Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités.

Pôles régionaux d'innovation: la FQM doute de la pertinence d’un réseau national

SHAWINIGAN (GV) — La création du Réseau national des pôles régionaux d’innovation, annoncée en février 2018, n’a jamais enthousiasmé la Fédération québécoise des municipalités. L’événement du lac à l’épaule à 70 000 $ représente une belle occasion pour faire le point, selon le président de ce regroupement, Jacques Demers.

«Quand nous avons vu l’invitation, ça a allumé une lumière», commente-t-il. «Beaucoup de régions ne voulaient pas de ces pôles d’innovation. Certaines auraient préféré que ce soit créé à l’intérieur de leur MRC qui, selon la loi, est le développeur économique local et régional.»

M. Demers ne nie pas que certains endroits aient pu tirer profit de ce nouveau concept. Par contre, il déplore que près de quatre ans après la disparition des conférences régionales des élus et de nombreux centres locaux de développement, le gouvernement provincial impose une nouvelle structure aux municipalités.

«On voulait savoir si notre nouvelle ministre est vraiment d’accord avec ça», souligne M. Proulx. «Il ne faudrait pas faire du parallèle. En avril, nous avons déjà le sommet de développement économique local et régional, organisé pour une quatrième année. Et là, cet événement en février... Ça amène beaucoup d’interrogations.»

En principe, ces pôles régionaux d’innovation s’inspiraient du DigiHub de Shawinigan pour mettre en place une structure semblable collée à la réalité de chaque milieu. M. Demers estime que le réseau se déploie alors qu’il reste des questions en suspens.

«Quel est son but?», s’interroge-t-il. «Ce réseau doit-il s’occuper du développement local et régional? Il y a sûrement des choses qui peuvent avoir du bon sens. Peut-on les retrouver à l’intérieur de structures existantes?»

M. Demers fait remarquer que la multinationale Ubisoft a pris la décision de s’installer au Saguenay même sans la présence d’un pôle régional d’innovation.

«Au cours des quatre dernières années, chaque région s’est replacée à sa façon», souligne le président de la FQM. «À Shawinigan, il s’est fait de belles choses, mais je regarde à Magog et Sherbrooke, ils ont aussi fait de belles choses, différentes, qui fonctionnent bien. Dans chaque région, il y a des personnes qui peuvent développer des choses à leur couleur. Il ne faudrait donc pas repartir à donner des cadres. La force des régions, c’est d’être différentes. Ma peur, c’est d’imposer un modèle en disant que ça fonctionne bien à un endroit, alors ça fonctionnera partout.»

Du côté de l’Union des municipalités du Québec, Patrick Lemieux, responsable des communications, indique que la pertinence du RNPRI n’a pas soulevé de débats dans l’organisation. Il faut dire que Shawinigan est membre de l’UMQ et que son maire, Michel Angers, s’est fait une fierté de promouvoir ce réseau national au cours de la dernière année.