Le Bloc québécois votera contre le discours du Trône du gouvernement Trudeau

Politique

Le Bloc québécois votera contre le discours du Trône du gouvernement Trudeau

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA — Le Bloc québécois votera bel et bien contre le discours du Trône.

C’est ce qu’a confirmé le chef Yves-François Blanchet dans un discours à la Chambre des communes, jeudi après-midi.

M. Blanchet avait lancé un ultimatum d’une semaine aux libéraux après le discours du Trône. Il leur avait dit qu’ils avaient une semaine pour acquiescer favorablement à la hausse des transferts en santé telle que demandé par Québec.

N’ayant pas eu de suite à sa demande, la formation politique de M. Blanchet n’appuiera pas le gouvernement dans ce vote de confiance.

Les conservateurs ont déjà indiqué qu’ils vont voter contre.

Crise d’octobre: Justin Trudeau ne présente pas d’excuses

Politique

Crise d’octobre: Justin Trudeau ne présente pas d’excuses

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Les tentatives d’obtenir des excuses du premier ministre Justin Trudeau pour les victimes de la Crise d’octobre ont été vaines.

Les voix du premier ministre François Legault ainsi que du Bloc québécois n’ont pas suffi à faire plier M. Trudeau pour les gestes posés par son père il y a 50 ans.

Le 16 octobre 1970, la Loi sur les mesures de guerre était imposée au Québec par le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau à la demande du gouvernement de Robert Bourassa, alors premier ministre du Québec.Des centaines d’artistes, de journalistes et de syndicalistes d’allégeance indépendantiste ont été arrêtés ou détenus de façon arbitraire.

Le ministre provincial du Travail, Pierre Laporte, a été retrouvé mort le 17 octobre 1970 dans le coffre d’une voiture. Il avait été enlevé par la cellule Chénier du Front de libération du Québec (FLQ), mais la thèse de l’assassinat a été réfutée au fil des ans.

À l’approche du 50e anniversaire de la Crise d’octobre, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer des excuses officielles du premier ministre canadien.

«Il y a eu des mesures qui ont été mises en place puis il y a des personnes qui ont été arrêtées sans fondement, donc, je pense qu’il devrait y avoir des excuses», a déclaré François Legault en conférence de presse jeudi.

«C’est certain que les événements d’octobre 1970 ont été très difficiles pour bien des Québécois. Je pense qu’il faut commencer par avoir une pensée pour la famille de Pierre Laporte, pour qui cet anniversaire ramène de très douloureux souvenirs», a offert M. Trudeau, en marge d’une conférence de presse sur les infrastructures à Ottawa.

Quelques minutes plus tôt, l’Assemblée nationale échouait à faire adopter une motion demandant des excuses officielles au premier ministre Trudeau pour les 36 000 victimes de la Crise d’octobre. Le Parti libéral du Québec (PLQ) s’y est opposé.

La motion du Parti québécois a reçu l’appui de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de Québec solidaire (QS), mais le leader de l’opposition officielle, André Fortin, a refusé son consentement.

La motion rappelait qu’en octobre 1970, 497 Québécois «ont été injustement arrêtés et emprisonnés, et 36 000 personnes ont fait l’objet d’une perquisition abusive en raison de leur allégeance politique indépendantiste».

«Ce n’est pas notre vision des choses, a justifié la cheffe libérale, Dominique Anglade, en conférence de presse. On n’a pas voté en faveur des demandes des excuses formelles à Ottawa. On n’était pas en accord avec la motion telle qu’elle était libellée, et nous allons revenir, la semaine prochaine, avec notre propre motion.»

François Legault vole à la rescousse de la ministre des Affaires autochtones

Politique

François Legault vole à la rescousse de la ministre des Affaires autochtones

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Le premier ministre François Legault a volé jeudi à la rescousse de sa ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, et assuré donner des suites concrètes au rapport Viens.

Ce rapport déposé il y a un an souligne notamment que les Autochtones au Québec ont peur d’aller se faire soigner dans les centres hospitaliers.

Il recommande de procéder à leur «sécurisation culturelle» via un changement législatif, une recommandation qui «dort» sur le bureau de la ministre depuis un an, estime la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon.

Celle-ci dit vivre durement la mort, lundi, à l’Hôpital de Joliette, de Joyce Echaquan, une mère de sept enfants victime de propos dénigrants et dégradants peu avant son décès.

«Tout est là (...) dans le rapport Viens, s’est exclamée jeudi Mme Hivon en point de presse à l’Assemblée nationale. C’est inconcevable! Ça aurait dû être une priorité d’action.»

+

Mort de Joyce Echaquan: «la pire forme de racisme», dénonce Justin Trudeau

Politique

Mort de Joyce Echaquan: «la pire forme de racisme», dénonce Justin Trudeau

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que Joyce Echaquan, une femme atikamekw, avait subi «la pire forme de racisme» en étant insultée par du personnel infirmier sur son lit d’hôpital peu avant son décès.

La mère de famille est morte à l’hôpital de Joliette, lundi soir, dans des circonstances troublantes.

Avant son décès, elle s’est filmée de sa civière. Vers la fin de la vidéo d’environ sept minutes, on peut voir du personnel hospitalier proférer des injures racistes à l’endroit de Mme Echaquan. Des propos qui ont suscité l’indignation aussi à Ottawa.

«Tous les Canadiens ont été choqués de voir cette vidéo des derniers moments de Joyce Echaquan. Toutes nos condoléances vont à sa famille et aux habitants de Manawan en ces temps incroyablement difficiles», a réagi M. Trudeau à la Chambre des communes, mercredi.

«Ce qui s’est passé, c’est la pire forme de racisme quand quelqu’un avait le plus besoin d’aide. C’est un exemple, un autre exemple de racisme systémique qui est tout simplement inacceptable au Canada», a-t-il ajouté.

Autres réactions

Le chef du Bloc québécois et son député de Joliette ont tous les deux pris la parole.

«Mme Echaquan s’est rendue à l’hôpital pour recevoir de l’aide; elle y a reçu du mépris. (...) Ma réaction de dégoût n’a rien de politique. Ma réaction s’indigne du reflet odieux d’un miroir sur plusieurs d’entre nous et dont nous portons tous la honte», a dit Yves-François Blanchet.

«Mon coeur est rempli de tristesse, mais il déborde de rage», a réagi Gabriel Ste-Marie, qui a demandé du même coup une «vraie enquête indépendante avec de vraies réponses».

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, s’est adressé à la défunte pour exprimer sa peine.

«Je suis vraiment désolé, Joyce. Les derniers moments de votre vie n’auraient pas dû se terminer ainsi. Le racisme systémique prive les gens de leur dignité et les tue», a laissé tomber M. Singh.

Deux enquêtes sont présentement en cours : une du Bureau du coroner et une autre du CIUSSS de Lanaudière, qui a l’hôpital sous son égide. Le CIUSSS a d’ailleurs congédié une des infirmières qui a admis avoir tenu des propos racistes entendus dans la vidéo.

Guéris de la COVID-19, Yves-François Blanchet et Erin O’Toole de retour au parlement

Politique

Guéris de la COVID-19, Yves-François Blanchet et Erin O’Toole de retour au parlement

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Quelques heures après être sorti de son isolement, le chef conservateur Erin O’Toole était déjà à la Chambre des communes pour y prononcer un discours à saveur pré-électorale.

M. O’Toole a livré sa réplique au discours du Trône, une semaine après la lecture du document par la gouverneure générale. Il avait été obligé de rester à la maison pendant 14 jours après avoir reçu un test positif de la COVID-19 plus tôt ce mois-ci.

Mercredi après-midi, aucune trace de fatigue ou de symptômes du virus alors que le chef conservateur vilipendait sans retenue le gouvernement Trudeau.

Pendant près d’une heure, il a critiqué la gestion des libéraux pendant la pandémie, déploré les divisions régionales au pays et la vision centralisatrice d’Ottawa envers les provinces, déviant de ses notes écrites - en anglais, seulement - pour attaquer le gouvernement de plus belle.

À plusieurs reprises, il a voulu présenter sa vision pour son «gouvernement en attente» et, lui, comme un premier ministre en attente.

Il l’a notamment fait en voulant présenter sa vision d’un fédéralisme décentralisé.

«Notre pays est une confédération, une alliance des provinces. Des provinces qui partagent une destinée commune, et un rêve commun. Et le premier ministre du Canada doit être le trait d’union qui les unit», a déclaré M. O’Toole en français.

«Comme premier ministre, je vais être un partenaire, pas un paternaliste», a-t-il poursuivi.

Blanchet «chanceux»

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lui aussi effectué un retour aux Communes mercredi. Il était sorti de son isolement samedi, mais en vertu des consignes de santé publique de l’Ontario, ne pouvait pénétrer l’enceinte du parlement avant cette date-là.

S’exprimant en conférence de presse, il s’est dit chanceux d’avoir eu peu de symptômes.

«Certaines personnes passent à travers de façon bien plus douloureuse que moi. (...) J’ai été très, très, très chanceux. Certaines personnes en meurent», a déclaré M. Blanchet d’un ton solennel.

Le chef bloquiste répliquera à son tour au discours du Trône, jeudi après-midi.

La Chambre des communes adopte à l’unanimité une loi de soutien aux travailleurs

Politique

La Chambre des communes adopte à l’unanimité une loi de soutien aux travailleurs

Joan Bryden
La Presse Canadienne
Mia Rabson
La Presse Canadienne
OTTAWA - La Chambre des communes a adopté à l’unanimité une loi autorisant de nouvelles prestations pour les travailleurs sans emploi ou sous-employés en raison de la pandémie.

Dans le processus, le gouvernement libéral minoritaire a survécu à son premier «vote de confiance» de l’ère de la pandémie, assurant au moins pour l’instant qu’il n’y aura pas d’élection, car les cas de COVID-19 grimpent dangereusement à travers le pays.

Le projet de loi C-4 a été adopté à la Chambre des communes mercredi au petit matin, après une journée de manoeuvres politiques et seulement quatre heures et demie de débat sur le contenu réel du projet de loi.

En fin de compte, les députés conservateurs, qui avaient vivement protesté contre la mise en oeuvre accélérée du projet de loi et utilisé des tactiques procédurales pour le retarder, ont voté en faveur. Il en a été de même pour les députés du Bloc québécois, qui s’étaient également opposés à une procédure accélérée.

Le projet de loi doit encore être adopté par le Sénat, qui doit se réunir mercredi pour se prononcer rapidement.

Le leader du gouvernement à la Chambre, Pablo Rodriguez, avait décrété plus tôt mardi que le vote à la Chambre des communes constituerait ni plus ni moins un «vote de confiance». Ce qui signifie que le gouvernement libéral minoritaire serait tombé si le projet de loi avait été rejeté.

Cependant, cette possibilité aura toujours été peu probable, puisque le chef néo-démocrate Jagmeet Singh avait déjà indiqué que son parti allait voter en faveur du projet de loi parce que les libéraux ont accepté de bonifier les prestations d’aide et d’étendre les critères d’admissibilité pour des congés de maladie.

Le projet de loi remplace la prestation canadienne d’intervention d’urgence de 500 $ par semaine, qui a pris fin la fin de semaine dernière après avoir aidé près de neuf millions de Canadiens à surmonter les effets de la pandémie.

À sa place, les travailleurs touchés par la pandémie auront accès à un régime d’assurance-emploi plus souple et plus généreux et, pour ceux qui ne sont toujours pas admissibles à l’assurance-emploi, à une nouvelle prestation canadienne de rétablissement.

Le projet de loi crée également une nouvelle prestation de congé de maladie et une autre nouvelle prestation pour les personnes forcées de s’absenter du travail pour s’occuper d’une personne à charge en raison de la pandémie.

À la demande du NPD, le gouvernement a augmenté les nouvelles prestations proposées à 500 $ par semaine par rapport aux 400 $ initialement proposés, afin que personne ne reçoive moins que ce qu’il recevait avec la PCU.

Il a également élargi les critères d’admissibilité à la prestation de congé de maladie afin qu’elle s’applique non seulement aux personnes qui contractent la COVID-19, mais également à celles qui souffrent de problèmes de santé sous-jacents ou d’autres maladies, y compris la grippe ou le rhume, qui les rend plus vulnérables à la COVID-19.

La ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, a estimé que les nouvelles mesures coûteraient 34 milliards de dollars. Le projet de loi comprenait également quelque 17 milliards de dollars d’autres dépenses liées à la COVID-19.

Le NPD a accepté à contrecoeur d’appuyer le traitement accéléré du projet de loi afin de donner l’assurance aux bénéficiaires de la PCU qu’ils ne seront pas laissés à la dérive maintenant que la PCU a été supprimée.

Mais les partis d’opposition ont accusé le gouvernement libéral de leur enfoncer ce projet de loi dans la gorge.

Ils ont souligné la décision de Justin Trudeau le mois dernier de proroger le Parlement, ce qui l’a empêché de traiter de tout projet de loi jusqu’à la reprise des activités parlementaires la semaine dernière. Les partis d’opposition ont également accusé le premier ministre d’avoir utilisé la prorogation pour mettre un terme aux travaux des comités parlementaires qui enquêtaient sur le scandale WE Charity, concernant un possible conflit d’intérêts de Justin Trudeau et de l’ancien ministre des Finances Bill Morneau.

