Politique

Des élections amochées

DÉCODAGE / Élections Québec est le nouveau nom du bureau du Directeur général des élections du Québec (DGEQ). Mais peu importe son nom, l’organisation paraît sortir amochée des derniers mois.

En réalité, disons-le tout de suite, c’est au processus électoral que des coups ont été portés; c’est à lui que des ecchymoses ont été infligées. C’est lui qui est amoché.

Et si c’était la faute des parlementaires? Oui, des parlementaires, car c’est la faute de l’Assemblée nationale si deux dossiers majeurs ont tourné en eau de vaisselle.

Le premier porte sur les données personnelles que détiennent les partis politiques. Le directeur général d’Élections Québec, Pierre Reid, a proposé en avril un changement législatif afin que son organisation puisse aller vérifier ce que les partis collectent comme renseignements personnels, de quelles façons, comment ils les conservent et ce qu’ils en font. La main sur le cœur, les partis ont tous dit être d’accord. Le scandale de Facebook-Cambridge Analytica planait dans l’actualité.

Mais pourquoi le projet de loi présenté par la ministre Kathleen Weil ne s’est-il alors même pas rendu à l’étape du vote au Salon bleu?

Première réponse simple : parce que les partis, au fond, n’avaient pas envie que le Directeur général des élections — appelons-le ainsi — aille mettre son nez dans leurs affaires. Surtout pas en pleine campagne électorale.

À noter : même si cela en surprendra plusieurs, le gouvernement paraît avoir davantage souhaité aller de l’avant que les partis d’opposition. S’il s’est montré plus volontaire qu’eux, c’est aussi qu’il a craint de porter le chapeau d’un échec sur ce front. Une crainte non fondée, puisque le monde politico-médiatique n’est finalement plus revenu sur le sujet — même s’il avait défrayé la chronique plus tôt cette année. La recherche de «nouveauté» écrase souvent l’essentiel, mais passons.

Plus techniquement, le projet de loi de Mme Weil a été présenté tardivement, le 6 juin, alors que l’Assemblée nationale devait fermer ses portes le 15, ce qu’elle a fait.

N’empêche que tout est possible en quelques jours quand tous les parlementaires le veulent. C’était d’autant plus possible que la proposition législative ne contenait que trois articles — outre celui portant sur la date de mise en vigueur.

Le reste de l’histoire s’est joué derrière les rideaux. Le 8 juin, le Parti québécois a demandé au gouvernement que pas moins de… 18 groupes soient entendus en commission parlementaire là-dessus.

Le gouvernement a refusé. Il a estimé qu’entendre le DGEQ et Éric Montigny, de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, suffisait pour l’instant.

Et c’est ainsi, tout simplement, que tout est tombé à l’eau; que le DGEQ n’a pas obtenu le pouvoir de plonger dans les techniques de ciblage d’électeurs de nos partis politiques au moment où cela aurait le plus compté, celui de la campagne électorale.

Les dépenses préélectorales

Au Québec, la loi instituant des élections à date fixe a été adoptée en juin 2013. Or, cinq ans plus tard, il n’existe toujours pas de règles relatives aux dépenses préélectorales pour l’actuelle précampagne. Le DGEQ a décidé d’observer la situation. Cet attentisme lui a été reproché. C’est compréhensible : des règles existent déjà en Ontario, par exemple.

Mais est-ce que l’établissement d’un encadrement des dépenses préélectorales n’aurait pas dû revenir au gouvernement et au Parlement? Oui, absolument. Elle est de ce côté la vraie responsabilité.

Pour charpenter ce qui existe déjà, il faudra un jour ou l’autre modifier la loi électorale du Québec — et le faire sans donner prise à d’éventuelles contestations judiciaires (car un contrôle des dépenses du genre est considéré comme une atteinte à la liberté d’expression par les tribunaux, bien qu’ils l’aient accepté pour les périodes électorales).

Or, seule l’Assemblée nationale a le pouvoir de modifier cette loi. Elle n’a pas agi parce qu’aucun parlementaire ne s’est donné la peine de réfléchir à cette question.

L’Assemblée nationale a elle-même, de facto, décidé d’attendre les recommandations que fera l’an prochain ou plus tard l’équipe de Pierre Reid au terme de son observation. Elle n’était pas obligée d’attendre, insistons là-dessus.

Si elle a décidé de le faire, c’est qu’elle l’a bien voulu. Et voilà pourquoi et comment un morceau du processus électoral passe et passera à travers les mailles du filet cette année.

Ah, si Trump pouvait dénoncer Couillard...

Si l’on voulait badiner sur un tel sujet, on pourrait dire qu’avec le ton et les mots qu’il emploie à son endroit — qui sont allés crescendo — Philippe Couillard rêve secrètement d’être dénoncé par le président Trump lui-même… Cela lui vaudrait peut-être des points dans l’électorat! Après tout, les points sur les i mis par Justin Trudeau à propos de l’agitateur de Washington ne l’ont pas desservi.

Mais ne badinons pas. Le sujet est trop sérieux. Ce qu’il faut relever, c’est que le premier ministre du Québec est en cohérence avec lui-même. En novembre 2016, quelques heures avant la fermeture des bureaux de scrutin, M. Couillard avait lui-même souhaité l’élection de la démocrate Hillary Clinton à la Maison-Blanche.

Il arrive parfois que les intérêts partisans d’un gouvernement et ceux d’un État convergent. C’est le cas ici. Cette convergence s’est illustrée lors de la rencontre des membres du conseil des ministres et des représentants des associations patronales et syndicales cette semaine, ainsi que lors du dévoilement du plan d’action censé permettre au Québec de faire face aux incertitudes provoquées par l’administration Trump.

À son échelle à lui, le gouvernement québécois a une «obligation de moyens», soit celle de déployer ses meilleurs efforts pour atteindre l’objectif visé. Jusqu’ici, sur ce front, il s’est acquitté de sa responsabilité.

Politique

Québec investit plus de 7,5 millions $ à Anticosti

MONTRÉAL — Le gouvernement du Québec a annoncé vendredi des investissements de plus de 7,5 millions $ sur l'île d'Anticosti, dont une aide de 400 000 $ pour permettre à la municipalité de L'Île-d'Anticosti de préparer son dossier de candidature afin d'apparaître sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

En plus de l'aide pour la candidature à l'UNESCO, Québec verse 7,2 millions $ pour développer l'offre touristique sur l'île.

Une partie de la somme permettra l'ajout de 16 chambres à l'auberge de Port-Menier, alors que d'autres investissements sont prévus pour la revitalisation de bâtiments existants ainsi que pour les installations de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ). Le fameux belvédère de la chute boréale subira aussi une cure de jouvence.

La ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, a annoncé l'octroi de ces subventions vendredi, au premier jour du Forum du futur de l'Île d'Anticosti, qui se tient à Port-Menier.

Le gouvernement Couillard a aussi l'intention de créer le Comité interministériel pour l'inscription d'Anticosti au patrimoine mondial (CIAPM) pour soutenir la municipalité, qui doit déposer sa candidature le 21 février prochain.

Le comité gouvernemental va réunir huit ministères et devra s'assurer de mettre en place toutes les mesures de conservation et de gestion nécessaires pour respecter les critères de l'UNESCO.

Au-delà des millions investis, c'est la formation de ce comité qui réjouit surtout le maire de la municipalité de L'Île-d'Anticosti, John Pineault. «Ça sonne un peu comme un guichet unique pour nous. C'est important quand on est en région très éloignée, parce qu'on sait tous combien ça coûte d'aller à Québec à partir d'ici», a commenté l'élu en conférence téléphonique.

Pour John Pineault, il est important que le développement de l'île d'Anticosti se fasse selon une certaine ligne de conduite que devrait imposer le projet de candidature à l'UNESCO.

«Il faut que les gens partent d'ici avec un facteur wow et on ne peut pas le faire avec un tourisme de masse, uniquement avec un tourisme de niche», soutient-il.

Un projet de traversier à l'étude pourrait par ailleurs favoriser l'accès à Anticosti.

Le maire aimerait que cette nouvelle visibilité attire un peu plus de gens intéressés à s'établir sur la pointe de terre à l'embouchure du golfe Saint-Laurent. «La population est en bas d'un seuil critique actuellement. J'aimerais voir une population autour de 500», avance le maire Pineault qui compte un peu plus de 200 concitoyens.

John Pineault rappelle que l'île de 8000 kilomètres carrés a déjà compté plus de 3000 résidents.

Deux sites québécois à l'UNESCO

Actuellement, seulement deux sites québécois figurent sur la liste de l'UNESCO : le parc national de Miguasha, en Gaspésie, ainsi que l'arrondissement historique du Vieux-Québec.

En décembre 2017, le gouvernement canadien a ajouté l'île d'Anticosti sur sa Liste indicative des sites du patrimoine mondial au Canada, aux côtés notamment de la Vallée de la Stein, en Colombie-Britannique, et du Lieu historique provincial du poste du câble de Heart's Content à Terre-Neuve-et-Labrador. Cette liste comprend une série de sites qui pourraient être inscrits sur le registre de l'UNESCO.

«Secret trop bien gardé du grand public, l'île d'Anticosti constitue le meilleur laboratoire naturel du monde pour l'étude des fossiles et autres témoins géologiques issus de la première extinction de masse du vivant, il y a près de 445 millions d'années. Elle recèle également un patrimoine naturel et culturel de grande valeur», a déclaré la ministre Melançon dans un communiqué.

Politique

Philippe Couillard reçoit un prix prestigieux à New York

Alors que les relations entre le Québec et les États-Unis sont plus tendues que jamais, un organisme américain a décerné un prix prestigieux au premier ministre Philippe Couillard.

La Presse canadienne a appris que la Foreign Policy Association a rendu hommage au premier ministre du Qébec, jeudi, à New York, en vue de souligner sa contribution jugée exceptionnelle à la promotion de bonnes relations bilatérales.

M. Couillard a reçu la plus haute distinction décernée par la Foreign Policy Association, un organisme de réflexion sur les politiques publiques. L’ex-premier ministre Jean Charest avait reçu le même honneur en 2011.

En marge de l’événement, M. Couillard profitera de son séjour à New York pour visiter le Food Fancy Show et y rencontrer des entrepreneurs québécois. Des entrevues avec de grands médias américains sont aussi au programme, ce qui lui permettra de passer son message d’ouverture des marchés et de lutte aux mesures protectionnistes décrétées par l’administration américaine.

Ce séjour suivra la courte mission effectuée par le premier ministre à Washington, où il va pouvoir s’entretenir avec des décideurs et des législateurs, dans le même but.

La Foreign Policy Association, fondée en 1918, est une tribune privilégiée par les leaders politiques pour aborder les questions de politique étrangère américaine, et plus largement les relations internationales liées à l’économie mondiale ou à l’actualité.

Selon le président de l’organisme, Noël Lateef, il allait de soi de décerner ce prix au premier ministre Couillard, qui a démontré ces dernières années un engagement «exceptionnel» pour les relations internationales en général et celles entretenues avec les États-Unis en particulier.


Craintes face à une « guerre commerciale »

À propos des tensions grandissantes entre le Québec et les États-Unis, qui ont imposé récemment des tarifs élevés sur le bois d’oeuvre, l’acier et l’aluminium en provenance du Canada, M. Lateef a dit espérer que l’administration Trump reculera et abattra ces barrières tarifaires.

«J’espère vraiment que ça ne se traduira pas en une guerre commerciale. Je pense que les guerres commerciales sont mauvaises pour tout le monde. Il n’y a pas de gagnant dans une guerre commerciale», a-t-il commenté, en entrevue téléphonique.

Lorsqu’on aborde ces questions d’échanges commerciaux, il faut toujours «prendre en considération que le Canada est un précieux allié des États-Unis», a-t-il ajouté.

M. Lateef a vanté le choix du premier ministre de nommer Jean-Claude Lauzon à la tête de la Délégation générale du Québec à New York, quelqu’un «de très proche du milieu des affaires».

Président de la Foreign Policy Association depuis une vingtaine d’années, reconnu pour ses contacts en haut lieu dans l’administration américaine, M. Lateef est un ami de longue date du Québec. En 2015, il avait été fait chevalier de l’Ordre national du Québec.

La rumeur veut qu’il soit intervenu personnellement en faveur de l’ex-premier ministre Charest pour qu’il puisse rencontrer en tête-à-tête, lors d’un dîner de gala, l’ancien secrétaire d’État des États-Unis, Colin Powell, afin de maintenir les frontières ouvertes, malgré les attentats de septembre 2001.

M. Lateef note aussi avec satisfaction que le Québec, qui compte neuf bureaux aux États-Unis, est très présent sur le terrain.

