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Les inondations à Yamachiche en 2019.
Les inondations à Yamachiche en 2019.

Plan de protection face aux inondations: un bureau de projet en Mauricie

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — Région à risque d’inondations, la Mauricie obtient un des dix bureaux de projets créés dans le cadre du Plan de protection du territoire face aux inondations du gouvernement du Québec. Ces bureaux disposent d’un budget de 89 millions $ pour réaliser entre autres un meilleur portrait des conséquences des crues printanières et définir des mesures concrètes «de résilience et d’adaptation», a annoncé Québec lundi.

«Ça coûte assez cher les inondations. On est rendu à plus d’un milliard pour les années 2017 et 2019», a mentionné en entrevue la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) du Québec, Andrée Laforest.

Uniquement pour la MRC de Maskinongé, les coûts des inondations de 2017 et de 2019 sont estimés, précise la ministre, à 1,4 million $ et 1,6 million $. Il est donc temps d’agir, souligne la ministre. Le bureau de projet de la région s’intéressera spécifiquement au bassin versant du Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre. Son champ d’action sera donc aussi bien en Mauricie qu’au Centre-du-Québec.

«Nous sommes souvent une des premières régions touchées par les inondations. Ça serait illusoire de penser que ça n’arrivera pas à nouveau», a souligné le député de Maskinongé, Simon Allaire.

Les dix bureaux de projets qui s’ajoutent aux directions régionales du MAMH seront situés dans les principales régions du Québec à risque d’inondations. Outre en Mauricie, on en retrouvera donc dans les régions de Québec, Montréal, Chaudière-Appalaches, Laurentides, Outaouais, Lanaudière, Montérégie, Estrie et Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ces bureaux devront d’abord établir un portrait des inondations.

«On veut mieux cartographier. Notre cartographie au niveau des inondations est à travailler», a ajouté la ministre Andrée Laforest. «Faut que les citoyens soient au courant. Dans le passé, des citoyens ne savaient pas s’ils étaient ou non en zone inondable.»

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) du Québec, Andrée Laforest

Une fois un portrait plus précis des inondations régulièrement observées sur un territoire, le bureau de projet aura comme mandat de définir «des mesures concrètes de résilience et d’adaptation s’appuyant sur des analyses coûts-avantages et une expertise scientifique», explique le MAMH. Quelques mesures sont ainsi déjà avancées, comme la création de parcs publics inondables permettant une zone de débordement en cas de crues ou la végétalisation de milieux urbains.

«Ce qu’on veut faire, c’est laisser l’espace naturel à l’eau où elle va. Nos cours d’eau ont besoin d’espace. Souvent, on essaie de les restreindre. On veut mieux les connaître pour savoir où ils vont pour mieux protéger nos citoyens», a souligné la ministre.

Québec assure de plus qu’une enveloppe de 345 millions $ sera allouée pour réaliser les interventions jugées nécessaires par les bureaux de projets. Ces sommes soutiendront les municipalités dans la réalisation des différentes interventions sur leurs territoires.

«Les bureaux de projets vont nous aider à savoir si on doit faire des travaux de dragage, travailler avec des digues ou relocaliser des résidences», a soutenu la ministre Andrée Laforest qui ouvre la porte aussi à une approche différente.

Les interventions qui seront retenues seront mises en oeuvre par les municipalités. Elles seront toutefois appuyées par le bureau de projet qui assurera les liens avec les ministères concernés.

«Uniquement dans la circonscription de Maskinongé, il y a environ six municipalités qui sont touchées par les inondations. Chacune d’elle a une réalité différente. Impliquer les différents conseils municipaux, les tables de la société civile et la population, ça va permettre de trouver des solutions adaptées», a précisé le député de Maskinongé, Simon Allaire.

Le député de Maskinongé, Simon Allaire.

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) s’est rapidement dite favorable à la création des bureaux de projets dans dix régions du Québec.

«À titre de porte-parole des régions, la FQM est préoccupée par l’ampleur des enjeux et des défis à relever par les municipalités pour adapter leur territoire aux changements climatiques», a mentionné par voie de communiqué le président de la FQM, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers.

«Le déploiement des bureaux de projets permettra, en plus d’accompagner les municipalités dans la réalisation de leur projet, d’assurer une meilleure cohérence des interventions visant la gestion des risques liés aux inondations à l’échelle des bassins versants.»

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) se dit aussi satisfaite de la volonté de Québec de travailler avec ses membres notamment en reconnaissant leur rôle dans l’aménagement du territoire. «Nous ne pouvons pas repartir à zéro alors que plusieurs municipalités appréhendent déjà d’éventuelles inondations au printemps 2021. La mise en place de bureaux de projets pour la gestion des zones inondables nous permet de regarder vers l’avenir avec confiance. Une approche fondée sur le principe de la gestion du risque permettra l’élaboration et le déploiement de plans d’intervention adaptés aux réalités de chaque territoire», a soutenu Suzanne Roy, présidente de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie.