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Politique

En visite à Halifax, Barack Obama souligne son admiration pour Justin Trudeau

HALIFAX — L’ancien président américain Barack Obama a tenu à souligner son admiration pour Justin Trudeau mercredi, affirmant que la façon de faire de la politique qu’adopte le premier ministre est similaire à la sienne.

Barack Obama, qui a donné son appui à M. Trudeau vers la fin de la récente campagne électorale fédérale, a tenu ces propos au cours d’une séance d’une heure au cours de laquelle il répondait à des questions devant une foule de 9000 spectateurs rassemblés à guichets fermés au Centre Banque Scotia à Halifax.

L’ancien président âgé de 58 ans a mentionné les noms de Justin Trudeau et de l’ancien premier ministre Stephen Harper lorsqu’il a été invité à parler des plus grands défis auxquels sont confrontées les relations canado-américaines.

Après avoir marqué une pause un peu théâtrale, qui a entraîné quelques rires nerveux dans la foule, M. Obama a déclaré qu’il n’était pas trop inquiet pour le Canada.

«De tout ce qui me rendait nerveux, les relations américano-canadiennes étaient au bas de la liste, a-t-il indiqué. Ce qui ne signifie pas pour autant l’absence de problèmes bilatéraux importants.»

Barack Obama, vêtu d’une veste foncée et d’une chemise blanche, a noté que ses deux mandats - de 2009 à 2017 - ont chevauché le gouvernement conservateur dirigé par Stephen Harper et le gouvernement libéral dirigé par Justin Trudeau, qui avait accédé au pouvoir en 2015.

«Des politiques très différentes... et bien que mes propres politiques soient évidemment beaucoup plus proches de celles de Justin, nous avons pu faire du bon travail avec le gouvernement de Stephen Harper sur un grand nombre d’enjeux et nous avons été en désaccord sur certains d’entre eux - et c’était correct.»

M. Obama a soutenu que les valeurs américaines et canadiennes sont très similaires.

«Regardons les choses en face, a-t-il dit. Quand vous vous présentez aux États-Unis, nous ne pouvons pas dire que vous êtes des Canadiens la moitié du temps. Vous nous infiltrez en quelque sorte sans que nous ne nous en rendions compte.»

M. Obama a fait la une des journaux partout au Canada le 16 octobre - cinq jours avant le jour du scrutin fédéral - lorsqu’il a annoncé sur Twitter son appui à Justin Trudeau, affirmant qu’il était fier de travailler avec le premier ministre lorsqu’il était président.

«Il est un leader travaillant et efficace qui s’attaque à des enjeux majeurs comme les changements climatiques, avait-il écrit. Le monde a besoin de son leadership progressiste en ce moment, et j’espère que nos voisins du Nord l’appuieront pour un autre mandat.»

Le tweet a dynamisé la campagne Justin Trudeau, mais il a également soulevé des questions au sujet de l’ingérence politique dans la campagne électorale.

L’événement s’est déroulé dans le contexte d’une journée historique à Washington, où la première audience publique a eu lieu dans le cadre de la procédure de destitution du président américain Donald Trump - mais Barack Obama n’a pas mentionné le nom de Donald Trump à Halifax.

Politique

L’arrivée possible de Cusson dans la course à la direction du PLQ fait réagir

L’arrivée possible du maire de Drummondville, Alexandre Cusson, dans la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) a fait réagir tous les partis politiques, mercredi.

Elle a poussé la libérale Dominique Anglade, seule candidate en lice depuis des mois, à procéder à l’annonce d’un 10e appui, dans une apparente démonstration de force.

L’aspirante chef a descendu les marches d’un grand escalier, au cœur du parlement, en compagnie des 10 députés qui l’appuient désormais, dont Gregory Kelley (Jacques-Cartier).

Celui-ci a vanté les qualités de son «amie Dom», qui est mère de trois enfants et en bonne posture pour devenir la prochaine première ministre du Québec, selon lui.

Mme Anglade a soutenu que cette sortie était déjà prévue, avant même que M. Cusson ne montre des signes d’intérêt pour la chefferie.

La veille, Alexandre Cusson a annoncé qu’il quittait ses fonctions de président et membre du C.A. de l’Union des municipalités du Québec. Plusieurs y ont vu un signe qu’il comptait se lancer dans la course à la direction du PLQ.

Mercredi matin, une certaine fébrilité s’était emparée des politiciens à l’Assemblée nationale, qui voient en M. Cusson un candidat de grande qualité.

Le député libéral de La Pinière, Gaétan Barrette, qui se dit lui-même en réflexion, a salué la possible arrivée en scène de M. Cusson : «C’est un individu qui a fait sa marque sur le plan politique, qui est très compétent. En plus, c’est une personne de région. Je ne peux pas dire autrement que c’est une excellente candidature».

De son côté, Sylvain Gaudreault, du Parti québécois, souhaite la bienvenue à M. Cusson, avec qui il entretient «personnellement une bonne relation de travail».

Le premier ministre François Legault s’est montré enchanté de l’arrivée possible d’un candidat venant d’une région «toute caquiste depuis longtemps». 

Politique

Singh se dit prêt à voter contre le discours du Trône si des enjeux sont ignorés

OTTAWA — Le chef du NPD, Jagmeet Singh, se dit prêt à voter contre le discours du Trône du gouvernement de Justin Trudeau si les principales demandes de son parti ne figurent pas dans le programme des libéraux.

Jagmeet Singh rencontrera le premier ministre Justin Trudeau jeudi et il compte utiliser la position de son parti au sein d'un Parlement minoritaire pour obtenir des politiques et des lois qui reflètent les engagements de la plateforme néo-démocrate.

Politique

Pas d’enquête sur la photo d’Halloween de Catherine Dorion

La commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale ne mènera pas d’enquête sur la photo d’Halloween de Catherine Dorion. Dossier clos.

«En vertu de l’article 91 du Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale, un député ne peut faire une demande d’enquête sur un possible manquement aux valeurs de l’Assemblée nationale. Les valeurs de l’Assemblée nationale sont des concepts évolutifs et ce sont les députés qui les définissent», explique Ariane Mignolet, dans un court communiqué.

En début de semaine dernière, la whip du Parti libéral du Québec, Nicole Ménard, a déposé une plainte auprès de la commissaire pour faire la lumière sur la photo prise le jour de l’Halloween par Mme Dorion, «déguisée en députée» à la jupe courte et assise sur un bureau de la salle du Conseil législatif, le Salon rouge.

La représentante du PLQ évoquait aussi dans sa lettre une invitation Facebook à l’événement «F ck la norme» organisé par la députée de Taschereau et où le logo de l’Assemblée nationale apparaissait. Mme Ménard l’accusait entre autres de «non-respect de l’institution» du parlement et de porter «atteinte à la dignité de la fonction de député».

Tout cela, l’invitation, la photo et la plainte, survenant avant l’incident du coton ouaté de jeudi dernier, alors que Mme Dorion n’a pas siégé au parlement à cause de son habillement.

Politique

Pas obligatoirement un Québécois pour diriger la Caisse de dépôt du Québec

Le prochain président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ne doit pas obligatoirement être un Québécois, affirme le premier ministre.

«Ce qu’on veut, c’est une personne compétente qui a à cœur le développement économique du Québec», a répondu François Legault, mercredi matin, à savoir si le remplaçant de Michael Sabia devait absolument être Québécois.

Mardi, M. Sabia a annoncé son départ le 1er février, un an avant la fin de son mandat. Nommé en 2009, l’Ontarien est devenu le premier pdg de la Caisse à ne pas être né au Québec. Il a d’ailleurs accepté une offre de l’Université de Toronto.

«La Caisse de dépôt a une double mission : faire un bon rendement pour les déposants, qui sont les Québécois et leurs fonds de pension, et avoir une implication importante dans le développement économique du Québec. Alors ça prend quelqu’un qui connaît très bien le Québec», souligne néanmoins M. Legault.

Deux «pas intéressé»

Par ailleurs, deux personnalités d’affaires dont les noms ont circulé pour prendre le relais de Michael Sabia à la tête de la CDPQ l’an prochain ont tenu à dire qu’elles ne souhaitaient pas être considérées pour le poste.

Sophie Brochu, présidente et chef de la direction d’Énergir, et Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque Nationale, ont fait ces mises au point, mercredi.

Mme Brochu, qui quittera le 30 décembre son poste de pdg chez Énergir, s’est dite «touchée» par le fait «que l’on évoque [sa] candidature» pour le poste de présidente et chef de la direction de la Caisse, tout en ajoutant ne pas souhaiter «qu’elle soit considérée par son conseil d’administration».

M. Vachon a indiqué par communiqué que sa «responsabilité» était de diriger la Banque Nationale et qu’il s’agirait de «sa seule priorité au cours des prochaines années». Il a dit faire cette déclaration étant donné que des médias «font état de successeurs potentiels» à la direction de la Caisse.  Avec La Presse canadienne

Politique

Québec fait volte-face et tient une commission sur la fuite de données chez Desjardins

Le gouvernement Legault fait volte-face et accepte finalement de tenir une commission parlementaire concernant la fuite de données personnelles chez Desjardins.

Il s’agit d’une demande de longue date des partis d’opposition, qui maintiennent que cette fuite de données n’a rien de banal et mérite d’être étudiée par les parlementaires.

Le 1er novembre dernier, le Mouvement Desjardins a annoncé qu’aucun des quelque 4,2 millions de ses membres particuliers n’a été épargné par l’important vol de données effectué par un employé malveillant du groupe financier coopératif.

À l’origine, en juin, on avait annoncé que les informations personnelles, dont des numéros d’assurance sociale, de 2,7 millions de membres particuliers et 173 000 entreprises avaient été dérobées.

