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Politique

PCC: une vidéo annonçant la candidature de Jean Charest est retirée

Une vidéo, où l’on voit Jean Charest annoncer sa candidature pour la chefferie du Parti conservateur, a été diffusée jeudi soir sur YouTube avant d’être rapidement retirée une heure plus tard.

On y voit l’ex-premier ministre du Québec expliquer son choix de se lancer dans cette course, un logo de campagne y est également visible. 

«La course au leadership du Parti conservateur est maintenant lancée, et le choix que nous ferons, nous, les militants et les militantes du parti, sera important pas uniquement pour le parti, mais aussi pour l’avenir du Canada », affirme M. Charest dans la vidéo.

Il est impossible pour le moment de savoir pourquoi la vidéo s’est retrouvée sur YouTube, et ce, alors que M. Charest a annoncé mardi qu’il n’avait pas l’intention d’aspirer à devenir chef des conservateurs.

«Ce sera l’occasion pour vous de m’entendre, mais ce sera aussi l’occasion pour vous de prendre la parole. Et j’aurai l’occasion, moi, de voyager à travers le Canada pour vous rencontrer, pour me familiariser avec les enjeux de chacune des régions du pays, et d’offrir une vision sur l’avenir à la fois de notre parti, mais surtout sur l’avenir du Canada», ajoute-t-il.

«Le choix que nous ferons, c’est un choix qui déterminera si nous allons, oui ou non, gagner les prochaines élections générales.

«Je vous invite à m’accompagner, et je vous invite surtout à me rencontrer lors de cet exercice démocratique qui se fera entre nous, les militants et les militantes du Parti conservateur du Canada», conclut-il, alors qu’un logo «Charest 2020» apparaît au centre de l’écran.

Jean Charest a manifesté son intérêt pour la chefferie dès le mois de décembre mais, lors d’une entrevue à Radio-Canada, il a mentionné qu’il n’allait pas se lancer sous prétexte que «le Parti conservateur a changé».

L’ex-premier ministre s’est retrouvé sous les projecteurs dernièrement, alors que l’enquête Mâchurer de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) n’est toujours pas terminée. Son nom y est associé, sans toutefois que M. Charest fasse l’objet d’accusations.

Politique

Les députés doivent travailler ensemble, dit Trudeau à son caucus

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a dit aux membres de son caucus de collaborer avec leurs collègues des autres partis lors d’une rencontre des députés libéraux, jeudi, avant la reprise des travaux à la Chambre des communes la semaine prochaine.

M. Trudeau affirme que les Canadiens ont envoyé un message clair à leurs élus en leur demandant de faire mieux, et qu’ils doivent prendre cela au sérieux.

Il ajoute que la démagogie ne crée pas d’emplois et que son caucus doit aller au-delà des divisions entre partis et entre régions pour travailler au nom des Canadiens.

M. Trudeau affirme que la priorité absolue du gouvernement est de ratifier le nouvel accord commercial nord-américain, parce que l’accès économique continu aux États-Unis est essentiel pour des millions de travailleurs canadiens.

L’ordre du jour des libéraux comprend également l’interdiction des fusils d’assaut de style militaire, le renforcement des soins de santé, la lutte contre les changements climatiques et la recherche d’une réconciliation significative avec les peuples autochtones.

Le gouvernement Trudeau a également l’intention de présenter le mois prochain des modifications à la loi sur l’aide à mourir, en réponse au jugement de la Cour supérieure du Québec qui a invalidé le critère du Code criminel fédéral restreignant l’aide médicale à mourir à ceux dont «la mort naturelle est raisonnablement prévisible».

Mais il souligne que rien de tout cela ne sera possible à moins que les députés de tous les partis travaillent ensemble. Les libéraux ont été réduits à un gouvernement minoritaire lors des élections d’octobre et auront besoin de la coopération d’au moins un des autres partis officiels pour faire adopter tout projet de loi au Parlement.

«Au cours des prochains mois, nous allons être appelés à travailler avec nos collègues des deux côtés de la Chambre - des deux côtés des deux Chambres, avec les différents partis au Sénat aussi. Dans ce contexte minoritaire, je pense qu’on a tous intérêt à se rappeler ce qui nous unit», a déclaré M. Trudeau.

«On est issus de différents partis et, oui, on est loin d’être d’accord sur tout, mais les attentes de nos électeurs sont les mêmes. Les Canadiens veulent voir leurs députés travailler ensemble pour améliorer leur quotidien.»

Les députés d’arrière-ban

Le statut de gouvernement minoritaire signifie aussi que M. Trudeau et ses ministres devront prêter plus d’attention à leurs propres députés d’arrière-ban afin d’éviter toute éventuelle révolte.

L’interdiction des armes d’assaut risque de semer la division dans les rangs libéraux. Au moins deux députés ont déclaré jeudi qu’ils avaient des questions au nom de leurs électeurs ruraux et qu’ils voulaient en savoir plus sur les intentions du gouvernement.

«C’est une question très délicate», a dit le député Wayne Easter, de l’Île-du-Prince-Édouard.

«J’ai ici dans ma mallette probablement une centaine de lettres, pas beaucoup de ma propre circonscription, (de gens) qui s’y opposent, et je m’attends à ce que, si vous êtes dans les zones urbaines, les (députés) reçoivent des lettres d’appui, a-t-il affirmé. C’est une question controversée.»

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a déclaré que l’opinion de tous les députés était la bienvenue. Il a soutenu que tous les libéraux étaient «complètement unis» dans leur volonté d’assurer la sécurité des Canadiens, bien qu’il puisse y avoir des désaccords quant à la meilleure façon de procéder.

M. Blair a estimé qu’il n’y avait pas de division entre les villes et les campagnes sur la question des armes d’assaut. «Je ne crois pas que quiconque dans ce pays ait besoin d’une arme de style militaire, à l’exception des soldats», a-t-il affirmé.

Politique

Pierre Poilievre ne se présentera pas à la direction du Parti conservateur

OTTAWA — Contre toute attente, le député Pierre Poilievre annonce qu’il ne sera pas de la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Dans une publication sur Facebook, M. Poilievre cite des raisons familiales pour passer son tour cette fois-ci.

«Je savais que ce serait difficile pour ma vie familiale. Mais je n'imaginais pas combien. C'est encore plus difficile parce que je venais de passer les 18 mois précédents à faire campagne pour regagner mon siège à la récente élection fédérale, au cours de laquelle j'ai raté la majeure partie de la première année de notre bébé», a-t-il écrit.

«C'est pourquoi je ne suis pas pleinement engagé dans cette course à la direction, et il ne sert à rien de ne pas être pleinement engagé. J'ai donc décidé de ne pas briguer la direction du parti cette fois», a-t-il ajouté.

Politique

Course au PLQ: pas question de renier l’ère Charest [VIDÉO]

«Il faut faire un renouveau, mais ce n’est pas rompre avec une ère ou ne pas se rappeler de tout l’historique du Parti libéral. L’histoire du Parti libéral avec l’ensemble de ses anciens premiers ministres, ça fait partie de ce que nous sommes. On ne va pas renier l’histoire du Parti libéral.»

Pas question pour Dominique Anglade d’effectuer une coupure nette avec le règne de Jean Charest au Parti libéral du Québec (PLQ). Sans pour autant s’y coller.

Lors du dépôt officiel de sa candidature à la chefferie du parti, jeudi matin, Mme Anglade a répété que six ans d’enquête Mâchurer par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur le financement du parti, «c’est long, tout le monde le sait».

Mais au lendemain de propos de son collègue député et leader parlementaire libéral Marc Tanguay, qui demandait à l’UPAC de «mettre un point final» à son enquête, elle a tenu à réitérer toute l’importance de «l’indépendance de nos institutions».

Mme Anglade était à la permanence du PLQ à Québec, sur le boulevard Hamel dans Vanier, pour remettre son bulletin de candidature à la directrice générale du parti, Véronyque Tremblay. La pile de documents incluait 1360 signatures, donc près du double des 750 exigées, et le chèque de 25 000 $ nécessaire pour participer à la course bien en vue sur le dessus. Mme Anglade dit avoir enrôlé 580 nouveaux membres, le minimum requis étant 250.

L’élection au poste de chef du PLQ aura lieu en congrès les 30 et 31 mai, au Centre des congrès de Québec.

Le seul autre candidat connu jusqu’ici est le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui lancera sa campagne dimanche, à l’Aquarium du Québec. M. Cusson abandonnera son siège de maire cinq jours plus tard, le 31 janvier.

Politique

La fin de l’enquête Mâchurer encore réclamée

Le député libéral Marc Tanguay demande à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) de mettre un «point final» à l’enquête Mâchurer, qui porte sur les méthodes de financement du Parti libéral du Québec (PLQ).

Le leader parlementaire de l’opposition officielle a tenu ces propos au lendemain de la diffusion d’une entrevue télévisée avec Jean Charest, dont le nom est souvent associé à Mâchurer, bien qu’il n’ait jamais été accusé de quoi que ce soit. L’ex-premier ministre libéral avait alors lui aussi réclamé la fin de l’enquête.

Selon M. Tanguay, ce «cri du cœur» de M. Charest est tout à fait raisonnable, compte tenu de la durée de l’enquête, qui s’est amorcée en 2014.

«C’est un cri du cœur qui est tout à fait justifié pour un citoyen, qui fait l’objet de ces allégations depuis six ans», a-t-il déclaré en mêlée de presse, mercredi. «On demande à l’UPAC, réellement, de mettre un point final d’une façon ou d’une autre à cette enquête-là, après six ans, ça n’a pas de bon sens.»

La semaine dernière, l’avocat de Jean Charest, Michel Massicotte, avait lui aussi déclaré, en entrevue à Radio-Canada, que l’enquête devait connaître son dénouement.

Cette sortie était survenue au lendemain de la divulgation de mandats de l’UPAC qui visaient Marc Bibeau, ancien collecteur de fonds pour le PLQ. Ces documents avaient levé le voile sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest. L’ancien premier ministre n’y était mentionné que comme l’ami de M. Bibeau.

Appelée à commenter la sortie du député Tanguay, la ministre Andrée Laforest, responsable de la Sécurité publique par intérim, a balayé du revers de la main les pressions exercées par le leader parlementaire du Parti libéral.

La ministre Laforest a ainsi déclaré que le gouvernement ne pouvait s’immiscer dans une enquête et que la demande de Marc Tanguay était plutôt mal avisée.

«Ça me fait sourire évidemment, parce que [...] d’un député libéral de faire cette demande, moi je pense que c’est très audacieux.»

De son côté, le commissaire de l’UPAC, Frédérick Gaudreau, a réagi par communiqué en après-midi, en réitérant l’importance de préserver son indépendance dans la conduite de ses enquêtes.

«Le [Commissaire à la lutte contre la corruption] comprend l’impatience des citoyens et des élus à vouloir connaître l’issue de certaines enquêtes criminelles médiatisées. Il se doit, par ailleurs, de respecter les démarches d’enquête en cours, de protéger l’intégrité des enquêtes de même que la vie privée des gens visés ou impliqués.»

Politique

Rona Ambrose ne sera pas de la course du Parti conservateur du Canada

OTTAWA — L’ancienne ministre Rona Ambrose a confirmé qu’elle ne sera pas de la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Elle en a fait l’annonce - en anglais seulement - dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, mercredi après-midi.

Mme Ambrose, pressentie par plusieurs politiciens influents de l’Ouest canadien pour devenir candidate, admet qu’elle a songé à revenir en politique, mais préfère poursuivre sa carrière dans le secteur privé.

