Plusieurs points d’eau ont été condamnés dans les écoles de la région.
Plusieurs points d’eau ont été condamnés dans les écoles de la région.

Plomb dans l’eau: la nouvelle norme dépassée dans plusieurs écoles

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Les Centres de services scolaires du Québec, incluant ceux de la région, ont commencé à écrire aux parents afin de leur faire part de présence de plomb dans des points d’eau de certaines écoles. Cette démarche fait suite à un programme de dépistage provincial amorcé en juin dernier.

Les tests ne sont pas encore tous complétés en Mauricie, mais les Centres de services scolaires de l’Énergie et du Chemin-du-Roy sont très avancés dans leurs démarches même si la fin de l’opération a été reportée au 1er novembre pour le dépistage dans les écoles primaires et en mars 2021 pour les écoles secondaires et autres établissements.

À mesure que des résultats positifs arrivent, les parents sont avisés et les points d’eau où du plomb a été détecté sont fermés.

Au CSS de l’Énergie, pour l’instant, «toutes nos écoles primaires ont été évaluées. Il ne reste que quelques points d’eau à tester dans deux écoles secondaires, mais ce sera complété sous peu», indique la responsable des communications, Amélie Germain-Bergeron.

Au CSS du Chemin-du-Roy, «le processus de prélèvement s’est terminé au milieu du mois d’août», précise Anne-Marie Bellerose du service des communications.

Les points d’eau des 76 bâtisses du Centre de services scolaire ont été analysés. «Nous avons testé tous les points d’eau pouvant être potentiellement utilisés pour boire», indique Mme Bellerose, même les lavabos qui se trouvent dans certaines classes, précise-t-elle.

Il en ressort que 56 bâtisses du CSS du Chemin-du-Roy comportent des points d’eau où la nouvelle norme établie par Santé Canada de 5 microgrammes par litre est dépassée. «Plusieurs de ces écoles, soit 20 sur 56, ont seulement un ou deux points d’eau non conformes à la nouvelle norme», précise-t-elle toutefois.

En d’autres termes, résume Mme Bellerose, 83,54 % des points d’eau du CSS du Chemin-du-Roy sont conformes à la nouvelle norme.

Au CSS de l’Énergie, les résultats des tests effectués sur 39 bâtiments, jusqu’à présent, ont été envoyés au ministère de l’Éducation. Il ne reste que deux écoles secondaires à compléter.

À peu près tous ont révélé la présence de plomb, indique Mme Germain-Bergeron. «Plusieurs points d’eau ont été fermés et un pictogramme a été apposé au-dessus de l’appareil pour indiquer les mesures à prendre» avant de consommer l’eau, par exemple, faire couler l’eau de 1 à 5 minutes. «Les élèves doivent apporter une ou deux gourdes d’eau remplies de la maison», dit-elle, une mesure qui était déjà en vigueur pour freiner la propagation de la COVID-19, rappelle la responsable des communications.

La pandémie et les coûts astronomiques qu’elle engendre pourraient représenter un frein important à tout projet de correctif de cette situation.

«Les livraisons des équipements commandés (filtres et remplisseurs de gourdes avec filtres) pour corriger, dans plusieurs cas, ces appareils à remplacer ou déficients sont reportées en raison de l’importance des demandes et des besoins de l’ensemble du réseau scolaire, mais aussi du contexte industriel de production limité par la COVID», explique Mme Germain-Bergeron.

Cette dernière ajoute que «les coûts des corrections permanentes seront très élevés» tandis que les correctifs, eux, seront «difficiles à mettre en place avec nos ressources limitées», dit-elle.

Anne-Marie Bellerose, de son côté, indique que des travaux de plomberie pourraient être effectués, mais «dans des cas très rares». Elle aussi précise qu’il faudra installer un dispositif de traitement filtre certifié pour éviter la consommation d’eau qui ne respecte pas les normes.

Ni le CSS de l’Énergie ni celui du Chemin-du-Roy ne sont en mesure, pour l’instant, de mettre un montant sur les investissements qui seront rendus nécessaires par cette situation.

Selon Amélie Germain-Bergeron, «les taux au-dessus des limites recommandées se retrouvent dans presque tous les établissements, qu’ils soient âgés ou récents et même dans nos agrandissements accomplis dans les 3 dernières années. Dans les deux CSS, aucune corrélation ne peut donc être faite entre l’âge des bâtiments et la présence de plomb dans l’eau, semble-t-il.

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires de la Santé publique, mercredi ni d’obtenir les détails pour le CSS de la Riveraine, mercredi.

Selon le site du gouvernement du Québec sur la question, «les concentrations de plomb dans l’eau potable distribuée sur le territoire du Québec sont généralement très faibles. Le plomb dans l’eau potable provient principalement de la dissolution du plomb présent dans les tuyaux, surtout les tuyaux de raccordement (entrée de service) entre certaines maisons et le réseau de distribution. Les entrées de service en plomb ne sont plus autorisées depuis 1980 et l’utilisation de soudures contenant plus de 0,2 % de plomb est interdite depuis 1989.