Mercredi, les députés Carlos Leitao, du Parti libéral, Vincent Marissal, de Québec solidaire, ainsi que le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, ont salué la volte-face du gouvernement.

Ils se sont dits étonnés d’apprendre que le gouvernement tiendra finalement une journée de commission parlementaire, le 21 novembre, sur la question de la fuite des données, après avoir longtemps refusé de le faire.

Récemment, des négociations qui devaient permettre la tenue d’auditions à l’Assemblée nationale en lien avec cette fuite de données se sont soldées par un échec.

«On s’est fait dire un gros non, plate, net, sec, frette ici en commission parlementaire. Il n’y a même pas eu de discussion, c’était non en partant. Là, tout d’un coup, ah c’est bien bien important», a déclaré M. Marissal.

Le gouvernement utilisera finalement une procédure parlementaire plutôt rare pour imposer un mandat circonscrit à la commission. «On a appris que (la fuite), c’est étendu à tous les membres, alors là, le gouvernement prend ses responsabilités», a affirmé le ministre des Finances, Eric Girard.

Pourquoi maintenant? L’opposition s’est risquée sur une hypothèse: le gouvernement, selon elle, tente de faire diversion, après avoir connu la pire semaine de son mandat, en raison du cafouillage en immigration.

L’opposition réclame un exercice élargi

Bien qu’il applaudisse la décision, Vincent Marissal s’insurge contre le mandat «minimaliste» et «un peu cheap» de la commission, qui entendra six groupes: le Mouvement Desjardins, l’Autorité des marchés financiers, Equifax, la Sûreté du Québec, l’Association des banquiers canadiens et l’expert Benoit Dupont, de l’Université de Montréal.

L’opposition proposait une liste beaucoup plus longue, qui incluait notamment Revenu Québec, parce que l’agence a aussi connu une fuite de données personnelles. Le gouvernement Legault leur a opposé une fin de non-recevoir.

«Ça, c’est comme si on faisait une enquête sur le sang contaminé et on n’appelle pas Héma Québec. Revenu Québec, c’est le plus gros collecteur de renseignements personnels au Québec», a rappelé M. Marissal.

Il déplore également que la liste du gouvernement exclut les groupes de défense des consommateurs. «Ce n’est pas Desjardins, la victime. Ce sont les membres de Desjardins qui (...) se sont fait voler (leurs) données personnelles.»

Plusieurs experts en matière de cybersécurité et de fraude doivent également être entendus, poursuit le député libéral Carlos Leitao. En mêlée de presse, il a dénoncé les méthodes «cavalières» du leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, qui «veut consulter, mais consulter selon ses propres termes».

«Le Simon Jolin-Barrette 2.0, c’est le même Simon Jolin-Barrette», a-t-il affirmé.

Selon Pascal Bérubé, le gouvernement a perdu «beaucoup de temps» en ne prenant pas le dossier Desjardins «au sérieux». «Les Québécois se sont fait voler leurs données et on ferait un compromis? (...) Qu’on entende l’ensemble des acteurs qui sont touchés», a-t-il tonné.

Pas «raisonnables», réplique Legault

Le premier ministre François Legault soutient avoir toujours voulu entendre le Mouvement Desjardins sur ce qui a provoqué la fuite de données personnelles.

Or, les partis d’opposition n’ont pas été «raisonnables» en exigeant une commission élargie, a-t-il affirmé. Au bureau du leader, on prétend avoir dû «sonner la fin de la récréation» en imposant une liste de six intervenants.

«Moi, je pense que l’important, c’est d’écouter Desjardins», a déclaré M. Legault en mêlée de presse, mercredi, en ajoutant que trois de ses ministres travaillent actuellement sur des projets de loi pour assurer la protection des données personnelles des Québécois.

M. Legault a par ailleurs insisté sur le fait qu’en un an, son gouvernement a accepté davantage de mandats d’initiative que le gouvernement libéral en quatre ans.

Politique

Étudiants étrangers: Legault admet la précipitation

Penaud, le gouvernement Legault a fait son «mea-culpa», mardi, multipliant les excuses et les engagements à ne plus recommencer, à la suite du cafouillage entourant le sort peu enviable qu’il réservait à quantité d’étudiants étrangers.

Ces derniers craignaient devoir quitter le Québec contre leur gré, en ayant appris que leur domaine de formation ne faisait soudainement plus partie de la nouvelle liste de 218 emplois privilégiés par le ministère de l’Immigration pour combler les pénuries de main-d’œuvre, à travers son Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

La semaine dernière, les nouvelles règles fixées par le ministre Simon Jolin-Barrette avaient fait l’unanimité contre elles, tant du côté des partis d’opposition, du milieu des affaires, que des institutions d’enseignement et des organismes voués à la défense des droits des immigrants.

Après avoir battu en retraite, imposant à son ministre un retour à la case départ dans ce dossier, vendredi dernier, le premier ministre François Legault a présenté ses excuses publiques mardi aux étudiants étrangers, admettant que son gouvernement avait agi dans la précipitation.

«On n’a pas assez consulté», a convenu le premier ministre en mêlée de presse, avouant plus tard en anglais «qu’on peut faire des erreurs quand on veut aller trop vite, et c’est ce qui est arrivé».

Coordination manquante

Il a aussi admis que son gouvernement n’avait pas assuré une nécessaire coordination entre le ministère de l’Immigration, le ministère du Travail, le ministère de l’Éducation et son cabinet, d’où la conclusion : la réforme a été suspendue et le ministre Jolin-Barrette devra refaire ses devoirs.

«J’espère qu’à l’avenir les changements vont se faire d’une meilleure façon», a dit le premier ministre, en s’excusant «pour le travail qui n’a peut-être pas été fait de façon aussi parfaite qu’on l’aurait souhaité».

Pendant ce temps, l’opposition libérale et Québec solidaire sont revenus à la charge pour réclamer la démission du ministre Jolin-Barrette, jugé inapte et insensible. Mais le premier ministre lui a renouvelé sa confiance.

En mêlée de presse, prenant l’entière responsabilité de la situation, M. Jolin-Barrette a dit ne pas avoir songé à démissionner, malgré l’ampleur de la tempête déclenchée par son projet de réforme des règles du jeu.

Prudent, il n’a pas dit quelle forme ni quelle ampleur, prendrait la consultation à venir «de l’ensemble des partenaires» pour la nouvelle mouture de sa réforme du PEQ. Cette fois, il n’a pas fixé d’échéance.

«J’ai voulu aller rapidement», a avoué le ministre, pour expliquer la raison du cafouillage, ne cachant pas que les derniers temps avaient été «difficiles» et «mouvementés».

Une telle erreur ne se reproduira pas, a-t-il promis, après s’être fait taper sur les doigts par le premier ministre.

La semaine dernière, le ministre Jolin-Barrette s’était fait rapidement une réputation d’insensibilité, restant de marbre quand des étudiants étrangers en pleurs étaient débarqués au Parlement pour le supplier de renoncer à sa réforme.

Apparemment, personne ne devra payer le prix de la crise : pas de congédiement en vue dans l’entourage du ministre ou dans l’appareil gouvernemental.

Boulet s’excuse aussi

De son côté, le ministre du Travail, Jean Boulet, a présenté lui aussi ses excuses aux étudiants étrangers.

Avec les Partenaires du marché du travail, son ministère a participé à la confection de la fameuse liste d’emplois controversée, qui contenait des métiers n’existant plus au Québec et en éliminait d’autres malgré un taux d’embauche de 100 %.

«Les excuses de mon collègue Simon sont les miennes aussi», a dit M. Boulet, en mêlée de presse.

Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) offre aux étudiants étrangers diplômés au Québec une voie rapide vers la résidence permanente.

Politique

Décorum et Catherine Dorion: François Paradis s’en lave les mains

Appelé à arbitrer la controverse vestimentaire de la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire (QS), le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, s’en lave les mains.

Il admet son impuissance sur la définition du code vestimentaire et affirme ne pas avoir aperçu l’élue de QS quand elle a siégé avec un chandail en coton ouaté.

Dans une rare mêlée de presse mardi, M. Paradis a déclaré qu’il ne peut se référer qu’à ce qu’il voit depuis le trône et s’en remet aux partis quant à la définition des règles.

Depuis deux semaines, la présidence est éprouvée par les controverses de Catherine Dorion. La semaine dernière, des élus ont menacé d’en appeler au président en pleine séance pour rappeler à l’ordre la députée QS, qui portait un kangourou. Mme Dorion a alors préféré rebrousser chemin plutôt que de se pointer en Chambre.

Avant d’aller présider la période de questions, M. Paradis a rappelé que le décorum prévoit une «tenue de circonstance» dans les lieux de débats, et par conséquent, le t-shirt, la tenue de sport et les chandails en coton ouaté ne sont pas admissibles.

Quant à savoir pourquoi Mme Dorion avait été vue en train de siéger avec le même chandail, il a soutenu ne pas l’avoir alors remarquée.

M. Paradis a par ailleurs énoncé qu’il ne peut pas changer unilatéralement les règles de l’Assemblée nationale. Il a précisé que des échanges sont en cours entre les partis, s’il y a volonté de moderniser les règles.

Politique

Alexandre Cusson démissionne de l’UMQ et pourrait briguer la direction du PLQ

Le scénario qui envoyait le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, dans la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) semble se confirmer.

M. Cusson — qui est également maire de Drummondville — a annoncé mardi qu’il quittait ses fonctions de président et de membre du conseil d’administration de l’UMQ.

Il pourrait briguer la direction du PLQ, selon la rumeur, persistante, qui circule à l’Assemblée nationale. «Ça semble se concrétiser», affirme une source libérale. «Il y a assurément des membres qui ont sollicité sa candidature.»

Les libéraux font valoir que la candidature de M. Cusson serait bien accueillie, puisqu’il provient des régions, un atout dans les circonstances. «De l’oxygène neuf», dit-on.

Les députés du PLQ représentent à peu près tous, en ce moment, des circonscriptions de la grande région de Montréal. Deux députés proviennent de l’Outaouais.

La députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Dominique Anglade, est la seule candidate en lice pour remplacer Philippe Couillard à la tête du PLQ. Deux adversaires potentiels, Marwah Rizqy (Saint-Laurent) et Gaétan Barrette (La Pinière), poursuivent leur réflexion.

Alexandre Cusson est président de l’UMQ depuis 2017. Le mois dernier, il a signé un pacte fiscal avec le gouvernement qui transfère aux municipalités un montant représentant l’équivalent de la croissance des revenus de la TVQ, un «gain historique», selon lui. 

D’ailleurs, à la cérémonie de signature, le premier ministre François Legault avait taquiné M. Cusson, en disant espérer le revoir très bientôt à l’Assemblée nationale.

«M. le premier ministre, j’ai pris note de votre invitation à revenir plus souvent», avait-il répondu, ce qui avait déclenché l’hilarité dans la salle. 

Politique

Le DGEQ se penche sur la présence de la candidate caquiste

Avec l’élection partielle dans Jean-Talon qui bat son plein, la Coalition avenir Québec (CAQ) a-t-elle mêlé annonce gouvernementale et activité électorale, dimanche, à Québec? Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) devra trancher.

Mardi, le chef par intérim du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, a remis en question la présence de Joëlle Boutin à la conférence de presse de la ministre de la Santé et des Services sociaux tenue deux jours plus tôt dans le stationnement du CHUL, à Sainte-Foy. Mme McCann confirmait la réduction des frais de stationnement dans les hôpitaux annoncée dans la mise à jour économique de jeudi dernier.

À LIRE AUSSI : La CAQ fixe les tarifs réduits des stationnement des hôpitaux

Le gouvernement a utilisé le CHUL et son stationnement comme décors. La ministre était accompagnée d’une poignée de députés de la CAQ de la région de Québec. Et parmi les spectateurs, Mme Boutin, candidate caquiste à l’élection partielle du 2 décembre, dans Jean-Talon. Circonscription où se trouve le CHUL.

«Cette situation a été portée à notre attention. Nous ferons le suivi nécessaire», a attesté le DGEQ, sur Twitter, mardi, en réponse à l’interpellation de M. Bérubé à ce sujet.

Endroit «normal»

Premier ministre et chef de la CAQ, François Legault n’y voit aucun problème. «L’annonce a été faite sans la présence de la candidate. C’est l’endroit où il y a le plus gros stationnement [d’hôpital] à Québec, alors c’est un peu normal qu’on le fasse à cet endroit-là. Par la suite, il y a eu une photo prise avec la candidate», justifie M. Legault.

Mme Boutin n’a pas pris part à la présentation officielle, confirme la journaliste du Soleil qui était sur place. Mme Boutin s’est retrouvée sur des photos prises à la fin de la conférence de presse, à la demande d’élus de la CAQ.

Le PQ soupçonne l’utilisation de fonds publics à des fins partisanes.

«Est-ce que c’était approprié de faire une annonce gouvernementale dans la circonscription de Jean-Talon, alors que c’était connu qu’il y a une élection partielle? Il y a une vérification à faire [de la part du DGEQ]. Il ne faut pas confondre la Coalition avenir Québec avec le gouvernement du Québec. Ils ont utilisé une annonce gouvernementale pour mousser la popularité de la CAQ dans Jean-Talon», résume M. Bérubé, meneur du troisième parti d’opposition. 

Le chef par intérim du Parti libéral, Pierre Arcand, estime aussi «qu’il y avait une opération claire en rapport avec l’élection partielle dans Jean-Talon».  Avec Judith Desmeules

Politique

Les travaux reprendront le 5 décembre à la Chambre des communes [VIDÉO]

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau exposera les priorités de son nouveau gouvernement minoritaire le 5 décembre.

Le bureau du premier ministre a annoncé que la Chambre des communes se réunira ce jour-là pour la première fois depuis l’élection d’octobre. Le même jour, les députés éliront un président et entendront ensuite le discours du Trône du gouvernement.

M. Trudeau sera alors de retour d’une réunion de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), prévue les 3 et 4 décembre à Londres.

Les parlementaires pourraient siéger à la Chambre des communes jusqu’au 13 décembre, au plus tard, pour adopter le discours du Trône et possiblement déposer un premier projet de loi pour réduire les impôts de la classe moyenne.

Le bureau de M. Trudeau a annoncé la date de retour du Parlement mardi, avant une rencontre entre le premier ministre et le chef de l’opposition, Andrew Scheer.

M. Scheer souhaitait que la Chambre des communes commence à siéger le 25 novembre, cinq jours après que M. Trudeau doit annoncer la nomination de son nouveau cabinet.

«Nous sommes déçus que M. Trudeau ait décidé d’attendre jusqu’au 5 décembre pour le commencement de ce Parlement. Nous avons beaucoup de travail à faire et nous sommes prêts, mais il a pris sa décision», a-t-il commenté à la sortie de sa rencontre.

M. Scheer a profité de sa rencontre avec M. Trudeau pour exposer les priorités du Parti conservateur pour la prochaine session du Parlement.

Il dit avoir discuté du «besoin d’unité» pour le pays, avec un sentiment d’aliénation dans l’Ouest canadien et la montée du Bloc québécois. Il a aussi insisté sur la nécessité d’aller de l’avant avec de grands projets énergétiques, comme l’oléoduc Trans Mountain.

M. Scheer n’a pas voulu dire si son parti votera en faveur du discours du Trône du gouvernement libéral. Il a soutenu que c’est la «responsabilité» de M. Trudeau de trouver un terrain d’entente pour faire fonctionner le Parlement.

Le premier ministre a déjà annoncé ses priorités, soit de rendre la vie plus abordable pour les Canadiens, d’aider la classe moyenne et de lutter contre les changements climatiques.

Les conservateurs pourraient soutenir le gouvernement pour des baisses d’impôts et de taxes pour les Canadiens, a souligné M. Scheer.

Politique

Scheer demandera à Trudeau de relancer les travaux du Parlement le 25 novembre

OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer appelle le premier ministre à redémarrer les travaux du Parlement le 25 novembre.

Ce moment surviendrait cinq jours après la désignation prévue par Justin Trudeau de son nouveau conseil des ministres après les élections du mois dernier.

Le porte-parole de M. Scheer, Simon Jefferies, a déclaré que le pays était plus divisé que jamais et que M. Trudeau devait immédiatement rappeler la Chambre des communes pour régler des problèmes urgents.

Cette demande de relance des travaux le 25 novembre figurera au menu de la rencontre du chef de l’opposition officielle avec M. Trudeau, mardi.

M. Jefferies a indiqué que M. Scheer exposera également des éléments particuliers que les conservateurs souhaitent voir dans le discours du Trône, en précisant qu’ils seront fondés sur les priorités du parti pour la prochaine séance législative.

Aux plus récentes élections, les libéraux ont remporté 157 sièges, leur permettant de former un gouvernement minoritaire, tandis que les conservateurs sont arrivés au deuxième rang avec 121 sièges.

Politique

Indépendance: le PQ repart à neuf

TROIS-RIVIÈRES — «Nous demandons aux Québécois de nous juger non pas sur le passé, mais sur ce que nous sommes maintenant, aujourd’hui, et sur ce que nous proposons pour demain.»

Le chef intérimaire péquiste Pascal Bérubé a ainsi mis un terme, dimanche, à Trois-Rivières, à un congrès du Parti québécois (PQ), qui espère ainsi se relancer après sa débâcle électorale historique de l’an dernier.

Le PQ a adopté une déclaration de principes afin de faire campagne pour l’indépendance, sans tomber dans la mécanique référendaire. Il a également simplifié ses règles de fonctionnement.

Plus besoin de provoquer des crises avec le gouvernement fédéral pour raviver la flamme souverainiste : les choses ont changé depuis 25 ans, a argué M. Bérubé.

«Relevons la tête, n’ayons plus peur de perdre, la nation québécoise se réveille et bientôt, les Québécois se diront oui, parce qu’ils auront recommencé à rêver de ce qu’ils pourraient être dans un Québec indépendant», a affirmé le nouveau président du PQ, Dieudonné Ella Oyono, devant les 400 militants.

Élu par acclamation, ce Gabonais d’origine devient le premier président du PQ issu de la diversité.

Il se donne notamment comme mission de prendre le bâton de pèlerin pour parler d’indépendance dans les communautés issues de la diversité.

«Dans ces communautés, il y a beaucoup de gens qui sont favorables à notre mouvement politique», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Quant aux accusations de racisme qui accablent souvent le PQ depuis le débat sur la Charte de la laïcité, M. Ella Oyono a dit : «C’est parce qu’ils ne nous connaissent pas. Quand ils vont découvrir le nouveau Parti québécois, il n’y a plus personne qui va nous traiter de racistes.»

Valeurs

Dans sa nouvelle déclaration, le PQ énonce des valeurs de liberté, de justice, d’équité, de nationalisme, de protection de l’environnement.

Sur ce dernier enjeu, la présidente de l’aile jeunesse péquiste, Frédérique Saint-Jean, soutient que sa formation a ce qu’il faut pour rallier les jeunes, parce qu’elle a confectionné l’offre «la plus sérieuse» dans la lutte contre les changements climatiques, bien plus que celle de Québec solidaire, selon elle.

Autrement, le PQ a plutôt évité d’attaquer ses adversaires, autant le gouvernement caquiste que les autres partis. Pascal Bérubé a évoqué la nécessité de changer de ton et d’inspirer les gens.

«On a parlé en mal de personne, on a parlé que de ce qu’on a à offrir, n’est-ce pas là ce que les gens nous demandent?»

Le chef péquiste n’a pas frappé le clou concernant le cafouillage du gouvernement caquiste, qui a dû retirer son dernier projet de règlement sur l’immigration.

«Ce sont des enjeux provinciaux, nous, on veut l’indépendance», a-t-il rétorqué, en plaidant que les arguments en faveur de la souveraineté sont toujours aussi actuels.

Par exemple, les gens réalisent que le fédéral peut décider de passer un pipeline au Québec sans son accord, ou encore Ottawa peut faire invalider une loi sur la laïcité adoptée par le Québec, ou s’opposer aux règles du Québec sur l’immigration.

C’est le gouvernement Legault qui exposera rapidement «les limites d’une province», a argué le chef péquiste.

Qui?

Maintenant que le PQ a réglé le «quoi», il s’attaquera au «qui», a résumé le chef intérimaire. En effet la course à la direction du parti est déjà commencée officieusement, mais des règles seront définies en février avant son lancement officiel l’an prochain.

Une source proche du dossier a laissé entendre qu’il serait favorable à un système de primaire dans chaque région, un peu comme les primaires qui se déroulent aux États-Unis.

Le PQ a par ailleurs décidé de permettre non seulement aux membres, mais aussi à des «sympathisants» de voter pour le prochain chef, selon des modalités qui restent à déterminer.

Déjà, des candidats pressentis, comme le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et l’ancien candidat à la course de 2016, Paul Saint-Pierre Plamondon, s’activaient dans les corridors durant la fin de semaine.

Les deux ont par ailleurs qu’ils allaient observer le travail des militants sur l’enjeu des changements climatiques.

«Je pense que le Parti québécois doit devenir le joueur de référence en matière d’environnement en amenant des réponses crédibles», a dit M. Saint-Pierre Plamondon.

Politique

#MonCotonOuatéMonChoix, un mouvement de soutien à Catherine Dorion

Après les critiques, vient le soutien. Deux femmes ont lancé l’événement «Mon coton ouaté mon choix» samedi afin de soutenir la députée solidaire Catherine Dorion dans ses choix vestimentaires.

«Le corps des femmes ne vous appartient pas. Le choix vestimentaire des femmes ne vous appartient pas. Coton ouaté, brassière, mini-jupe, voile, salopette. Ce n’est pas de vos affaires. On fait bien notre travail et on portera ce qu’on voudra», peut-on lire dans la description de l’événement Facebook.

Le 12 novembre, toutes les femmes sont invitées, en guise de solidarité, à se prendre en photo avec leur coton ouaté et à la partager sur les réseaux sociaux en y écrivant le mot-clic #MonCotonOuatéMonChoix. L’idée est une initiative d'Andréanne Pâquet et Willy Blomme.

Elles dénoncent fortement l’événement du 7 novembre, où Catherine Dorion s’est fait refuser l’entrée au Salon bleu de l’Assemblée nationale en raison de sa tenue.

«Depuis ses premiers jours en tant que députée, Catherine Dorion se fait attaquer pour ses choix vestimentaires — par les médias, les commentaires sur les réseaux sociaux, par ses collègues et même par la vice-présidente de l’assemblée. Cet emportement à son endroit est virulent, agressif et frôle l’intimidation», écrivent-elles aussi. 

Les deux femmes soutiennent qu’il devient trop commun pour les Québécoises de se faire juger selon leurs vêtements. Elles font entre autres référence aux critiques vestimentaires qu’a reçues Safia Nolin après son passage à l’ADISQ. Pendant que Loud, avec un accoutrement similaire, n’avait pas fait autant jaser. 

Catherine Dorion, la principale intéressée, a rapidement réagi à la création de l’événement sur sa page Facebook. «Je finis pus d’être touchée aujourd’hui par vos messages d’encouragement. Et là, ça», a écrit la députée de Taschereau, visiblement émue par le geste.

Sur la page Facebook de l’événement, samedi soir, près de 960 personnes avaient indiqué participer, alors que plus de 1100 se disaient intéressés. 

Politique

Blanchet livre un message d'espoir aux péquistes: le PQ peut renaître comme le Bloc

TROIS-RIVIÈRES — Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a livré un message d'espoir aux 400 militants péquistes réunis samedi en congrès extraordinaire à Trois-Rivières.

Il s'est servi de la renaissance fulgurante du Bloc québécois (BQ) pour inspirer les péquistes, qui doivent se remettre de la défaite historique subie l'an dernier et reconstruire leur parti.

«Nous avons humblement prouvé que ça se peut, alors mes amis, bonne refondation», a-t-il lancé.

L'an dernier, le Bloc était encore divisé et moribond, mais aux dernières élections fédérales, il a réussi à faire élire 32 députés.

«Merci d'avoir démontré qu'il n'y a pas de fatalité, que tout est possible», a répondu le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé, qui tient la barre depuis le dur revers des péquistes. Ils ne sont plus que neuf à l'Assemblée nationale.

Dans son discours, la présidente de l'aile jeunesse péquiste, Frédérique St-Jean, a affirmé que la ferveur souverainiste est en train de renaître.

«Au Québec, le vent a commencé à tourner», a-t-elle déclaré.

Même s'il est souverainiste, le Bloc n'a toutefois pas fait campagne sur l'indépendance. Cependant, il a abondamment milité pour la laïcité, en faisant valoir que la loi sur la laïcité adoptée par le gouvernement caquiste était contestée par le reste du Canada.

Un de ceux qui sont pressentis pour se lancer dans la course à la direction, le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a reconnu que la souveraineté n'est pas un enjeu prioritaire dans l'opinion publique actuellement.

«Vous avez raison, les sondages ne sont pas là pour l'indépendance, on part autour de 35-40 % [d'appuis], mais notre travail, c'est de continuer de convaincre, d'aller à la rencontre des gens, de faire ressortir des arguments extrêmement puissants et contemporains sur l'indépendance.»

Politique

O’Leary conteste le leadership de Scheer

OTTAWA — L’homme d’affaires Kevin O’Leary, qui avait été brièvement candidat à la direction du Parti conservateur du Canada en 2017, contestera en avril la constitutionnalité de certaines dispositions de la loi sur le financement des partis politiques.

L’ancien juge à l’émission Dragons’ Den conteste les règles d’Élections Canada qui imposent aux candidats à la direction d’un parti un délai précis pour rembourser leur dette de campagne. M. O’Leary conteste aussi le fait qu’un candidat ne puisse pas rembourser de sa poche cette dette. L’homme d’affaires soutient qu’il a réduit jusqu’ici sa dette de près de 500 000 $, pour la porter à moins de 160 000 $. Or, en vertu des règles actuelles, il devrait effacer cette dette d’ici le mois de mai prochain.

La date d’audience en Cour fédérale est fixée au 15 avril 2020.

L’homme d’affaires soutient que jusqu’à ce que la loi soit corrigée, il ne sera plus jamais candidat à la direction d’un parti — ce qui ne l’empêche pas de souhaiter que quelqu’un d’autre remplace au plus tôt Andrew Scheer, qui n’a pas pu former un gouvernement le mois dernier.

«Andrew ne peut tout simplement pas diriger, a déclaré M. O’Leary en entrevue à La Presse canadienne. Ça n’a aucun sens de refaire des élections avec lui : on obtiendra le même résultat.»

M. O’Leary avait abandonné la course à la direction du parti après les résultats décevants des sondages internes. Il a ensuite apporté son soutien à Maxime Bernier, qui a terminé deuxième. Le député beauceron a par la suite claqué la porte des conservateurs pour fonder le Parti populaire, qui n’a fait élire aucun député le mois dernier — même pas son chef.

Selon M. O’Leary, Andrew Scheer a remporté la course à la direction en réussissant à convaincre les membres du parti qu’il pourrait mettre sous le boisseau son conservatisme social — ce qu’il n’aurait pas réussi à faire avec les Canadiens. M. O’Leary soutient que les membres du caucus conservateur auxquels il a parlé sont en colère et veulent un changement immédiat. Or, les députés conservateurs ont voté mercredi contre la mise en vigueur de règles qui leur auraient permis de chasser leur chef par un vote au caucus. Le sort de M. Scheer est maintenant entre les mains des membres du parti, qui se réuniront en congrès en avril.

Sortir Trudeau

M. O’Leary demeure membre du Parti conservateur, pour qui il a voté le mois dernier. Mais il soutient que le premier ministre Justin Trudeau ne peut pas rester encore en poste parce qu’il menace l’économie canadienne. Il cite le récent exemple du géant de l’énergie Encana, qui a choisi de déménager son siège social aux États-Unis. Des idées comme le corridor énergétique national pourraient redresser la barre du navire économique, croit-il : elles ont simplement besoin d’un capitaine différent.

M. O’Leary évoque notamment les noms de Peter MacKay, ancien ministre qui a répété à maintes reprises qu’il n’était pas intéressé, et Lisa Raitt, elle aussi ancienne candidate à la direction, qui a également déclaré soutenir actuellement M. Scheer. Mme Raitt a toutefois perdu son siège aux élections du mois dernier à cause de M. Scheer, estime M. O’Leary.

Selon l’homme d’affaires, le refus du chef conservateur de participer aux défilés de la fierté LGBTQ signifie qu’il ne gagnera jamais assez de soutien parmi les femmes de circonscriptions clés comme celle de Mme Raitt, à l’extérieur de Toronto — et sans ces comtés, il ne pourrait jamais gagner.

M. Scheer plaide qu’il peut conserver ses opinions personnelles et trouver d’autres moyens de défendre les droits de la communauté LGBTQ, mais M. O’Leary n’est pas de cet avis. Quand on vous demande de marcher, vous marchez, dit-il.