«J’ai vraiment jonglé avec la décision de revenir à la vie politique, écrit-elle. J’ai adoré mes 13 années dans le service public comme députée, ministre et surtout comme chef de ce grand parti. Mais en ce moment, je suis occupée à faire une différence à travers le secteur privé.»

Elle dit qu’elle adore être de retour en Alberta, où elle habite.

«Je sais que nous choisirons un chef fort, compatissant pour nous mener - qui soutient TOUTES les familles; un chef qui libère le potentiel du secteur privé et de l’ingéniosité canadienne à travers des taxes basses et moins de réglementation; qui défend les droits de la personne et une politique étrangère fondée sur des principes.

«Mais plus que tout, nous devons choisir un chef qui comprend que ce poste est fait pour SERVIR - servir TOUS les Canadiens et faire de LEURS vies, LEUR pays et LEUR monde une meilleure place où il fait bon vivre. Je sais que nous choisirons un bon chef et je serai là pour LA ou le soutenir», a-t-elle ajouté, laissant planer le doute sur le candidat qu’elle appuiera.

Jusqu’à maintenant, une seule femme a confirmé qu’elle compte se lancer dans la course : la députée Marilyn Gladu.

D’autres hommes ont confirmé qu’ils se lanceront dans la course.

Le député conservateur Derek Sloan, élu pour la première fois au Parlement lors du dernier scrutin, a l’intention de briguer la direction du parti.

M. Sloan a quitté le secteur privé pour se lancer en politique lors des dernières élections de 2019. Il a repris aux libéraux la circonscription de Hastings-Lennox et Addington. Il souhaite maintenant se présenter à la chefferie du Parti conservateur du Canada parce qu’il veut discuter d’enjeux politiques de façon audacieuse.

M. Sloan est le deuxième député conservateur à annoncer officiellement qu’il sera de la course; l’autre, Mme Gladu, est également de l’Ontario. Deux autres députés, Pierre Poilievre et Erin O’Toole, songent sérieusement à se présenter, mais ils ne l’ont pas encore annoncé officiellement.

L’absence d’une candidature de l’ouest du pays alimente également la réflexion d’un homme d’affaires établi en Alberta. Rick Peterson a dit croire mercredi que le parti avait besoin de renouveau.

M. Peterson avait déménagé de la Colombie-Britannique à l’Alberta à la suite de la course à la direction en 2017 - il avait terminé au 12e rang. Il souhaitait être candidat conservateur aux dernières élections fédérales, mais avait échoué à obtenir la nomination dans la circonscription de son choix. M. Peterson avait déjà indiqué sa volonté de soutenir Rona Ambrose dans la course.

Les membres du Parti conservateur éliront un nouveau chef le 27 juin pour remplacer Andrew Scheer, qui a annoncé son départ en décembre.

Deux autres candidats ont déjà annoncé officiellement leur participation dans la course à la chefferie : l’ancien ministre Peter MacKay, qui a dirigé le Parti progressiste-conservateur du Canada avant sa fusion avec l’Alliance canadienne en 2003, et l’ancien conseiller politique Aron Seal.

L’ex-premier ministre libéral du Québec Jean Charest, qui avait été chef du Parti progressiste-conservateur du Canada dans les années 90, a annoncé mardi qu’il ne sera finalement pas de la course.

Politique

Le NPD veut un examen exhaustif du nouvel accord de libre-échange

OTTAWA — Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, veut adopter une «approche réfléchie» concernant la ratification par le Canada du nouvel accord de libre-échange nord-américain. M. Singh appelle à un examen exhaustif de l'accord avant de décider si le NPD appuiera sa ratification - une approche qui pourrait nuire au processus rapide souhaité par les libéraux.

M. Singh était à Ottawa mercredi pour entamer une séance de planification de deux jours avec son caucus avant que la Chambre des communes ne reprenne ses travaux la semaine prochaine.

Politique

Cibles de réduction des GES: attendez le plan d’action, dit Benoit Charette

Alors que débute l’étude du projet de loi sur la gouvernance de la lutte contre les changements climatiques au Québec, certains se demandent pourquoi aucune cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) n’y figure. Le ministre de l’Environnement n’est pas contre, mais insiste sur le fait que les moyens viendront avec le futur plan d’action.

«Je n’arriverai pas au jour un avec tel ou tel amendement, mais j’aborde les auditions avec une écoute constructive. Peut-être que certains se verraient rassurés si on l’intégrait [les cibles] dans la loi. Mais il ne faut pas confondre le projet de loi sur la gouvernance et le plan d’action présenté dans quelques semaines, qui sera davantage axé sur les moyens», a soutenu Benoit Charette, mardi, à son entrée en commission parlementaire.

Un peu plus tard, son patron a dit partir pour le Forum économique mondial de Davos avec en tête de se ranger ni dans le clan du président américain climatosceptique Donald Trump, ni dans celui de la jeune militante écologiste Greta Thunberg. Les deux sont aussi à Davos.

«Je suis du clan équilibré. On doit être capable à la fois de créer de la richesse au Québec, parce qu’on a un retard à rattraper, et on doit faire plus d’effort pour réduire nos GES. Donc, il faut être capable d’être équilibré», a dit le premier ministre François Legault, admettant avoir un «désaccord» avec le président Trump.

«Il faut que les États-Unis, il faut que l’Asie, il faut que tous les pays dans le monde en fassent plus pour réduire les GES pour sauver notre planète», affirme le premier ministre du Québec.

Beaucoup de pouvoir

Visant la gouvernance efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser l’électrification, le projet de loi 44 réforme le mode de gestion du Fonds vert, une caisse qui s’enrichit d’environ 800 millions $ par année grâce au marché du carbone. Il le renomme d’ailleurs le Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC).

M. Charette souhaite abolir le conseil de gestion et accaparer plus de pouvoir que jamais dans l’histoire pour un ministre de l’Environnement. Il se doterait d’un comité scientifique consultatif et demanderait un rapport annuel sur le FECC au commissaire au développement durable, qui relève de la vérificatrice générale.

«Le projet de loi donne les outils politiques nécessaires pour aller de l’avant, tandis que le plan d’action va donner les moyens concrets pour atteindre nos cibles» qui, rappelle-t-il, représentent pour 2030 une réduction des GES de 37,5 % pour l’ensemble du Québec par rapport à 1990.

On sait déjà que la diminution ciblée de 20 % pour 2020 a été largement ratée et se situe plutôt à 8,7 % de moins que 1990.

Les petits amis

Tour à tour, les partis d’oppositions venaient de tomber à bras raccourcis sur le ministre Charette et son projet de loi 44. Tous ces pouvoirs entre les mains d’un seul homme, politique en plus, n’augurent rien de bon, selon eux.

«C’est le retour d’un Fonds vert qui va servir de façon discrétionnaire, pour des amis, des proches ou des projets complètement discrétionnaires que le ministre pourra choisir», avance Sylvain Gaudreault, du Parti québécois.

«Le risque est là! Le ministre aura les pleins pouvoirs pour faire ça. Et ça va exactement dans le sens contraire de ce qui se fait en ce moment à l’échelle internationale en matière climatique, soit plus de transparence, plus de reddition de comptes, plus d’indépendance», dénonce M. Gaudreault.

La libérale Marie Montpetit trouve «très inquiétant» de «centraliser les pouvoirs, d’éliminer le plus d’avis qui pourraient être en porte-à-faux avec leurs actions», une tendance lourde au gouvernement de la Coalition avenir Québec, selon elle.

«Le projet de loi 44 est vraiment le chemin vers l’insuccès et l’échec de la transition [énergétique]», croit pour sa part Ruba Ghazal, de Québec solidaire.

«Le ministre nous dit : “Faites-moi confiance! Je vais gérer l’argent du Fonds vert au mieux de ma connaissance et si ça ne marche pas, aux prochaines élections, vous me donnerez le signal que je n’ai pas fait la bonne affaire.” Mais c’est plus de 1 milliard $! Et c’est l’argent des Québécois, notre argent qui doit servir à atteindre les objectifs de réduction de GES et ne pas être géré de façon politique, mais de façon totalement indépendante», résume la solidaire Ghazal.

Ces auditions publiques se poursuivent mercredi, au parlement de Québec, avec la présence attendue du comédien et militant écologiste Dominic Champagne, de la mairesse de Montréal Valérie Plante et de gens de l’organisme environnemental de Québec Vivre en ville.

Politique

Québec élargit l’accès à l’aide médicale à mourir

Même si elle n’est pas à l’agonie, une personne pourra désormais réclamer l’aide médicale à mourir, au Québec.

Le gouvernement Legault a donc choisi d’élargir l’accès à l’aide médicale à mourir, en faisant passer de six à cinq le nombre de critères à respecter pour être admissible à recevoir cet ultime soin.

Sur le plan juridique, le critère de «fin de vie» inscrit dans la loi québécoise deviendra donc inopérant, à compter du 12 mars.

Les cinq critères 

Une personne qui souhaite en finir grâce à l’intervention d’un médecin devra cependant respecter les cinq autres critères inscrits dans la loi : être majeur, être apte à consentir au traitement jusqu’au dernier moment, être atteint d’une maladie grave et incurable, de même qu’éprouver des souffrances physiques et psychiques jugées intolérables. Deux médecins devront attester du fait que la personne souffrante répond à tous les critères.

La population doit interpréter cette décision comme «un signal que notre gouvernement a la volonté d’être à l’écoute de la population, qui demande qu’on se penche sur la question de l’aide médicale à mourir. Aujourd’hui, c’est une étape très importante», a commenté la ministre de la Santé, Danielle McCann, en conférence de presse, flanquée de la ministre de la Justice, Sonia LeBel.

En agissant ainsi, Québec se conforme au jugement rendu en septembre par la juge Christine Baudouin, de la Cour supérieure, une décision qui rendait caducs le critère de «fin de vie», au Québec, et celui de «mort raisonnablement prévisible», au fédéral, jugés tous deux inconstitutionnels.

En octobre, Québec avait annoncé qu’il n’en appellerait pas de ce jugement, qui laissait aux gouvernements six mois pour ajuster leur législation relative à ce sujet controversé.

Contrairement au gouvernement québécois, le gouvernement Trudeau n’a pas encore annoncé ses intentions, par rapport à la loi fédérale.

Par sa décision, la juge Baudouin donnait raison à deux citoyens éprouvant de graves problèmes de santé depuis de nombreuses années sans pour autant être à l’agonie, Nicole Gladu et Jean Truchon, qui contestaient les dispositions légales les empêchant de réclamer l’aide médicale à mourir.

Maladie d’Alzheimer

En parallèle, le gouvernement Legault s’est déjà engagé à examiner la possibilité d’élargir la loi québécoise sur l’aide médicale à mourir, jugée par certains trop restrictive, notamment pour les personnes inaptes atteintes de démence ou de la maladie d’Alzheimer.

Selon la loi québécoise actuelle, le consentement éclairé de la personne souffrante doit être donné jusqu’au moment de recevoir le traitement létal.

Une consultation d’experts et d’intervenants sera menée la semaine prochaine, le 27 janvier à Montréal, sur cette délicate question d’un possible élargissement de la loi, un sujet qui polarise l’opinion publique. Une consultation en ligne pour la population en général suivra.

La ministre McCann est quand même d’avis qu’il existe un consensus dans la population pour envisager la possibilité d’élargir l’accès à l’aide à mourir.

«On a des signaux de la population (qui vont dans ce sens), et je pense qu’on doit y répondre. Mais il faut que cela fasse un consensus le plus complet possible», a dit Mme McCann, rappelant qu’il s’agissait d’un «dossier très complexe».

La pertinence d’autoriser ou non la demande anticipée d’aide médicale à mourir quand il s’agit de personnes atteintes d’Alzheimer fera partie des enjeux abordés.

Réaction de Véronique Hivon

Celle qui est considérée comme la «mère» de la loi actuelle sur les soins de fin de vie, la députée péquiste Véronique Hivon, a réagi avec prudence à la décision du gouvernement.

En point de presse, elle a dit souhaiter que le gouvernement s’assure de mener une véritable consultation sur les différents enjeux soulevés par cette question, et elle a insisté sur le fait que les parlementaires devaient être mis dans le coup.

Par exemple, elle s’interroge sur le sort réservé aux personnes souffrant d’Alzheimer.

«Une personne qui a la maladie d’Alzheimer, mais qui n’est pas dans les tout derniers stades, donc elle a encore des épisodes d’aptitude, elle est dans des stades, mettons, mitoyens de l’évolution de la maladie, elle va pouvoir demander l’aide médicale à mourir. Donc, comment on va juger si c’est tout à fait acceptable? Est-ce que l’aptitude est correcte? Est-ce que, donc, une personne qui est apte par épisodes va pouvoir avoir accès à l’aide médicale à mourir? En enlevant le critère de fin de vie, c’est une question qui se pose», a-t-elle fait valoir.

«Même chose pour des personnes jeunes qui viennent de subir, par exemple, un accident et qui deviennent quadraplégiques, tétraplégiques, est-ce que, donc, maintenant ça va être possible? Est-ce que c’est le guide du Collège des médecins qui va venir mettre un encadrement supplémentaire ou il n’y aura pas d’encadrement supplémentaire? Est-ce qu’on va assimiler ça à une maladie grave et incurable?» se questionne la députée.

Politique

Réfugiés: Legault donne un appui inconditionnel à Jolin-Barrette

Le cafouillage survenu ces derniers jours lors du dépôt des demandes de parrainage de réfugiés n’a pas ébranlé la confiance du premier ministre François Legault envers son ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette.

Mardi, en mêlée de presse, en marge d’une réunion du Conseil des ministres, le premier ministre n’a pas hésité à assurer son ministre de son appui inconditionnel, malgré les ratés du système mis en place pour accueillir les demandes de parrainage de réfugiés et même si ce n’est pas la première fois que son ministre place le gouvernement dans l’embarras.

«Simon Jolin-Barrette est un des meilleurs ministres, un des jeunes les plus prometteurs en politique», a estimé le premier ministre, quelques heures avant de quitter le Québec en direction de la Suisse, où il assistera au sommet économique de Davos.

Il a aussi rejeté du revers de la main le présumé «manque d’humanité» qui serait, selon certains, la cause des déboires du ministre.

Lundi, en fin de journée, le ministre Jolin-Barrette s’est engagé à revoir les règles du jeu, mais mardi, ni le ministre ni le premier ministre ne pouvaient dire pourquoi la façon actuelle de procéder n’avait pas été modifiée plus tôt, de manière à éviter à des centaines de personnes de faire le pied de grue pendant des jours dans l’édifice du ministère, sans savoir quel sort serait réservé à leur précieuse demande de parrainage.

Des pistes de solution commencent à émerger. Mardi, le ministre Jolin-Barrette a indiqué que le controversé système de coursiers serait aboli. Les aspirants parrains n’auront donc plus à débourser des centaines de dollars à un messager simplement pour déposer leur demande à leur place, comme c’est le cas présentement. La pratique, qui a donné lieu à toutes sortes de dérapages (comme le fait de tenter de monnayer sa place), consistait à ne pas pénaliser les demandeurs habitant à l’extérieur de Montréal.

Le ministre n’a par ailleurs pas exclu l’idée de ne plus obliger les gens à se présenter en personne. Une hypothèse envisagée: les futurs parrains pourraient déposer leur demande par voie électronique.

L’idée d’une loterie sera une autre avenue explorée.

Le ministre Jolin-Barrette et le premier ministre ont rejeté le blâme sur le précédent gouvernement libéral pour expliquer la tournure des événements. «On est en en train de changer la plupart des programmes des libéraux qui ne fonctionnaient pas», a commenté M. Legault.

Au total, cette année, 750 dossiers de réfugiés seront acceptés, dont seulement 100 provenant de particuliers, qui peuvent former un groupe comptant au maximum cinq personnes. Les autres réfugiés seront parrainés par des organismes.

Le petit nombre de dossiers acceptés par le Québec, qui privilégie l’approche «premier arrivé, premier servi», a contribué au désordre observé au cours des derniers jours et à la frustration des demandeurs, qui devaient jouer du coude pour augmenter leur chance de favoriser leur dossier.

Mais il n’est pas question pour autant d’augmenter le nombre de réfugiés accueillis au Québec, a tranché le premier ministre.

«On ne pourra jamais accepter tous les réfugiés de la Terre au Québec», a commenté M. Legault.

Politique

Trudeau presse l’Iran de déplacer les boîtes noires sans délai

WINNIPEG - Le premier ministre Justin Trudeau presse l’Iran de cesser ses tergiversions et d’envoyer sans délai les boîtes noires du vol PS752 d’Ukraine International Airlines dans un autre pays qui a l’expertise pour analyser les données de l’écrasement d’avion.

Selon l’Associated Press, le responsable iranien de l’enquête sur l’écrasement d’avion qui a fait 176 morts - dont 57 victimes canadiennes et 29 résidents permanents au Canada - semblait reculer sur ses intentions d’envoyer les boîtes noires à l’étranger.

L’Iran voudrait plutôt recevoir une assistance technique de la France et des États-Unis pour analyser les données des enregistreurs de vol dans son propre pays.

Lors d’une conférence de presse à Winnipeg mardi, en clôture de la retraite de son Conseil des ministres, M. Trudeau a fait part de son impatience.

Politique

Jean Charest pas candidat à la direction du Parti conservateur

Jean Charest ne sera pas candidat à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC).

L’ex-premier ministre du Québec et ancien chef du chef du Parti progressiste-conservateur du Canada en a fait l’annonce mardi lors d’une entrevue que Radio-Canada devait diffuser à 17h, mais dont elle a devancé certains éléments à la suite d’informations contradictoires entourant sa candidature.

Jean Charest a lui-même publié un communiqué par la suite pour confirmer ses intentions.

Dans cette déclaration, il explique que sa réflexion, amorcée à la suite d’appels «nombreux et insistants à la grandeur du pays pour (qu’il se) porte candidat au leadership du Parti conservateur», l’a mené à ne pas briguer la direction.

M. Charest dit s’inquiéter «vivement que la population canadienne soit politiquement divisée» et affirme que le pays «a besoin d’une alternative politique nationale» pour représenter toutes les régions du Canada.

Un parti différent du sien

Au premier chef, il dit croire que le PCC devra présenter en matière environnementale «un plan crédible et ambitieux pour la gestion de nos ressources naturelles et la lutte contre les changements climatiques», laissant ainsi entendre que son ancienne formation n’en a pas.

Il ajoute au passage que ses positions sur plusieurs enjeux de société «reposent sur des convictions profondes» et que «force est de constater que le Parti conservateur du Canada s’est profondément transformé» depuis son départ en 1998.

Le Parti conservateur actuel est certes bien différent de celui qu’il avait laissé à cette époque.

Après l’humiliante défaite de 1993 où les conservateurs n’avaient fait élire que deux députés, puis les insuccès à l’élection de 1997 où, sous sa direction, le parti ne faisait élire que 20 députés, le parti fusionnait avec le Reform Party, renommé l’Alliance canadienne en 2003. Jusque-là dirigé par des conservateurs modérés, le Parti progressiste-conservateur a alors laissé tomber le qualificatif de «progressiste» et effectué un virage à droite sous l’influence de l’Alliance, dirigée par Stephen Harper.

Règles défavorables

Au-delà du fossé idéologique, Jean Charest affirme que «les règles de la course au leadership ne favorisent pas un candidat issu de l’externe, d’autant plus que l’échéancier est très serré» et qu’il a «une vie familiale heureuse ainsi qu’une vie professionnelle très active» au sein d’un grand cabinet d’avocats de Montréal.

Un sondage Léger réalisé pour La Presse canadienne le 8 janvier dernier (1) vient cependant jeter un autre éclairage en matière de considérations stratégiques : ce sondage plaçait l’ex-ministre Rona Ambrose au premier rang des appuis des Canadiens aux candidats potentiels à la direction du Parti conservateur, suivie par l’ex-ministre Peter MacKay, avec Jean Charest loin derrière ce duo.

La première - qui laisse planer le suspense sur son éventuelle candidature - obtenait la faveur de 18 % des répondants contre 12 % pour Peter MacKay, qui a confirmé, lui, sa participation la semaine dernière sur les réseaux sociaux. Jean Charest, pour sa part, ne recueillait que 4 % d’appuis au Canada, bien qu’il était bon premier au Québec.

Or, Peter MacKay est lui aussi issu de la branche progressiste du Parti conservateur, ceux que l’on surnomme les «red torys», et il a le potentiel d’aller chercher l’appui de nombreux militants qui auraient pu être tentés par un virage progressiste que représenterait l’accession d’un Jean Charest à la direction.

L’ombre de Mâchurer

De plus, s’il s’était présenté, Jean Charest aurait eu du mal à se distancier des nombreuses enquêtes policières entourant le financement du Parti libéral du Québec.

Bien qu’il n’ait jamais été accusé de quoi que ce soit, son nom est associé à l’enquête Mâchurer de l’Unité permanente anticorruption, enquête qui n’est pas terminée.

La semaine dernière, les médias ont finalement pu diffuser les déclarations écrites au soutien des mandats de perquisition aux entreprises de Marc Bibeau, ex-grand argentier du Parti libéral du Québec et ami de Jean Charest. M. Charest n’a jamais renié son amitié avec Marc Bibeau, mais assure qu’il n’a rien à se reprocher dans ce dossier.

Cependant, tant que l’UPAC n’aura pas complété son travail et décidé si des accusations seront portées ou pas, l’ombre de l’enquête Mâchurer planera au-dessus de la tête de l’ex-premier ministre Charest, en lien avec le financement du PLQ.

Les conservateurs éliront leur nouveau chef le 27 juin lors d’un congrès à la direction à Toronto.

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(1) Le sondage avait été mené auprès de 1554 Canadiens entre le 3 et le 7 janvier en ligne et ne comportait aucune marge d’erreur en raison de l’échantillon non probabiliste.

Politique

Achats de VUS: «On a un besoin de changement de comportements», dit Julien

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, invite les Québécois à changer leurs comportements en matière d’achats de véhicules, mais hésite à leur jeter la pierre.

Il réagissait mardi au rapport de HEC Montréal sur l’état de l’énergie au Québec 2020, qui démontre que les tendances de consommation au Québec sont contraires aux objectifs énergétiques et de réduction de gaz à effet de serre (GES).

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Politique

Sylvain Gaudreault aimerait voir des femmes dans la course à la chefferie du PQ

Candidat à la chefferie du Parti québécois, Sylvain Gaudreault aimerait voir des femmes tenter leur chance pour la direction. Pour l’instant, les cinq candidats déclarés ou pressentis sont tous des hommes.

L’avocat Paul St-Pierre-Plamondon va quant à lui lancer sa campagne pour devenir chef du PQ le 28 janvier, dans une semaine. Il s’était aussi prononcé sur la question, écrivant «encourager des candidatures féminines et l’implication du plus grand nombre de femmes dans le cadre de la course à la direction du PQ».

L’humoriste Guy Nantel, l’historien Frédéric Bastien et l’avocat en immigration Stéphane Handfield soupèsent encore les appuis avant de se lancer.

Il s’agit de cinq hommes blancs âgés entre le début de la quarantaine et le début de la cinquantaine.

«Je suis heureux de voir que le PQ attire des gens de qualité. Je souhaiterais aussi que des femmes se présentent à la direction. Plus on sera nombreux, mieux ce sera», a commenté M. Gaudreault, mardi matin, avant son entrée en commission parlementaire su l’étude du projet de loi 44.

«Nous sommes devant la salle Pauline-Marois, la première femme élue première ministre du Québec, avec le PQ. On a toujours été ouverts et on a toujours eu beaucoup de participation des femmes à l’intérieur du parti. Je souhaite qu’on ait le plus de candidats et candidates de qualité», a affirmé M. Gaudreault.

Député de Jonquière depuis 2007, M. Gaudreault s’avère le seul élu du groupe, lui qui a déjà été chef intérimaire du PQ durant cinq mois en 2016.

Après la sortie de trois importantes militantes péquistes dans La Presse à ce sujet, la semaine passée, soit l’ex-ministre Louise Harel, l’ex-présidente du parti Gabrielle Lemieux et l’actuelle présidente de l’aile jeunesse Frédérique St-Jean, M. St-Pierre-Plamondon s’était prononcé sur sa page Facebook, samedi.

«Malgré les efforts constants du parti pour attirer des candidatures et atteindre la parité, les obstacles pour les femmes qui voudraient faire de la politique demeurent nombreux : conciliation politique-famille, joute partisane, un environnement de travail avec des pratiques douteuses (rappelons-nous l’affaire Sklavounos), etc. Il faut tout de même persévérer», a-t-il écrit.

Affaires

Le nouvel ALENA ratifié la semaine prochaine

WINNIPEG — Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué mardi que le Canada ira de l’avant avec la ratification du nouvel accord de libre-échange nord-américain la semaine prochaine.

M. Trudeau a précisé que le gouvernement présentera une motion de voies et moyens le 27 janvier, lorsque le Parlement reprendra ses activités, et qu’il présentera un projet de loi pour ratifier l’accord deux jours plus tard.

Selon le premier ministre, des millions de Canadiens dépendent d’un commerce stable et fiable avec le plus grand partenaire commercial du pays.

«Il y a trop d’emplois à travers le pays qui en dépendent, trop de travailleurs qui ont besoin de cet accès aux États-Unis, trop d’investisseurs et d’entreprises qui comptent sur le marché américain, que ce soit au niveau de la protection de la gestion de l’offre, que ce soit au niveau de l’exemption culturelle qu’on a obtenue», a-t-il déclaré.

Le leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez, a déjà entamé des discussions avec les autres partis pour s’assurer de leur appui afin de faire avancer la législation dans les meilleurs délais.

«C’est extrêmement important qu’on avance avec la ratification et c’est notre intention de procéder rapidement», a poursuivi M. Trudeau.

Puisqu’il est minoritaire, le gouvernement devra se trouver au moins un partenaire de danse à la Chambre des communes.

Le Bloc québécois a déjà signalé qu’il s’opposera au nouvel accord de libre-échange parce que l’industrie de l’aluminium du Québec n’a pas obtenu les mêmes garanties que l’industrie de l’acier et celle de l’automobile en Ontario.

En conférence de presse mardi à Montréal, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a déploré le processus annoncé par le gouvernement, qui signale de la sorte qu’il ne veut pas avoir de discussions avec les parlementaires canadiens sur la nouvelle mouture de l’accord. Le chef soutient qu’il ne permettra pas au gouvernement d’utiliser la voie rapide.

Le Nouveau Parti démocratique a lui aussi partagé les craintes des bloquistes pour le domaine de l’aluminium, mais n’a pas encore annoncé ses intentions.

Le chef conservateur Andrew Scheer avait déclaré par le passé que le nouvel accord était une «humiliation historique» qui illustrait selon lui la faiblesse de M. Trudeau sur la scène internationale. Il a rapidement été rabroué par son ancienne collègue Rona Ambrose, qui estime que des gains importants ont été réalisés dans le processus.

La ratification éliminerait le dernier obstacle à la préservation du commerce continental, après que le président américain Donald Trump a imposé au Canada et au Mexique, en 2017, une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui prévalait depuis 25 ans.

La semaine dernière, le Sénat américain, à majorité républicaine, a adopté le nouveau pacte, qui s’appelle l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Le gouvernement libéral attendait que les États-Unis ratifient officiellement l’accord avant de présenter son propre projet de loi. Le Mexique a ratifié l’entente en juin dernier.

Politique

Mode de scrutin: plus de jeunes, plus de femmes, moins de régions

Quota de jeunes candidats, parité femmes-hommes, meilleure représentation régionale. Les améliorations réclamées sont nombreuses pour le projet de loi sur le nouveau mode de scrutin québécois, qui sera soumis à des auditions publiques à compter de mercredi.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est rabattu sur un référendum tenu en même temps que les élections générales provinciales de 2022 pour proposer sa réforme aux citoyens. Une stratégie que d’aucuns voient comme une façon de favoriser le statu quo.

La possibilité de passer de notre bon vieux scrutin majoritaire uninominal à un tour à un nouveau scrutin proportionnel mixte compensatoire survient au moment où, pour la première fois de l’histoire du Québec, quatre partis politiques sont officiellement reconnus à l’Assemblée nationale.

Selon la proposition de la ministre de la Justice, Sonia LeBel, les 125 sièges de circonscriptions actuels seraient maintenus en nombre, mais plutôt divisés en 80 sièges de circonscriptions et 45 sièges de compensation régionale.

Pour étudier le projet de loi 39, la Commission des institutions entendra 35 individus, groupes et organismes de toutes les sphères de la société désirant se prononcer sur la question. Les cinq jours d’audiences se tiennent les 22 et 23 janvier, puis du 4 au 6 février.

Le Soleil fait un tour de la question avec de ces quatre intervenants, tous favorables à un changement du mode de scrutin.

COMBINER DES RÉGIONS

Mercédez Roberge, chercheure et auteure du livre «Des élections à réinventer»

«La première qualité de ce projet de loi est d’exister, car en 2004, c’était un avant-projet de loi. Mais on utilise sans les adapter les régions administratives, qui sont déséquilibrées en population et en nombre de sièges. Faudrait réunir des régions limitrophes qui ont déjà des liens pour faire une région électorale, comme Lanaudière et Laurentides, par exemple. Dans le projet de loi, les populations de 11 des 17 régions administratives ont une proportionnalité déficiente, parce que pas assez grandes pour être efficaces.

«Des votes perdus [pour un candidat qui n’est pas élu] vont continuer de se perdre parce que les régions électorales sont trop petites», estime Mme Roberge, qui propose de réduire de 17 à entre 8 et 10 le nombre de régions électorales. En 2007, le Directeur général des élections avançait le nombre idéal de neuf régions.

Abaisser le seuil de 10 % de votes nécessaires au niveau national pour accéder aux sièges de compensation constitue une autre modification essentielle pour «favoriser les petits partis, alors que «la plupart des pays ne dépassent pas 5 % et qu’on n’a pas raison de dépasser 2, 3 %».

L’ajout de mesures obligatoires pour favoriser les candidatures de femmes et de personnes racisées s’avère crucial, tandis que la tenue d’un référendum et le financement insuffisant des camps référendaires montrent qu’«au total, le jupon dépasse» en faveur du statu quo chez la ministre LeBel et le gouvernement Legault.

QUOTA DE JEUNES

Daye Diallo, président de Force Jeunesse

«La réforme doit obliger les partis à avoir des quotas de jeunes sur leur liste électorale. On a des exemples concrets, comme en Suède, où ils exigent un minimum de 25 % de candidats de moins de 35 ans.

«Un référendum n’est pas une mauvaise idée, mais il devrait être organisé avant l’échéance électorale de 2022, pour ne pas diluer la question dans les élections.» Si jamais le temps manque pour implanter le nouveau mode de scrutin, les élections de 2022 pourraient s’organiser sous l’ancien système.

«Il est aussi souhaitable que les listes électorales soient en zone paritaire, c’est-à-dire au moins 45 % de femmes. Tout cela pour lutter contre le cynisme autant chez les jeunes qu’auprès de la population en général. Quand on se sent représenté, on va davantage voter. Et une diversité d’idées ne peut qu’améliorer la situation du Québec.»

Aux élections québécoises de 2018, 12 des 125 élus avaient moins de 35 ans, soit 9,6 %.

45 % DE CANDIDATES

Esther Lapointe, directrice générale du Groupe Femmes, Politique et Démocratie

«Première fois qu’un texte de loi au Québec comporte deux articles touchant la parité. Des mesures faibles, mais à nous de les bonifier!

«Pour nous, la parité a toujours été 50-50. Mais on propose d’imposer des candidatures de circonscriptions dans la zone 45 %-55 %, car un équilibre à 50 % s’avère difficile à maintenir. On considère que 45-55 pour les candidatures nous assure de se retrouver au moins dans une zone de 40-60 de femmes élues. C’est mathématique, elles ne peuvent pas toutes être élues! En 2018, on a eu 47 % de candidates et 42 % d’élues. Quant aux listes de compensation, elles doivent être paritaires, avec une liste sur deux commençant par une femme.

«Tenir le référendum en même temps que la campagne électorale n’est pas une bonne idée. Mais plus importants, les éléments de parité ne devraient pas être soumis à un référendum. Ces articles doivent entrer en vigueur dès l’adoption de la loi et s’appliquer», peu importe le résultat par la suite.

ASSURER LA STABILITÉ

Denis Bolduc, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

«François Legault avait promis une réforme, mais sans référendum. Des députés de la CAQ ont toutefois manifesté un peu de résistance et M. Legault a été sensible à ça. De tenir un référendum sur la question, on se demande si ce n’est pas un moyen de torpiller la réforme!

«Par ailleurs, ce mode de scrutin augmente les probabilités d’avoir des gouvernements minoritaires, mais le projet de loi ne contient pas de mesure pour assurer la stabilité politique, comme il en existe en Allemagne. Rien pour encadrer les votes de confiance et éviter que le gouvernement se fasse renverser à tout bout de champ.

«Au sujet de la parité hommes-femmes, il faut aller plus loin que de demander de simples énoncés d’intention aux partis. Il devrait y avoir des incitatifs financiers ou des pénalités pour les partis qui ne font pas l’effort de présenter des candidats sur une base paritaire.»

Politique

Parrainage de réfugiés: Jolin-Barrette reconnaît que des changements s’imposent

Au Québec, le noble désir de parrainer un réfugié s’est transformé en course à obstacles au cours des derniers jours. La première étape, en principe banale, qui consiste à déposer une demande au ministère de l’Immigration a tourné au cauchemar.

Depuis vendredi, des centaines de personnes ont dû squatter les bureaux du ministère dirigé par Simon Jolin-Barrette, à Montréal, dans l’espoir que leur demande de parrainage se fraye un chemin jusqu’à lui.

Au cœur de l’hiver, pour accommoder les gens qui cherchaient à augmenter leur chance en faisant le pied de grue devant l’édifice, une salle d’attente a dû être aménagée dès vendredi sur les lieux, même si le dépôt des demandes n’était possible que ce lundi.

Prenant acte de la colère et de la frustration des aspirants parrains, le ministre Jolin-Barrette a reconnu les ratés du système, lundi, promettant du même coup de revoir les façons de faire de son ministère.

