François Lemay, président de la FPMQ.
François Lemay, président de la FPMQ.

Policiers et résidences privées: «Ce n’est pas un pouvoir que nous voulons»

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault a indiqué vendredi qu’il n’était pas, pour le moment, dans l’intention du ministère de donner aux policiers le pouvoir d’entrer dans les résidences privées pour appliquer les mesures sanitaires liées à la COVID-19, au grand soulagement des policiers et policières de la province.

«Ce n’est pas un pouvoir que nous voulons, et ce n’est pas un pouvoir que l’on demande. La dernière fois qu’on a permis aux policiers ce pouvoir accru au Québec, c’était en octobre 1970, et on en parle encore. Personne ne veut retourner là et pour nous, il est clair que dans la situation actuelle, on n’en est pas là», a expliqué François Lemay, président de la Fédération des policières et policiers municipaux du Québec (FPMQ).

François Lemay est d’avis qu’il ne serait à l’avantage de personne d’en arriver à un état policier où ce pouvoir serait octroyé à ses confrères et consoeurs et qu’il est en ce moment primordial de maintenir la ligne de confiance entre les policiers et les citoyens.

«Pour un succès de quelques semaines sur l’application des mesures sanitaires, on paierait le prix de cette mesure pendant des années quant à la confiance du public», croit M. Lemay.

Le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la police de Trois-Rivières.

Selon lui, les outils mis en place par le gouvernement par décret et la marche à suivre indiquée par le ministère de la Sécurité publique sont actuellement suffisants pour que les policiers puissent bien effectuer leur travail pour faire respecter les mesures sanitaires. Parmi ces mesures, notons des contraintes imposées aux établissements licenciés demandant un taux d’occupation de 50% du taux inscrit au permis, la danse et le karaoké interdits, la distanciation des tables et de la clientèle, le port du masque dans les établissements lorsque la personne est debout ou en déplacement de même que la tenue obligatoire d’un registre de la clientèle.

«En ce moment, nous sommes en mesure de faire beaucoup de sensibilisation et d’information. L’émission d’un constat d’infraction est loin d’être automatique», indique François Lemay.

Trois-Rivières

C’est d’ailleurs ce qui s’est vécu à Trois-Rivières jeudi soir, alors que les policiers de la police de Trois-Rivières ont amorcé l’opération dans les bars et restaurants du territoire. Une opération qui n’a mené, ce soir-là, à l’émission d’aucun constat d’infraction, confirme le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la police de Trois-Rivières.

«L’objectif est vraiment de faire de la sensibilisation et de donner de l’information. On souhaite renseigner les propriétaires et les clients au sujet des différentes mesures comprises dans le décret, car certaines mesures peuvent parfois être inconnues ou mal comprises de la part des personnes présentes», indique Luc Mongrain.

Ce dernier rappelle qu’à tout moment, la première approche en sera une de sensibilisation. Évidemment, si les policiers devaient constater que la personne ou l’établissement, par la suite, ne respecte pas les règles en connaissance de cause, il pourrait y avoir émission d’un constat d’infraction.

Durant la fin de semaine, une équipe de patrouilleurs sera exclusivement mandatée pour ce blitz opérationnel, ajoute Luc Mongrain. Il n’est par ailleurs pas exclu que le tout se poursuive dans les semaines à venir.