«Vous ne dites pas non, vous dites oui. Vous faites preuve de respect. C’est obligé, ce n’est pas une option. Vous devez faire preuve de respect en tant que chef. Si vous ne trouvez pas cela en vous-même, vous ne pouvez pas diriger.»

M. O’Leary et son épouse Linda sont actuellement poursuivis au civil pour un accident de bateau qui a fait deux morts l’été dernier. L’homme d’affaires a refusé de commenter le litige, mais il a qualifié l’accident de tragique.

Politique

Immigration: Legault retire le règlement de Jolin-Barrette

Le gouvernement Legault termine une semaine cauchemardesque en battant en retraite complètement: il suspend son règlement controversé modifiant l’accès au Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Les nouvelles règles du PEQ réduisaient considérablement le nombre d’étudiants et d’employés qui pouvaient être acceptés au Québec, alors que la pénurie de main-d’œuvre frappe toutes les régions.

Il s’agit d’un autre revers pour le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, qui avait dû mercredi accorder une clause de droits acquis aux étudiants et travailleurs déjà établis ici, dont le cri du cœur avait ému l’opinion publique.

Vendredi soir, il a annoncé qu’il suspendait le règlement, le temps de mener des consultations. «Au cours des derniers jours, différents acteurs des milieux économiques et de l’éducation ont soulevé des interrogations», a-t-il affirmé dans un communiqué.

«Afin de rassurer l’ensemble de ces acteurs, [...] les listes des domaines de formation en demande et des emplois en déficit seront révisées en collaboration avec [eux].»

Le PEQ est un programme qui a été conçu à l’origine pour permettre à tous les étudiants étrangers titulaires d’un diplôme admissible, ou aux personnes avec une expérience de travail au Québec, de recevoir rapidement un certificat de sélection du Québec, et ainsi de pouvoir s’installer ici. En 2018, il y avait 11 000 personnes admises en vertu du PEQ au Québec.

Tandis que la tension montait jeudi, les partis d’opposition ont recensé un nombre impressionnant d’organismes économiques, d’établissements d’enseignements, de cégeps et d’universités qui se prononçaient contre le resserrement des règles en immigration.

Autant le premier ministre François Legault que le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, ainsi que le ministre de l’Emploi, Jean Boulet, ont été questionnés à ce sujet, mais aucun ne s’est risqué à nommer un seul allié économique en faveur de cette réforme.

Toutefois, en mêlée de presse, M. Legault a affirmé qu’il puisait la légitimité de sa réforme ailleurs, soit les commentaires rédigés sur sa page Facebook. «Je peux dire que 90 % des gens appuient ce que fait le gouvernement», avait-il lancé en anglais.

L’annonce du recul complet du gouvernement Legault vendredi soir a suscité de nombreuses réactions, à commencer par celle du chef intérimaire du Parti libéral du Québec (PLQ), Pierre Arcand.

Il considère que le premier ministre Legault vient de porter un «coup de grâce» à son ministre en le désavouant publiquement.

«Le ministre Simon Jolin-Barrette a échoué. Il n’a pas la sensibilité nécessaire pour mener à bien cette réforme. François Legault le reconnaît aujourd’hui en retirant le règlement. Il doit maintenant lui retirer complètement le dossier de l’immigration», a déclaré M. Arcand sur Twitter.

Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, a également réagi sur les réseaux sociaux. «Victoire pour les étudiants qui se sont mobilisés! Le règlement-catastrophe de Simon Jolin-Barrette est maintenant chose du passé. La preuve que rien, même un gouvernement arrogant et insensible, n’est plus fort que la colère populaire. Restons vigilants!»

«Ce recul du PM, de Simon Jolin-Barrette et de la CAQ est une grande victoire pour des milliers de personnes qui choisissent de contribuer au développement économique et social du Québec. C’est aussi une victoire pour nos cégeps et universités, surtout en région», a renchéri pour sa part le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Appel à la collaboration

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a salué la prise par le gouvernement du Québec de «la bonne décision dans les circonstances».

«Les consultations que mènera le ministre Jolin-Barette aideront à déterminer la meilleure façon de continuer d’attirer des étudiants internationaux désireux d’apprendre dans nos établissements d’enseignement et qui sont susceptibles de contribuer par la suite à notre élan économique. Le premier ministre vient de faire preuve de leadership», a affirmé par communiqué le président et chef de la direction, Michel Leblanc.

Plus tôt cette semaine, M. Legault avait pris à partie M. Leblanc. Le premier ministre disait croire que M. Leblanc critiquait la réforme parce qu’il souhaitait l’admission massive de main-d’œuvre à bon marché, tandis que lui, le premier ministre, «travaillait pour tous les Québécois».

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a dit vouloir «souligner l’ouverture du gouvernement qui a mis sur la glace sa réforme du Programme de l’expérience québécoise».

«Nous réitérons notre entière collaboration afin de dégager des mesures en arrimage avec les besoins du Québec et de ses entreprises», a affirmé par communiqué le président et chef de la direction du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

Politique

Immigration: Legault a des alliés... sur sa page Facebook

À défaut d’avoir des alliés économiques dans sa réforme controversée de l’immigration, le premier ministre François Legault se targue d’avoir une majorité d’appuis sur sa page Facebook.

Les partis d’opposition ont recensé jeudi un nombre impressionnant d’organismes économiques, d’établissements d’enseignements, de cégeps et d’universités qui sont contre le resserrement des règles en immigration, mais le gouvernement peine pour sa part à se trouver des alliés.

Les nouvelles règles du Programme d’expérience québécoise (PEQ) réduisent considérablement le nombre d’étudiants et d’employés qui pourraient être acceptés au Québec, alors que la pénurie de main-d’œuvre frappe toutes les régions.

Autant François Legault que le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, ainsi que le ministre de l’Emploi, Jean Boulet, ont été questionnés à ce sujet jeudi, mais aucun ne s’est risqué à nommer un seul allié économique en faveur de cette réforme.

«C’est quand même ironique, quand on voit qu’un gouvernement qui se présente comme un gouvernement économique est incapable d’avoir des appuis pour sa réforme», a fait remarquer le chef de l’opposition, Pierre Arcand, à la période de questions.

Toutefois, en mêlée de presse jeudi matin, M. Legault a affirmé qu’il puise la légitimité de sa réforme ailleurs, soit les commentaires rédigés sur sa page Facebook.

«Si vous regardez ma page Facebook, je peux dire que 90 % des gens appuient ce que fait le gouvernement», a-t-il lancé en anglais.

Autre appui : il a également indiqué que son homologue ontarien, Doug Ford, était «absolument d’accord avec notre approche».

Il a aussi attaqué le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, qui a critiqué la réforme.

Selon M. Legault, c’est parce que M. Leblanc souhaite l’admission massive de main-d’œuvre à bon marché, tandis que lui, le premier ministre, «travaille pour tous les Québécois». La Presse canadienne

Politique

Justin Trudeau ne ferme pas la porte à nommer un lieutenant du Québec

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau devra s'entourer de davantage de Québécois afin de démontrer qu'il est à l'écoute, estiment plusieurs de ses députés.

Pour ce faire, il pourrait être tenté de nommer un lieutenant politique pour le Québec.

Lors d’une mêlée de presse, jeudi, M. Trudeau a confirmé que cette option «fait partie des réflexions» qu’entreprendront ses députés et les candidats défaits lors de leur première rencontre à Ottawa depuis l’élection.

«On n’a pas pris de décision précise encore, mais vous allez tout savoir évidemment le 20 novembre», a lancé M. Trudeau, en référence à la date prévue pour la présentation de son conseil des ministres.

Ses députés québécois, quant à eux, n’ont pas voulu faire part de leurs opinions personnelles quant à la nécessité d’un lieutenant québécois.

«Il faut renforcer la présence de Québécois ici à Ottawa, dans les cercles décisionnels, et ça va se faire», fait valoir le ministre Pablo Rodriguez, réélu dans la circonscription montréalaise d’Honoré-Mercier.

Questionné au sujet de la façon dont cela devrait se faire, M. Rodriguez répond qu’il «laisse ça entre les mains du premier ministre».

«Toutes les idées, toutes les options doivent être discutées», a laissé tomber son collègue Jean-Yves Duclos, réélu dans la circonscription de Québec.

Le député Anthony Housefather a pour sa part émis des doutes.

«Je ne suis pas certain de la nécessité (d’un lieutenant politique du Québec). Le premier ministre vient du Québec, il est là à notre caucus du Québec, il est présent, toujours», a-t-il dit.

Les libéraux ont fait élire 35 députés québécois à la dernière élection, soit cinq de moins qu’en 2015. S’ils ont fait des gains à Montréal, ils ont perdu des sièges à l’extérieur de l’île aux mains du Bloc québécois.

Les élus et ministres hors Montréal admettent qu’ils devront reconnecter avec les régions.

«Oui, c’est très montréalais comme parti», concède Diane Lebouthillier, réélue dans Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine après une chaude lutte avec son rival bloquiste.

Sans aller aussi loin que sa collègue, François-Philippe Champagne admet qu’il y a une «dichotomie qui est en train de se dessiner entre les milieux urbains et les régions».

Il pense que son parti devra faire preuve d’»humilité» et «rassembler» avec des enjeux qui sont importants pour les régions plus éloignées.

Politique

Énoncé économique: le gouvernement Legault donne plus d’argent aux familles

Le gouvernement Legault profite de la bonne performance de l’économie pour devancer la réalisation d’engagements phares, dont le rehaussement de l’allocation famille.

Il a présenté une mise à jour économique jeudi, qui prévoit des investissements supplémentaires de 857 millions $ en 2019-2020, dont la plupart sont réservés aux parents de jeunes enfants.

Contrairement à l’an dernier, le ministre des Finances, Eric Girard, s’est présenté seul devant les caméras, dans l’édifice centenaire du ministère, un ancien palais de justice situé dans le Vieux-Québec.

Il a remisé le gigantesque drapeau québécois qui lui avait servi de décor en novembre 2018, alors qu’il était accompagné du premier ministre François Legault et d’une cinquantaine de figurants caquistes.

M. Girard a fait état, jeudi, d’un surplus budgétaire de 4,8 milliards $ pour l’exercice 2018-2019. Il a dit envisager un surplus de 1,4 milliard $ pour 2019-2020, après les versements au Fonds des générations.

Allocation famille plus généreuse

Affirmant vouloir être «généreux envers les contribuables», mais «responsable», il a annoncé des améliorations à l’allocation famille, cette aide financière versée à toutes les familles ayant des enfants de moins de 18 ans.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait promis de donner un répit financier aux familles qui décident d’avoir plus d’un enfant.

Dorénavant, les familles du Québec recevront le même montant pour chaque enfant, peu importe le rang de cet enfant dans la famille. Ce sont près de 679 000 familles qui recevront en moyenne 779 $ de plus par année, et ce, dès janvier.

Concrètement, une famille à faible ou à moyen revenu ayant deux enfants bénéficiera d’une hausse de son allocation de 750 $. Le gain pour une famille à plus haut revenu sera de 642 $.

Pour les familles de trois enfants, le gain pourra atteindre 1500 $ jusqu’à un revenu familial de 163 467 $. Au-delà de ce niveau de revenu, le gain sera de 990 $.

Tarif unique de garderie

De plus, le gouvernement décrète dès maintenant le retour au tarif unique dans les services de garde subventionnés. Les parents paieront donc 8,25 $ par jour et n’auront plus à fournir une contribution additionnelle modulée selon le revenu familial.

C’est une économie moyenne de 1100 $ pour 140 000 familles, selon le gouvernement, qui précise que la mesure est rétroactive au 1er janvier 2019. Les parents n’auront donc pas à payer de contribution additionnelle lors de la production de leur prochaine déclaration de revenus.

Aucun allègement financier n’est prévu pour les parents dont les enfants fréquentent les garderies non subventionnées. Or, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, se montre ouvert à les aider dans les prochains mois.

«L’idée, ce n’est pas de parler d’une compensation, ce n’est pas de parler de quelque chose d’équivalent, mais c’est d’envoyer un message qu’on pense aussi à ces parents-là», a-t-il déclaré en marge de l’annonce.

Baisse des tarifs de stationnement

Troisième mesure : une réduction importante, dès le printemps prochain, des tarifs de stationnement dans les différents établissements de santé du Québec.

Les deux premières heures seront gratuites, et le tarif maximal sera de 7 $ à 10 $ par jour selon les régions. La ministre de la Santé, Danielle McCann, présentera dans les prochaines semaines les modalités d’application de la nouvelle grille tarifaire.

Des investissements de 25 millions $ en 2019-2020, de 120 millions $ en 2020-2021 et en 2021-2022, de 132 millions $ en 2022-2023 et de 145 millions $ en 2023-2024 sont prévus, afin d’implanter les nouveaux tarifs et compenser les établissements.

Par ailleurs, le ministre Girard a déclaré que le surplus de 1,4 milliard $ l’an prochain permettra notamment de faire face à un ralentissement possible de l’économie et lutter contre les changements climatiques.

Il prédit que les revenus de la Bourse du carbone seront insuffisants pour soutenir le futur plan d’électrification des transports du ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

«Il devra y avoir des efforts considérables et je soumets l’hypothèse que les revenus de la Bourse du carbone ne seront pas suffisants et qu’une part des surplus pourrait aider», a-t-il affirmé en conférence de presse.

La mise à jour économique de jeudi prévoit également des hausses salariales d’environ 2 % pour les 500 000 employés du secteur public, l’équivalent de l’inflation, et ce, avant même le début des négociations.

Il est prévu qu’en 2019, la progression du produit intérieur brut s’établira à 2,4 %, une hausse de 0,6 point de pourcentage par rapport aux prévisions du budget de mars dernier.

L’objectif de réduire le poids de la dette à 45 % du PIB sera atteint au cours de la présente année financière, estime par ailleurs le gouvernement.

Politique

Catherine Dorion: le PLQ presse le président François Paradis d’agir

L’opposition officielle presse le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, de «resserrer» le décorum, à la suite d’une photo controversée de la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire (QS).

«Je pense que le président veut faire plaisir à tout le monde, mais à un moment donné, il faut quand même qu’un certain nombre de directives et d’orientations soient données, pour éviter ce genre de chose», a commenté le chef de l’opposition, Pierre Arcand, mercredi matin en mêlée de presse. Il s’est défendu de remettre en question le soutien de l’opposition officielle à la présidence, mais réclame une réponse plus rapide et précise.

Rappelons les faits : Mme Dorion a pris une photo humoristique dans le Salon rouge, une enceinte réservée habituellement aux cérémonies officielles et les grandes consultations.

La députée avait aussi lancé une invitation pour une soirée d’Halloween dans son bureau de circonscription, avec le logo de l’Assemblée nationale et le titre suivant : «F*CK LA NORME.»

Depuis l’arrivée d’un contingent plus important d’élus de QS, l’Assemblée avait convenu qu’il fallait revoir les règles du décorum, mais aucun document n’a encore été produit. «C’est pas clair, a fait valoir M. Arcand. La preuve, c’est qu’on a des événements de ce genre.»

L’opposition péquiste avait également critiqué les coups d’éclat de Mme Dorion. Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, avait lancé : «Qu’elle arrête de faire un show et qu’elle s’occupe de son comté.»

«Tu t’attaques à ce que je considère le plus précieux et le plus important dans mon travail», a-t-elle rétorqué par l’entremise des médias sociaux, en énumérant ses activités et des prises de position dans sa circonscription.

Mardi, le Parti libéral a demandé à la commissaire à l’éthique et à la déontologie, Ariane Mignolet, de se pencher sur le cas Dorion. «Il apparaît évident que de pareils agissements vont à l’encontre du Code d’éthique et de déontologie en ce qui concerne les valeurs qui sont exprimées», peut-on lire dans la lettre de la whip du PLQ, Nicole Ménard.

La lettre fait notamment référence à des articles qui prônent «le respect et la protection de l’Assemblée nationale et de ses institutions démocratiques».

Mme Ménard soutient aussi que ces incidents sont «une vive insulte auprès des députés et de ses collègues femmes au premier titre».

Mme Dorion avait trouvé que les libéraux étaient «culottés» de venir parler d’éthique, en faisant référence au règne libéral de 2003 à 2018.  

Politique

Réforme de l’IVAC: l’exploitation sexuelle serait incluse

En pleine semaine de commission parlementaire sur l’exploitation sexuelle des mineurs, la ministre de la Justice évoque que ces jeunes victimes seront bientôt automatiquement incluses dans le programme d’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC).

«Ça faisait partie des engagements de la CAQ [Coalition avenir Québec] en 2018, en période électorale. Je suis en train de regarder ça avec grand sérieux et ça va faire partie des éventualités», a confirmé Sonia LeBel, mercredi, lors d’une mêlée de presse alors qu’elle se rendait au conseil des ministres.

Le député libéral Frantz Benjamin fait partie des parlementaires attitrés à cette commission spéciale, qui tient des auditions publiques dans l’enceinte du parlement jusqu’à jeudi. Montréal et Val-d’Or seront aussi visitées cet hiver.

Au Soleil, M. Benjamin souligne les deux principaux problèmes à propos de l’IVAC. D’abord, les victimes d’exploitation sexuelle n’y sont pas automatiquement admissibles, leurs dossiers étant évalués au cas par cas. Puis le fait que si l’acte criminel en question est perpétré à l’extérieur du territoire du Québec, la victime n’est pas couverte. Ce qui serait le cas d’une adolescente québécoise qu’un proxénète amène en Alberta ou aux États-Unis pour se prostituer.

Territoires

La ministre LeBel a aussi la question de la territorialité dans le viseur. «Je ne peux pas répondre aujourd’hui, mais ça fait partie de tout ce que je regarde», indique-t-elle.

En fait, c’est une réforme complète de l’IVAC qui est en cours. «On regarde ça de façon plus large que la liste et la définition des victimes admissibles, qui a déjà été élargie par voie de réglementation ou d’arrêté ministériel dans le passé. On veut faire une réforme beaucoup plus globale.

«Beaucoup de sommes d’argent sont investies dans l’IVAC, ce qui est positif, explique la ministre. Mais on a encore beaucoup de critiques et il faut donc que je revoie comment on utilise ces sommes et les objectifs. C’est pour ça que c’est beaucoup plus long que de simples ajustements à la liste. Il faut regarder ça de façon globale.»

Le résultat de cette réforme est attendu «le plus rapidement possible», sourit Mme LeBel.

La commission parlementaire spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs termine sa première phase d’auditions publiques jeudi, avec les témoignages des réalisatrices du documentaire Trafic, Catherine Proulx et Karine Dubois, des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), de l’Équipe intégrée de lutte contre l’exploitation sexuelle (EILP), du Service de police de la Ville de Montréal, de la Centrale des syndicats du Québec et du centre Cyber-Aide.

Politique

Réforme de l’immigration: la CAQ recule

Dure journée pour le gouvernement caquiste mercredi : il a doublement perdu la face dans sa réforme de l’immigration, devant le front commun des étudiants étrangers et de tous les partis d’opposition.