«Évidemment, des améliorations doivent être apportées pour les prochaines périodes de dépôt. Le processus de dépôt de candidatures présentées par l’entremise de messagers soulève de nombreux questionnements quant à son efficacité. Il doit être revu», a commenté le ministre par voie de communiqué. Il n’a pas donné d’entrevue.

Sous prétexte de ne pas favoriser qui que ce soit, le gouvernement a imposé aux éventuels parrains, souvent des proches des futurs réfugiés, d’avoir recours à un intermédiaire, messager ou coursier, pour déposer la demande en leur nom. Cette formule a compliqué les choses.

Les aspirants parrains ont dû allonger plusieurs centaines de dollars à ces messagers, qui jouaient du coude pour se tailler une bonne place.

Le ministère avait privilégié la formule : «premier arrivé, premier servi».

Le nombre de dossiers acceptés étant limité à une centaine au total, ce système de messagers a donné lieu à une escalade d’accrochages. Des gens ont rapporté aux médias avoir vu des personnes tenter de monnayer une meilleure place dans la file d’attente.

Au total, cette année, 750 dossiers de réfugiés seront acceptés, dont 100 déposés par des particuliers, qui peuvent former un groupe comptant au maximum cinq personnes. Les autres réfugiés seront parrainés par des organismes.

L'opposition dénonce

Deux des trois partis d’opposition ont dénoncé la situation, attribuant le cafouillage dans le dossier du parrainage collectif au manque d’écoute et de rigueur du ministre Jolin-Barrette.

À la suite du cafouillage ayant mené au retrait temporaire du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), l’automne dernier, le ministre s’était engagé à écouter davantage les divers intervenants, a rappelé le porte-parole libéral en cette matière, Moncef Derraji. Or, ce n’est pas ce qui s’est produit, selon lui.

Ce dernier juge incroyable de voir en 2020 un gouvernement obliger les gens à «faire la file pour utiliser un programme gouvernemental».

Même son de cloche du côté de Québec solidaire, qui estime que quelques mois après le PEQ le scénario se répète avec «une gestion lamentable» en matière d’immigration.

«Comme d’habitude, le ministre Jolin-Barrette n’a écouté personne d’autre que lui!» a commenté lundi le député porte-parole du dossier, Andrés Fontecilla, contestant au passage la décision du gouvernement Legault d’abaisser les seuils d’immigration de réfugiés.

Par son attitude envers les revendicateurs du statut de réfugié, il estime que le ministre Jolin-Barrette fait preuve d’«arrogance».

L’analyse des dossiers étant longue, cela pourrait prendre au moins un an et demi, voire quelques années, avant de voir les réfugiés visés débarquer au Québec.

En 2020, le Québec devrait accueillir entre 4500 et 5500 réfugiés.

Politique

Loi 21: le Manitoba dit avoir reçu de «nombreux» CV de fonctionnaires québécois

WINNIPEG — Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, dit qu’il y a eu de «nombreuses demandes» de la part de fonctionnaires québécois désirant s’établir dans sa province, après une offensive publicitaire contre la loi 21.

Le gouvernement manitobain avait acheté des publicités dans des journaux et des médias numériques au Québec l’automne dernier, qui mentionnaient 21 raisons d’envisager de déménager au Manitoba - en référence à la loi québécoise sur la laïcité.

M. Pallister soutient que son gouvernement a déjà commencé à recevoir des curriculum vitae. «Nous avons hâte de commencer les embauches parce que nous avons besoin de davantage de travailleurs bilingues dans notre fonction publique au Manitoba», a-t-il dit, à sa sortie d’une rencontre avec son homologue fédéral Justin Trudeau.

Le premier ministre manitobain a maintes fois dénoncé la loi québécoise sur la laïcité, estimant qu’elle est discriminatoire.

«Je crois que le Québec est trop bon pour cette loi, je crois que les Québécois sont trop solides pour cette loi et je crois que le Québec est une partie trop importante du Canada pour se séparer, dans le sens qu’il adopte des politiques qui sont inutilement discriminatoires», a-t-il réitéré, lundi.

Par le passé, le premier ministre du Québec, François Legault, a rétorqué que le Manitoba aurait intérêt à mieux financer les services en français dans sa province plutôt que de se mêler des affaires du Québec.

Cette loi interdit à certains fonctionnaires, y compris les enseignants du primaire et du secondaire du système public et les policiers, de porter des symboles religieux dans leurs fonctions tels que le hijab pour les femmes musulmanes et la kippa pour les hommes juifs.

M. Pallister a rencontré M. Trudeau au deuxième jour d’une réunion du conseil des ministres fédéraux qui se tient à Winnipeg, un lieu choisi pour tendre la main à une région qui a tourné le dos aux libéraux fédéraux lors de l’élection du 21 octobre.

Changement de ton

À la sortie de sa rencontre, le premier ministre manitobain a démontré de l’ouverture à soumettre sa province à une taxe sur le carbone.

M. Pallister a déclaré que son gouvernement se prépare à soumettre un autre plan sur le climat, après que le dernier eut été rejeté. Il a soutenu que le «dialogue» se poursuivait avec Ottawa, et que ce dialogue inclut une «sorte de tarification sur le carbone».

M. Pallister a dit lundi à la blague que s’il devait y en avoir une dans sa province, elle devrait être «basse et plate comme l’horizon des Prairies».

Mais pour que cela se passe, il s’attend à recevoir une sorte de reconnaissance des efforts passés du Manitoba sur le plan de l’environnement.

La vice-première ministre Chrystia Freeland, qui était présente à la rencontre lundi, est d’accord pour poursuivre les discussions avec M. Pallister afin de trouver une solution «gagnant-gagnant».

Elle a cependant insisté sur l’importance de mettre en place un plan ambitieux pour le climat. «Je pense que tous les Canadiens et Canadiennes comprennent que c’est peut-être l’enjeu le plus important pour notre génération», a-t-elle déclaré.

Plusieurs provinces, dont le Manitoba, ont entamé des procédures judiciaires contre la taxe fédérale sur le carbone, imposée aux provinces qui n’avaient pas de plan provincial.

Un pont pour l’aliénation

M. Pallister a indiqué sa volonté d’agir comme pont entre le gouvernement fédéral et les deux autres premiers ministres des Prairies, ouvertement hostiles envers les libéraux de M. Trudeau, soit Jason Kenney de l’Alberta et Scott Moe de la Saskatchewan.

«Notre province est une clé de voûte. Si vous ne pouvez pas vous entendre avec le gentil Manitoba, il y a de nombreux autres Canadiens avec qui vous ne pourrez pas vous entendre», a réitéré le premier ministre manitobain.

Mme Freeland, qui a passé les dernières semaines à parcourir le pays, en est venue pour sa part à un constat «peut-être surprenant» après une élection qui a révélé des divisions régionales.

«Les Canadiens aiment vraiment le Canada. (...) Je pense qu’il y a un engagement profond au Canada à travers le Canada, je crois qu’il y a une appréciation profonde surtout en ces temps de grande incertitude globale et de défis globaux, qu’ils soient géopolitiques ou économiques», a-t-elle dit.

«Nous devons nous engager pleinement afin de garder le Canada fort, garder le Canada uni, garder le Canada capable d’agir ensemble pour adresser les défis les plus pressants de notre époque», a-t-elle plaidé.

La retraite du conseil des ministres à Winnipeg prendra fin mardi.

Politique

Cible de réduction et Trans Mountain: le ying et le yang du gouvernement Trudeau

WINNIPEG — Le ministre fédéral de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a annoncé dimanche que le Canada présentera de nouvelles cibles de diminution de gaz à effet de serre pour 2030.

Quelques instants après, le président et chef de la direction de Trans Mountain Corporation, Ian Anderson, se présentait devant les journalistes pour vanter les bénéfices économiques de l’expansion de l’oléoduc.

C’était une scène «étrange», de l’aveu même du ministre des Ressources naturelles Seamus O’Regan, mais les deux ne sont «pas contradictoires». Les deux sont même compatibles, a-t-il plaidé.

Si le Canada veut réellement être carboneutre en 2050, a-t-il dit, tous les secteurs doivent être à bord et cela passe par un secteur privé, mais aussi une industrie du pétrole et du gaz «durable et en santé».

«Pour faire cela, ils doivent réussir à transporter leurs produits aux marchés. Alors c’est un grand cercle qui se boucle. L’histoire est plus compliquée à raconter, mais il est essentiel qu’on la raconte parce que l’avenir du pays en dépend», a lancé M. O’Regan.

Le patron de Trans Mountain, qui était l’un des invités lors de la retraite ministérielle du cabinet Trudeau à Winnipeg, a assuré que la construction de l’expansion de l’oléoduc était bel et bien en cours et que le projet pourrait être complété d’ici la fin de l’année 2022.

À l’heure actuelle, quelque 2700 personnes travaillent sur le projet, dont 10 % de travailleurs autochtones. M. Anderson espère que ce projet sera une «histoire à succès» tant pour les retombées économiques que la collaboration avec les peuples autochtones.

Lui non plus ne voit aucune contradiction entre l’expansion de Trans Mountain et les nouvelles cibles qui seront annoncées par M. Wilkinson.

«Je pense que ce que les Canadiens peuvent continuer d’apprécier, c’est que les réponses au changement climatiques et les réponses aux conditions environnementales qu’on a devant nous sont critiques à notre nation, mais le développement économique de nos ressources l’est aussi», a-t-il répondu.

Prix citron

Le ministre Wilkinson, de son côté, dit qu’il présentera ses nouvelles cibles environnementales pour 2030 dans les prochains mois. Il veut être fin prêt avant la COP26, qui se tiendra à Glasgow, au Royaume-Uni.

Pour l’instant, le plan de match n’est pas encore défini.

«J’ai dit que le Canada veut avoir de nouvelles cibles quand nous allons aller à COP26 à Glasgow et nous devons développer un plan et parler aux Canadiens. Nous avons seulement commencé maintenant les discussions», a-t-il dit.

Lors de la COP25 à Madrid, le Canada avait obtenu la troisième place du «fossile du jour» - une sorte de prix citron remis par des ONG afin de dénoncer les apparentes contradictions du pays.

Politique

Paul St-Pierre Plamondon se lance dans la course à la direction au PQ

MONTRÉAL — L’avocat Paul St-Pierre Plamondon a annoncé samedi qu’il se lançait dans la course à la succession à Jean-François Lisée au Parti québécois (PQ).

M. St-Pierre Plamondon en a fait l’annonce sur sa page Facebook.

«Je suis très content de vous annoncer que ma réflexion est terminée et que je serai candidat à la direction du Parti québécois», a-t-il écrit.

Politique

Charest demande la fin de l'enquête Mâchurer

OTTAWA — Jean Charest demande la fin de l'enquête Mâchurer de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) qui le vise, alors qu'il songe à revenir en politique active.

Son avocat, Michel Massicotte, a offert une entrevue à la télévision de Radio-Canada vendredi pour clamer l’innocence de son client et réclamer la fin de cette enquête qui colle à l’ancien premier ministre du Québec depuis des années.

«Écoutez, ça fait six ans. Six ans! Et on n’a toujours pas encore réussi à trouver quoi que ce soit», a-t-il déclaré.

Cette sortie de M. Massicotte survient au lendemain de la divulgation de mandats de l’UPAC qui visaient Marc Bibeau, ancien collecteur de fonds pour le Parti libéral du Québec (PLQ).

Ces documents rendus publics jeudi ont levé le voile sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest. L’ancien premier ministre n’y est mentionné que comme l’ami de M. Bibeau.

M. Massicotte est catégorique : il n’y a «strictement rien qui relie M. Charest à quelque acte illégal» et il est temps que Mâchurer prenne fin, près de six ans plus tard.