En soirée, le député conservateur Michael Barrett a forcé la tenue d’un débat pour l’adoption d’une motion visant à attirer l’attention sur un autre cas de laxisme éthique libéral. Sa motion réclamait des excuses de la part de l’ex-député libéral Joe Peschisolido pour avoir contrevenu aux règles sur les conflits d’intérêts lorsqu’il siégeait toujours aux communes.

Un rapport du commissaire à l’éthique, Mario Dion, a été publié sur cette affaire il y a huit mois. Le document conclut que M. Peschisolido a omis à répétition de déclarer ses intérêts.

Le député libéral de l’Île-du-Prince-Édouard, Wayne Easter, a reconnu que l’affaire mérite d’être débattue, mais que le moment était mal choisi.

Ce débat a néanmoins retardé de plus de deux heures l’avancement de l’adoption du projet de loi C-4

Les conservateurs ont de nouveau retardé le projet de loi mardi en proposant un amendement à une motion du gouvernement visant à accélérer l’adoption de la loi. L’amendement, qui aurait permis encore plusieurs jours de débat, a été rejeté par les libéraux, avec l’appui du NPD.

Cependant, le sénateur Scott Tannas, leader du Groupe sénatorial canadien, a notifié mardi qu’il présentera une motion exigeant au moins une semaine de débat sur toutes les futures lois gouvernementales proposées pendant la pandémie. En cas de «véritable urgence», sa motion obligerait le gouvernement à faire valoir au Sénat pourquoi un projet de loi devrait être adopté rapidement.

Pablo Rodriguez a indiqué qu’un autre projet de loi d’urgence - pour prolonger l’allégement des loyers pour les entreprises - pourrait être sur la table. À la suite d’une réunion du cabinet en soirée mardi, il a déclaré aux journalistes que le gouvernement était bien conscient que les entreprises devaient payer leur loyer jeudi et que «je peux vous dire que nous n’allons pas les laisser tomber».

Contrairement à la Chambre des communes, qui a repris toutes ses fonctions normales jeudi dernier en utilisant un format hybride - avec seulement quelques dizaines de députés réellement dans la chambre et le reste participant virtuellement, le Sénat n’a pas encore repris ses séances régulières. Depuis la mi-mars, le Sénat ne siège que périodiquement pendant quelques heures pour débattre rapidement et adopter des législations sur les aides d’urgence.

Dans un communiqué, Scott Tannas a déclaré que les membres de son caucus souhaitaient que le Sénat adopte un format similaire à celui actuellement utilisé aux Communes. Et il a déclaré qu’ils étaient «frustrés par la pression continue du gouvernement sur le Sénat pour qu’il se contente de donner son aval rapidement à des législations importantes et complexes relatives à la pandémie, dépensant des milliards de dollars sans avoir fait d’examens approfondi et avec peu ou pas de débat.»

Le sénateur Marc Gold, le représentant du gouvernement au Sénat, a déclaré que des discussions «collégiales» sur la «continuité opérationnelle» du Sénat pendant la pandémie étaient en cours. Il a refusé d’autres commentaires.

Course au PQ: un pas de plus pour le militant Sylvain Gaudreault

Politique

Course au PQ: un pas de plus pour le militant Sylvain Gaudreault

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois choisira son nouveau chef le 9 octobre, deux ans après la démission de Jean-François Lisée. Au cours des quatre dernières semaines de cette course marathon, Le Soleil vous présente les quatre candidats en lice pour mener le PQ aux élections générales de 2022. Aujourd’hui : Sylvain Gaudreault

«J’ai tout fait. J’ai posé des affiches, j’ai fait du financement, j’ai fait du porte-à-porte. J’ai été candidat, député, ministre, j’ai été chef intérimaire du parti. Je le connais parfaitement, ce parti-là! Et toute ma vie politique a été inscrite au cœur de mon rôle de militant.»

Sylvain Gaudreault veut maintenant devenir chef permanent du PQ. Cela n’a jamais été un objectif en soi, assure-t-il. Mais il voit ce pas de plus comme un nouvel outil pour «changer les choses pour la société québécoise vers l’indépendance, mais changer aussi les choses à l’intérieur du parti».

Membre du Parti québécois depuis 1987, il était au cégep. Il est devenu député 20 ans plus tard, en 2007, et a maintenant été élu à cinq reprises dans la circonscription de Jonquière. Dont la dernière fois, en 2018, avec son plus fort pourcentage de vote, 48,4 %.

«Dans ma vie politique, la chefferie, c’est l’expérience la plus forte que j’ai vécue en termes de campagne électorale. Sans diminuer ce que je vis dans le comté. Mais faire le tour du Québec, aller à la rencontre des gens... Et il faut être bon sur tout, pas juste sur l’environnement ou les enjeux locaux ou régionaux. Là, il faut avoir des choses à dire sur la langue française, sur le développement économique, sur l’urbanisme, etc.» énumère-t-il, en entrevue au Soleil.

«Je ne quitterai pas ma famille»

En tête de peloton depuis plusieurs semaines d’une lutte à quatre qui se sera étirée sur près d’un an —  M. Gaudreault a été le premier candidat déclaré, en novembre —, l’homme de 50 ans avance ne préparer aucun autre scénario que celui de la victoire.

«Je suis dans un état d’esprit pour gagner. Ç’a toujours été ça! J’ai fait cinq campagnes dans Jonquière, j’ai toujours gagné. Je n’ai pas d’autre scénario», affirme-t-il.

Zones rouges: les trois partis d'opposition réclament des explications

COVID-19

Zones rouges: les trois partis d'opposition réclament des explications

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Aucun des trois partis d’opposition n’a l’intention de se montrer docile envers le gouvernement Legault durant cette deuxième vague de pandémie de coronavirus.

Au contraire, réclamant plus de transparence et d’explications, ils entendent bien forcer le gouvernement à leur rendre des comptes sur son processus décisionnel.

Tous les trois reprochent au gouvernement de vouloir les voir endosser ses décisions reliées à la lutte contre la pandémie, sans jamais devoir justifier ses choix.

En point de presse à l’Assemblée nationale, mardi, le chef par intérim du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, a estimé que la santé publique n’avait d’autre choix que de rendre publics dès maintenant les avis touchant les mesures affectant les secteurs de la restauration, des bars et de la culture, durement frappés par des fermetures décrétées la veille.

Les partis d’opposition n’ont pas à «accepter sans questionner» des décisions gouvernementales ayant un impact important sur divers secteurs d’activité, décisions prises en principe à partir d’avis de la santé publique, selon lui.

Les cheffes de l’opposition libérale, Dominique Anglade, et de Québec solidaire, Manon Massé, ont tenu essentiellement le même discours mardi.

La veille, le premier ministre François Legault avait annoncé que trois régions du Québec passaient en zone rouge, soit en alerte maximale.

Dans ces régions (Montréal, Québec et Chaudière-Appalaches), cette situation entraînera à compter de jeudi toute une série de fermetures pour 28 jours : les restaurants, bars, salles de spectacles, théâtres, bibliothèques, musées et cinémas, notamment.

«C’est terminé le temps où on demande aux oppositions de partager le message (du gouvernement) sans avoir aucune indication sur comment les décisions ont été prises», a plaidé M. Bérubé, bien décidé à savoir sur quoi se basait le premier ministre pour prendre ses décisions.

En Chambre, à la période de questions, il est revenu à la charge pour savoir «sur quels écrits, sur quels avis le gouvernement du Québec engage notre santé, notre économie et notre liberté avant de prendre des décisions».

Legault évasif

Mais le premier ministre est demeuré évasif, laissant entendre qu’il n’avait aucun document à produire, aucun avis écrit de la santé publique.

Il a justifié cette situation, en faisant valoir que les décisions devaient «se prendre rapidement».

«On n’a pas le temps, pendant des semaines, d’écrire des rapports. C’est à chaque jour qu’il y a des décisions à prendre», a-t-il dit.

La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, est d’avis que le processus décisionnel tournerait plus rondement s’il était scindé en deux : «On a besoin de séparer les propos de la santé publique et les propos du politique».

Les deux entités devraient donc selon elle faire des points de presse différents, contrairement à ce qui se passe actuellement.

Depuis le début de la crise sanitaire, Mme Anglade estime que le gouvernement n’a pas su anticiper les problèmes et préparer convenablement le Québec à lutter contre le virus.

Elle estime que rien n’a changé, six mois plus tard, alors que débute la deuxième vague. «Je n’ai pas l’impression qu’on ait suffisamment anticipé la situation», selon elle.

Mme Anglade réclame du gouvernement qu’il fasse preuve de transparence. «Il faut qu’on comprenne comment les décisions sont prises», a-t-elle fait valoir, disant avoir de «la difficulté à comprendre» comment le gouvernement fonctionne.

En Chambre, la porte-parole en santé de l’opposition libérale, la députée Marie Montpetit, a noté que le Québec affichait «le pire bilan au Canada et un des pires au monde» pour ce qui est de la pandémie.

Sur le même ton, la députée solidaire Manon Massé a dit elle aussi ignorer «pourquoi le gouvernement a choisi telle chose ou telle chose», telle mesure plutôt qu’une autre.

«C’est au gouvernement d’expliquer pourquoi il a choisi de garder les centres d’achats ouverts», mais de fermer tout le secteur culturel, qui avait déjà été confiné au printemps, a-t-elle rappelé.

Le tout premier vote électronique aux Communes en proie à des pépins techniques

Politique

Le tout premier vote électronique aux Communes en proie à des pépins techniques

Joan Bryden
La Presse Canadienne
OTTAWA — Les députés fédéraux ont complété lundi soir leur tout premier vote à distance à la Chambre des communes, une occasion historique qui a été marquée par de nombreux pépins techniques, de longs délais et de brèves apparitions de certains de leurs enfants et même d'un animal de compagnie.

Le vote portait sur un sous-amendement du Bloc québécois en lien avec un amendement proposé par le Parti conservateur pour le discours du Trône de la semaine dernière, une question de routine qui aurait normalement pris 15 minutes.

Il a été battu par 293 voix contre 33 - avec l'aide d'un député bloquiste qui a accidentellement voté contre la proposition de son propre parti «à cause de toute la confusion» de la vidéoconférence.

Il aura fallu près de deux heures pour en arriver à ce résultat.

D'entrée de jeu, une défaillance du système de Microsoft a repoussé la tenue du vote d'environ 40 minutes.

Seulement quelques dizaines d'élus étaient présents pour se prononcer en personne et les autres se sont joints à eux par vidéoconférence lors d'un vote très lent par appel nominal.

Le président des Communes, Anthony Rota, a dû rappeler à plusieurs reprises aux députés de réactiver le son de leurs microphones et d'énoncer lentement la déclaration «Je vote pour (ou contre) la motion» afin de donner à leurs caméras d'ordinateur le temps de s'activer et de permettre aux agents de la table des Communes d'enregistrer chaque vote et puissent vérifier visuellement qui votait.

Il a également dû leur rappeler de couper le son de leurs micros dès qu'ils avaient fini de voter, notant que «tout mouvement comme embrasser vos enfants active le micro et la caméra vient sur vous».

Et en effet, le mauvais visage d'un député est apparu à plusieurs reprises sur l'écran vidéo lorsque quelqu'un exprimait son vote. De nombreux députés ont dû essayer plusieurs fois avant que leurs votes ne soient correctement enregistrés.

Quelques députés semblaient s'occuper de leurs enfants en même temps que voter.

Le vote du député libéral Nathaniel Erskine-Smith contre le sous-amendement du Bloc a été ponctué par le cri d'un bébé dans le berceau derrière lui, provoquant le rire des députés de la chambre.

Le tout-petit d'un député conservateur était assis à côté de lui alors qu'il votait. Et la députée conservatrice Michelle Rempel Garner a tenu un chien sur ses genoux, agitant sa patte à la caméra pendant qu'elle votait.

Plusieurs députés n'ont pas pu se connecter à la séance vidéo et ont dû enregistrer leurs votes séparément lors d'appels aux officiers de la table des Communes. Malgré cela, le vote de la députée verte Jenica Atwin n'a pas été enregistré, ce qu'Anthony Rota a promis d'examiner.

Le député libéral Emmanuel Dubourg a d'abord déclaré qu'il votait pour la motion, mais s'est immédiatement corrigé pour dire qu'il était contre.

Xavier Barsalou-Duval, le premier député du Bloc à voter par voie électronique, a suscité beaucoup de joie à la Chambre des communes lorsqu'il a déclaré qu'il votait également contre la motion. Cependant, il n'a pas immédiatement corrigé son erreur et sa tentative ultérieure de changer son vote par un oui a été rejetée.

Quand ce fut enfin terminé, le whip conservateur Blake Richards a noté qu'un certain nombre de députés masculins avaient voté sans porter de vestes tandis que d'autres semblaient avoir des «accessoires» en vue à l'écran, en violation des règles du décorum qui prévalent à la Chambre des communes. Il a également noté que certains députés avaient publié sur les réseaux sociaux des photos d'eux-mêmes votant virtuellement pour la première fois.

Anthony Rota a rappelé aux députés que le contexte derrière eux lorsqu'ils votent doit pratiquement être «aussi neutre que possible», sans accessoires ou quoi que ce soit qui «promeut une certaine idéologie». Les députés masculins doivent porter une veste et Anthony Rota les a encouragés à porter également une cravate.

Pour ce qui est de prendre des photos des procédures virtuelles, Anthony Rota a déclaré: «Je sais qu'ils sont excités et que c'est une soirée historique et qu'ils veulent prendre une photo, mais ils ne devraient pas prendre de photos et les publier sur le Web. C'est contraire aux règles.»