En début de soirée les caquistes ont été battus en Chambre, chose rare : les députés d’opposition qui étaient plus nombreux qu’eux ont fait adopter une motion qui demande au gouvernement d’annuler sa plus récente refonte des règles d’immigration.

Et par ailleurs, plus tôt mercredi, les étudiants ou les travailleurs actuels qui étaient menacés d’être renvoyés en raison de changements aux règles du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) ont finalement obtenu un droit acquis.

La motion proposée par les libéraux et appuyée par les autres partis d’opposition affirme que la réforme caquiste est nuisible et exige que le gouvernement revienne aux anciennes règles moins restrictives.

Une motion n’est toutefois pas un ordre auquel doit obéir le gouvernement.

Mardi, le premier ministre François Legault était resté inflexible devant le cri du cœur d’étudiants en pleurs déjà établis et intégrés ici, mais mercredi, il a dit avoir été «très ébranlé» par leurs témoignages : il a donc décidé avec son ministre Simon Jolin-Barrette de faire marche arrière.

«Non, je n’ai pas aimé ma journée, et quand j’ai parlé à mon épouse hier soir [mardi], elle a bien vu que je n’avais pas aimé ma journée», a-t-il reconnu en mêlée de presse.

À la source de cette crise : en date du 1er novembre, le gouvernement a resserré le PEQ, qui permettait à tous les étudiants étrangers titulaires d’un diplôme admissible ou aux personnes avec une expérience de travail au Québec de recevoir rapidement un certificat de sélection du Québec, et ainsi de pouvoir s’installer ici.

Or dorénavant, seuls sept programmes de doctorat, 24 de maîtrise, 54 de baccalauréat et 59 diplômes d’études collégiales font partie d’une liste qui sera révisée chaque année, en fonction des besoins du marché du travail.

Finalement, un droit acquis sera accordé à ceux qui ont déjà été admis sous les anciennes règles du PEQ. Cependant, un étudiant admis dans un programme de baccalauréat qui est en demande sur le marché du travail pourrait apprendre, après deux ans, sans avoir encore terminé sa formation, que ce programme n’est plus admissible dans la liste du nouveau PEQ.

«Effectivement, il faut peut-être regarder la date d’entrée pour ne pas pénaliser des personnes», a évoqué M. Legault, sans préciser davantage.

Question d’image

«Quelle sorte d’image internationale ça donne au Québec? Est-ce que vous avez le goût de venir au Québec si le gouvernement change les règles et ne respecte pas le contrat avec les étudiants?» a demandé le chef intérimaire de l’opposition, Pierre Arcand.

«C’est quoi la prévisibilité? C’est une loterie [pour les futurs étudiants] : essaie-toi, mais c’est possible que le programme ne soit pas dans la liste l’an prochain, a condamné le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé. Le contrôle de la qualité des programmes, qui s’en occupe?»

M. Bérubé a dénoncé l’effet sur un cégep tel que celui de Matane, dans sa circonscription, qui perdrait 200 étudiants sur 700, alors que M. Legault lui a rétorqué : «On n’est pas pour aller former des cégépiens dans des domaines où il n’y a pas d’emplois.»

Or en animation 3D, un programme qui n’est pas dans la nouvelle liste, le taux de placement est de 100 %, assure M. Bérubé.

Les partis d’opposition réclament tous le retrait des nouvelles règles en immigration.

En mêlée de presse, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a laissé entendre qu’il fait montre d’empathie et de sensibilité en reculant, contrairement à ce qui lui a été reproché. La veille, il avait pourtant refusé de rencontrer les étudiants présents dans les tribunes de l’Assemblée.

En 2018, il y avait 11 000 personnes admises en vertu du PEQ au Québec.

À LIRE AUSSI : La froide logique de Jolin-Barrette

Politique

Il n’y a pas de filet social pour les victimes d’exploitation sexuelle

Les victimes d’exploitation sexuelle se retrouvent devant le vide en termes de services lorsqu’elles passent à l’âge adulte.

Témoignant devant la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs, mardi à Québec, des représentantes des Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) ont dressé un sombre portrait de la situation des femmes qui se veulent se sortir de la prostitution.

«Présentement, nous n’avons pas le filet social pour les aider à la majorité», a déclaré Maude Dessureault Pelletier, porte-parole du regroupement.

«Dans la majorité des cas, ces jeunes filles chercheront de l’aide une fois adultes pour se sortir de l’industrie du sexe et travailler sur les conséquences de leur passage dans l’industrie du sexe», a-t-elle expliqué, notant qu’à la majorité, bien souvent à la sortie des centres jeunesse, les jeunes femmes perdent tout soutien.

Et pourtant, «l’exploitation sexuelle n’est pas un phénomène qui prend fin à la majorité», a-t-elle rappelé.

Un manque de ressources

Même les CALACS, a-t-elle fait valoir, reçoivent du financement pour s’occuper des victimes d’agression sexuelle, mais n’en ont pas spécifiquement ou de façon récurrente pour les victimes d’exploitation sexuelle.

«Il y a très très peu d’organismes qui travaillent spécifiquement auprès de ces filles-là et de ces femmes-là dans une perspective de sortie. On peut parler d’hébergement, que ce soit de l’hébergement d’urgence, mais aussi d’hébergement à plus long terme», a expliqué sa collègue Marie-Michèle Whitlock.

Mme Whitlock a souligné que les femmes qui se retrouvent sans soutien social à la majorité sont souvent en situation de pauvreté et «dans l’écrasante majorité des cas, la prostitution est un acte de survie». Elle a, par exemple, évoqué la situation classique de la personne devenue majeure, se retrouvant sans le sou et ayant, bien souvent, des problèmes de toxicomanie qui se tourne vers la prostitution pour financer sa dépendance, dépendance qui en retour la condamne à la pauvreté et la place dans une position extrêmement vulnérable.

Certaines de ces victimes ne peuvent même pas compter sur leur chèque d’aide sociale puisque celui-ci est fréquemment amputé pour régler des dettes encourues non seulement par la jeune femme, mais par son proxénète qui emprunte à son nom à elle.

Ces femmes se retrouvent alors abandonnées à leur sort à plusieurs égards.

Situation «absurde»

Ainsi, témoignant pour la Direction générale de l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC), l’avocate Catherine Geoffroy a reconnu que l’organisme se retrouve dans «une situation un peu absurde» en n’ayant pas le droit d’indemniser les victimes d’exploitation sexuelle. Pourquoi? Parce que ses représentants sont «contraints de suivre la liste des crimes qui se trouve à l’annexe de la loi».

Or, le crime de proxénétisme dont elles sont victimes ne se trouve pas sur cette fameuse liste.

Ces difficultés ne sont que la pointe de l’iceberg de problèmes mis au jour par les intervenants dans le domaine au deuxième jour des travaux de la commission; elles illustrent un système de soutien qui n’est pas adapté aux besoins de ces victimes, qui n’a pas le financement requis pour offrir l’aide nécessaire et mettent en lumière un problème de fond, qui est la pauvreté des femmes qui sont victimes d’exploitation sexuelle, et ce, peu importe le milieu d’où elles viennent.

Politique

Déguisement d’Halloween: les libéraux déposent une plainte contre Catherine Dorion

Le Parti libéral a déposé une plainte contre Catherine Dorion auprès de la commissaire à l’éthique. Pour sa photo d’Halloween prise dans le Salon rouge, jeudi dernier, les libéraux accusent la députée de Québec solidaire de «non-respect de l’institution» du parlement et de porter «atteinte à la dignité de la fonction de député».

Dure journée au bureau pour Mme Dorion, mardi, à l’Assemblée nationale de Québec. Édifice situé dans la circonscription de Taschereau que Mme Dorion représente au parlement.

En matinée, le péquiste Sylvain Gaudreault a mis en doute la qualité de son travail de circonscription, secondé par son chef par intérim de parti, Pascal Bérubé.

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Puis en fin de journée, les libéraux sont passés de la parole aux actes en déposant une plainte formelle auprès de la commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale, Ariane Mignolet, concernant l’incident de la photo d’Halloween et une publication Facebook antérieure sur le même sujet.

«Les libéraux ont décidé de se mettre sur mon cas», a commencé une Mme Dorion visiblement ébranlée, lors d’un point de presse convoqué à 20 minutes d’avis en fin de journée.

«Ça fait longtemps que je me retiens de taper sur les libéraux, je me dis qu’ils sont l’opposition et que je ne me ferai pas d’ennemis pour rien. Mais vous êtes quand même le parti de l’austérité, le parti de la collusion, de la corruption, le parti qui a mis le Québec à genoux!

«Qu’ils viennent parler d’éthique? De décorum? De respect des valeurs? Après avoir fait ça pendant des années au Québec? Je trouve ça vraiment culotté de venir me dire : “Catherine Dorion a un petit problème d’éthique parce qu’elle s’est assise sur un bureau au Salon rouge, pour prendre une photo.”»

Jeudi dernier, jour de l’Halloween, Mme Dorion s’était «déguisée en députée» à jupe courte le temps d’une photo sur un bureau de la salle du Conseil législatif. Cliché coiffé du titre «Joyeuse Halloween» relayé par les médias traditionnels et les réseaux sociaux, avant d’être retiré par la principale intéressée.

Politique

Wexit Alberta s’adresse à Élections Canada pour devenir un parti fédéral

EDMONTON - Le mouvement séparatiste albertain baptisé Wexit Alberta a déposé aux autorités d’Élections Canada une demande pour devenir un parti politique fédéral reconnu.

Un porte-parole d’Élections Canada a indiqué que le processus d’étude de la demande avait débuté.

Le leader de Wexit Alberta, Peter Downing, affirme que les signatures de plus de 500 personnes appuyant la demande ont été jointes au dossier remis à Élections Canada.