«Cessez cette enquête. Nous avons coopéré. Arrêtez de dire qu’on se cache ou quoi que ce soit. Nous avons offert notre coopération, mais cette coopération ne semble pas être réciproque», a-t-il soutenu.

Lettre morte

M. Massicotte soutient que des policiers de l’UPAC ont demandé à deux reprises — en 2013 et en 2014 — à rencontrer M. Charest, qui a accepté. Mais chaque fois, l’offre est demeurée lettre morte, a-t-il déploré.

Il a aussi rappelé que M. Charest avait rencontré en 2014 la procureure de la commission Charbonneau — l’actuelle ministre québécoise de la Justice, Sonia LeBel — ainsi que deux policiers qui, plus tard, ont été rattachés à l’UPAC.

M. Charest avait également soumis une déclaration de 300 pages dans laquelle il s’expliquait sur la question du financement politique et sa relation avec M. Bibeau, précise son avocat.

M. Charest n’a finalement jamais été invité à témoigner à la commission Charbonneau et le rapport final ne lui adresse aucun blâme.

M. Massicotte va même jusqu’à dire que son client n’était pas au fait des pratiques de financement de M. Bibeau.

«Pour cautionner une pratique, encore faut-il être au courant de ladite pratique», a fait valoir l’avocat, ajoutant au passage qu’à l’arrivée de M. Charest à la tête du PLQ en 1998, il y avait déjà un système de financement organisé et des objectifs à atteindre.

Le fait qu’il soit toujours visé par l’enquête Mâchurer serait un boulet au pied de M. Charest s’il confirme qu’il se présente à la direction du Parti conservateur du Canada.

S’il décide d’y aller, il devra divulguer qu’il fait l’objet d’une enquête dans le questionnaire des candidats et ses adversaires ne manqueront pas de le lui rappeler. «Évidemment, dans un contexte où M. Charest a des velléités de se présenter pour un parti politique, bien écoutez, ça prend d’autant d’importance», a lancé Massicotte, ajoutant qu’il n’est «pas mêlé à ça».

M. Massicotte a refusé la demande d’entrevue de La Presse canadienne.

Politique

Écrasement d’avion en Iran: des compensations pour les familles des victimes

Ottawa accordera des compensations pour aider les familles et les proches des victimes canadiennes décédées dans l’écrasement d’avion en Iran, la semaine dernière.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi que le gouvernement versera 25 000 $ par victime dans l’immédiat afin d’aider les proches à faire des arrangements funéraires ou à payer pour des frais de déplacement, par exemple.

«Mais ce n’est qu’une assistance immédiate. Nous nous attendons à ce que l’Iran compense ces familles de façon adéquate dans le moyen terme», a-t-il ajouté.

Environ 20 familles de citoyens canadiens décédés dans la tragédie ont demandé à ce que les dépouilles de leurs êtres chers soient retournées au Canada. D’autres souhaitent les enterrer en Iran, a précisé M. Trudeau.

Les premières dépouilles des victimes sont attendues dans les jours à venir, a-t-il dit.

La question de l’indemnisation, entre autres, a été abordée lors d’une rencontre plus tôt vendredi entre le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et son homologue iranien, Javad Zarif, à Oman.

Un compte rendu de cette rencontre précise que les deux hommes ont discuté de la nécessité d’un «accès complet à l’Iran» pour le Canada ainsi que les autres pays en deuil afin de fournir des services consulaires, identifier les victimes et participer à une enquête «approfondie et transparente».

«On a énormément de questions, encore, sur comment ça s’est passé», a soutenu M. Trudeau, en conférence de presse, vendredi.

Boîtes noires endommagées

L’Iran a consenti à une «analyse transparente» des données des boîtes noires, qui auraient été gravement endommagées, selon M. Trudeau. Il n’a pas précisé si ou quand les enquêteurs canadiens allaient pouvoir y accéder, mais a réitéré que l’analyse devait se faire le plus rapidement possible. La France, qui a les capacités techniques de mener cette analyse, s’est déjà offerte pour la faire.

Cette rencontre entre MM. Champagne et Zarif survient le jour après que le Canada et quatre autres pays qui avaient des ressortissants à bord de l’avion abattu eurent établi une liste de demandes qu’ils prévoyaient présenter à l’Iran.

Il y a un peu plus d’une semaine qu’un missile sol-air iranien — et peut-être un second — a abattu l’avion d’Ukraine International Airlines quelques minutes après le décollage de l’aéroport international de Téhéran.

Les 176 personnes à bord ont été tuées, incluant 57 Canadiens et 29 résidents permanents.

La Presse canadienne a confirmé indépendamment au moins 90 victimes ayant des liens avec le Canada, dont beaucoup d’étudiants et de professeurs revenant au pays après avoir passé la semaine de relâche en décembre à visiter des parents en Iran.

Dans les derniers jours, le gouvernement canadien a mis en place une ligne téléphonique et une boîte de courriels pour répondre aux questions des familles des victimes. Un site Web est également en ligne sur le soutien offert à ceux qui ont perdu un proche.

Les demandes de visas et d’autres documents nécessaires sont aussi traitées beaucoup plus rapidement — en quelques heures au lieu de semaines — pour les familles affectées par cette tragédie.

Le Canada pourrait se tourner vers les Nations Unies afin d’accentuer la pression internationale sur l’Iran pour la tenue d’une enquête approfondie et indépendante et éviter qu’une telle situation ne se reproduise, a déclaré M. Trudeau.

Dans un rare sermon lors des prières du vendredi, le chef suprême de l’Iran a qualifié la chute de l’avion d’accident amer qui a attristé l’Iran et rendu ses ennemis heureux.

Politique

Stephen Harper quitte ses fonctions au sein du fonds du Parti conservateur

OTTAWA — Tandis que la course à la direction du Parti conservateur se met en branle, l'ex-premier ministre Stephen Harper semble prendre un pas de recul en quittant ses fonctions au conseil d'administration du bras financier du parti.

Dans un message publié tard mercredi sur Twitter, M. Harper a remercié ses collègues pour leur travail acharné.

«Leur bilan en matière de levée de fonds et de gestion des dépenses est inégalé en politique fédérale, les problèmes étant gérés rapidement et de manière professionnelle», a-t-il souligné.

«Ce fut un plaisir de servir avec eux.»

Il a ajouté qu'il avait hâte de poursuivre sa collaboration avec les conservateurs grâce à son travail en tant que président de l'Union démocrate internationale, une alliance de partis politiques de centre droit à travers le monde.

Depuis sa propre démission à titre de chef conservateur en 2015, M. Harper a rarement abordé publiquement des questions relatives au parti. Son départ du fonds a avivé les spéculations sur ses intentions de s'impliquer dans l'actuelle course au leadership - sans devoir demeurer neutre.

Mais deux sources proches de l'ex-premier ministre ont déclaré à La Presse canadienne que sa décision remonte en fait à plusieurs mois, puisqu'il craignait jouer un rôle trop important dans les opérations du parti. Ces sources ont parlé sous le couvert de l'anonymat, car elles ne sont pas autorisées à s'exprimer au nom de Stephen Harper.

M. Harper avait lui-même créé le fonds conservateur lors de la fusion entre le Parti progressiste-conservateur du Canada et l'Alliance canadienne en 2003. Le fonds avait été mis sur pied pour amasser et administrer l'argent du nouveau parti fusionné, indépendamment de l'exécutif national.

Il est devenu un poids lourd de la collecte de fonds, ses efforts dépassant régulièrement ceux des autres formations fédérales. M. Harper a rejoint son conseil d'administration en 2016.

Selon les sources proches de l'ex-premier ministre, sa présence a mis son successeur Andrew Scheer dans une position délicate, lui qui siège également au conseil d'administration, à titre de chef du parti.

La situation s'est avérée problématique quand il est apparu qu'une indemnité versée à M. Scheer avait été utilisée pour payer la scolarité de ses enfants. M. Harper ignorait que l'argent était utilisé de cette fin et il était furieux de l'apprendre. Déjà assiégé après des résultats électoraux décevants, Andrew Scheer a annoncé sa démission. Le directeur général de longue date du parti, Dustin van Vugt, a également quitté ses fonctions après avoir confirmé qu'il avait lui-même offert à M. Scheer de rembourser certaines de ses dépenses personnelles.

Des tensions quant à la gestion du fonds conservateur persistent depuis sa mise en place. Les efforts répétés pour le soumettre à davantage de surveillance ont échoué. Le scandale entourant M. Scheer pourrait remettre cet enjeu à l'ordre du jour du prochain congrès.

Politique

Trudeau et Mulroney se rendent aux funérailles de John Crosbie à Terre-Neuve

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Des politiciens de tous les horizons et de toutes les époques ont rendu hommage à John Crosbie, jeudi, lors de ses funérailles d’État en la cathédrale anglicane Saint-Jean-Baptiste, à Saint-Jean, dans sa province adorée de Terre-Neuve-et-Labrador.

L’ancien ministre fédéral et ex-lieutenant-gouverneur, connu pour son franc-parler et sa défense inébranlable des intérêts de sa province, est mort vendredi dernier à l’âge de 88 ans.

C’est l’ex-premier ministre Brian Mulroney qui a livré, parfois avec humour, l’éloge funèbre de son ancien collègue du Parti progressiste-conservateur, qu’il qualifiait la semaine dernière de «l’un des géants de notre génération».

«Et nous disons donc au revoir aujourd’hui à l’honorable John Crosbie - patriote, ministre chevronné, partenaire dévoué de sa bien-aimée Jane», a déclaré M. Mulroney. L’ex-premier ministre s’est souvenu de M. Crosbie comme d’un «fier Canadien qui a servi son pays avec une grande distinction, une intégrité sans tache et des réussites sans précédent».

M. Mulroney faisait partie d’un large aréopage de politiciens passés et présents, de Terre-Neuve et d’ailleurs, qui sont venus rendre un dernier hommage à celui qui avait également été lieutenant-gouverneur de sa province. Le premier ministre Justin Trudeau, qui avait salué M. Crosbie comme «une véritable force de la nature» la semaine dernière, a assisté au service, tout comme l’ex-premier ministre conservateur Joe Clark et d’anciens premiers ministres de Terre-Neuve-et-Labrador. M. Trudeau n’a pas parlé aux journalistes jeudi.

L’ancien premier ministre libéral du Québec Jean Charest, qui a été ministre aux côtés de M. Crosbie dans le cabinet progressiste-conservateur de Brian Mulroney, a eu des mots tendres pour son ami et ancien collègue. «Le pays ne sera plus jamais le même, n’est-ce pas?», a-t-il dit avant d’entrer dans la cathédrale. «Il va nous manquer.»

Les anciens premiers ministres conservateurs de Terre-Neuve-et-Labrador Paul Davis et Danny Williams se sont arrêtés quelques instants sur le parvis pour rendre hommage à un homme politique qui les a inspirés. M. Davis a souligné qu’il portait de la peau de phoque pour honorer l’appui inébranlable de M. Crosbie aux chasseurs de phoques de la province.

Combatif mais humain

L’ancien premier ministre - libéral - de Terre-Neuve-et-Labrador Brian Tobin portait lui aussi un manteau en peau de phoque aux funérailles, en mémoire du travail de M. Crosbie pour ériger un monument aux chasseurs de phoques morts sur les glaces de mer. M. Tobin a rappelé la «personnalité combative» de M. Crosbie, mais aussi son humanité et sa grande douceur, «ce qui détruisait l’image du Terre-Neuvien battant que tout le monde voyait».

