C’est dans l’optimisme le plus total que le président-directeur général du CIUSSS MCQ, Carol Fillion, a reçu l’annonce du nouveau plan d’action québécois en vue d’une deuxième vague de propagation de la COVID-19.
C’est dans l’optimisme le plus total que le président-directeur général du CIUSSS MCQ, Carol Fillion, a reçu l’annonce du nouveau plan d’action québécois en vue d’une deuxième vague de propagation de la COVID-19.

«Plus de vent dans les voiles», assure le CIUSSS MCQ

Pierrick Pichette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Bien que ses membres aient déjà commencé à déployer leurs efforts en ce sens, l’administration du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) «a accueilli à bras ouverts» le plan d’action du gouvernement Legault afin de prévenir une deuxième vague de la pandémie de COVID-19.

«Pour nous, c’est un défi entièrement réalisable. Ce plan vient nous guider dans l’entreprise d’actions précises qui sont en cohérence avec les apprentissages que nous avons nous-mêmes pu faire pendant la pandémie et les transformations que nous étions déjà en train d’apporter. Ça nous donne encore plus de vent dans les voiles», a indiqué le président-directeur général du CIUSSS MCQ, Carol Fillion.

Au nombre des neuf axes du plan d’action sur lesquels travaillaient déjà les équipes du réseau régional de santé, on retrouve l’augmentation de l’imputabilité sur le terrain, qui s’est matérialisée par la nomination de nouveaux responsables au sein des CHSLD, le rehaussement des équipes de prévention et de contrôle des infections ainsi que la stabilisation de la main-d’œuvre, qui a été rendue possible grâce à la formation des 350 nouveaux préposés aux bénéficiaires qui se sont récemment amenés en renfort.

M. Fillion admet toutefois que la situation n’est pas encore tout à fait rose au sein de son organisation et ne devrait pas l’être pour autant au terme de la mise en œuvre de ce plan d’action. Notamment, quelques besoins de main-d’œuvre perdureront.

«Il est important de mentionner qu’il nous restera des défis à surmonter malgré ces nouvelles mesures. Entre autres, la rareté des employés, principalement en ce qui a trait aux infirmières, demeure et met encore beaucoup de pression sur ces travailleurs. On nous a bien mis au fait de ces situations et on travaille très fort auprès de nos partenaires dans le but de leur prêter main-forte», soutient M. Fillion, qui compte aussi améliorer le soutien offert aux proches aidants lors des prochaines semaines.

Actuellement, 500 à 1000 nouvelles infirmières et infirmières auxiliaires seraient nécessaires au CIUSSS MCQ afin de combler les horaires et d’ainsi enrayer les quarts de temps supplémentaire obligatoire. Quant aux préposés aux bénéficiaires, la Direction régionale de santé publique en est encore à analyser la façon dont s’intègrent les nouveaux stagiaires, qui devraient entrer officiellement en fonction le 15 septembre prochain. Les besoins seront établis plus précisément par la suite.

Une toute nouvelle réserve d’équipement

Outre la restructuration organisationnelle de la main-d’œuvre au sein des CHSLD, Christian Dubé a tenu à souligner l’importance de fournir à tous les établissements de santé de la province l’équipement de protection suffisant pour éviter la multiplication des éclosions du virus en cas de deuxième vague.

«Au moment où on se parle, nos établissements seraient disposés à affronter une nouvelle vague en frais de matériel de protection. Notamment, nous bénéficions d’une grande réserve de masques N-95 et de blouses de chirurgien permettant d’assurer la sécurité des employés. En créant la réserve, nous avions pour objectif d’accumuler l’équipement requis pour quatre mois de pandémie. Présentement, nous en sommes à quelques mois déjà», a expliqué le président-directeur général du CIUSSS MCQ.

L’administration du réseau régional de santé travaillerait également très fort sur l’amélioration du dépistage effectué auprès des travailleurs ainsi que des citoyens. Bien qu’ils atteignent présentement 70 à 80 % de leur cible, les membres de l’organisation devraient être en mesure d’effectuer quelque 1000 tests par jour dès l’automne.

«Les cadres viennent souvent nous rencontrer pour nous écouter, mais ne prennent pas souvent ce que l’on dit en compte. Heureusement, ce plan représente une opportunité de dire travaillons ensemble pour améliorer les choses», croit le président du Conseil central du Cœur du Québec de la CSN, Paul Lavergne.