Politique

Barrette s'excuse pour ses propos jugés offensants par les Autochtones

MONTRÉAL — Plusieurs leaders autochtones appellent à la démission ou à la rétrogradation du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en réaction à des commentaires jugés offensants.

M. Barrette a présenté ses excuses, jeudi, tout en soutenant que ce qui avait été rapporté dans les médias ne reflétait pas la véritable portée de ses propos.

Des Autochtones du Nunavik accusent le ministre québécois de la Santé de nourrir des préjugés à leur endroit en laissant croire que des parents du Grand Nord peuvent être expulsés de l'avion-ambulance transportant leurs enfants malades en raison de problèmes de dépendance à la drogue ou à l'alcool.

Un enregistrement audio obtenu par Le Devoir et CBC permet d'entendre le ministre Barrette dire, en anglais, que d'ici six mois, il y aura au moins un cas d'une personne qui ne sera pas admise dans l'avion parce que quiconque est agité, drogué ou sous l'influence de quoi que ce soit ne sera pas autorisé à monter à bord.

Le ministre ajoute même que de tels cas arrivent tout le temps. Cet enregistrement a été fait il y a deux semaines alors que le ministre Barrette prenait un bain de foule à Brossard, en banlieue sud de Montréal.

Répondant à des appels insistants de médecins et de plusieurs organisations, le gouvernement du Québec a décidé en février dernier de modifier une règle controversée qui interdisait aux parents d'accompagner leur enfant lors d'évacuations médicales aériennes d'urgence.

M. Barrette précisait toutefois que le pilote aurait le dernier mot quant à la présence du parent à bord, pour des raisons de sécurité.

Selon M. Barrette, le gouvernement a agi dans le dossier de la politique d'accompagnement, et la «situation est réglée».

«J'ai annoncé que d'ici la fin du mois de juin, les parents allaient pouvoir accompagner leurs enfants dans les deux Challenger moyennant certaines règles de sécurité de base, qui sont celles qui sont appliquées partout en Amérique du Nord», a-t-il soutenu, jeudi.

Profondément choqué

Le maire de Kuujjuaq, Tunu Napartuk, s'est dit profondément choqué et déçu des propos entendus dans l'enregistrement qui démontrent, à son avis, que Gaétan Barrette ne connaît pas les gens du Grand Nord.

Le maire Napartuk reconnaît que le Nunavik fait face à des défis, mais signale que les commentaires du ministre n'aident en rien la situation et renforcent les stéréotypes.

Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, a affirmé que ces commentaires démontraient «les racines très profondes de la discrimination et des préjugés envers les peuples autochtones».

«Les propos totalement inacceptables du ministre nous indiquent clairement que ces racines sont très présentes au coeur même du gouvernement de Philippe Couillard, qui devrait exiger immédiatement la démission du ministre Barrette, ou le démettre de ses fonctions», a déclaré M. Picard par communiqué.

Une «règle de sécurité»

M. Barrette a dit n'avoir jamais eu l'intention de viser les communautés autochtones dans ses «explications» sur la politique d'accompagnement d'un enfant à bord d'un avion-hôpital, affirmant avoir «le plus grand respect envers les communautés autochtones».

«Je m'excuse que mes propos aient offensé les communautés autochtones», a dit M. Barrette dans une déclaration écrite, jeudi.

«J'avais plutôt comme objectif d'expliquer les enjeux généraux qui entourent l'évacuation médicale par avion. Ainsi, j'ai effectivement mentionné qu'un parent ou un proche agité ou sous l'influence d'une substance toxique pourrait se voir refuser l'accompagnement d'un enfant à bord de l'avion-hôpital. Il s'agissait de l'énumération d'une règle de sécurité de la politique d'accompagnement qui s'adresse à tout parent ou tout proche de l'enfant, peu importe son origine», a fait valoir le ministre.

M. Barrette a soutenu qu'il n'avait en aucun temps fait référence à une communauté autochtone dans l'extrait rapporté.

«J'ai parlé au maire de Kuujjuaq aujourd'hui [jeudi] et je lui ai présenté mes excuses les plus formelles et les plus sincères. Je suis très malheureux que mes propos aient été interprétés avec cette portée-là, et ce n'était pas l'exercice visé», a martelé M. Barrette en mêlée de presse au côté du premier ministre Philippe Couillard, disant ne pas avoir parlé à M. Picard, mais être disposé à le faire.

