Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, est en tournée de financement. Après avoir participé à un 5 à 7 à Sherbrooke lundi (photo), le chef du Bloc était de passage dans la région mardi à Shawinigan.

«Plus personne ne doute de la survie du Bloc»

SHAWINIGAN — En mode préélectoral, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, assure que son parti a finalement traversé les tempêtes. «Il y a quelques mois à peine, on mettait le Bloc québécois dans les chroniques nécrologiques, à l’heure actuelle, il n’y plus personne de sérieux qui met en doute la survie du Bloc», déclare-t-il. S’il concède que les résultats du Parti québécois lors du dernier scrutin provincial ont dérangé, il assure que son parti est «uni, solidaire et fort», que les troupes sont mobilisées et que le financement va bien.

Le Shawiniganais d’adoption était de passage chez lui mardi soir pour un 5 à 7 de financement, au Broadway Pub de Shawinigan. On en est effectivement à se bâtir un butin électoral en vue de la campagne de l’automne prochain.

Si le parti a déjà désigné ses porte-couleurs, à l’approche de l’élection, pour les circonscriptions de Berthier-Maskinongé, de Saint-Maurice-Champlain et de Bécancour-Nicolet-Saurel, où les Yves Perron, Pierre Jolivet et le vétéran Louis Plamondon défendront les idées bloquistes, l’identité de la candidate de Trois-Rivières demeure inconnue. Car il s’agira bel et bien d’une femme, s’il n’en tient qu’à Yves-François Blanchet. «C’est fini quand c’est fini, mais on s’enligne vers une candidature féminine», soutient-il, en spécifiant que c’est aussi son vœu. Plusieurs candidates auraient d’ailleurs manifesté leur intérêt.

De passage à Sherbrooke lundi dernier, M. Blanchet avait abordé le sujet de l’aéroport local. Alors qu’il débarque en Mauricie, il en fait de même en évoquant les enjeux de la région. «À chaque ville où je vais, parmi les trois dossiers dont on me parle, c’est les aéroports. Systématiquement, le gouvernement fédéral refuse d’injecter les fonds requis et on sait très bien le poids économique qu’ont les aéroports», plaide-t-il. Pour lui, tant Trois-Rivières que Sherbrooke sont dans une conjoncture économique favorable, que l’ajout d’une telle infrastructure viendrait consolider.

Toujours sur le plan des transports, le chef bloquiste se dit fâché de l’absence du train grande fréquence (TGF) du dernier budget fédéral. «Je me souviens très bien de la promesse de 2015, non seulement le train allait passer, mais il allait même arrêter à Shawinigan», se désole-t-il. Il s’insurge contre les affirmations de François-Philippe Champagne, député de Saint-Maurice Champlain et ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, voulant que le budget ne reflète pas les intentions du gouvernement en la matière. «Si c’est vrai, alors à quoi ça sert un budget?», demande-t-il. Pour lui, la menace qui plane sur le TGF est une décision où le tronçon Montréal-Québec serait jugé non rentable par les autorités fédérales et que le train s’arrête finalement dans la métropole.

Selon M. Blanchet, la meilleure façon de faire avancer ces projets est d’élire une délégation forte de députés bloquistes à l’occasion du prochain scrutin. «Si le Québec envoie une majorité de députés du Bloc, Ottawa est obligé de composer avec ça», soutient-il. «Quand tu as 35 députés du Bloc à Ottawa, tu ne peux pas commander aux députés du Québec ce qu’ils veulent ou ce qu’ils ne veulent pas; 35 députés du Bloc, c’est gagner le Québec!», clame-t-il.

Est-ce dire que l’objectif des troupes bloquistes est de faire élire 35 députés? M. Blanchet refuse de parler en ces termes, du moins de manière formelle. Il soutient prendre la chose avec humilité: «le poids du Bloc est fonction du nombre de députés et ça, ça dépend de la volonté des Québécois», maintient-il. Il concède toutefois que certaines circonscriptions feront l’objet d’une attention plus importante afin de se rendre à cet objectif. «Le fardeau de la preuve est sur nous. C’est à nous de nous montrer dignes et à la hauteur de ce projet-là», philosophe-t-il.

Bien que son parti ait clairement pris position en faveur de la laïcité, Yves-François Blanchet rappelle que le facteur d’unité au Bloc québécois demeure son attachement à l’idée de la souveraineté, idée que le Bloc est le seul à défendre sur la scène fédérale, souligne-t-il.