Le Bloc québécois propose un plan de relance économique post-pandémie

Politique

Le Bloc québécois propose un plan de relance économique post-pandémie

La Presse Canadienne
OTTAWA — Le Bloc québécois a dévoilé un plan de relance en vue de l'après-pandémie aux allures de plateforme électorale.

Intitulé «Le Québec choisit. Le Bloc agit», le document d'une vingtaine de pages aborde à la fois des enjeux de santé, de finances publiques et de lutte aux changements climatiques. Il a été réalisé après des tournées estivales du Bloc aux quatre coins du Québec.

«Le plan de relance post-COVID du Bloc québécois vient des régions du Québec. Et on a bon espoir que les gens des régions du Québec vont se reconnaître dans ce plan», s'est targué le chef Yves-François Blanchet, lors d'une conférence de presse lundi matin à Gatineau.

Il devait être rendu public il y a deux semaines, avant le discours du Trône, mais l'isolement préventif de la quasi-totalité des députés bloquistes et le test positif de leur chef sont venus compliquer les choses.

Faisant fi de ces délais, M. Blanchet a présenté le document préparé par son parti comme étant «infiniment plus précis que le discours du Trône» et a invité les autres formations politiques à s'en inspirer librement.

«Relance verte»

Le Bloc réclame de «mettre fin au modèle de dépendance aux hydrocarbures afin, au contraire, de favoriser la transformation au Québec de nos richesses», peut-on lire.

Il est proposé d'«investir dans la transformation au Québec des richesses naturelles et la mise en valeur de l'environnement au Québec», comme les énergies renouvelables, la forêt, la gestion des eaux usées et la recherche et le développement. De l'argent devra notamment être injecté pour favoriser l'électrification des transports et faciliter l'achat de véhicules zéro émission ou hybrides.

En contrepartie, Ottawa devra cesser d'investir, par le biais de subventions ou d'avantages fiscaux, dans les énergies fossiles de l'Ouest canadien. Le Bloc soutiendrait cependant une «aide importante» pour aider l'Alberta à transiter vers un «modèle de création de richesse durable».

Santé

Le Bloc souhaite la création d'une commission d'enquête sur la pandémie, «afin notamment d'évaluer le niveau de préparation du gouvernement fédéral, son niveau d'arrimage avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi que l'efficacité dans le détail de sa réponse économique».

Sans surprise, le Bloc se rallie à la demande des provinces et exige que le gouvernement fédéral augmente, sans condition, sa contribution dans les transferts en santé afin qu'elle couvre 35 % des dépenses totales.

Finances publiques

Le Bloc demande au gouvernement fédéral de «fournir des projections des finances publiques pour les trois prochaines années dès la rentrée parlementaire», avec le dépôt d'un budget. Il est prévu, pour le moment, qu'une mise à jour économique soit déposée cet automne.

Dans la colonne des nouveaux revenus, le Bloc propose de mettre fin à l'évitement fiscal par les grandes entreprises et à forcer les géants du web à percevoir la TPS sur leurs services.

Aînés

Le Bloc voudrait «augmenter de façon permanente la Sécurité de vieillesse de 110 $ par mois dès 65 ans et adapter le supplément de revenu garanti pour ne pénaliser personne». Pour l'instant, Ottawa compte bonifier la pension pour les aînés de 75 ans et plus seulement.

Il est proposé aussi d'octroyer automatiquement le crédit d'impôt pour soins à domicile, comme le fait Québec.

Économie et infrastructures

Le Bloc suggère non seulement d'offrir un soutien financier ciblé pour le domaine de l'aérospatiale, mais de mettre en oeuvre une stratégie nationale pour aider ce secteur.

Il demande également au gouvernement fédéral de dépenser 1 % de ses revenus en logement.

Les fleurons québécois affaiblis par la pandémie devraient être protégés contre les prises de contrôle étrangères, selon le Bloc, en utilisant plus activement la Loi sur Investissement Canada et en entamant des négociations avec Québec pour modifier la Loi sur les sociétés par actions.

Erin O'Toole devrait prononcer un discours aux Communes

Politique

Erin O'Toole devrait prononcer un discours aux Communes

Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
OTTAWA — Le chef conservateur Erin O'Toole et le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet devraient occuper leur siège à la Chambre des communes cette semaine après avoir été tenu à l'écart en raison de la COVID-19.

Leurs réponses respectives au discours du Trône des libéraux viendront alors que les députés sont également prêts à débattre des nouvelles mesures d'aide en raison de la COVID-19 — et potentiellement les adopter — au cours de la première semaine complète d'opérations du Parlement.

La réponse d'Erin O'Toole au discours du Trône sera sa première déclaration aux Communes depuis qu'il est devenu chef de parti il y a un peu plus d'un mois.

Erin O'Toole a utilisé son discours de victoire en tant que nouveau chef conservateur le mois dernier pour se concentrer sur la façon dont il élargirait la soi-disant «grande tente bleue» et rendrait le parti pertinent au-delà de sa base.

Sa réponse au discours du Trône remaniera cette approche dans un argumentaire pour le pays dans son ensemble.

Même si ses premiers commentaires à la Chambre des communes en tant que chef conservateur seront importants, les grands discours prononcés à la Chambre des communes importent moins à l'ère numérique, a suggéré Ginny Roth de Crestview Strategies.

Même s'il était coincé dans son sous-sol, le parti diffusait des clips vidéo dans le but de le présenter plus largement au pays.

L'une concernait la mort de sa mère quand il était enfant et le rôle central que son entraîneur de hockey a joué pour l'aider à traverser cette période. Un autre, son message à l'occasion de la fête du Travail, montrait Erin O'Toole faire un discours conservateur inhabituel directement aux travailleurs — un territoire politique qui abrite plus traditionnellement le NPD ou les libéraux.

Avec les gens en ligne beaucoup plus souvent ces jours-ci en raison de la pandémie, le contenu sur les médias sociaux peut avoir beaucoup plus d'impact qu'un seul discours, a déclaré Ginny Roth, car être un acteur puissant au Parlement ne se traduit pas nécessairement par des votes lors d'élections générales.

«Son plus grand défi est la notoriété, les gens ne savent tout simplement pas qui il est», a déclaré Ginny Roth. «Il utilise le format qui fonctionne le mieux pour les gens et qui semble être le plus accessible aux gens en ce moment : le contenu vidéo en ligne.»

Les remarques d'Erin O'Toole aux Communes seront l'occasion de donner le ton sur la façon dont il cherchera à diriger l'opposition officielle dans les mois à venir et à gagner le pays lors des prochaines élections.

«Nous allons nous opposer, et nous allons contester et demander des comptes au gouvernement», a déclaré Erin O'Toole dans une interview la semaine dernière avec La Presse Canadienne. «Mais nous allons également offrir une vision contrastée.»

Les conservateurs d'Erin O'Toole se sont prononcés rapidement contre le discours du Trône la semaine dernière, affirmant qu'il n'allait pas assez loin pour offrir un soutien aux Canadiens touchés par la pandémie. Le Bloc québécois a déclaré qu'en l'absence d'un plan du gouvernement fédéral pour transférer des milliards de plus pour les soins de santé aux provinces, il n'est pas sûr de pouvoir l'appuyer non plus.

Mais le NPD a maintenant déclaré que si ses revendications pour un filet de sécurité plus fort face à la COVID19 figuraient dans le nouveau projet de loi d'aide financière qui sera présenté aux Communes cette semaine, ils appuieraient probablement le discours du Trône.

Le projet de loi vise à remplacer la Prestation canadienne d'intervention d'urgence, qui a donné 500 $ par semaine à près de neuf millions de Canadiens au début de la pandémie pour aider ceux qui avaient perdu leur emploi.

La nouvelle aide devra offrir le même montant — une des conditions du NPD — via le programme d'assurance-emploi.

Il y aura également une nouvelle prestation canadienne de rétablissement temporaire pour ceux qui ne sont pas admissibles à l'assurance-emploi ainsi qu'une prestation de congé de maladie et une autre prestation pour ceux qui doivent rester à la maison pour s'occuper d'une personne à charge qui tombe malade ou qui doit s'isoler.

Le NPD n'a pas encore dévoilé les améliorations qu'il a réussi à obtenir des libéraux en ce qui concerne la partie du projet de loi relative aux congés de maladie.

Pauline Marois dénonce l’exclusion des femmes du <em>boys club</em> politique

Politique

Pauline Marois dénonce l’exclusion des femmes du boys club politique

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
QUÉBEC - Il est de bon ton de prétendre que le plafond de verre du parlement a volé en éclats. Les femmes auraient apparemment acquis un statut égal aux hommes en politique, incluant l’accès aux plus hautes fonctions. On vous servira aussitôt l’exemple de Pauline Marois.

Mais qu’en pense la principale intéressée, qui sait de quoi elle parle quand on aborde le sujet de la place des femmes en politique?

Son constat, qui s’appuie sur une quarantaine d’années de vie politique, est implacable: encore aujourd’hui, les femmes souffrent du syndrome de l’imposteur et cherchent leurs marques dans l’univers des élus.

«Je trouve cela profondément triste, mais les femmes se sentent encore, souvent, comme des imposteurs» en politique, déplore Mme Marois, dans une longue entrevue accordée récemment à La Presse Canadienne, à l’occasion de la parution mardi de son autobiographie, «Pauline Marois: Au-delà du pouvoir», publiée aux Éditions Québec Amérique.

Pour celle qui dit recevoir souvent les confidences et les demandes de conseils de recrues féminines, la politique demeure un univers construit par les hommes, pour les hommes, où les femmes se sentent en terrain miné.

«C’est un monde, le boys club, qui a ses règles, qui a ses façons de faire, qui est impossible à pénétrer à toutes fins pratiques», selon celle qui aura pourtant dirigé pratiquement tous les ministères, avant d’être cheffe du Parti québécois de 2007 à 2014, et, brièvement, première femme à occuper le bureau du premier ministre du Québec, de 2012 à 2014.

Au regard de sa longue et impressionnante carrière politique, son constat pourra donc étonner. Pourtant, elle affirme dans son livre n’avoir jamais eu l’impression de faire partie de cet impénétrable boys club, cercle de pouvoir occulte et parallèle où les stratégies s’élaborent, les alliances se concluent et les décisions se prennent, autour d’une bière ou d’un bâton de golf.

Pour faire sa place malgré tout dans ce club sélect, le prix à payer aura été pour elle de devoir faire ses preuves constamment, travailler plus fort que les autres, accepter de sacrifier sa vie privée, en faisant oublier qu’elle était une femme et une mère de famille. Et en vivant avec la crainte constante de se faire tasser.

La superwoman

Après avoir fait ses classes dans les cabinets de Jacques Parizeau et Lise Payette et en avoir conclu que la politique active n’était pas pour elle, elle se fait remarquer par René Lévesque, qui la convainc de se présenter aux élections d’avril 1981, qui reportent le PQ au pouvoir. Elle a 32 ans, est sur le point d’accoucher, ce qui ne l’empêche pas d’accéder aussitôt au conseil des ministres, comme responsable de la Condition féminine. C’est une étoile montante.

Elle aura coup sur coup quatre enfants, tout en continuant, comme si de rien n’était, à travailler, sourire aux lèvres, souvent sept jours sur sept, toujours disponible, depuis tôt le matin jusqu’à tard le soir. Quand elle se rend à l’hôpital pour accoucher, les médecins doivent pratiquement lui arracher des mains ses dossiers. Pour un de ses enfants, elle n’a même pas le temps de se rendre à l’hôpital et accouche à la maison.

Paradoxe troublant, la ministre d’alors de la Condition féminine, qui se bat pour étendre les droits des femmes, dont ceux des mères, ne s’accorde aucun répit. Les congés de maternité, c’est pour les autres. Même avec deux, trois, quatre enfants en bas âge, elle ne quitte jamais son bureau plus de quelques jours après chaque accouchement. «La maternité ne m’a jamais ralentie», écrit-elle dans son autobiographie, une brique de 440 pages, qu’elle dédie particulièrement aux jeunes femmes.

L’étiquette de «superwoman» ne tarde pas à lui coller à la peau. Tout paraît si facile pour elle, qui semble faire la preuve que les femmes peuvent tout avoir: mari prospère, ribambelle d’enfants et brillante carrière politique. En prime, elle affiche l’ambition de devenir chef. Sa première tentative date de 1985.

Mais à 71 ans, la superwoman est devenue une grand-maman de huit (bientôt neuf) petits-enfants et elle ne cache pas ses regrets de n’avoir pu être à la maison plus souvent à cette époque. Elle admet que cette image de superwoman, rendue possible grâce à des moyens financiers importants et l’embauche d’une «nanny» à temps complet, a envoyé aux femmes un message «contradictoire», qui pouvait les inciter à se sentir coupables si elles n’arrivaient pas à tout concilier.

«Je n’aurais pas dû agir comme ça», en assumant cette image, dit-elle aujourd’hui, en s’empressant d’ajouter un bémol: c’était impossible d’agir autrement.

Une des règles du boys club: les absentes ont toujours tort. «Le vacuum en politique, ça n’existe pas», tranche Mme Marois, persuadée que si elle s’était absentée plus souvent et plus longtemps pour être auprès de sa famille, elle se serait fait «tasser» sans ménagement, quels qu’aient été ses états de service.

