et son contraire.

Chose certaine, forcés ou non, les nouveaux arrivants auront intérêt à maîtriser le français s’ils veulent obtenir leurs papiers pour demeurer au Québec.

Le premier ministre réagissait lundi à une entrevue de La Presse canadienne, diffusée la veille, avec la députée caquiste Claire Samson, qui rappelait que le programme de la Coalition avenir Québec (CAQ) prévoyait la francisation «obligatoire» des immigrants ne maîtrisant pas le français à leur arrivée au Québec.

Elle disait que le gouvernement devrait aller en ce sens, pour s’assurer que le Québec de demain demeure un État où la langue française domine.

Or, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a annoncé vendredi des mesures visant à étendre l’accès aux cours de francisation, mais sur une base volontaire.

Lundi, le premier ministre a convenu que le caractère obligatoire des cours de francisation pour les immigrants figurait parmi les engagements de son parti, mais qu’il voulait procéder «graduellement». Il semble donc vouloir procéder par étapes.

«Cela fait partie de nos propositions», a reconnu M. Legault, rappelant qu’il avait un mandat de quatre ans et qu’il comptait «y aller graduellement».

Rapport de 2016

En 2016, dans un rapport visant à définir la position de son parti sur cette question, la députée Claire Samson avait préconisé la francisation obligatoire des immigrants.

Lundi, le premier ministre a réitéré qu’il était «d’accord avec ce rapport-là».

Il a ajouté que, de toute façon, les immigrants seront forcés de passer un test de français et un test de valeurs pour obtenir le certificat de résident permanent au pays.

Et il a ajouté que la réussite de ces tests sera elle aussi «obligatoire» pour rester au Québec.

Pour l’instant, «ce qu’on s’engage à faire, c’est de rendre les cours de français obligatoires... pas obligatoires, à rendre les cours de français disponibles», a dit le premier ministre.

«Les cours vont être disponibles, les tests de français vont être obligatoires. Je vois pas pourquoi les nouveaux arrivants ne suivraient pas les cours de français», a-t-il ajouté.

Négociation avec Ottawa

Avant d’aller de l’avant, le Québec devra cependant négocier avec le gouvernement fédéral les conditions qu’il souhaite imposer aux nouveaux arrivants pour obtenir le statut de résident permanent, une compétence fédérale.

M. Legault s’est engagé lundi à «convaincre le gouvernement fédéral» de lui accorder les pouvoirs réclamés, qui figurent dans la nouvelle loi 9 adoptée en juin.

Dans son rapport de 2016, assorti de nombreuses recommandations, Mme Samson proposait notamment qu’un gouvernement de la CAQ fasse de la francisation des immigrants une «véritable priorité nationale».

D’où l’importance d’obliger les immigrants à suivre des cours de français, grâce à une formation d’une durée variant de 30 à 72 semaines, à temps complet.

Cette formation, rémunérée, serait nécessaire pour obtenir un certificat de sélection du Québec.

Politique

François Legault s’en va parler d’immigration économique à Saskatoon

François Legault s’en va parler d’immigration à la rencontre estivale du Conseil de la fédération, qui s’ouvre mardi à Saskatoon.

Il a déjà évoqué un front commun des provinces pour demander au gouvernement fédéral d’augmenter le nombre d’immigrants économiques afin de contrer la pénurie de main-d’oeuvre.

À l’heure actuelle, les provinces accueillent grosso modo 60 pour cent d’immigrants économiques, contre 40 pour cent de réfugiés et de personnes issues du programme de réunification familiale.

En vertu d’une entente Ottawa-Québec, le Québec peut choisir ses immigrants économiques, mais aucune autre province ne jouit de ce privilège.

Le 19 juin, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a révélé que de tous les pays du monde, c’est le Canada qui a admis l’an dernier le plus grand nombre de réfugiés réinstallés.

Selon M. Legault, les premiers ministres sont d’accord pour que le Canada augmente la proportion d’immigrants économiques.

«J’ai commencé à discuter avec les premiers ministres des autres provinces, a-t-il déclaré le 19 juin dernier. On aimerait augmenter le 60 pour cent économique. Actuellement, il y a une pénurie de main-d’oeuvre et on souhaite que la portion de l’immigration qui vient pour des raisons économiques soit augmentée en pourcentage.»

Première présence de Legault

Le Conseil de la fédération regroupe les premiers ministres des 13 provinces et territoires. Il permet aux premiers ministres de travailler en collaboration et de tisser des liens plus étroits.

Ce sera la première rencontre de ce type pour François Legault, qui avait passé quelques heures en décembre à discuter avec les autres premiers ministres, lors d’une réunion à Montréal.

Quel type de contribution veut-il apporter au Conseil de la fédération? «Une contribution économique», a-t-il signifié lorsque la question lui a été posée en juin.

Il veut notamment convaincre l’Ontario d’acheter de l’hydroélectricité québécoise, et travailler avec les premiers ministres pour augmenter les exportations. «Bon, il y a des questions qui se posent sur la Chine», a-t-il également fait valoir.

Rappelons que la scène politique a passablement changé depuis un an. Des premiers ministres conservateurs dirigent actuellement l’Alberta, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard.

L’horaire officiel de la rencontre, qui a été publié lundi matin, prévoit des discussions sur «la croissance économique et la compétitivité, incluant l’immigration économique, le commerce, les infrastructures stratégiques et le renforcement de l’Arctique».

«Pour créer plus d’emplois au Canada, nous devons travailler ensemble à éliminer les barrières au commerce intérieur (...) et diversifier nos marchés d’exportation», a déclaré le premier ministre de la Saskatchewan, et hôte de la rencontre, Scott Moe.

Les premiers ministres discuteront également de la viabilité des soins de santé, de la santé mentale et des dépendances, a-t-il indiqué par communiqué.

«Le déclin constant de l’engagement financier du gouvernement fédéral pour les soins de santé a de nombreuses conséquences pour les provinces», a poursuivi M. Moe.

Discours nationaliste?

De toute évidence, M. Legault sera sous haute surveillance des partis d’opposition à Québec, qui porteront une attention particulière au choix des mots.

Les porte-parole en matière de relations canadiennes de Québec solidaire (QS) et du Parti québécois (PQ), Sol Zanetti et Véronique Hivon, disent vouloir entendre un premier ministre «nationaliste», puisque c’est ce qu’il a promis d’être.

«Il a un gros fardeau de la preuve sur les épaules, lui qui dit qu’il va faire des gains sans précédent pour le Québec, a déclaré Mme Hivon en entrevue téléphonique. Il doit exporter son discours nationaliste et le rehausser d’un cran, je dirais, lors de cet exercice-là.»

En matière d’énergie, M. Legault devra «résister aux pressions des provinces pétrolières», qui souhaitent faciliter le transport du pétrole au pays en passant potentiellement sur le territoire québécois, et affirmer haut et fort que les évaluations environnementales doivent être faites dans le respect des lois québécoises, ajoute-t-elle.

De son côté, M. Zanetti se dit curieux de voir si M. Legault se comportera en «premier ministre provincial». Il s’inquiète lui aussi de voir M. Legault plier l’échine devant les premiers ministres conservateurs dans le dossier de l’énergie.

«(Ils) font vraiment une alliance qui est toxique, je pense, pour la planète à cause de leurs préjugés favorables à l’exploitation des hydrocarbures au Canada, a-t-il dit. Le Québec va continuer de subir de la pression. Il en subit déjà. Moi j’espère que le premier ministre du Québec va mettre l’intérêt de la planète avant tout.»