Malgré sa démission, Yves Lévesque pourrait toucher plus de 256 000 $ en indemnités de départ.

Plus de 256 000 $ en indemnités de départ?

Trois-Rivières — Bien qu’il ait démissionné en cours de mandat, l’ancien maire de Trois-Rivières Yves Lévesque pourra toucher des dizaines de milliers de dollars en allocations de départ et de transition. Une situation qui est d’ailleurs relevée et décriée par l’ancien greffier de la Ville de Trois-Rivières, Me Gilles Poulin, dans une lettre ouverte publiée aujourd’hui dans nos pages.

Selon les calculs de Me Poulin qui, rappelons-le, a appuyé publiquement le candidat Jean-François Aubin lors de la dernière course électorale à Trois-Rivières, ce sont plus de 256 000 $ que touchera l’ancien maire Yves Lévesque en allocations de départ et de transition. Un montant qui pourrait également être majoré puisqu’il faudra également tenir compte de la rémunération touchée par M. Lévesque pour sa tâche de représentant de la Ville de Trois-Rivières au sein de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Il faut dire que selon la Loi sur le traitement des élus municipaux, un élu qui démissionne en cours de mandat ne peut toucher les allocations de départ et de transition, des primes calculées au prorata du nombre d’années de service ou du nombre d’années où l’élu occupe la même fonction. Cette règle fait toutefois exception si l’élu démissionne pour des raisons familiales sérieuses, ou encore pour un problème de santé important l’affectant lui-même ou affectant un membre de sa famille immédiate.

En congé de maladie depuis le mois d’octobre, Yves Lévesque a démissionné le 27 décembre dernier, indiquant que sur recommandation de son médecin, il se devait de quitter ses fonctions pour des raisons de santé. Le diagnostic précis qui l’afflige est connu de sa famille et de son équipe politique, mais n’a jamais été dévoilé publiquement.

Dans les circonstances d’un départ pour raisons de santé, Yves Lévesque pourrait, toujours selon les calculs de Me Poulin, toucher 123 000 $ en allocation de départ et un peu plus de 133 000 $ à titre d’allocation de transition. Une allocation à laquelle il n’aurait pas eu droit s’il avait, par exemple, démissionné pour faire le saut en politique fédérale, fait de nouveau remarquer l’ancien greffier dans sa missive.

Au cabinet du maire, à l’hôtel de ville, on n’était pas en mesure jeudi de vérifier le montant exact qui sera versé au maire démissionnaire en raison de l’absence, pour les vacances des Fêtes, des personnes habilitées à fournir ces informations. On s’est cependant engagé à rendre les montants disponibles dès la semaine prochaine en présentant une demande d’accès à l’information.

Le chef de cabinet, Jean-Marc Bergeron, a toutefois précisé que le versement des allocations à Yves Lévesque, bien qu’il soit prévu à l’intérieur de la Loi sur le traitement des élus, devait d’abord faire l’objet d’une approbation de la Commission municipale, à qui le maire démissionnaire devra s’adresser pour faire valoir la raison de sa démission. Ainsi, les montants évoqués plus haut n’auraient toujours pas été versés puisque l’objet de la démission doit d’abord avoir été reconnu par la Commission municipale.

De son côté, le seul candidat à s’être annoncé dans la course à venir à la mairie de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, a plaidé pour une révision des montants liés aux allocations de départ et de transition. «Le point de départ c’est le respect de la loi. Si M. Lévesque a respecté la loi, je ne vois pas pourquoi il n’aurait pas droit à ses indemnités de départ. Maintenant que l’on a dit cela, je pense que l’on devrait avoir un débat collectif sur l’idée d’un plafond qui limiterait le montant des primes de départ à l’avenir», lance-t-il.