Il s'est défendu de nouveau d'avoir visé les Autochtones par ses propos, disant avoir fait référence à des cas de personnes dans un état incompatible avec leur admission dans un avion-ambulance qui ne concernaient pas particulièrement les communautés autochtones.

«J'ai dit que, régulièrement, on voyait dans les médias — non pas chez certaines populations dont les Premières Nations — ce genre de situations-là, et ce sont des règles de sécurité qui s'appliquent», a fait valoir le ministre aux journalistes.

À ses côtés, le premier ministre Couillard a dit que M. Barrette avait «sa confiance», et qu'il avait «accompli des choses très importantes pour le système de santé, et pour les Autochtones dans le cadre de ce système de santé».

Éducation

Annulations de sorties scolaires: le ministre Proulx lance un appel au calme

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx lance un appel au calme aux écoles qui ont décidé d’annuler des sorties scolaires prévues pour l’an prochain.

«Il y a eu un peu de panique, il y a plusieurs semaines déjà. (…) Calmons-nous un peu», a lancé le ministre Proulx mercredi, réagissant aux nombreux reportages qui ont décrit la confusion qui règne quant aux frais qui peuvent être chargés aux parents. 

Le ministre s’en est pris aux directeurs généraux de commissions scolaires, qui ont décidé d’annuler certaines activités «par excès de prudence ou par panique». Il espère maintenant qu’ils changeront de cap. «On a rencontré tout le monde dans les deux derniers jours. Ils vont retourner dans leur milieu expliquer la réalité aux gens.»

Aux médias, le ministre a précisé que les écoles peuvent demander aux parents de payer pour une sortie de fin d’année, aux glissades d’eau, à la Ronde ou au théâtre, par exemple. C’est lorsque la sortie scolaire est directement liée au contenu enseigné dans un cours qu’elle doit être gratuite. 

Sur la question des programmes particuliers (sport-études, arts-études, etc.), le ministre rappelle que des coûts peuvent être transférés aux parents pour que leurs enfants puissent y réaliser des activités spéciales. Ce sont seulement les frais d’inscription ou d’ouverture de dossier qui doivent disparaître. 

Le ministre Proulx assure que de l’argent est disponible au sein des commissions scolaires pour que celles-ci puissent faire face à la directive sur les frais scolaires qu’il leur a transmise il y a deux semaines. 

M. Proulx rappelle que le Québec vivra une «année de transition» en 2018-2019, entre un recours collectif des parents contre les commissions scolaires pour frais illégaux qui se réglera cet été, et un changement à la loi qui devrait clarifier les choses à temps pour 2019-2020, espère-t-il. «Pour cette année-là, il y a rien qui devrait changer. Sauf ne pas commettre les illégalités qu’on pouvait commettre (avant).»

Avec Jean-François Néron

Politique

L’ex-journaliste Julie Miville-Dechêne nommée au Sénat

OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé mercredi la nomination de Julie Miville-Dechêne comme sénatrice indépendante pour le Québec, afin de combler un siège vacant à la chambre haute.

Journaliste à Radio-Canada durant plus de 25 ans, Mme Miville-Dechêne a été notamment correspondante à Washington, Toronto et Ottawa. Elle était devenue en 2007 la première femme «ombudsman» de Radio-Canada, aux services français.

En 2011, Mme Miville-Dechêne a été nommée présidente du Conseil du statut de la femme du Québec. Elle a ensuite été représentante du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), à Paris.

Elle avait été nommée l’automne dernier par le gouvernement du Québec «émissaire aux droits et libertés de la personne», au sein du ministère des Relations internationales et de la Francophonie.

Politique

États-Unis : Trudeau condamne la séparation des enfants migrants de leurs parents

OTTAWA - «Ce qui se passe aux États-Unis est inacceptable», a affirmé le premier ministre Justin Trudeau à l’entrée de son caucus mercredi en faisant référence à la séparation des enfants migrants de leurs parents par l’administration Trump.

Il a repris les propos exprimés la veille par son ministre Marc Garneau lors de la période des questions. Les néo-démocrates talonnent le gouvernement depuis deux jours, lui demandant de suspendre l’Entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis puisqu’ils ne considèrent plus ce pays comme étant sécuritaire pour les demandeurs d’asile.

À LIRE AUSSI : Trudeau refuse de se mêler de la séparation des enfants migrants aux États-Unis

Environ 2000 enfants ont été séparés de force de leurs parents entrés illégalement aux États-Unis, en avril et en mai. Justin Trudeau a dit qu’il ne pouvait pas «imaginer ce que ces familles sont en train de vivre» et rappelé que le Canada traite les demandeurs d’asile autrement.

Les conservateurs se sont gardés jusqu’à maintenant de dénoncer cette «politique de tolérance zéro» de l’administration Trump. Ils continuent de demander que l’Entente sur les tiers pays sûrs soit appliquée à l’ensemble de la frontière canado-américaine, a indiqué la députée Michelle Rempel mercredi.

En vertu de cette entente, la plupart des demandeurs d’asile qui arrivent au Canada en provenance des États-Unis en passant par les aéroports et les postes frontaliers sont repoussés. Ils doivent plutôt faire leur demande de statut de réfugié aux États-Unis, le premier pays où ils ont mis le pied. C’est ce qui inciterait de nombreux demandeurs d’asile à traverser la frontière de façon irrégulière au chemin Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle.

Politique

«Ça suffit!» dit Couillard à Trump

Le message lancé mardi par le premier ministre Philippe Couillard au président américain Donald Trump ressemblait à un cri du cœur  : «Ça suffit!»

Le vent de protectionnisme qui souffle des États-Unis en direction du Québec et du Canada tout entier, alors que se multiplient les décisions du président Trump préjudiciables à l’économie québécoise, tout cela a fini par exaspérer le premier ministre Couillard, qui est en train d’organiser sa riposte.

Entouré d’une bonne partie de ses ministres, il avait convoqué mardi les leaders patronaux et syndicaux, au Salon rouge de l’Assemblée nationale, afin de rappeler à tous l’importance de «se serrer les coudes» quand les choses vont mal et que la menace grandit.

En point de presse, à l’issue de la rencontre qui aura duré environ deux heures, le premier ministre a dit qu’il entendait annoncer sous peu un plan d’action visant à instaurer des mécanismes de concertation susceptibles d’amoindrir les effets des attaques provenant du sud.

M. Couillard entend par ailleurs multiplier les missions économiques et diplomatiques, à Washington et New York, dans les prochains mois, afin de faire pression sur les décideurs et les législateurs américains. L’intervention du Québec sera peut-être vue comme un grain de sable, a-t-il dit, mais c’est important d’être là, sur place, pour faire tout ce qui est possible pour tenter d’influencer le cours des choses.

Il s’est dit assuré que les élections de mi-mandat, cet automne aux États-Unis, pourront contribuer à sensibiliser la population américaine à l’importance de modifier l’agenda économique du président, qui est en train de nuire d’abord aux Américains eux-mêmes, a-t-il fait valoir.  

Politique

Violences sexuelles: Ottawa serre la vis aux associations sportives

OTTAWA — Les fédérations sportives auront maintenant l’obligation de divulguer tout cas de harcèlement, d’abus et de discrimination à la ministre fédérale des Sports sous peine de se faire retirer leur financement.

Elles devront également faire appel à une tierce partie indépendante pour traiter ces cas et offrir une formation obligatoire pour leurs employés et leurs membres d’ici le 1er avril 2020.

La ministre des Sports, Kirsty Duncan, en a fait l’annonce mardi, à quelques jours de la relâche parlementaire pour la saison estivale. Elle était entourée des représentants de 10 associations sportives.

«Je les mets au défi d’en faire une priorité et de rendre cette formation obligatoire disponible le plus rapidement possible», a affirmé l’ancienne gymnaste.

Ces mesures, qui toucheront en tout 56 organismes nationaux, visent à donner plus de mordant aux politiques déjà existantes pour lutter contre les abus dans la foulée de l’affaire Bertrand Charest.

L’ancien entraîneur de l’équipe canadienne junior de ski alpin féminine a été condamné en décembre à une peine de 12 ans de prison. Il a été reconnu coupable de 37 chefs d’accusation pour des crimes à caractère sexuel commis sur neuf athlètes mineures dans les années 90.