«J’étais assez batailleuse, battante, pour dire: je vais leur prouver que je suis capable de faire ça. Ils ne pourront pas me mettre de côté, sous n’importe quel prétexte, surtout celui d’avoir mis au monde un enfant», dit cette féministe. Faire ses preuves, toujours faire ses preuves.

Elle raconte candidement avoir à l’époque tellement intégré les valeurs du milieu que même ministre de la Condition féminine et mère de plusieurs enfants, elle n’avait jamais songé à revendiquer un congé parental pour les élues (congé qui n’existe toujours pas en 2020). «On n’avait pas pensé à ça. C’est comme ça sur toute la ligne», se désole-t-elle, rappelant que la politique d’alors «c’était un monde d’hommes. Ça l’est encore, (mais) un peu moins qu’avant», selon celle qui mise sur un plus grand nombre d’élues, «la bataille de ma vie», et une solidarité entre elles pour changer les choses.

Duclos, contrôleur aérien en attendant le prochain rendez-vous électoral

Politique

Duclos, contrôleur aérien en attendant le prochain rendez-vous électoral

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Le président du Conseil du Trésor du Canada, Jean-Yves Duclos, assure qu’il ne se prépare pas pour des élections hâtives, mais annonce que sa photo sera sur les pancartes lorsque son gouvernement minoritaire tombera, «à moins que Dieu en décide autrement».

Entre-temps, il jouera l’arbitre face à ses collègues ministres qui se disputeront les milliards promis par les libéraux fédéraux dans le discours du trône.

L’heure n’est pas aux coupes, confirme le député de Québec, élu pour la première fois en 2015. N’empêche, faudra bien un jour ou l’autre payer la facture ; des ministères devront un jour ou l’autre se serrer la ceinture. 

Pas tout de suite, cependant : «Il n’y a pas de ministère qui doit se serrer la ceinture pour donner la chance à d’autres ministères de prendre plus de place.»

Réduire les budgets dévolus aux aînés, aux autochtones ou à la culture «serait contre-productif», selon Jean-Yves Duclos.

Ministre économique d’importance, il confirme donc que nous avons bien entendu durant le discours du trône récité par la vice-reine, au milieu de la semaine : les vannes des finances publiques demeurent grandes ouvertes.

Le président du Conseil du Trésor, lui, va gérer le trafic. «Mon rôle, c’est un peu celui d’un contrôleur aérien», illustre-t-il. «Je dois m’assurer que les avions des différents ministères, des différents ministres, vont dans la bonne direction.» 

Tous dans le «bon» sens, mais pas tous dans des avions de même taille, ni avec les mêmes réserves de carburant. Certains iront plus loin, plus vite. Surtout ceux qui dépensent pour soutenir les entreprises et les travailleurs en difficulté, pour la santé. Ceux-là seront favorisés, tant que le coronavirus SRAS-CoV-2 dérègle la planète.

Entrevue sollicitée par le ministre

Au fait, c’est l’équipe du député-ministre fédéral qui a sollicité une entrevue avec Le Soleil jeudi. Le prétexte : commenter, à chaud, le discours du trône avec un angle local... Le hic, c’est que M. Duclos n’était pas disponible jeudi ! 

Et le lendemain, vendredi ? C’est finalement avec une heure de retard qu’il nous a appelés.

Occupé M. Duclos ? En s’excusant, il a invoqué des urgences «pas du tout ni prévues ni souhaitées».

Alors, qu’est-ce qu’il voulait dire aux Québécois de Québec ? Qu’il y a des dollars pour eux dans les milliards qui percoleront éventuellement : subvention salariale prolongée, assurance-emploi, formation pour le recyclage des travailleurs, financement pour des entreprises de l’économie verte… Quelque 100 000 résidents de la région touchent la Prestation canadienne d’urgence (PCU), note-t-il. 

On y revient : ça va coûter cher. Et il faudra bien payer les factures un jour ou l’autre.

D’ailleurs, M. Duclos, on ne sait toujours pas combien vont coûter les dispendieuses promesses… 

Le président du Conseil du Trésor laissera sa collègue des Finances dévoiler les chiffres. Mais il certifie que l’important déficit anticipé de 343 milliards $ en 2020, tel qu’annoncé au cours de la mise à jour économique de l’été, tient. «Oui, c’est toujours la dernière mise à jour fiscale.»

Paraît que la reprise économique postconfinement a été un peu plus vigoureuse que ce qui était anticipé. Il y aurait de la marge. Quoique : «Il y a, comme toute prévision, un certain degré d’incertitude.»

Candidat aux élections

Dans un autre ordre d’idées : serez-vous candidat libéral aux prochaines élections ? «On est vraiment pas dans un esprit électoral.» Bien sûr, Jean-Yves Duclos dit qu’il pense à l’économie, à la santé ; il est certain que l’opposition va appuyer le gouvernement.

Répétons la question : allez-vous vous présenter aux prochaines élections ? «J’aime beaucoup mon travail comme député de la circonscription de Québec.» Votre photo sera sur les affiches électorales ? «À moins que Dieu en décide autrement…»

+

Le trône ou le Trône ?

Pour le plaisir des maux du français, ouvrons une parenthèse sur le discours du Trône, ou le discours du trône…

Les linguistes du Québec et ceux du Canada ne s’entendent pas sur la prestance majusculaire du siège royal d’où est lu le fameux discours politique. 

L’Office québécois de la langue française (OQLF) ne voit pas de nécessité au grossissement du t: Discours du trône suffit donc.

Mais la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada élève plutôt la lettre: Chez les Canadiens, le siège de la reine mérite plus de prestige !

Pierre Paul-Hus: des élections fédérales en temps de COVID? «S’il le faut, il le faut»

Politique

Pierre Paul-Hus: des élections fédérales en temps de COVID? «S’il le faut, il le faut»

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
LA POLITIQUE EN QUESTIONS / Les conservateurs refusent d’appuyer le discours du Trône promulgué par le gouvernement de Justin Trudeau cette semaine, quitte à déclencher de nouvelles élections fédérales. Député de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles et critique de l’opposition officielle à Ottawa en matière de services publics et d’approvisionnement, Pierre Paul-Hus se penche sur la suite des choses aux Communes en temps de pandémie.

Q Quelles ont été vos premières impressions sur le discours du Trône et l’adresse à la nation de Justin Trudeau, mercredi?

R J’ai été très déçu. Comme la plupart des observateurs politiques au Québec.

L’unité nationale était primordiale pour les conservateurs. Plusieurs parties du Canada ont des problématiques, alors l’unité est importante. Et la première chose que fait M. Trudeau, c’est de s’ingérer dans les compétences provinciales, en santé particulièrement. Pour nous, ç’a été l’affront envers les provinces, particulièrement le Québec.

Aussi, on comprend qu’on a eu et qu’on a encore besoin de programmes pour aider les entrepreneurs et la population contre les effets économiques de la COVID. Mais il reste qu’on voit un manque de contrôle flagrant des finances publiques. On annonce des programmes qui n’ont rien à voir avec la COVID, mais qui vont coûter des milliards et des milliards de dollars, sans mettre un budget là-dessus et sans moyens de contrôle.

Q À moins d’une surprise, le NPD votera pour le discours du Trône et les élections ne sont pas pour tout de suite. Que comptent faire valoir les conservateurs dans les prochaines semaines?

R On demande de reprendre le contrôle des finances publiques, après avoir creusé un déficit de 353 milliards $ depuis six mois.

Il faut continuer à avoir des mesures d’aide pour la COVID, mais tout en resserrant les règles impérativement. Il ne faut surtout pas commencer à créer de nouveaux programmes structurels, qui vont creuser encore plus le déficit canadien. On ne peut pas s’en permettre plus.

La réponse du gouvernement libéral de dire qu’on a des taux d’intérêt bas, c’est totalement stupide! On peut avoir des taux bas en ce moment, mais on ne sait pas ce que ce sera dans six mois, dans un an, deux ans. Et il ne faut pas oublier que ces déficits-là vont s’accumuler, s’additionner à la dette et on va devoir payer de l’intérêt! Juste pour le 353 milliards $, on parle de 18 milliards $ par année en intérêt. C’est de l’argent qu’on va devoir prendre des budgets et qu’on ne pourra pas mettre ailleurs.

Q Comment justifier une élection en période de crise, que ce soit cet automne ou au printemps?

R La situation de la COVID n’est pas idéale pour tenir une élection, on le comprend. Par contre, le Nouveau-Brunswick vient d’en tenir une, la Colombie-Britannique en a déclenché une, lundi. Si les provinces le font, ce n’est pas impossible. Il y a des situations où si on n’a pas le choix, on doit y aller. Dans l’intérêt du Canada.

On pourrait même reculer de cinq ans, mais là, ça devient encore plus flagrant qu’avec Justin Trudeau à la tête du pays, on ne peut pas continuer plus longtemps. Si on doit faire une élection, il y aura des moyens, en respectant les mesures sanitaires, de procéder. On est d’accord que ce n’est pas idéal, mais s’il le faut, il le faut.

Q L’arrivée d’un nouveau chef chez les conservateurs fédéraux change la dynamique, autant dans le parti qu’avec les autres formations. Qu’est-ce qui marque l’arrivée d’Erin O’Toole?

R Ce qui frappe les gens, c’est de voir son leadership. C’est un gars sûr de lui, qui sait où il s’en va. Aussi, son approche envers le Québec mise de l’avant pendant la course à la chefferie, sa plate-forme, la rencontre positive avec François Legault. Un Parti conservateur qui respecte les champs de compétences, qui travaille en collaboration avec le Québec, c’est ce qui va plaire aux Québécois.

Erin O’Toole est un homme qui démontre du leadership, qui a été militaire, qui a des valeurs très terre-à-terre. Aussi, les deux peuples fondateurs qui ont créé ce pays, les Français et les Anglais, c’est important pour lui. C’est pour ça que la reconnaissance du Québec est très importante, tout comme la représentativité du Québec.

Q D’autres provinces ont adopté l’application de téléphone cellulaire pour détecter les contacts COVID, dont l’Ontario. Le gouvernement québécois devrait-il l’imposer?

R D’un point de vue théorique, cette application-là peut être utile. Par contre, d’un point de vue pratique, le problème, c’est le respect de la vie privée, le transfert d’informations. Il y a un manque de fiabilité. C’est pour ça que le Québec n’a pas voulu la prendre, parce que des experts en cybersécurité ont émis des réserves.

Ce n’est pas vrai que l’application fonctionne en mode autonome, il peut y avoir du piratage informatique sur les appareils. Donc, tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas les confirmations que le logiciel est à l’épreuve d’un piratage ou d’un vol de données, on doit continuer à avoir des réserves sur son utilisation.

COVID-19: 2,3 milliards $ aux municipalités et aux sociétés de transport

Politique

COVID-19: 2,3 milliards $ aux municipalités et aux sociétés de transport

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Québec et Ottawa verseront «le plus tôt possible» 2,3 milliards $ aux municipalités du Québec et aux sociétés de transport en commun du Québec pour pallier aux difficultés auxquelles elles font face en raison de la COVID-19 et pour amorcer une certaine relance économique.

Trois ministres du gouvernement Legault se sont déplacés pour en faire l'annonce, vendredi à Montréal, soit Eric Girard, des Finances, François Bonnardel, des Transports, et Andrée Laforest, des Affaires municipales et de l'Habitation.

De cette somme globale de 2,3 milliards $, moitié-moitié fédéral-provincial, 1,2 milliard $ sera réservé aux sociétés de transport en commun, qui ont affronté une forte baisse de l'achalandage, donc des revenus en 2020. La somme inclut les 400 millions $ déjà annoncés en juin.

Le ministre Bonnardel a précisé que le transport adapté et le transport interurbain sont aussi concernés par cette aide.

À même le montant global, une somme de 800 millions $ sera aussi octroyée aux municipalités. «Ça va permettre d'éviter des hausses de taxes dans les municipalités - c'est certain que lorsqu'on aide les municipalités à boucler leur budget, c'est au bénéfice de tous les citoyens - et d'éviter les diminutions de services», a expliqué le ministre Girard.

Les 300 millions $ qui restent constituent une réserve pour éventualités, a indiqué le ministre Girard.

Syndiqués et municipalités soulagés

L'annonce a été fort bien reçue par les deux grandes unions municipales, l'Union des municipalités et la Fédération québécoise des municipalités.

«Cette aide, elle va nous permettre d'atténuer les fortes pressions budgétaires que nous ressentons depuis le printemps dernier, d'assurer le maintien sécuritaire des services à la population, d'aider les municipalités à faire face à cette deuxième vague partout au Québec et de soutenir les efforts nécessaires à une relance sécuritaire et durable dans toutes les régions du Québec», a commenté la présidente de l'UMQ, Suzanne Roy.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, qui représente près des trois quarts des syndiqués municipaux, notamment les chauffeurs d'autobus et opérateurs de métro à Montréal, s'est réjoui de cette aide tant attendue.

«La situation devenait critique, car le Québec a été touché plus que toute autre province canadienne. Il fallait une aide urgente et substantielle aux municipalités et sociétés de transport. Le message a été entendu et nous saluons cette annonce. Maintenant, il faut s'assurer que l'argent est investi sans autre délai pour que les Québécois et Québécoises retrouvent l'ensemble des services auxquels ils ont droit», a commenté Marc Ranger, directeur québécois du SCFP.

Les députés bloquistes ont reçu un diagnostic négatif à la COVID-19

Politique

Les députés bloquistes ont reçu un diagnostic négatif à la COVID-19

La Presse Canadienne
Seul le chef Yves-François Blanchet est atteint de la COVID-19 au sein du caucus du Bloc québécois.

Le parti a annoncé jeudi soir que tous les députés et le personnel présents au caucus du 8 septembre dernier avaient reçu un diagnostic négatif après avoir subi des tests de dépistage.

Tous ont été placés en confinement pendant une période de 14 jours, mentionne le Bloc dans un communiqué.

Toutefois, deux députés, qui ne sont pas identifiés, et deux employés, demeureront en isolement de façon préventive jusqu’aux 28 et 29 septembre, malgré le résultat des tests. Ils ont été en contact avec M. Blanchet les 14 et 15 septembre, explique le Bloc.

M. Blanchet et sa conjointe Nancy Déziel ont été déclarés positifs à la COVID-19, la semaine dernière, à quelques jours d’écart. La période de confinement de Mme Déziel a pris fin le 22 septembre, mais fera du télétravail cette semaine. M. Blanchet restera en isolement préventif dans leur résidence de Shawinigan jusqu’au 26 septembre.

Sur Twitter, M. Blanchet a d’ailleurs indiqué que «c’est dès ce samedi 1/8qu’il sera3/8 probablement libéré de 1/8son3/8 confinement pour 1/8se3/8 rendre à Ottawa».

Au Québec, les autorités de santé publique considèrent qu’une personne n’est plus contagieuse 10 jours après que l’infection se soit manifestée, à condition que cette personne ne présente plus de symptômes comme la fièvre.

Une quarantaine de bloquistes, dont 30 députés, s’étaient placés en isolement préventif lorsqu’ils ont su qu’un employé présent à leur réunion de caucus le 8 septembre à Saint-Hyacinthe avait reçu un test positif.

Note aux lecteurs: La conjointe de M. Blanchet, Nancy Déziel, a terminé son confinement le 22 septembre.

Course au PQ: Guy Nantel va demeurer provocateur

Politique

Course au PQ: Guy Nantel va demeurer provocateur

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois choisira son nouveau chef le 9 octobre, deux ans après la démission de Jean-François Lisée. Au cours des quatre dernières semaines de cette course marathon, Le Soleil vous présentera les quatre candidats en lice pour mener le PQ aux élections générales de 2022. Aujourd’hui : Guy Nantel

Guy Nantel aime provoquer. Provoquer des réflexions, des réactions. «Confronter sur des questions où on est trop prudent, sur des dossiers qu’on n’ose pas toucher», explique-t-il. Et il va continuer même s’il est élu chef du Parti québécois, dans deux semaines.

«Je trouve que c’est nécessaire de le faire et c’est comme ça que la population fait confiance à un politicien», affirme-t-il en entrevue au Soleil.

«C’est moi qui ai le plus d’attention médiatique dans cette course-là et ce n’est pas pour rien», continue l’humoriste de tout juste 52 ans, que le grand public a d’abord connu comme gagnant de la Course destination monde de 1993-1994, puis dans sa carrière scénique de monologuiste.

«Dans le genre d’humour que je fais, il y a beaucoup de deuxième degré qui fait réagir les gens. Je n’ai jamais caché que j’aime la provocation. Ça fait avancer dans l’art ou la politique», indique celui dont la mère était péquiste et le père, libéral. «C’est pour ça que les débats, ça ne me fait pas peur!»

Quand l’idée de voir M. Nantel se porter candidat à la direction du Parti québécois a fait surface, à la fin de 2019, d’aucuns ont justement cru à une simple provocation. Une dizaine de mois plus tard, force est de constater qu’il a gagné en crédibilité.

«Mais il ne faut pas que mon personnage porte ombrage à mon contenu», souligne-t-il encore, souhaitant que «les idées qui sont dans une plate-forme de 32 pages, réfléchies, discutées, débattues en équipe avec des spécialistes», prennent plus de place dans les reportages et analyses à son sujet.

«Une grosse machine qui t’avale»

Celui qui s’est démarqué par le ton social et politique de son humour se décrit comme «un philosophe humoristique». «Quelqu’un qui veut faire passer une réflexion, qui veut faire avancer le niveau de conscience, de compréhension des enjeux.»

Il assure avoir été le premier surpris de voir «des gens connus impliqués dans la politique» le solliciter pour le poste de futur chef du PQ. On l’avait déjà approché avant pour se lancer en politique, mais «jamais en 100 ans» il ne s’était posé la question avec sérieux jusque-là.

Il trouve dans l’univers politique «quelque chose de très prenant et passionnant».

500 $ par semaine pour toutes les prestations et l’assurance-emploi

Actualités

500 $ par semaine pour toutes les prestations et l’assurance-emploi

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA — Le gouvernement Trudeau est prêt à augmenter l’aide aux travailleurs qui sera distribuée une fois la Prestation canadienne d’urgence (PCU) disparue. Il semble ainsi s’assurer l’appui des néo-démocrates et sa survie.

On attendait toujours jeudi en fin de journée le calcul de la nouvelle facture, et une prise de position claire des néo-démocrates.

Lorsqu’il y a un mois Ottawa avait annoncé trois nouvelles prestations à venir et un assouplissement aux règles de l’assurance-emploi, en remplacement de la PCU, la première mesure devait coûter 22 milliards $ et la seconde 7 milliards $.

Ça, c’était lorsqu’une des trois prestations s’élevait à 400 $ par semaine et que l’assurance-emploi plus accessible assurait, elle aussi, un paiement minimum de 400 $ par semaine.

Or le gouvernement fédéral vient de décider de distribuer 500 $ par semaine à tous les travailleurs privés d’emploi.

Ottawa s’attend à ce que trois des quatre millions de prestataires de la PCU passent à l’assurance-emploi, un régime qui a été assoupli. Il sera accessible après seulement 120 heures travaillées, quel que soit le taux de chômage dans la région habitée.

Le projet de loi C-2, déposé jeudi matin, créera les trois nouvelles prestations annoncées le mois dernier pour ceux qui ne pourront pas compter sur l’assurance-emploi modifiée.

La Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) sera disponible pendant 26 semaines, jusqu’au 26 septembre 2021. Il sera possible de travailler tout en recevant cette prestation. Si le revenu annuel dépasse 38 000 $, le travailleur devra alors rembourser 50 cents pour chaque dollar reçu en PCRE.

Les modalités des deux autres prestations demeurent telles qu’annoncées en août.

La Prestation canadienne de maladie pour la relance économique est le moyen trouvé par Ottawa pour payer 10 jours de congé de maladie aux travailleurs; 500 $ par semaine, pendant une semaine ou deux.

La Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants servira à ceux qui se retrouvent obligés de s’occuper d’un enfant dont l’école ou la garderie ferme. Là aussi, c’est 500 $ par semaine qui pourront être empochés.

Appui du NPD?

Voici donc le prétexte nécessaire au Nouveau Parti démocratique (NPD) pour voter en faveur du discours du Trône livré mercredi.

Depuis un mois, le chef du NPD, Jagmeet Singh, exigeait que l’aide financière aux particuliers demeure aussi généreuse que la PCU l’a été.

En conférence de presse, jeudi après-midi, la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, a assuré que de passer de 400 $ à 500 $ par semaine pour la PCRE n’a pas été fait pour plaire aux néo-démocrates, mais bien parce que nous voilà dans la deuxième vague de la pandémie.

«Quand on a décidé le montant il y a un mois, on a signalé très fortement qu’on pourrait changer si la situation de la pandémie change, si la situation du retour à l’école change, si la situation des travailleurs et des emplois change», a-t-elle dit pour justifier l’augmentation de 100 $.

M. Singh n’avait pas voulu dire mercredi s’il voterait pour ou contre le discours du Trône. Jeudi après-midi, lorsqu’il s’est présenté à son tour à un micro, il faisait la fine bouche.

Il a dit que le projet de loi C-2 est «une victoire majeure» arrachée par son parti, mais qu’il n’était toujours pas prêt à dire s’il appuiera le gouvernement minoritaire lors du vote sur le discours du Trône.

Il continue à négocier avec le gouvernement la prestation de maladie.

«On a des problèmes avec l’accès et on est optimiste qu’on peut le régler», a-t-il offert à sa sortie de la période des questions aux Communes. Il a refusé de spécifier la nature de ces «problèmes».

Le Bloc d’accord sur le principe

Les bloquistes veulent bien voter en faveur de C-2 jusqu’à ce que le projet de loi soit examiné en comité parlementaire.

Le leader parlementaire bloquiste Alain Therrien identifie déjà des amendements possibles.

La prestation pour proches aidants limite à 11 ans l’âge des enfants dont le prestataire doit prendre soin pour avoir droit aux 500 $ par semaine. «On va vérifier voir s’il n’y a pas moyen de rehausser l’âge (...), ça c’est un exemple», a dit M. Therrien en point de presse.

«On va travailler très fort pour peaufiner le projet de loi», a-t-il assuré.

Les autres dispositions de C-2

Le projet de loi déposé jeudi matin sert également à distribuer 1,5 milliard $ aux provinces pour la formation de la main-d’oeuvre dans un marché du travail bouleversé par la pandémie de la COVID-19.

C-2 prévoit aussi donner au gouvernement le pouvoir de dépenser d’ici le 31 décembre sans obtenir l’autorisation du Parlement pour toute mesure en lien avec la COVID-19, comme l’achat de vaccins, par exemple.

Invités à dire ce qu’ils pensaient de ce pouvoir que le gouvernement veut, une nouvelle fois, se donner, les conservateurs se sont contentés, par courriel, de répondre qu’ils vont «examiner le projet de loi en caucus».

Champs de compétences en santé: Trudeau réplique au Québec en citant les CHSLD

Politique

Champs de compétences en santé: Trudeau réplique au Québec en citant les CHSLD

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA — Le Québec a besoin de l’aide du gouvernement fédéral, selon Justin Trudeau, qui a cité en exemple la situation difficile qu’a connue la province avec ses aînés au printemps dernier.

Le premier ministre a servi cette réplique au conservateur Gérard Deltell, qui l’accusait de s’ingérer dans les compétences des provinces avec son plus récent discours du Trône en voulant notamment imposer des normes nationales dans les centres de soins de longue durée.

«Je regrette, M. le Président, d’entendre le député de Louis-Saint-Laurent dire que le fédéral n’a pas sa place pour protéger nos aînés. Ce n’était pas l’opinion du premier ministre du Québec quand il nous a demandé d’envoyer les Forces armées pour aider, justement, les aînés dans nos CHSLD», a lancé M. Trudeau, jeudi, pendant la période de questions.

«Les Québécois et les Canadiens viennent de voir encore une fois le visage désagréable de l’arrogance du premier ministre libéral», a répondu M. Deltell.

La veille, le premier ministre du Québec, François Legault - et maintenant président du Conseil de la fédération - avait dit que le discours du Trône était «décevant» et ne respectait pas le champ de compétences des provinces en santé.

Ses doléances ont été relayées jeudi à la Chambre des communes par les conservateurs, mais aussi par les bloquistes.

Gabriel Ste-Marie, du Bloc québécois, a demandé au lieutenant politique de M. Trudeau au Québec, Pablo Rodriguez, s’il reconnaît que la baisse de la contribution fédérale en santé a un «lien direct» avec la situation difficile dans les CHSLD.

«Pour le Bloc québécois, parler de nos aînés, c’est de parler de chicanes constitutionnelles, alors qu’on parle ici d’êtres humains. Alors à chaque fois qu’on va se lever en Chambre, M. le Président, de ce côté-ci, et qu’on parlera de nos aînés, on va parler de droit à la vie, droit à la dignité, droit à des médicaments et droit à des soins de santé de qualité», a rétorqué M. Rodriguez.

Les provinces mécontentes

D’autres provinces ont joint leur voix à celle du Québec dans les dernières heures pour critiquer le discours du Trône.

Elles sont mécontentes que le document préparé par le gouvernement Trudeau ne fasse aucune mention d’une hausse des transferts fédéraux en santé, qu’elles réclament d’une seule voix, et que certains engagements empiètent sur leurs compétences.

«Il y avait de la place pour tous les objets brillants, toutes les distractions politiques qu’il est possible d’imaginer (...), mais pas un mot au sujet des transferts en santé», a déploré Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta, lors d’un point de presse jeudi.

«Tous les premiers ministres, d’un océan à l’autre, ont identifié ceci comme la priorité numéro un et hier, elle a été ignorée», a ajouté Brian Pallister, du Manitoba.

Son collègue de l’Ontario, Doug Ford, a dit que tous les premiers ministres parlent d’une même voix.

«Nous ne pensons pas que le gouvernement fédéral devrait être dans cette juridiction. Nous avons besoin de son soutien, mais personne ne connaît mieux les soins de santé que les provinces. (...) Nous étions déçus de ne pas voir une augmentation des transferts fédéraux en santé dont nous avons désespérément besoin», a-t-il dit.

Il a ensuite mis en garde Ottawa contre la tentation de s’ingérer dans les compétences provinciales.

«Si le gouvernement fédéral prend le contrôle de la santé, je pense que ce serait un véritable désastre. Tous les premiers ministres pensent la même chose», a averti M. Ford.

Des réunions téléphoniques sont prévues jeudi et vendredi entre tous les premiers ministres. La rencontre du Conseil de la fédération, qui devait avoir lieu à ces mêmes dates au Château Frontenac à Québec, a été annulée.

Marguerite Blais jette une part du blâme pour le fiasco des CHSLD sur Legault et Arruda

Politique

Marguerite Blais jette une part du blâme pour le fiasco des CHSLD sur Legault et Arruda

Caroline Plante
La Presse Canadienne
QUÉBEC - L’opposition à l’Assemblée nationale se demande quel avenir attend la ministre des Aînés Marguerite Blais.

Celle-ci a jeté une part du blâme pour le fiasco dans les CHSLD sur son propre premier ministre, François Legault, et le directeur national de santé publique Horacio Arruda.

«Je me pose la question sur le rôle que va continuer à jouer la ministre des Aînés dans ce gouvernement-là», a lancé jeudi en point de presse le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Dans une entrevue accordée à l’émission «Enquête», qui sera diffusée jeudi à Radio-Canada, Mme Blais a expliqué avoir très peu de pouvoir. Elle a invité la journaliste à interroger MM. Legault et Arruda.

Il faut notamment demander au Dr Arruda pourquoi le Québec a laissé des travailleurs de la santé qui revenaient de voyage en mars dernier travailler en CHSLD, a-t-elle dit.

Son témoignage est «explosif», a réagi M. Bérubé, qui estime que Marguerite Blais vient ni plus ni moins de «tirer dans la chaloupe».

Elle est une lanceuse d’alerte qui provient du conseil des ministres, s’est-il surpris, saluant du même coup la candeur de la ministre. «Avouez que c’est sans précédent.»

Pour la cheffe libérale Dominique Anglade, M. Legault doit maintenant «expliquer à la population pourquoi Mme Blais est toujours là».

Selon elle, Mme Blais a une grande part de responsabilité dans l’hécatombe causée par la COVID-19 en CHSLD. «On est ministre ou on ne l’est pas», a lancé Mme Anglade.

À la période des questions jeudi, le ministre de la Santé Christian Dubé s’est porté à la défense de sa collègue, qui n’était pas présente au Salon bleu. Il a imploré l’assemblée de faire preuve d’«empathie» envers Mme Blais.

«La députée de Saint-Jérôme est une femme de coeur, a-t-il dit. C’est une femme qui est revenue en politique pour faire une action au niveau des aînés.» Mme Blais est députée de la circonscription de Prévost.

M. Bérubé a affirmé que son parti n’aurait pas choisi Mme Blais comme candidate aux dernières élections, mais que la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault avait su «profiter» de sa popularité.

«On a instrumentalisé Marguerite Blais», a-t-il déclaré.

Arruda doit se ressaisir

Par ailleurs, jeudi, Dominique Anglade a demandé au Dr Arruda de se «ressaisir», comme elle l’avait fait la veille en entrevue à La Presse Canadienne.

Selon elle, le Dr Arruda a fait des déclarations «irresponsables» cette semaine lorsqu’il a évoqué la possibilité d’envoyer des policiers dans les maisons pour contrôler la propagation de la COVID-19.

Mme Anglade et M. Bérubé ont tous deux déclaré jeudi qu’il aurait peut-être été plus sage d’attendre avant de renouveler le Dr Arruda dans ses fonctions de directeur national de santé publique.

«J’ai été de celles qui avaient questionné déjà lorsqu’il avait été renommé, j’avais dit: «C’est une discussion que l’on devrait avoir avec l’ensemble des partis d’opposition»», a rappelé Mme Anglade.

Trudeau s’adresse à la nation, demande plus d’efforts contre la pandémie

COVID-19

Trudeau s’adresse à la nation, demande plus d’efforts contre la pandémie

Lina Dib
La Presse Canadienne
Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Dans un geste exceptionnel, Justin Trudeau a livré un discours à la nation mercredi soir pour parler de pandémie et aussi de politique.

L’initiative était d’autant plus surprenante que quelques heures plus tôt, il avait confié la lecture d’un discours du Trône à la gouverneure générale pour annoncer ses intentions pour les mois à venir.

En début de soirée, réquisitionnant le temps d’antenne des réseaux de télévision du pays, le premier ministre a plaidé pour que les Canadiens redoublent leurs efforts pour ralentir la pandémie, puis, très vite, il est revenu à son programme politique.

«Au printemps, on a tous travaillé ensemble pour aplatir la courbe, et nos efforts ont porté fruit. Mais maintenant, le virus est en train de revenir en force dans plusieurs parties du pays», s’est-il inquiété.

Après avoir dit que l’automne qui commence pourrait s’avérer bien pire que le printemps passé, il a assuré qu’il était encore possible de rêver de rencontres à Noël, même s’il est trop tard pour l’Action de grâce.

«Ce n’est pas le temps de faire des partys. Personne n’est invincible. Et vos proches ne le sont pas non plus», a dit, en toute simplicité, le premier ministre.

Il a présenté à nouveau les arguments pour l’utilisation de l’application d’alerte COVID, une application dont le gouvernement Legault n’a pas voulu et qui n’est donc pas disponible au Québec. Elle est en place en Ontario, en Saskatchewan, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador.

«Elle est facile et gratuite, elle préserve votre vie privée, et c’est un geste qui va vous protéger vous, et les gens autour de vous», a-t-il insisté.

Puis, il s’est tourné vers les promesses de son gouvernement, résumant en une dizaine de minutes le document lu pendant plus d’une heure par Julie Payette.

«La situation vécue par trop de nos aînés dans les centres de soins de longue durée est inacceptable. Il faut que ça change, et ça va changer», a-t-il lancé. «On va travailler dès maintenant avec les provinces et les territoires pour établir de nouvelles normes nationales pour les soins de longue durée», a-t-il assuré.

Il a repris plusieurs autres engagements du discours du Trône et il a répondu aux critiques qui lui reprochent toutes ces dépenses.

«En faire moins nous coûterait plus au bout du compte», a-t-il argué.

Réactions de l’opposition

L’ensemble de l’exercice s’est ainsi rapidement transformé en joute politique ordinaire, les chefs des partis d’opposition, qui avaient aussi droit à quelques minutes télévisées, y mettant chacun du sien.

«M. Trudeau dit que nous sommes là-dedans ensemble, mais le Canada n’a jamais été plus divisé. (...) Ce discours du Trône vient de démontrer que ça va être pire dans l’avenir, car M. Trudeau ne comprend pas les besoins réels des Canadiens», a lancé le chef conservateur Erin O’Toole qui a enregistré sa prestation devant son domicile à Ottawa, où il est confiné parce qu’infecté par le coronavirus.

«Le gouvernement du Québec et le Bloc québécois sont d’accord; ce discours du Trône est un affront aux compétences et aux demandes de l’Assemblée nationale du Québec et ne mérite pas l’appui du Québec», a martelé le chef bloquiste Yves-François Blanchet, lui aussi devant sa résidence, à Shawinigan, parce que, lui aussi, est atteint de la COVID-19.

«Je sais que la COVID-19 a révélé de grands problèmes, mais ce ne sont pas des problèmes qui sont nouveaux. Plusieurs de ces problèmes existaient avant la pandémie et Justin Trudeau était au pouvoir avec un gouvernement majoritaire et n’a pas réglé ces problèmes», a balancé Jagmeet Singh, chef néo-démocrate.

«Moi, j’ai ressenti un politicien qui vendait sa salade parce que ce n’était pas un appel à la nation, c’était un chef de parti qui expliquait ses politiques», a critiqué le député Gérard Deltell en parlant, bien sûr, du premier ministre.

«Ce n’était pas utile, c’était futile», a renchéri le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

Tous deux ont fait fi du ton partisan de leurs propres leaders.

Cependant, les trois chefs d’opposition ont aussi fait allusion à cette pandémie si pénible à vivre.

«La situation que vit ma famille montre que nous devons rester très vigilants dans la lutte contre la COVID-19», a souligné M. O’Toole. Sa conjointe, comme lui, présente des symptômes de la COVID-19.

«Nous vous voyons, nous vous entendons et nous allons continuer de nous battre pour vous», a dit M. Singh.

«Devant l’adversité, continuons à être braves et confiants envers notre futur», a offert M. Blanchet.

Le premier ministre, lui, pour finir son discours à la nation, a tenté d’inspirer ses auditeurs.

«Les Canadiens, on est des gens qui disent : “je suis capable”. Dans chaque secteur, aux quatre coins du pays, chacun d’entre nous est en train de faire sa part», a-t-il dit.

«On est à la croisée des chemins et l’avenir est entre nos mains», a-t-il conclu.

Discours du Trône: le sort du gouvernement Trudeau encore incertain

Politique

Discours du Trône: le sort du gouvernement Trudeau encore incertain

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Le sort du gouvernement minoritaire de Justin Trudeau est toujours incertain.

Le Parti conservateur a annoncé qu’il votera contre le discours du Trône lu par la gouverneure générale Julie Payette et tout indique que le Bloc québécois fera de même. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert, pour leur part, laissent planer le doute.

«Nous sommes déçus de ce discours du Trône. Nous ne pouvons pas l’appuyer», a pesté Gérard Deltell, en point de presse. Le député conservateur y a vu la preuve que la prorogation ne servait qu’à sortir les libéraux d’une situation politique délicate alors que l’été dernier, les comités parlementaires étudiaient le contrat accordé à l’organisme de charité UNIS.

«On n’a pas décidé en ce moment. (...) On donne une chance au gouvernement libéral de faire ce qu’il faut pour les gens», a laissé tomber Jagmeet Singh, qui veut attendre de voir si les libéraux poseront des gestes concrets pour mettre en oeuvre les congés de maladie payés et augmenter les sommes versées aux chômeurs.

Le chef néo-démocrate juge que les libéraux, s’ils veulent s’assurer de l’appui de son parti, devront déposer des projets de loi ou prendre des engagements clairs dans les prochains jours.

Le discours du Trône contient de nombreuses promesses qui pourraient plaire au NPD - sollicité pour son appui afin d’éviter une élection - notamment l’intention de continuer la mise en place d’un régime national universel d’assurance-médicaments et des nouvelles normes nationales pour les résidences de soins de longue durée au pays.

Réaction de Legault

Mais ces engagements du gouvernement libéral ne plaisent pas à tous.

Mme Payette n’avait pas fini de lire le discours mercredi après-midi que, déjà, le premier ministre du Québec, François Legault, pestait sur son fil Twitter. Il en a contre l’intention du gouvernement fédéral de s’ingérer dans les champs de compétences des provinces en santé.

«Je vais en discuter demain (jeudi) avec les premiers ministres des autres provinces», a fait savoir M. Legault dans un gazouillis.

Qui plus est, le document préparé par les libéraux fédéraux ne faisait aucune mention de la hausse des transferts en santé réclamée par l’ensemble des premiers ministres provinciaux.

M. Legault et trois de ses homologues s’étaient rendus à Ottawa vendredi dernier pour réclamer 28 milliards $ de plus en transferts fédéraux d’ici l’an prochain, ce qui porterait la contribution fédérale à 35 % des coûts des soins de santé.

Les doléances du premier ministre du Québec ont été reprises par le chef bloquiste Yves-François Blanchet, qui en fait une condition à l’appui de son parti au discours du Trône.

«S’il n’accepte pas la demande de Québec en santé, on vote contre. S’il accepte la demande de Québec en santé, on va continuer à jaser des autres affaires qui ne sont, dans bien des cas, pas acceptables», a affirmé M. Blanchet dans une entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

«Les aînés? Si tu as entre 65 et 75 ans, il n’y a pas une cenne pour toi là-dedans. C’est totalement inacceptable. Les principes généraux sur la gestion de l’offre sont les mêmes qu’ils étaient il y a un an. Il n’y a rien qui a bougé dans ça. Et (Trudeau) a promis une relance verte. Il n’y a pas de relance verte là-dedans», énumère-t-il.

Et M. Blanchet suppose que le vote sur le discours du Trône se tiendrait mercredi prochain. Il donne donc «une semaine» à Justin Trudeau pour répondre à la demande de Québec en santé.

Le Parti conservateur a repris cette même critique.

«Ce discours du Trône-là est encore un moyen pour (...) piétiner le pouvoir provincial par l’autorité libérale fédérale qui, semble-t-il, sait tout ce qui est bon pour les provinces. Finançons correctement les provinces et les provinces sauront ce qui est important à faire correctement», a déclaré M. Deltell.

M. Singh a rejeté ces enjeux de compétences, qu’il juge futiles dans la situation actuelle.

«Si quelqu’un peut regarder dans les yeux de quelqu’un qui a perdu sa mère ou son père à cause des conditions horribles dans les centres de soins de longue durée... ces familles ne veulent pas entendre des excuses de juridictions», a-t-il dit.

«Oui, je reconnais et je respecte les compétences, mais plus que ça, je respecte la volonté des gens qui veulent voir que leurs proches ont accès aux soins nécessaires», a ajouté M. Singh.

Les trois élus des verts vont aussi continuer de réfléchir à leur vote au sujet du discours du Trône.

«Notre réaction initiale, c’est que nous étions ravis par plusieurs choses que nous avons vues (...) et je dois dire que j’ai tempéré mon enthousiasme parce que nous les avons déjà vues auparavant», a dit la chef parlementaire Elizabeth May, citant en exemple l’eau potable promise dans les communautés autochtones.

Discours du Trône: un million d’emplois promis

Politique

Discours du Trône: un million d’emplois promis

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA - Un million d’emplois promis, une subvention salariale prolongée jusqu’à l’été prochain, mais pas un mot sur les demandes des provinces pour une augmentation des transferts en santé.