«Pendant l’été, nous sommes confrontés à une rareté de main-d’oeuvre accrue, qui nous empêche d’effectuer tous les tests que l’on souhaiterait faire. De plus, les citoyens sont eux aussi en vacances et se rendent moins dans les centres hospitaliers pour être dépistés. Nous continuons d’encourager le plus de gens possible à venir se faire tester et nous sommes confiants d’atteindre nos objectifs cet automne», a-t-il mentionné.

L’arrivée d’une deuxième cohorte de préposés envisagée

Alors que les stagiaires en poste depuis quelques semaines s’apprêtent à devenir officiellement des préposés aux bénéficiaires dès septembre, le CIUSSS MCQ est bien loin de considérer ses besoins comblés. Dans l’optique de se rapprocher d’un nombre suffisant de travailleurs en CHSLD, la Direction régionale de santé publique a approché à nouveau le Centre de formation professionnelle Bel-Avenir afin de vérifier la possibilité de faire naître une deuxième cohorte de futurs préposés issus de la formation accélérée de trois mois.

«Nos discussions avaient pour but d’être sûr que nous pourrions avoir une deuxième cuvée d’étudiants en cas de besoin. Maintenant, il faudra attendre notre évaluation de la formation de la première vague de préposés avant de déterminer le nombre d’élèves admis et de bourses offertes. Il n’en demeure pas moins qu’on serait extrêmement surpris de voir ce premier groupe combler l’ensemble de nos besoins», a laissé entendre Carol Fillion.

Satisfaction partielle chez les syndicats

Si la nouvelle a été accueillie dans l’optimisme le plus total du côté du CIUSSS MCQ, elle n’a pas eu le même effet chez les syndicats, qui se réjouiront uniquement lorsque des changements concrets auront été constatés dans la vie des travailleurs.

«Pour nous, tout plan d’action réalisé dans le but d’améliorer la situation est le bienvenu. Ça démontre qu’il y a une ouverture chez les différentes instances gouvernementales. Par contre, souvent, les employés ont l’impression que les solutions viennent d’en haut alors que les problèmes sont vécus sur le terrain. Les travailleurs auraient aimé être consultés davantage avant l’élaboration de ce plan d’action, qui représente tout de même une bonne nouvelle dans les circonstances», a témoigné le président du Conseil central du Cœur du Québec de la CSN, Paul Lavergne.

Pour ce dernier, il est d’autant plus déplorable de voir l’administration du réseau régional de santé remuer ciel et terre pour les CHSLD au détriment des dizaines d’autres établissements de santé répartis sur le territoire.

«En ce moment, on ne reçoit pas des appels des travailleurs dans les CHSLD, mais bien des gens des autres missions. Au CIUSSS MCQ, il y a plus d’une centaine d’établissements de santé. Tous ceux qui ne sont pas des CHSLD ont l’impression que l’aide qui est apportée dans ces lieux serait également bonne pour eux. Il faudrait donc ramener le décisionnel proche de l’opérationnel au lieu de s’occuper des endroits dans lesquels la situation a été plus médiatisée», a-t-il ajouté.

Portrait actuel de la pandémie en région

Lundi, neuf nouveaux cas de coronavirus ont été observés à travers la région, ce qui porte le total des personnes infectées depuis le début de la pandémie à 2124. Au Centre-du-Québec, six nouvelles personnes ont testé positif au virus depuis la semaine précédente, y portant le bilan à 451 résidents tombés malades depuis mars. La Mauricie, quant à elle, recense désormais 1673 cas de COVID-19 sur son territoire depuis les derniers mois, soit trois de plus que le 12 août dernier.

Heureusement, le nombre de décès est demeuré inchangé à 211 au cours de cette période. La situation est également demeurée la même dans les centres hospitaliers, où une seule personne est présentement traitée.

«On reste toujours extrêmement vigilants quant à l’évolution de la COVID-19 dans notre population. On réalise que le taux de propagation demeure très bas présentement grâce à la discipline dont font preuve nos citoyens. Évidemment, on encourage tout le monde à maintenir le port du masque et la distanciation sociale en public. Il faut que ça continue comme ça pour que la deuxième vague soit le plus facile à contrer possible», a conclu Carol Fillion.