Des unités temporaires avaient été créées pour libérer les urgences.
Des unités temporaires avaient été créées pour libérer les urgences.

Plus d’admissions en psychiatrie durant le confinement

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La période de confinement imposée à cause de la pandémie de COVID-19 a été difficile pour beaucoup de citoyens de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Les admissions en psychiatrie dans les établissements du territoire ont en effet augmenté, en particulier au début du confinement alors qu’elles ont bondi de 30 % pour le mois d’avril, par rapport au même mois en 2019. C’est la période où les augmentations ont été les plus marquées.

Selon des données obtenues par Radio-Canada avec la Loi d’accès à l’information, 274 personnes ont été admises dans l’un ou l’autre des cinq établissements régionaux de santé, en avril dernier, alors que l’année précédente, 209 admissions avaient été enregistrées en psychiatrie par le CIUSSS-MCQ précise Kellie Forand, agente d’information.

Des unités temporaires (unités d’hospitalisation brèves de 7 jours ou moins) avaient été ouvertes, au printemps, afin d’y transférer rapidement les usagers qui se présentaient à l’urgence pour des conditions psychiatriques. Elles ne sont plus en usage depuis un mois, mais peuvent être redéployées en tout temps au besoin, indique Mme Forand.

Le CIUSSS MCQ, qui se prépare à une deuxième vague, est déjà proactif et annonçait, il y a quelques jours, que des équipes d’intervenants psychosociaux ont commencé à sillonner divers endroits publics de la région afin de repérer les personnes ayant besoin d’aide, mais qui ne font pas appel aux services de santé de la région.

Mme Forand rappelle que ces intervenants ont également été actifs lors des cliniques mobiles de dépistage.

L’idée, explique Mme Forand, c’est «d’outiller les gens au cas où ils revivraient une période plus difficile par rapport aux portes d’entrée de nos services. Le réflexe de consulter a été peut-être moins présent, au début, dans la première vague», dit-elle. «On veut que les gens soient en mesure de consulter et sachent comment le faire», dit-elle. Parmi ces portes d’entrée, il y a, par exemple, la ligne 811, les CLSC et les organismes communautaires (lignes d’écoute, CAB, etc...).

Le travail à distance tout en s’occupant de jeunes enfants, les pertes d’emplois et les problèmes financiers, les abus de drogues et d’alcool et le choc post-traumatique pour certains employés des centres d’hébergement et de soins de longue durée où la majorité des décès par la COVID-19 sont survenus en peu de temps sont autant de facteurs qui ont incité les gens à recourir aux services psychiatriques du CIUSSS-MCQ depuis le début de la pandémie.