Quatre de ses victimes — Geneviève Simard, Amélie-Frédérique Gagnon, Anna Prchal et Gail Kelly — avaient renoncé à leur anonymat au début du mois pour réclamer que les athlètes soient mieux protégés par les gouvernements.

La ministre Duncan a souligné le courage de ces femmes lors de sa conférence de presse. Son annonce correspond aux trois volets de protection qu’elles avaient demandés.

Il s’agit d’un puissant signal pour mettre en garde tout agresseur potentiel, selon la chef de la direction de l’Association canadienne des entraîneurs, Lorraine Lafrenière. Celle-ci avait appuyé les quatre athlètes lors de leur conférence de presse le 4 juin.

«Ça doit faire partie de la culture organisationnelle que la sécurité des jeunes soit à la base de toute politique», a-t-elle souligné.

Nouvelles clauses

Les fédérations sportives ont déjà l’obligation depuis 1996 d’avoir une politique contre le harcèlement et les abus pour pouvoir recevoir du financement fédéral.

De nouvelles clauses seront ajoutées dans leurs ententes de financement avec le gouvernement fédéral. Ottawa espère que le bâton qui s’ajoute à la carotte permettra de prévenir l’émergence de nouveaux cas.

«Je veux que ça soit clair, a indiqué la ministre Duncan. Je suis prête à retenir ce financement.»

Les fédérations sportives qui ne se plieraient pas aux nouvelles règles et qui omettraient de dévoiler tout cas d’abus pourraient ainsi se faire couper les vivres après une révision effectuée par Sport Canada.

La ministre appelle les provinces à identifier d’autres pistes de solution dans le cadre d’un groupe de travail fédéral-provincial-territorial qui seront présentées à la prochaine conférence des ministres responsables du sport en février 2019.

Le gouvernement du Québec a déjà annoncé des exigences similaires à celles de la ministre Duncan la semaine dernière.

Politique

Le Sénat approuve la légalisation du pot

OTTAWA — Le nuage s’est finalement dissipé mardi: le cannabis sera bientôt légal au Canada. Le Sénat a mis fin au suspense entourant le sort de la légalisation du pot en s’inclinant devant la volonté du gouvernement de ne pas reconnaître aux provinces le droit d’interdire la culture à domicile.

La chambre haute a donné son feu vert en début de soirée à la version réamendée du projet de loi C-45. Il a été adopté par 52 voix contre 29, avec deux abstentions — celles des sénatrices indépendantes québécoises indépendantes Rosa Galvez et Marie-Françoise Mégie.

Les conservateurs ont dit non en bloc à la mesure législative libérale présentée en avril 2017. Ultimement, c’est le vote des indépendants, désormais majoritaires au Sénat, qui a fait pencher la balance.

La facilitatrice adjointe du Groupe des sénateurs indépendants (GSI), la sénatrice Raymonde Saint-Germain, est de ceux qui ont voté en faveur de cette nouvelle mouture, ce qu’elle a fait après avoir à nouveau déploré le «manque d’ouverture et de souplesse» du gouvernement Trudeau.

«Je crois que le Sénat a le devoir de ne pas contrecarrer la volonté d’un gouvernement démocratiquement élu, et de ne le faire que dans des circonstances exceptionnelles et rarissimes», a-t-elle argué lorsqu’elle a pris la parole avant l’ultime mise aux voix.

«Ultimement, le gouvernement est responsable de ses choix, et ce sera à la population d’en juger au moment opportun», a ajouté la sénatrice du Québec — province qui demandait encore mardi aux sénateurs de poursuivre leur lutte pour défendre ses compétences.

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a réagi sur Twitter dans les minutes ayant suivi l’ultime mise aux voix, saluant ce moment «historique pour la politique progressiste au Canada, alors que nous changeons notre approche au cannabis».

Sa collègue à la Santé a aussi dit son bonheur sur le même réseau social. «Nous sommes sur le point d’adopter une politique responsable et équitable. Je vais en dire davantage demain (mercredi) matin», a écrit la ministre Ginette Petitpas Taylor.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré par la suite sur Twitter: «Il est trop facile pour nos enfants d’obtenir de la marijuana et pour les criminels d’en tirer profit. Aujourd’hui, nous changeons cela. Notre plan visant à légaliser et à réglementer la marijuana vient d’être adopté par le Sénat. #PromesseTenue