En fin de semaine, environ 700 personnes ont assisté à Edmonton à une activité organisée par Wexit Canada, un mouvement indépendantiste qui fait la manchette depuis la divulgation des résultats des élections fédérales du 21 octobre dernier. Malgré la victoire du Parti libéral (PLC), l’Alberta et la Saskatchewan ne comptent aucun élu libéral.

Peter Downing affirme qu’un pays indépendant au milieu des Prairies pourrait tirer parti de la Convention des Nations Unies sur le droit de mer pour obtenir un accès à un oléoduc pour transporter outre-mer le pétrole de l’Alberta.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a résisté, principalement par le biais d’actions en justice, au projet d’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain entre les sites de sables bitumineux de l’Alberta et la côte du Pacifique.

Peter Downing, un ex-militaire et ancien officier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), affirme que les avantages du Canada n’existent plus dans le coeur de plusieurs Canadiens de l’ouest.

Politique

Luc Joli-Cœur intéressé par la direction du Parti vert du Canada

Candidat vert aux récentes élections fédérales dans la circonscription de Québec, Luc Joli-Cœur souhaite participer à la course à la direction du parti.

«Il est un peu tôt pour faire connaître mes intentions, mais oui, je pourrais être un bon candidat. J’y pense et j’aimerais que d’autres y pensent aussi, parce que ce sera important d’avoir un ou des candidats du Québec», a commenté M. Joli-Cœur, lundi, après l’annonce de la démission d’Elizabeth May du poste de cheffe du Parti vert du Canada (PVC).

Comme autre candidat québécois de valeur, il pense à Pierre Nantel, candidat vert défait aux dernières élections fédérales dans Longueuil–Saint-Hubert. La candidature d’Alex Tyrrell, chef du Parti vert du Québec, ne trouve par contre pas grâce à ses yeux. Les pétitions lancées par M. Tyrrell juste avant la campagne pour forcer le PVC à se retirer plus vite des sables bitumineux, puis il y a quelques jours pour exiger le départ de Mme May, «manquaient pour le moins d’élégance», selon M. Joli-Cœur. M. Tyrrell n’aurait «pas de support», ajoute-t-il.

Économiste de formation, cadre dans la fonction publique provinciale en congé sans solde et ancien membre de cabinets ministériels du Parti québécois, M. Joli-Cœur a récolté 5,4 % des voix dans sa circonscription, le 21 octobre dernier. Meilleure moyenne au bâton que l’ensemble des verts de la région (3,6 %) et de la province (4,4 %), mais moins que la récolte canadienne (6,5 %). Joli-Cœur a obtenu près du double de ce qu’un autre candidat vert avait fait quatre ans plus tôt (2,9 %).

Ses 2949 votes seront toutefois réévalués un à un mardi, lors du recomptage judiciaire obtenu par la candidate bloquiste de la circonscription, Christiane Gagnon. Le libéral Jean-Yves Duclos a été élu avec une avance de 325 voix.

Un manque de clarté d’entrée de jeu sur les questions de l’avortement et de la Loi québécoise sur la laïcité de l’État «ne nous a pas aidés», analyse M. Joli-Cœur, à propos de la dernière campagne. Il se dit en accord avec le chef adjoint Daniel Green sur le fait qu’être «parfaitement bilingue» s’avérera essentiel pour le prochain chef du PVC.  

Politique

Doug Ford se propose comme hôte d'un sommet des premiers ministres

TORONTO — L’unité nationale était au coeur des préoccupations du premier ministre ontarien, Doug Ford, lundi alors qu’il proposait d’accueillir une rencontre anticipée des premiers ministres des provinces pour discuter de ce qu’il a qualifié de «sentiment d’aliénation de l’Ouest» au lendemain des élections fédérales.

Le premier ministre ontarien a fait cette annonce lors de sa première conférence de presse depuis que les libéraux fédéraux ont été réélus il y a deux semaines avec un gouvernement minoritaire, sans toutefois remporter un seul siège en Alberta ou en Saskatchewan.

Il s’est dit troublé par les résultats du scrutin fédéral du 21 octobre, mais a également dit comprendre les préoccupations des résidents de l’Ouest canadien.

«Les gens de l’Alberta, les gens de la Saskatchewan (...) ils ont juste l’impression d’être ignorés, a soutenu M. Ford. Je n’ai jamais vu un pays aussi divisé, mais nous devons rester unis.»

Le Québec doit accueillir en juillet prochain la rencontre estivale des premiers ministres des provinces et territoires, dans le cadre du Conseil de la fédération.

Durant la campagne électorale, le premier ministre Justin Trudeau a souvent pris à partie Doug Ford, faisant campagne contre le premier ministre ontarien, qui a limité les apparitions publiques et qui n’a pas fait campagne pour les conservateurs fédéraux.

M. Ford a déclaré que l’idée d’organiser une rencontre anticipée des premiers ministres avait été évoquée lors d’une conférence téléphonique, vendredi dernier, avec presque tous ses homologues. Il a ajouté que les premiers ministres avaient également discuté d’infrastructures, de dépenses en soins de santé et de la nécessité de forcer les libéraux fédéraux à respecter leurs engagements électoraux.

«Nous devons travailler ensemble, a déclaré M. Ford à propos des premiers ministres des provinces et des territoires. Tous les premiers ministres avec lesquels (je me suis) entretenu ont pensé qu’il serait bien de se réunir (...) On doit aussi entendre les préoccupations des gens de l’Ouest.»

M. Ford a également déclaré qu’il était important d’écouter le Québec, d’autant plus que le Bloc québécois a remporté plus de sièges que tout autre parti dans cette province.

Une porte-parole du premier ministre Trudeau a déclaré que les Canadiens attendaient des élus de tous les niveaux de gouvernement qu’ils travaillent ensemble pour le pays.

«Contrairement à son prédécesseur (Stephen Harper), le premier ministre a tenu régulièrement des réunions des premiers ministres au cours des quatre dernières années et a l’intention de continuer à le faire dans les années à venir, a déclaré Chantal Gagnon. Il a également l’intention de continuer de rencontrer et de parler individuellement avec les premiers ministres.»

Une porte-parole du premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a indiqué que les premiers ministres avaient eu une bonne discussion sur les résultats des élections fédérales lors de la conférence téléphonique de la semaine dernière.

«De plus, le premier ministre Kenney appuierait une rencontre du Conseil de la fédération à Toronto ou ailleurs», a ajouté Christine Myatt.

Un porte-parole du premier ministre du Québec a déclaré que François Legault est toujours intéressé à rencontrer ses homologues.

«Notre gouvernement veut poursuivre les discussions et une bonne coopération dans les différents dossiers, toujours dans le but de défendre les champs de compétence des provinces et les intérêts des Québécois», a déclaré Ewan Sauves.

Une porte-parole du premier ministre britanno-colombien, John Horgan, a pour sa part déclaré que l’unité nationale sera probablement à ordre du jour la prochaine fois que les premiers ministres se rencontreront.

Politique

Elizabeth May quitte la direction du Parti vert [VIDÉO]

OTTAWA — Elizabeth May tire sa révérence comme leader du Parti vert, mais ne s’éloigne pas trop.

Celle qui a dirigé le parti depuis 2006 demeure leader parlementaire de son parti et prévoit se présenter à nouveau aux prochaines élections. Elle planifie même une candidature pour la présidence de la Chambre après ces prochaines élections.

En attendant, Mme May se réjouit de pouvoir travailler en trio, elle qui a réussi, pour la première fois, à faire élire trois députés verts aux Communes. Elle estime d’ailleurs qu’elle cède la place à un bon moment; les verts ont obtenu 6,5 % des votes au pays et ils ont doublé le nombre de votes au Québec.

«C’était ce qu’il y a de mieux pour le parti. Je suis convaincue que c’est aussi ce qu’il y a de mieux pour moi, personnellement. Et j’ai promis à [ma fille] Cate», a-t-elle dit pour expliquer pourquoi elle cédait la place maintenant.

Jo-Ann Roberts devient leader par intérim. Mme Roberts dirigera le parti jusqu’à l’élection du prochain chef, le 4 octobre 2020, à l’issue d’un congrès du parti à Charlottetown. Elle est une ancienne journaliste de la CBC au Nouveau-Brunswick, candidate défaite à Halifax aux élections d’octobre dernier.

Les deux autres députés verts élus le mois dernier — Jenica Atwin à Fredericton et Paul Manly sur l’île de Vancouver —, présents à la conférence de presse de Mme May, lundi à Ottawa, ont indiqué qu’ils n’étaient pas, pour l’instant, intéressés à se présenter au poste de leader.

Mme Roberts n’aura pas le droit de se présenter à la chefferie puisqu’elle aura occupé le poste de chef par intérim.

Daniel Green, leader adjoint au Parti vert, aussi présent, n’a pas, lui non plus, levé la main.

Bilinguisme du prochain leader

«Je pense que c’est essentiel d’avoir un chef bilingue», a convenu Mme May en parlant de son successeur.

Alors, est-ce que sa faible maîtrise du français, qui lui a nui au Québec, doit servir de leçon pour le choix du prochain chef vert? Mme May a eu l’air franchement étonnée d’entendre la question.

«Je pense que ce n’est pas un problème. C’est la première fois que j’écoutais ça [sic] que c’est un problème au Québec», a-t-elle dit à propos de la qualité de son français.

M. Green a félicité Mme May pour ses efforts en français et a souligné «l’imperfection du français» des autres chefs de parti. Ce qui ne l’a pas empêché d’identifier clairement ses attentes pour le prochain chef.

«Je pense qu’en 2020, ne pas être parfaitement bilingue comme chef de parti, c’est un non-sens. Rendu où on est dans notre histoire, je pense que la plupart des candidats et des candidates [à la direction] vont le comprendre», a-t-il déclaré.