Le comédien Rick Mercer s’est souvenu de segments filmés avec M. Crosbie, qui se démarquait selon lui des autres politiciens. «C’était comme avoir affaire à un autre comédien», a raconté l’animateur d’émissions satiriques, qui est né à Terre-Neuve-et-Labrador. «Il avait un sens du «timing» impeccable. Il arrivait préparé, il savait ce qu’il voulait faire et donc, c’était toujours très agréable.»

John Crosbie, qui aurait eu 89 ans le 30 janvier, avait d’abord fait de la politique municipale et provinciale à Terre-Neuve-et-Labrador pendant plusieurs années. Il a plus tard occupé d’importants portefeuilles au sein des gouvernements progressistes-conservateurs fédéraux dirigés par Joe Clark et Brian Mulroney. Il a été notamment ministre des Finances en 1979 et 1980, puis successivement ministre de la Justice, des Transports, du Commerce international et des Pêches.

Les drapeaux étaient en berne devant l’édifice de la Confédération à Saint-Jean depuis l’annonce de sa mort. L’urne contenant les cendres de M. Crosbie avait été exposée en chapelle ardente à l’Assemblée législative mardi et mercredi. Les centaines de visiteurs se sont souvenus avec émotion d’un politicien qui se souciait de ses électeurs, établissait des liens de voisinage et défendait leurs intérêts. Des amis et des collègues ont souligné le soutien de M. Crosbie aux initiatives de collecte de fonds et son rôle dans le développement de l’industrie pétrolière et gazière de la province.

M. Crosbie laisse dans le deuil sa femme Jane et ses enfants Michael, Beth et Ches. Ce dernier est le chef du Parti progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador. Il a indiqué jeudi que pour son père, «la politique était un appel à servir». Il a notamment cité la promotion du libre-échange et l’exploitation du gisement pétrolier extracôtier Hibernia comme pierres angulaires du développement économique de la province.

Politique

Facture salée pour les générations futures?

MONTRÉAL — En continuant d’accumuler les déficits sans plan de retour à l’équilibre budgétaire, Ottawa opte pour une stratégie risquée pouvant s’accompagner d’une facture salée pour les prochaines générations, avance une étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal.

Si le document, dévoilé mercredi, concède que le gouvernement fédéral a gagné son pari en déposant des budgets à l’encre rouge pour stimuler la croissance entre 2015 et 2018, ses auteurs estiment que la donne a changé.

«La croissance économique est relativement bonne et il n’y a pas récession en vue et observée, a expliqué le directeur du Centre et professeur à HEC Montréal Robert Gagné, au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. Les données sur le marché du travail sont favorables. S’il ne s’agit pas de conditions pour atteindre l’équilibre budgétaire, qu’est-ce que ça prend?»

En tenant compte d’ajustements comptables, l’étude du Centre évalue que le gouvernement fédéral a cumulé 56,5 milliards $ de déficits entre 2015 et 2018.

Alors que le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, devrait déposer son budget en mars, M. Gagné estime qu’Ottawa devrait profiter de l’exercice pour s’engager à rééquilibrer les finances publiques. À son avis, cela se ferait «rapidement» en limitant la croissance des dépenses à l’inflation.

Dans sa mise à jour économique déposée le mois dernier, le grand argentier du pays prévoyait un déficit de 26,6 milliards $, soit près de 7 milliards $ de plus qu’annoncé au dernier budget. Le déficit devrait se creuser davantage à 28,1 milliards $ en 2020-2021, pour ensuite diminuer de façon progressive jusqu’à atteindre 11,6 milliards $ en 2024-2025.

Le gouvernement Trudeau a justifié son approche en soulignant notamment qu’en dépit des dépenses plus élevées que les recettes, le ratio de la dette par rapport au produit intérieur brut, ajusté à certains risques, devrait progressivement diminuer pour s’établir à 29,1 % d’ici 2024-2025, soit le niveau le plus faible depuis 2008-2009.

Néanmoins, d’après les prévisions de la mise à jour économique, la dette fédérale devrait s’établir à 713 milliards $ au terme de l’exercice en cours et atteindre environ 810 milliards $ en 2024-2025.

Être prévoyant

Sans vouloir se montrer alarmiste, M. Gagné estime que la stratégie actuelle d’Ottawa envoie un message que le gouvernement fédéral peut «s’endetter à l’infini».

Pour le moment, les répercussions sont assez limitées, puisqu’en 2018, le service de la dette n’accaparait que 7 % des recettes gouvernementales, «un poids négligeable lorsqu’on sait que ce poste accaparait à lui seul plus du tiers des revenus du gouvernement fédéral au milieu des années 1990», souligne l’étude.

À un certain moment, les taux d’intérêt ne seront plus à des niveaux aussi bas que l’on observe à l’heure actuelle, fait valoir le Centre sur la productivité et la prospérité, qui estime que ce sont les prochaines générations qui vont devoir payer la facture.

«Il suffit de quelques points de pourcentage [d’augmentation] et la situation pourrait déraper assez rapidement, a indiqué M. Gagné. Pour l’instant, les indicateurs sont assez favorables, mais cela ne durera pas. Le jour où surviendra un choc économique, on va s’être magasiné du trouble en ayant accumulé une dette carrément inutile.»

D’après le document, il suffit que de ramener les conditions d’emprunts moyennes du gouvernement fédéral au niveau de 2006 pour voir passer la charge du service de la dette à 1567 $ par habitant, ce qui représente une hausse de 940 $ par habitant comparativement à la moyenne actuelle.

Ainsi, une montée soudaine des taux d’intérêt pourrait «éventuellement mettre en péril l’équité intergénérationnelle», souligne le document.

Parmi ses recommandations, l’étude demande au gouvernement fédéral d’«impérativement réactiver la loi sur l’équilibre budgétaire instaurée en 2015 et abrogée un an plus tard par le nouveau gouvernement».

Politique

Manque d’enseignants: Roberge se défend de «négliger la pénurie»

Si le plus gros défi en éducation au Québec est le manque de profs, comme le ministre le dit lui-même, pourquoi passer tout son temps sur un autre sujet?

C’est la question à 100 $ posée par la députée de Québec solidaire Christine Labrie, mercredi après-midi, dans le cadre de la commission parlementaire sur l’étude détaillée du projet de loi 40, qui se penche sur l’organisation et la gouvernance scolaires. Le projet de loi abolit les commissions scolaires, entre autres.

Le gouvernement de François Legault venait de renoncer à rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans, promesse de longue date de la Coalition avenir Québec (CAQ). La loi maintient l’âge à 16 ans.

Le matin même, le ministre Jean-François Roberge avait amendé la composition et le mode d’élection des conseils d’administration des futurs centres de services qui chapeauteront les écoles, établissant une représentation paritaire entre parents (5), membres de la communauté (5) et membres du personnel des écoles (5).

Le ratio initial proposait des C.A. formés à moitié de parents, avec huit représentants, quatre personnes issues de la communauté et quatre des écoles. Modification qui démontre son écoute à l’endroit des partenaires du réseau, souligne le ministre.

Mais dès mardi, lors d’une mêlée de presse à l’amorce des travaux sur le projet de loi 40, M. Roberge avait allumé la mèche en constatant lui-même que la pénurie d’enseignants constituait son plus grand défi pour l’année 2020 et au-delà.

Il n’en fallait pas plus pour que la solidaire Labrie, appuyée par les deux autres oppositions, Partis libéral et québécois, réclame la suspension sur-le-champ de l’étude du projet de loi 40.

Ne retenez pas votre souffle : avec la CAQ majoritaire aussi en commission, la motion d’ajournement des travaux a été rejetée.

Faire tout à la fois

«Ça n’a aucun sens dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre dans le milieu de l’éducation reconnue par tout le monde, reconnue par le milieu, par tous les partis politiques, par le ministre lui-même. Tout le monde partage cette préoccupation-là et reconnaît que c’est le principal défi», a affirmé Mme Labrie, dans une conférence de presse tenue avant le dépôt de sa motion.

«Là, en ce moment, lui, il consacre son énergie à réfléchir sur qui devrait être sur un conseil d’administration de commission scolaire ou de centre de services. En aucun temps, ces débats-là ne nous aident à contrer la pénurie dans le réseau et à offrir de meilleurs services aux élèves», a tranché la députée de Sherbrooke.

Le ministre ne s’est pas montré réceptif à suspendre l’étude de son projet de loi. «Un pas de recul, un pas de côté, un moratoire, une suspension, y’a rien de mieux mon vieux si tu veux rien faire!» a-t-il rétorqué aux médias, sur un air connu du groupe Mes Aïeux.

«Si je n’étudiais pas le projet de loi ici ce matin, je ne serais pas dans la rue [en ce moment] à passer des tracts pour recruter des enseignants. On peut faire les deux choses en même temps», poursuit M. Roberge.

«Il y a plein de problèmes dans le réseau scolaire. Si on répare les écoles, ils vont dire : “Ouin, mais avez-vous pensé aux professionnels?” On embauche des professionnels? “Mmmm, il y a une pénurie d’enseignants.” On s’occupe des enseignants? “Pensez-vous qu’il y an un problème de gouvernance?”

«On est en train de faire tout ça à la fois. On n’est pas en train de négliger la pénurie de main-d’œuvre parce qu’on s’occupe d’une bonne gouvernance, c’est ridicule! Si on ne faisait qu’une seule chose, on se ferait dire, probablement par Québec solidaire, qu’on néglige d’autres priorités», a-t-il conclu.

Pas de bâillon à l’horizon

Il faut dire que le temps presse. Le projet de loi parle d’adopter les 312 articles au plus tard le 29 février, dans six semaines. Le spectre d’un quatrième bâillon de la part du gouvernement Legault pour le faire adopter a été évoqué.

Le ministre Roberge s’est par contre dit doté d’une «légère flexibilité» sur la question et qu’«il est possible qu’on doive changer cette date du 29 février». «C’est possible que ce soit un des amendements apportés. Le bâillon, ce n’est pas notre intention», a-t-il révélé.

«Les travaux sur la maternelle quatre ans se sont étirés, ce qui a fait qu’on a commencé à travailler notre projet de loi 40 plus tard que prévu. Mais on ne peut pas repousser ça des mois et des mois. La transition vers les nouveaux conseils d’administration doit se faire pour le 1er juillet», a-t-il indiqué, sans préciser combien de temps cette passation des pouvoirs prendra.

Politique

Peter MacKay confirme sa candidature à la direction du Parti conservateur

OTTAWA — L’ex-ministre conservateur Peter MacKay a confirmé, selon toute vraisemblance, qu’il sera candidat à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC).

«J’y vais! Restez à l’écoute», a-t-il publié sur son compte Twitter mercredi après-midi, après que de nombreux médias eurent rapporté qu’il sera de la course.

Cette confirmation succincte survient après que «La Presse» eut révélé que l’ex-chef par intérim, Rona Ambrose, considérée comme la favorite chez les conservateurs, n’allait pas briguer la direction du parti.

M. MacKay a été le dernier chef du Parti progressiste-conservateur du Canada. Il a orchestré en 2003 une fusion du parti avec l’Alliance canadienne de Stephen Harper pour former l’actuel PCC.

Sous le gouvernement Harper, M. MacKay a notamment servi comme ministre de la Justice, ministre de la Défense nationale et ministre des Affaires étrangères.

Il a quitté la politique en 2015 pour des raisons familiales, mais son nom a circulé parmi de nombreux fidèles du parti pour remplacer d’abord M. Harper, puis Andrew Scheer.

À la suite du dernier scrutin, M. MacKay a critiqué les valeurs de conservatisme social de M. Scheer qui, à son avis, auront coûté l’élection aux conservateurs.