La gouverneure générale livrait mercredi après-midi le discours du Trône du gouvernement Trudeau pour ouvrir la deuxième session de la 43e législature.

Comme prévu, la lutte à la pandémie y occupe une grande place, c’est le premier de «quatre piliers» présentés dans ce discours. Les trois autres piliers: un soutien économique tant que dure la pandémie, une reconstruction d’un Canada «plus fort et plus résilient» où on parle de «croissance propre» et la défense des «valeurs canadiennes» où on inscrit, entre autres, la lutte contre le racisme.

«Protéger les Canadiens de la COVID-19», c’est «la priorité absolue», a lu Julie Payette dans le texte rédigé par le gouvernement de Justin Trudeau.

«Le gouvernement fédéral sera là pour aider les provinces à accroître leur capacité de dépistage», a fait savoir Mme Payette, à l’heure où les longues attentes à faire la queue pour recevoir un test sont dénoncées en Ontario comme au Québec.

Le gouvernement fédéral promet «une aide financière supplémentaire» et directe aux entreprises qui sont obligées de fermer à cause d’une décision des autorités locales de santé publique.

On annonce également qu’il y aura des mesures pour «les industries les plus durement touchées» par la pandémie, en citant les industries de l’accueil, du tourisme, du voyage, et les arts de la scène.

Et puis, pour se relever après cette pandémie, il lancera «une campagne visant à créer plus d’un million d’emplois». Ottawa fait le calcul que tous les emplois disparus avec le coronavirus seront ainsi récupérés.

Pour atteindre cet objectif d’un million d’emplois, la Subvention salariale d’urgence du Canada sera prolongée «jusqu’à l’été prochain».

«Le gouvernement veillera à ce que tout le monde (...) ait accès à un médecin de famille», promet également le gouvernement fédéral, alors que ceci est de compétence provinciale. Et dans la même lancée, il n’utilise pas son discours pour répondre aux provinces qui lui réclament une augmentation des transferts en santé.

Vendredi, le premier ministre du Québec, François Legault, et trois de ses homologues avaient fait le voyage jusqu’à Ottawa pour exiger que dès l’an prochain, les transferts passent des 42 milliards $ prévus à 70 milliards $. Ceci porterait la contribution fédérale à 35 % des coûts des soins de santé.

Le discours prend cependant le soin de rappeler que le gouvernement fédéral a l’intention de collaborer avec les provinces pour établir «de nouvelles normes nationales pour les soins de longue durée afin que les personnes âgées bénéficient du meilleur soutien possible».

Promesses vertes

«Nous allons lutter contre les changements climatiques», assure le discours du Trône. Il y aura un plan «pour surpasser les objectifs climatiques du Canada pour 2030». Il y aura des lois pour atteindre «l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050». Il y aura plantation de 2 milliards d’arbres. Il y aura interdiction «des plastiques à usage unique nocifs l’an prochain».

Toutes ces intentions ont déjà été annoncées depuis l’élection de 2019.

«Un bon exemple d’adaptation vers un avenir neutre en carbone réside dans la construction de véhicules et de batteries zéro émission», rappelle le discours, en soulignant la présence de nickel et de cuivre au pays, un «avantage concurrentiel» pour produire des technologies propres.

Engagements passés et futurs

Le discours reprend toute une série d’engagements du gouvernement libéral.

Ainsi, il promet d’»accélérer» sa réponse aux «appels à la justice» fruits de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Il assure qu’il présentera un projet de loi «avant la fin de l’année» pour mettre en oeuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Il répète qu’il va «renforcer» la Loi sur les langues officielles, précisant qu’il tiendra alors compte «de la réalité particulière du français».

Il promet à nouveau de s’attaquer au «racisme systémique», mais en faisant miroiter une série de nouvelles mesures, parle d’une modernisation de la formation des policiers et d’une plus grande surveillance civile de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Plaire à l’opposition majoritaire

Le gouvernement libéral minoritaire n’oublie pas non plus de réitérer ses engagements pour une assurance-médicaments que lui ont réclamée les néo-démocrates depuis l’élection de 2019, ou pour un «dédommagement plein et équitable» pour les travailleurs soumis à la gestion de l’offre qu’exigent les bloquistes.

Il ramène aussi sa promesse d’un système de garderies «à l’échelle du Canada». Le Québec lui servira de modèle, promet-il. Le Québec réclamera, et s’attendra à obtenir, un droit de retrait avec compensation.

«Les Canadiens ne devraient pas avoir à choisir entre leur santé et leur travail», dit le discours, sans s’engager plus spécifiquement à imposer les 10 jours de congés de maladie payés, ce que lui réclame le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Un énoncé économique à venir

Le discours du Trône nous apprend aussi que c’est dans un énoncé économique présenté «cet automne» que le gouvernement «exposera la situation économique et financière» et «présentera de nouvelles mesures visant à mettre en oeuvre le présent discours du Trône».

Atteint de la COVID-19, le chef conservateur ne répliquera pas à Trudeau

Politique

Atteint de la COVID-19, le chef conservateur ne répliquera pas à Trudeau

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
OTTAWA - Le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, en isolement parce qu’il est atteint de la COVID-19, ne donnera pas la réplique au premier ministre Justin Trudeau après son discours à la nation mercredi soir.

«Comme vous savez, M. O’Toole et son épouse ont la COVID-19 et ils ne veulent pas risquer d’exposer d’autres personnes au virus. Ainsi, il ne répondra pas en direct au premier ministre ce soir», a fait savoir sa porte-parole Kelsie Chiasson dans un courriel envoyé à La Presse Canadienne.

Mercredi matin, à quelques heures de l’allocution, les conservateurs n’étaient pas en mesure d’indiquer qui pourrait porter le message de leur parti.

«Nous sommes déçus (que ce ne soit pas M. O’Toole), mais nous comprenons qu’il doit suivre toutes les règles. (...) Alors nous explorons nos options en ce moment et décidons ce que nous allons faire, comment nous allons gérer cette situation», a déclaré la chef adjointe, Candice Bergen, lors d’une conférence de presse à Ottawa.

Le bureau du premier ministre a fait savoir que M. Trudeau «s’adressera directement aux Canadiens» mercredi à 18h30 pour souligner «l’urgence de combattre la COVID-19 au moment où nous faisons face à une possible deuxième vague du virus».

Il était prévu que les partis d’opposition y répondent chacun à leur tour.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet prendra la parole de chez lui puisqu’il est en quarantaine, ayant contracté le coronavirus.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh aura aussi quelques minutes. Tous ces discours seront assez brefs. L’ensemble de l’exercice doit finir vers 19h.

Le discours du Trône, lui, aura été lu en milieu d’après-midi.

Attentes des partis d’opposition

Les conservateurs espèrent voir, dans le discours du Trône et le discours à la nation du premier ministre, un plan de relance économique qui comprend aussi un contrôle des dépenses.

«On a vu le gouvernement dépenser sans compter au cours des derniers mois et il faut que le gouvernement ait un objectif sérieux», estime Gérard Deltell, leader parlementaire de la formation politique, sans détailler l’objectif qu’il considérerait comme sérieux.

Il espère aussi que les mesures qui seront annoncées mercredi s’adresseront à tous les Canadiens et livreront un message d’espoir pour l’unité canadienne

«Depuis cinq ans, on a vu le Canada se déchirer, les régions mises les unes contre les autres, les classes sociales être mises les unes contre les autres. Il faut que le premier ministre lance un appel d’unité. C’est son devoir premier», a lancé M. Deltell.

Chez les verts, on s’attend à un engagement clair pour éviter une catastrophe climatique.

«Il y a un moment dans un futur très proche où l’humanité ne pourra plus faire une différence. Ce que nous faisons maintenant peut faire toute la différence», a lancé la chef parlementaire Elizabeth May, mercredi matin.

«Nous devons agir contre la COVID-19 avec détermination. Nous devons aussi agir sur la crise climatique avec détermination.»

Projet de loi 66: version adoucie et moins tentaculaire du 61

Politique

Projet de loi 66: version adoucie et moins tentaculaire du 61

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Avec son nouveau projet de loi 66 «concernant l’accélération de certains projets d’infrastructure», Sonia LeBel a déposé mercredi une version adoucie et moins tentaculaire du projet de loi 61, qui avait frappé un mur d’oppositions parlementaire et populaire.

«Le projet de loi 66 est plus ciblé. Les mesures qui sont incluses sont temporaires. Elles concernent spécifiquement les projets qui sont en annexe dans une liste fermée. La possibilité qui existait d’en rajouter n’est plus là. Nous sommes parvenus à prendre en compte tous les commentaires, à mettre de l’avant toutes les préoccupations qui ont été exprimées lors du précédent dépôt et à trouver le juste équilibre entre accélération et contrôle rigoureux», a exprimé la ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor, en point de presse, trois heures après le dépôt officiel de ce nouveau projet de loi à l’Assemblée nationale du Québec.

Le projet de loi 66 constitue une version 2.0 du projet de loi 61 déposé à la fin de la dernière session parlementaire, en juin. Cette première mouture avait rencontré un barrage de critiques de la part de tous les partis d’opposition, mais aussi de plusieurs experts et de nombreux citoyens.

Le nouveau projet de loi 66 n’implique plus de prolongation de l’état d’urgence sanitaire ni d’immunité aux ministres dans le cadre de la loi, entre autres. Il dote aussi l’Autorité des marchés publics (AMP) de nouveaux pouvoirs de surveillance et d’intervention auprès des sous-traitants. Mais ces nouveaux pouvoirs ne s’appliquent qu’aux 181 projets énumérés dans le projet de loi, précise Mme LeBel.

21 projets déjà avancés

Une liste qui a fondu sous le soleil de l’été de 202 à 181 projets. Les 21 projets retirés de la liste sont-ils devenus moins pressants, tout à coup?

«On ne s’est quand même pas assis sur nos deux mains pendant trois mois. On a fait cheminer et avancer plusieurs projets d’infrastructure malgré tout. Il y en a qui sont commencés ou dont les appels d’offres sont lancés, ou les contrats signés. Les mesures établies dans le projet de loi 66 font en sorte que ces projets ne bénéficieraient pas d’une accélération, mais ils sont vraiment très avancés dans la voie d’exécution. Donc, non seulement ils ne sont pas abandonnés, mais je vous dirais qu’ils sont encore plus avancés que les 181 qui restent dans le projet de loi», explique la ministre LeBel.

Le projet de loi 61 n’était donc peut-être pas aussi crucial pour chacun des 202 projets de la liste initiale que l’affirmait son prédécesseur à la présidence du Conseil du trésor, Christian Dubé, maintenant ministre de la Santé et des Services sociaux.

Pas fermée aux négociations

Alors que dans la première version, le gouvernement se gardait encore le droit d’ajouter des projets, la liste actuelle de 181 projets s’avère fermée et sera fixée dès l’adoption du projet de loi.

«Aucune délégation réglementaire, aucune décision ne se prendra par la suite. Ce qu’on propose est entièrement sur la table et sera prêt à être discuté en commission parlementaire. Ainsi, tout est bien défini, circonscrit, précis, encadré à l’intérieur du projet de loi. Une des préoccupations des groupes environnementaux, c’était de savoir qu’est-ce qui se cachait potentiellement derrière ce pouvoir habilitant. Maintenant, c’est défini», poursuit Mme LeBel.

Qui ne ferme toutefois pas la porte à des négociations avec les partis d’opposition pour réviser ladite liste. «Je serais fort étonnée qu’on ajoute des projets, mais il faut se donner l’espace de discuter», dit-elle.

L’idée générale du projet de loi consiste à réduire les délais pour les projets de construction d’infrastructures de toutes sortes, tout en évitant de contourner les règles et les contrôles environnementaux et autres.

Deux projets du lot seraient quand même exemptés d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), soit le réaménagement de l’autoroute 30, entre Brossard et Boucherville, et de la route 117, entre Labelle et Rivière-Rouge. On parlerait ici d’un gain de temps de 20 mois dans tout le processus.

«Liste électorale de la CAQ»

Dans l’opposition, on se réjouit de voir qu’«on avait raison de bloquer la première mouture», constate le leader parlementaire et porte-parole du Parti québécois en matières d’économie et d’éthique, Martin Ouellet. M. Ouellet se demande toutefois pourquoi les nouveaux pouvoirs de l’AMP ne sont pas élargis au-delà des 181 projets en question et conteste toujours le contenu même de la liste, qu’il continue à qualifier de «fumisterie» et de «liste électorale des engagements de la CAQ».

Québec solidaire se dit toujours incapable d’«appuyer ce projet de loi dans sa forme actuelle». «Le gouvernement Legault devra faire la démonstration qu’il ne compte pas s’attaquer à nos milieux naturels pour accélérer la construction d’autoroutes», déclare Vincent Marissal, responsable solidaire en matière de justice économique et fiscale. QS exige aussi que le gouvernement consulte les leaders autochtones dans le processus.

Des groupes environnementaux déplorent pour leur part «qu’on y présente encore le respect des exigences environnementales comme un obstacle à la relance», peut-on lire dans un communiqué conjoint signé par les dirigeants d’Équiterre, du volet québécois de la Fondation David Suzuki, du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, du Centre québécois du droit de l’environnement, de Nature Québec, de Greenpeace Canada et de SNAP Québec.

Les écologistes proposent que le projet de loi soit modifié pour s’assurer qu’«un projet ne soit exempté d’exigences environnementales que de manière exceptionnelle», ce qui n’est plus le cas pour les projets à risque faible ou modéré.

