Les pourvoyeurs creusent la glace de la rivière Sainte-Anne pour y installer des poteaux électriques temporaires.

Poissons des chenaux: les préparatifs vont bon train

SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE — Si la météo des dernières semaines a pu rebuter les frileux de mettre le nez dehors, ce n’est pas le cas à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Le froid est même une bénédiction pour les pourvoyeurs qui se préparent à l’ouverture de la pêche aux petits poissons des Chenaux.

Depuis près d’une semaine, les 18 pourvoyeurs qui prennent part à cette traditionnelle saison de pêche sont sur la rivière Sainte-Anne pour préparer la glace à recevoir des centaines de cabanes de pêche et les dizaines de milliers de visiteurs qui afflueront à partir du 26 décembre.

«La température qu’on a, c’est parfait, se réjouit Claude Hivon, pourvoyeur. Ça nous prend une épaisseur de 14 à 15 pouces de glace pour être sécuritaire avec les tracteurs, les cabanes et la neige. C’est pesant, tout ça.»

De nombreux poteaux électriques temporaires, servant à offrir davantage de confort aux pêcheurs, étaient déjà plantés, samedi, en amont du pont de la route 138, à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Plusieurs pourvoyeurs s’attelaient également à arroser la glace pour la faire épaissir davantage. Pour eux, l’arrivée hâtive des grands froids signifie qu’ils peuvent souffler davantage et prendre plus de temps pour aménager le terrain.

Les préparatifs vont bon train à moins de deux semaines de l’ouverture de la pêche au poulamon.

«Ça va très bien, on est assez en avance, puisque d’habitude, on plante les poteaux plus tard, confirme Karl Hivon, un autre pourvoyeur. On peut prendre plus de temps, ça fait du bien. D’habitude, on est plus à la course, surtout lorsque les hivers sont plus doux.»

Le frasil, de fines aiguilles ou plaques de glace qui se forment lorsque la surface de l’eau commence à geler, n’est pas non plus venu gêner le travail des pourvoyeurs. Ceux-ci restent toutefois à la merci d’un redoux qui risquerait de les retarder dans leurs préparatifs ou, pire encore, de les forcer à recommencer certaines étapes.

«Il y a quelques années, on avait installé les chalets et on avait dû les remonter, de crainte que la glace fonde et qu’ils coulent, indique Karl Hivon. Finalement, on aurait pu les laisser là, mais il valait mieux ne pas prendre de chance. Mais c’est vraiment très rare que ce genre de situation arrive, j’ai peut-être vu ça deux fois dans ma vie seulement.»

En 2015, d’ailleurs, l’ouverture de la saison de la pêche avait été retardée à janvier, puisque la rivière Sainte-Anne n’était pas suffisamment gelée à quelques jours de Noël. Cette situation s’est produite également en 2004 et en 1958.

Redoux en vue

Les cabanes de pêche doivent être installées au courant de la semaine, alors que le mercure devrait rester bien au-dessous de zéro, avec des maximums ne dépassant pas -9 degrés dans la journée. Un redoux est toutefois prévu par Environnement Canada dès vendredi, alors que la température annoncée est de -1 degré pour cette journée et de 2 degrés le lendemain, avec de la pluie en prime. «Ça devrait aller, estime Karl Hivon. S’il n’y a pas trop de pluie, ce ne sera pas trop pire.»

Sauf avis contraire, la pêche au poulamon devrait donc débuter dès le lendemain de Noël. Cette activité qui attire de nombreux touristes entraîne habituellement des retombées économiques de 5 à 6 millions $ par année dans la MRC des Chenaux.