Son lancement de campagne serait prévu la semaine prochaine, en Nouvelle-Écosse, selon plusieurs médias.

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Politique

Ottawa appuie la position des pays européens sur le nucléaire iranien

OTTAWA — Le président iranien a haussé le ton, mercredi, face aux trois pays européens qui ont pris des mesures pour forcer Téhéran à respecter l’accord international sur son programme nucléaire - une démarche diplomatique soutenue par le Canada.

L’escalade de la rhétorique sur l’accord nucléaire jette une ombre sur une réunion internationale, jeudi, qui mènera, espère le Canada, à une compensation financière pour les familles des victimes de l’écrasement d’un avion de ligne ukrainien, abattu en vol par les forces iraniennes mercredi dernier.

«Nous n’acceptons pas l’argument selon lequel l’Iran serait autorisé à cesser partiellement la mise en oeuvre de ses engagements» en vertu de l’accord de Vienne sur le nucléaire, ont indiqué mardi les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, dans une déclaration commune. «Contrairement à ses déclarations, l’Iran n’a jamais déclenché le mécanisme de règlement des différends prévu par (l’accord) et n’a aucun fondement en droit pour cesser de mettre en oeuvre» ses dispositions.

Après avoir nié pendant des jours avoir abattu l’avion civil, les dirigeants iraniens se sont finalement excusés et ont admis leur «erreur», sur un ton conciliant. Ce ton a toutefois changé, mercredi, lorsque le président iranien, Hassan Rohani, a déclaré que les soldats européens au Moyen-Orient «pourraient être en danger» à la suite de la décision prise mardi en Europe d’appliquer une disposition de l’accord de Vienne qui pourrait ramener les sanctions contre Téhéran.

Garneau impatient

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, participera jeudi à la réunion du Groupe international de coordination et d’intervention pour les familles des victimes du vol PS752, au haut-commissariat du Canada à Londres. La tragédie a fait 176 victimes, dont 57 Canadiens et 82 Iraniens, mais aussi des ressortissants de quelques autres pays.

La réunion comprendra donc des représentants de l’Ukraine, de la Suède, de l’Afghanistan et du Royaume-Uni. Selon Ottawa, cette rencontre «a pour but de permettre aux familles et aux proches des victimes d’obtenir les réponses qu’ils méritent, d’assurer la responsabilité et la transparence, ainsi que d’obtenir justice, y compris une indemnisation».

Lors d’une conférence de presse à Ottawa, mercredi, le ministre des Transports, Marc Garneau, a déclaré que deux enquêteurs canadiens se trouvaient déjà en Iran, au sein d’une équipe internationale, et avaient obtenu une bonne collaboration des autorités iraniennes. Il a toutefois souhaité que leur participation à l’enquête soit officialisée.

M. Garneau a indiqué que les «boîtes noires» de l’avion étaient actuellement entre les mains des Iraniens et que deux autres enquêteurs canadiens étaient prêts à les examiner. Le ministre a aussi déclaré qu’il avait vu l’enregistrement vidéo - publié par le «New York Times» - montrant ce qui semble être deux missiles distincts visant le Boeing. M. Garneau a précisé que c’est précisément ce que l’enquête doit examiner.

Accord sur le nucléaire

Avant de se rendre à Londres, mercredi, le ministre Champagne a publié un communiqué dans lequel il rappelle le soutien du Canada à la démarche européenne «visant à faire pression sur l’Iran afin qu’il respecte ses engagements en vertu du plan, notamment en déclenchant le mécanisme de règlement des différends». Le ministre rappelle par ailleurs que le Canada «est l’un des principaux pays à contribuer à la surveillance et à la vérification rigoureuses qu’effectue l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en ce qui concerne le respect des engagements de l’Iran».

Le sort de l’accord sur le nucléaire iranien, conclu en 2015, est étroitement lié à l’escalade entre l’administration de Donald Trump et le régime de Téhéran, qui a culminé mercredi dernier par la destruction de l’avion d’Ukraine International Airlines par un ou deux missiles sol-air iraniens.

Le président Trump a retiré les États-Unis en 2018 de cet accord signé par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies plus l’Allemagne, alors que la Maison-Blanche était dirigée par Barack Obama. L’accord est destiné à empêcher l’Iran d’enrichir suffisamment d’uranium pour produire une bombe atomique.

Politique

Direction du Parti vert du Canada: Joli-Cœur réfléchit, Waridel dit non

Pendant que le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, se lançait dans la course à la direction du Parti vert du Canada, mercredi, le candidat vert dans la circonscription de Québec aux récentes élections fédérales, Luc Joli-Cœur, continue de se dire intéressé et poursuit sa réflexion. De son côté, l’écologiste Laure Waridel passe son tour.

«J’attends le dévoilement des règles de la course» à la chefferie, le 3 février, a confirmé M. Joli-Cœur au Soleil, mercredi matin. «Il est fondamental dans ma réflexion de savoir où la course se dirige.»

Économiste de formation, l’homme de 55 ans poursuit une carrière de cadre au ministère des Finances. Il a travaillé dans plusieurs cabinets ministériels péquistes au fil des ans.

«Je dois évaluer l’impact sur ma carrière, où j’ai des responsabilités importantes comme directeur. La course aussi est importante, alors c’est un pensez-y-bien.

«Il faut aussi voir si ce sera comme l’actuelle course au leadership des démocrates [aux États-Unis], avec des débats organisés un peu partout au Canada. Là, ça me tenterait! Ou si les candidats seront laissés à eux-mêmes», indique-t-il.

Waridel dit non

Luc Joli-Cœur estime toutefois qu’une candidature forte comme celle de l’écologiste Laure Waridel, cofondatrice d’Équiterre maintenant conseillère en environnement et justice sociale dans un cabinet d’avocats de Montréal, serait matière à se rallier.

La principale intéressée se dit flattée qu’on pense à elle pour ce poste. Mais «à court terme, mes responsabilités familiales, plus particulièrement les besoins de ma fille atteinte d’une maladie génétique rare, me retiennent hors de la politique partisane», a-t-elle répondu dans un échange par courriel.

Elizabeth May, cheffe du PVC durant 13 ans et quatre élections, a remis sa démission le 4 novembre.

Outre Tyrrell, dont le leadership est remis en question au sein du Parti vert du Québec, Julie Tremblay-Cloutier, candidate verte au fédéral dans Mirabel, et David Merner, de la Colombie-Britannique, ont aussi déclaré leurs intentions de participer à la course au PVC.

Le Québécois Pierre Nantel, ancien du NPD et candidat vert au fédéral dans Longueuil-Saint-Hubert, a pour sa part indiqué qu’il ne serait pas candidat.

Les verts fédéraux ne choisiront leur nouveau chef qu’en octobre, à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.

Le 21 octobre dernier, le PVC a fait passer sa députation d’une à trois représentants, dont Mme May réélue, a obtenu plus de 1,1 million de votes et 6,5 % du suffrage, proportion presque doublée par rapport à 2015.

Politique

Mine d’uranium: poursuite de 192 M$ contre Québec jusqu’en Cour suprême

Le moratoire sur l’uranium au Québec a enterré son projet de mine. Guy Hébert veut maintenant porter jusqu’en Cour suprême la poursuite de 192 millions $ que sa compagnie intente contre le gouvernement provincial, action déboutée lundi en Cour d’appel. «Seule bonne nouvelle» pour l’homme d’affaires géologue, le moratoire serait dorénavant chose du passé.

Les juges Jocelyn F. Rancourt, Suzanne Gagné et Geneviève Cotnam, de la Cour d’appel du Québec, viennent de rejeter à l’unanimité la requête de Ressources Strateco visant à compenser l’«expropriation déguisée de ses claims» par le gouvernement du Québec. Strateco réclame à Québec 182 millions $ (182 684 575 $), plus 10 millions $ punitifs.

«Sept ans à patauger dans le dossier... La prochaine étape est connue, c’est la Cour suprême. Il faut demander la permission d’interjeter appel et il faut que la cause soit d’intérêt national. Mais on pense que oui», a affirmé M. Hébert au Soleil, mardi, par téléphone.

En 2005 et 2006, l’entreprise basée à Boucherville a acquis 559 titres d’exploration minière (claims) dans le Nord du Québec. Située dans la région des monts Otish, centre géographique du Québec, la zone d’exploitation projetée est à 210 km au nord-est de la communauté crie de Mistissini et 275 km au nord de Chibougamau.

Vedette du Plan Nord

Strateco a d’abord été présentée par les libéraux de Jean Charest parmi les entreprises vedettes du Plan Nord. Mais quand le Parti québécois et Pauline Marois ont ensuite pris le pouvoir, la minière s’est vu refuser les autorisations nécessaires pour son projet Matoush à cause d’un manque d’acceptabilité sociale chez les Cris.

Quelques années plus tôt, en 2009, une vingtaine de médecins de Sept-Îles avaient menacé de démissionner si un projet de mine d’uranium allait de l’avant.

Durant les 19 mois de règne péquiste, de 2012 à 2014, le premier à détenir le poste de ministre de l’Environnement, Daniel Breton, a fermé la seule centrale nucléaire au Québec. Son successeur, Yves-François Blanchet, a déclaré un moratoire sur la filière uranifère. Sans prolonger le moratoire de façon formelle, les libéraux de Philippe Couillard n’ont pas ranimé le dossier, une fois de retour au gouvernement.

Strateco a déposé sa poursuite à la fin de 2014. Première rebuffade de la Cour supérieure du Québec en 2017, par le juge Denis Jacques, qui souligne que l’État et son ministre bénéficient d’une «immunité relative» pour prendre leurs décisions. Jugement réitéré dans un deuxième échec juridique ce lundi, en Cour d’appel.

«On a été très surpris et surtout déçus», atteste le président et chef de direction de Strateco. «Nos représentations en juin avaient très bien été, on avait identifié des juges sur notre côté. Mais ils semblent s’être ralliés.

«On a 3000 actionnaires, en Allemagne, Italie, Suisse, France, États-Unis et bien sûr au Canada. Ils ont investi beaucoup, beaucoup d’argent, certains des millions de dollars! C’est très frustrant. Le Québec ne se fait pas une bonne réputation», croit M. Hébert.

Au cœur des 182 millions $ réclamés en dommages-intérêts se trouvent 125 millions $ dépensés sur le terrain, au rythme de 20 millions $ par année. Un chiffre que la défense n’a jamais démenti, ajoute M. Hébert.

Strateco est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers depuis le 21 juin 2015, soit plus de quatre ans et demi. «Probablement un record», croit celui qui demandera une nouvelle extension en vue du pourvoi devant la Cour suprême.

Fin du moratoire

«La seule chose positive, c’est que l’avocate de la procureure générale du Québec [partie défenderesse] est venue dire qu’il n’y avait plus de moratoire sur l’uranium! Ce serait mort de sa belle mort», affirme M. Hébert.

«On est encore propriétaire des claims, on paie encore les taxes aux deux ans. Si on perd, Strateco fait faillite et les prêteurs vont reprendre la propriété. Ils pourront ensuite s’entendre avec les Cris, qui n’étaient pas tous contre. Ceux qui étaient contre se faisaient entendre, mais l’acceptabilité sociale, ça change.

«Le nucléaire a un regain de popularité, avec la volonté de réduire les gaz à effet de serre. Alors Strateco n’est pas fort, mais le projet n’est pas mort», conclut l’homme de 70 ans, qui préfère à présent s’occuper de ses petits-enfants au lieu de sonder les entrailles minérales du Nord québécois.