Plus du quart des 181 projets concerne soit la construction des 47 Maisons des aînés. On compte aussi la construction ou la rénovation de 35 écoles. Routes, hôpitaux et infrastructures de transport collectif composent l’autre moitié de la liste.

+

LISTE DES PROJETS PAR RÉGION

Capitale-Nationale

  • Reconstruction du pont de l’Île-d’Orléans entre Québec et l’Île-d’Orléans
  • Réfection majeure – Stationnement d’Youville
  • Construction d’une nouvelle école secondaire à Charlesbourg
  • Construction - Maison des aînés - Québec secteur Sainte-Foy
  • Construction - Maison des aînés - Québec secteur Lebourgneuf
  • Construction - Maison des aînés - Charlevoix
  • Construction - Maison des aînés - Portneuf
  • Construction d’un nouveau CHSLD à Saint-Augustin
  • Hôpital de La Malbaie - Agrandissement et réaménagement


Chaudière-Appalaches

  • Prolongement de l’autoroute 73
  • Mesures prioritaires pour le transport collectif sur le boulevard Guillaume-Couture à Lévis - Aménagement
  • Réhabilitation et maintien d’actifs du Chemin de fer Québec central, prolongement du réseau exploité à l’ouest de Vallée-Jonction
  • Construction - Maison des aînés - Lévis Ouest
  • Construction - Maison des aînés - Black Lake
  • Construction - Maison des aînés - Saint-Martin-de-Beauce
  • Hôpital de Thetford Mines – Modernisation de l’urgence

Bas-Saint-Laurent

  • Réaménagement de la route 293 dans le secteur au sud du 2e rang (réaménagement de 4 courbes) à Notre-Dame-des-Neiges
  • Reconstruction de la route 132 et du pont Arthur-Bergeron sur la rivière Mitis à Grand-Métis
  • Construction - Maison des aînés – Rimouski
  • Construction d’une école primaire 4-3-18 à Rimouski (Lab-École)

Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

  • Construction - Maison des aînés - Îles-de-la-Madeleine
  • Construction - Maison des aînés - Rivière-au-Renard
  • Agrandissement et rénovation du CHSLD du Rocher Percé à Chandler
  • Réfection et reconstruction - Réseau ferroviaire de la Gaspésie entre Port-Daniel−Gascons et Gaspé

Côte-Nord

  • Construction – Maison des aînés – Baie-Comeau
  • Construction – Maison des aînés – Havre-Saint-Pierre
Données médicales personnelles: la CAQ vote contre des consultations

Politique

Données médicales personnelles: la CAQ vote contre des consultations

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Les élus caquistes ont refusé, mercredi, la tenue des consultations sur la transmission de données médicales personnelles à des entreprises pharmaceutiques.

Les députés caquistes, qui sont majoritaires à la Commission parlementaire de la santé et des services sociaux, ont voté contre cette proposition de Québec solidaire (QS) en plaidant qu’il s’agit là d’un scénario hypothétique.

Pourtant il y a quelques semaines à peine, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, avait plaidé que ces données confidentielles pourraient servir à attirer des investissements d’entreprises ici et que ce serait «gagnant» pour le Québec.

Cependant, le porte-parole des élus caquistes, le député Ian Lafrenière, soutient qu’il n’est pas pertinent d’entendre des experts sur cet enjeu, puisqu’il n’y a toujours pas de projet de loi qui a été déposé.

«Il n’y a aucun besoin à ce moment-là d’aller faire ce travail-là avec une feuille blanche, alors qu’il n’y a pas de demande, il n’y a pas d’intérêt pour le moment», a-t-il déclaré en conférence de presse dans le hall du parlement.

Les députés caquistes ont fait bloc pour battre la proposition de QS, mais M. Lafrenière a assuré qu’«on est capables de faire notre travail de façon non partisane».

QS a encaissé avec «grand déplaisir» la défaite. Le parti a rappelé que sa proposition avait pourtant reçu l’appui notamment de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, de l’Association des psychologues et de l’Association des gestionnaires d’information de la santé.

«Ça suffit, les ballons d’essai, ça suffit, les déclarations incendiaires», a dénoncé le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, en conférence de presse.

«Faites donc une commission parlementaire pour qu’on dissipe les doutes, pour qu’on fasse la lumière sur les intentions du gouvernement en matière de partage des données médicales.»

Selon lui, c’est un refus qui «mine la crédibilité du gouvernement».

Rappelons que le transfert de renseignements médicaux non nominatifs a lieu dans certains États comme la France, l’Écosse, et même l’Ontario, avec des balises.

«Qui peut faire gagner le PQ?»: dernier débat actif au PQ [VIDÉO]

Politique

«Qui peut faire gagner le PQ?»: dernier débat actif au PQ [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Plusieurs propositions et autant d’attaques ont composé le troisième et dernier débat de la course à la chefferie du Parti québécois, mardi soir. «Guy, j’ai l’impression que tu ne te présentes pas dans le bon parti, tu attaques le Parti québécois!» a entre autres déploré Sylvain Gaudreault, à l’endroit de son vis-à-vis Guy Nantel.

M. Nantel a une fois de plus critiqué le travail des gouvernements précédents au Québec. Dont celui formé par le PQ de 2012 à 2014 et le feu vert alors donné au polluant projet de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel, en Gaspésie. Gouvernement dans lequel le député Gaudreault agissait comme ministre.

M. Nantel avait verbalisé le même genre de critique au débat précédent à propos de la cimenterie McInnis. Cette fois, il a ajouté les redevances minières alors obtenues par le gouvernement Marois.

«En politique, on défend des idées. Je suis une personne de convictions! Si on veut quelqu’un qui va toujours dire oui pour ne pas blesser personne, il ne faut pas voter pour moi», a indiqué M. Nantel en point de presse d’après-débat, disant vouloir aller à l’inverse la «continuité» qu’offre la candidature de M. Gaudreault.

Il a aussi souligné que sa notoriété permettrait de rejoindre plus de Québécois lors des élections de 2022. «La question qu’il faut se poser, c’est qui peut faire gagner le Parti québécois?» a-t-il répété.

Vote dans deux semaines

C’est connu, l’humoriste n’hésite jamais à frapper à gauche et à droite. Mais ne refuse pas non plus une bonne idée d’un adversaire. Il a même reconnu que d’avoir un chef élu, M. Gaudreault étant le seul député des quatre candidats, constituerait un avantage.

MM. Gaudreault, Nantel, Frédéric Bastien et Paul St-Pierre Plamondon étaient réunis pour une troisième et dernière fois dans un studio de Granby pour ce débat de près de deux heures sur les thèmes du nationalisme et de la protection du territoire et de l’environnement.

«On vient de vivre la plus longue campagne à la chefferie de l’histoire. Huit mois à faire des Zoom, des capsules, trois débats... Vous avez tout entendu», a résumé M. Nantel, dans son mot de conclusion, pour signifier comment cette course à la direction du PQ aura été marquée par la pandémie de COVID-19.

Dans le cas du premier candidat déclaré, M. Gaudreault approchera presque une année complète de campagne.

Membres et sympathisants voteront du 5 au 9 octobre. L’identité du 10e chef élu dans l’histoire du Parti québécois sera dévoilée le vendredi soir, 9 octobre.

Pas de spectacle sur la souveraineté

Attaques, défensives, revers et quelques smashs ont ponctué la joute.

St-Pierre Plamondon propose d’utiliser 2 des 11 milliards $ du Fonds des générations pour l’investir en environnement. L’autonomie alimentaire doit aussi devenir une priorité, exprime l’avocat. «Les pays se volaient des masques pendant la pandémie, imaginez s’il manquait de nourriture», a-t-il illustré, pour signifier l’importance de son plan.

M. Gaudreault propose entre autres la création d’une SÉPAQ du patrimoine et d’une École nationale du patrimoine, en plus du poste de sous-ministre, «haut fonctionnaire chargé de briser les silos» des ministères. Il s’est aussi réjouit d’enfin parler d’environnement, «l’enjeu planétaire du 21e siècle», dans le dernier tiers du dernier débat.

M. Nantel ferait payer plus d’impôts aux entreprises aux noms anglophones, ressusciterait les Centres d’orientation et de formation des immigrants (COFI) et ouvrirait davantage de bureaux du Québec dans les pays d’où proviennent beaucoup d’immigrants venus s’installer ici, entre autres projets.

Après le débat, aux journalistes, Sylvain Gaudreault a émis l’idée que s’il devient chef, il verrait Guy Nantel partir en tournée de spectacles pour convaincre les Québécois du bien-fondé de l’indépendance. Un J’aime Hydro, la pièce de Christine Beaulieu sur notre hydroélectricité, mais sur la souveraineté.

«Je reprendrais mes affaires sans être au service d’une commande», a toutefois répondu l’humoriste, se disant ouvert à travailler aux côtés d’un chef Gaudreault dans un rôle politique plus direct.

Capitaine Constitution en hausse

De son côté, M. Bastien, moins connu et quatrième dans les sondages, a paru de plus en plus à l’aise d’un débat à l’autre. «Plus je fais des débats, plus j’aime ça», a-t-il reconnu, disant avoir du plaisir.

Celui que l’on pourrait surnommer Capitaine Constitution veut entre autres abolir les accommodements religieux et mettre sur pied un institut national de la géographie. «Si on veut protéger notre territoire, il faut commencer par le connaître», a dit ce prof d’histoire au cégep anglophone Dawson.

Il a continué de se poser en plus grand combattant des «fédéraux», comme il se plaît à nommer tout ce qui concerne les fédéralistes d’Ottawa, arguant que de forcer des négociations constitutionnelles raviverait inévitablement la flamme souverainiste.

La Chambre des communes teste le vote à distance en vue du discours du Trône

Politique

La Chambre des communes teste le vote à distance en vue du discours du Trône

Joan Bryden
La Presse Canadienne
Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
OTTAWA - La Chambre des communes procède actuellement à des essais visant à permettre aux députés de voter à distance en vue du retour au parlement prévu mercredi pour le discours du Trône.

Le gouvernement minoritaire libéral doit profiter de ce moment important pour présenter une mise à jour de sa gestion de la pandémie ainsi que de son plan pour diriger le pays après la COVID-19.

Québec donne plus de moyens à l'Office de la langue française

Politique

Québec donne plus de moyens à l'Office de la langue française

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Parce que le français «perd du terrain», Québec a annoncé une série de mesures pour donner plus de moyens à l'Office québécois de la langue française (OQLF), dont 50 employés et trois bureaux de plus, ainsi qu'une nouvelle «équipe-choc» dédiée à accompagner les petites entreprises.

«À l'instar de beaucoup de Québécois, le gouvernement est préoccupé par l'évolution de la situation linguistique. Les dernières études publiées par l'OQLF l'ont démontré. Le français en tant que langue commune perd présentement du terrain, et ce, particulièrement sur le marché du travail», a déclaré le ministre de la Justice, aussi responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, en conférence de presse lundi à Montréal.

La taxe fédérale sur le carbone devant la Cour suprême dès mardi

Actualités

La taxe fédérale sur le carbone devant la Cour suprême dès mardi

Mia Rabson
La Presse Canadienne
OTTAWA — La Cour suprême du Canada doit entendre à compter de mardi des appels dans trois affaires distinctes pour déterminer si la taxe fédérale sur le carbone est constitutionnelle ou si elle empiète sur les champs de compétence provinciale.

Des cours d’appel de la Saskatchewan et de l’Ontario ont confirmé la loi fédérale, tandis que la Cour d’appel de l’Alberta l’a invalidée.

La contestation devant le plus haut tribunal au pays pourrait donner lieu à un arrêt décisif pour l’un des piliers du programme des libéraux de Justin Trudeau en matière de climat. La tarification du carbone serait responsable de jusqu’à 40 % de la réduction des émissions de gaz à effet de serre nécessaire pour respecter les obligations du Canada en vertu de l’accord de Paris.

L’affaire doit être entendue pendant deux jours, avec les arguments d’au moins sept provinces, du gouvernement fédéral, de l’Assemblée des Premières Nations et d’une vingtaine d’intervenants tels que des groupes environnementaux et des syndicats.

Les gouvernements de l’Alberta, de l’Ontario et de la Saskatchewan soutiennent que la loi érode leur compétence en matière de ressources naturelles et de fiscalité provinciale. À l’inverse, Ottawa soutient que les émissions de carbone constituent une préoccupation nationale, qui dépasse les frontières provinciales et nécessite une réponse pancanadienne.

La Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre, adoptée en juin 2018, fixe un prix minimal de 10 $ par tonne de carbone, qui doit augmenter progressivement jusqu’à 50 $ la tonne en 2022.

Cette réglementation repose sur l’idée selon laquelle des émissions de gaz à effet de serre plus coûteuses ont un effet dissuasif sur les comportements polluants, tout en stimulant le développement de technologies plus sobres en carbone.

Ottawa retourne 90 % des recettes sous forme de remboursements d’impôt, et le reste est injecté dans des fonds pour soutenir le virage vert des entreprises.

La loi permet aux provinces d’imposer un prix sur le carbone comme elles l’entendent, mais celles qui n’ont pas leur propre taxe ou système de plafonnement et d’échange conforme aux exigences fédérales se voient imposer la taxe telle que conçue par Ottawa.

C’était le cas de quatre provinces — la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick — lorsque la loi est entrée en vigueur en 2019.