La saison 2020 de la SOPFEU a été pleine de défis.
La saison 2020 de la SOPFEU a été pleine de défis.

Plus de feux de forêt dans la région en 2020

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — La dernière saison de protection des forêts contre le feu s’est avérée exceptionnelle à bien des égards pour la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU). En plus de devoir réinventer ses façons de faire en raison de la crise sanitaire, la SOPFEU a été confrontée à un plus grand nombre d’incendies qu’à l’habitude dans la région et dans toute la province à l’exception de l’Abitibi-Témiscamingue.

Au total, 55 feux ont été recensés en Mauricie et ils ont affecté une superficie de 111,5 hectares. La foudre a causé 6 incendies, les opérations forestières en ont provoqué 4 autres, les résidents sont en cause dans une vingtaine de feux et 21 brasiers sont dus aux activités de récréations. La moyenne des 10 dernières années pour la Mauricie est de 37,5 incendies pour 4916 hectares de forêt affectés.

Au Centre-du-Québec, 16 incendies ont été enregistrés, comparativement à la moyenne de 7,7 feux dans la dernière décennie, pour un total de 47,6 hectares de forêt brûlés. La majorité des incendies sont reliés aux résidents (11) et à la récréation (4).

Au total, la SOPFEU a combattu pas moins de 656 incendies dans les derniers mois, ayant affecté 61 519,6 hectares de forêt. Ces données sont au-dessus de la moyenne des dix dernières années, qui est de 440 incendies pour 35 474,6 hectares brûlés.

La SOPFEU explique ces chiffres principalement par un printemps plus chaud et plus sec, qui fut très propice à l’éclosion de feux de végétation. Par la suite, l’été s’est avéré un peu plus calme, avec un nombre de feux davantage dans la moyenne.

Opérations en temps de pandémie

L’organisme de protection souligne également qu’il a dû mettre en place un plan de contingence visant à assurer la continuité de ses opérations, considérées essentielles, en période de pandémie.

«Outre les risques associés à une réduction de sa capacité opérationnelle en cas de contamination de son personnel, il fallait également assurer la poursuite des activités malgré des mesures de protection particulières à mettre en place et des difficultés d’approvisionnement en biens et services», a indiqué la SOPFEU.

Deux feux qui ont retenu l’attention

Le début de l’été a pour sa part été marqué par une vague de chaleur, qui a notamment mené à l’éclosion de deux incendies importants. Ces brasiers ont généré une grande charge de travail pour la SOPFEU tout au long du mois de juillet.

Le 16 juin, un important brasier prenait naissance au nord du Lac-Saint-Jean, dans le secteur de Chute-des-Passes. Cet incendie a atteint une superficie de 59 936 hectares, ce qui en fait le plus important feu de forêt qu’a connu le Québec depuis 10 ans. Ce feu d’importance a été déclaré officiellement éteint le 17 août, après 63 jours de combat. Notons que la superficie affectée lors de cet incendie représente 97,4% des hectares brûlés au cours de la saison.

Par ailleurs, l’incendie déclaré le 19 juin dans une tourbière de Rivière-Ouelle, dans le Bas-Saint-Laurent, a pour sa part été officiellement éteint le vendredi 24 juillet. Le brasier, qui a brûlé 361,1 ha, a nécessité la mobilisation d’un grand nombre de pompiers forestiers du Québec et de l’Ontario, en plus des pompiers municipaux et de l’apport des agriculteurs locaux.

Dans la région, on se souviendra que de l’important brasier à Aston-Jonction qui a ravagé une portion de forêt d’une superficie de 39 hectares ou encore du feu à Saint-Étienne-des-Grès à la fin du mois de mai.

Au cours de cette saison, des pompiers forestiers de la SOPFEU ont également été déployés en Australie et en Californie, ce qui constitue une première dans l’histoire de l’organisme de protection.

Causes des feux de forêt en zone de protection intensive pour la saison 2020.

En Australie, 45 ressources québécoises ont été déployées sur le terrain, en deux missions consécutives de plus d’une trentaine de jours. En Californie, 60 pompiers forestiers sont partis le 2 septembre et un deuxième contingent de 20 pompiers forestiers a pris la relève le 17 septembre.

«Malgré son lot de défis et de difficultés, la saison 2020 aura permis à la SOPFEU de démontrer sa capacité opérationnelle, ainsi que la résilience et le professionnalisme de ses équipes de travail», a conclu la SOPFEU.