L’Association des pourvoyeurs espère pouvoir tenir la pêche au poulamon cette année, malgré la COVID-19. ­
L’Association des pourvoyeurs espère pouvoir tenir la pêche au poulamon cette année, malgré la COVID-19. ­

Poisson des chenaux: tout pour sauver la saison

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
Sainte-Anne-de-la-Pérade — Y aura-t-il des petits poissons des chenaux à Sainte-Anne-de-la-Pérade cette année? C’est la question que plusieurs se posent, dont l’Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne, alors que l’hiver débute tranquillement et que l’événement, lui, approche à grands pas.

«On attend des réponses», souligne Jessika Lessard-Voisard, la directrice générale.

Ces réponses, elle doivent venir de la Santé publique régionale, qui doit notamment statuer sur le nombre de personnes qui seraient autorisées dans les chalets de pêche.

«On souhaite pouvoir offrir une activité aux gens. On a pensé à des bulles familiales pour les chalets et on pourrait garder la patinoire ouverte aussi, il y aurait moyen de faire les choses», explique la DG.

Il y a également toujours le risque que des pourvoyeurs lancent la serviette pour cette saison, une situation difficile à prévoir, soutient Mme Lessard-Voisard.

«Souvent, c’est difficile d’avoir les éléments en main pour se faire un plan. On doit avoir plusieurs scénarios, des plans A, B, C, D, E, F, G... On essaie de rassurer tout le monde à travers de ça.»

Bien qu’elle souhaite sauver la saison, Jessika Lessard-Voisard est réaliste: ce sera une année bien différente des autres.

«On le sait que ça ne sera pas pareil, c’est pourquoi on va se concentrer sur la pêche particulièrement. On n’aura pas de festival ou ce genre d’activités pour s’assurer de respecter les consignes de la Santé publique», ajoute-t-elle.

Son collègue à l’Association et pourvoyeur lui-même, Steve Massicotte, s’avoue confiant de voir l’événement avoir bel et bien lieu dans les dates habituelles.

«Je suis positif. Les pourvoiries sont ouvertes. On ne peut pas être mieux isolé qu’une famille dans une cabane de pêche», sourit-il.

Une rencontre doit avoir lieu d’ici la fin de la semaine avec les autorités de santé pour déterminer la suite.

«Vendredi, on devrait être fixé. On a hâte de savoir, c’est certain. Nous sommes bien positionnés avec la députée Sonia LeBel, qui porte bien le dossier à Québec. C’est vraiment la Santé publique qui va décider, cependant», concède celui qui précise qu’une proposition de six personnes d’une même famille par cabane est actuellement étudiée.

Amenée à se prononcer sur la question, la principale intéressée a réitéré l’importance de l’événement pour elle.

«J’ai rencontré l’Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne il y a deux semaines pour discuter des enjeux entourant leurs activités cet hiver. Depuis, nous sommes en soutien aux démarches qu’ils effectuent auprès de la Santé publique afin de trouver un protocole sanitaire convenable pour encadrer adéquatement la pêche aux petits poissons des chenaux pour cette saison-ci. Les discussions se poursuivent et il me fait plaisir de les soutenir à ce niveau», relate la députée de Champlain.

Chez Tourisme Mauricie, le président Donald Desrochers confie que l’annulation de cette tradition mauricienne ferait «très mal», surtout sur le plan touristique.

«C’est gros. Ça draine beaucoup de gens de l’extérieur. Tout le monde connaît ça, la pêche aux petits poissons.»

«C’est l’une de nos activités hivernales très importante. Je reste optimiste que ça se tienne et j’ai bon espoir que les cabanes soient louées», exprime-t-il.

En plus du maintien de l’événement lui-même, Mme Lessard-Voisard affirme qu’il faut par ailleurs réfléchir à l’avenir de l’Association des pourvoyeurs.

«Il faut planifier la survie de l’association et pour ce faire, il faut qu’on puisse se voir en personne, dans le respect des mesures. C’est pourquoi on a demandé à la Santé publique de pouvoir avoir une permission spéciale pour tenir une rencontre en ce sens. On a 18 pourvoyeurs, donc 18 façons de penser pour la pérennité des choses.»