Stéphane Roy, propriétaire de Savoura.

Plainte d’entrave contre Savoura

TROIS-RIVIÈRES — Le Tribunal administratif du travail sera à Trois-Rivière mardi matin afin d’entendre une plainte pour entrave, intimidation, menaces et négociation de mauvaise foi portée contre les serres Savoura de Saint-Étienne-des-Grès par le syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce qui réclame près de 400 000 $ en dommages. Selon le syndicat, Savoura veut se débarrasser de l’unité syndicale actuelle pour en mettre une autre sur laquelle elle aurait le contrôle.

Plusieurs actions intentées devant différents tribunaux depuis les derniers mois suggèrent des relations de travail pour le moins difficiles dans des serres de Savoura, dont celle de Saint-Étienne.

La plainte qui sera entendue mardi a été déposée par le syndicat le 5 mars. Cette plainte vise le propriétaire Stéphane Roy, la directrice générale Caroline Dalpé, la directrice des ressources humaines Liza Gomez et Hector Ilisiar Oliva Vaquin, un ouvrier agricole.

Le syndicat et la partie patronale sont en période de négociations afin de renouveler le contrat de travail qui a pris fin le 1er mai 2017. Selon le contenu de la plainte qui sera débattue mardi devant le juge Christian Drolet, M. Vaquin aurait reçu de M. Roy le mandat de «faire signer des démissions du syndicat aux salariés migrants», plusieurs employés de Savoura à Saint-Étienne étant des travailleurs étrangers.

Le même document indique que Liza Gomez aurait dit à un interprète embauché par l’employeur «qu’il faut sortir le syndicat et que ça presse». Cet interprète devait rencontrer M. Vaquin «pour le préparer à poser les bonnes questions» lors d’une rencontre convoquée par la direction et tenue le 2 février dernier.

Selon le syndicat, les agissements de Savoura démontrent un complot pour sortir le syndicat de l’usine stéphanoise. «Les faits démontrent nettement de l’ingérence et de l’entrave aux activités de l’association de salariés en place», prétend le syndicat, en ajoutant que le comportement de Savoura démontre un refus de négocier de bonne foi le renouvellement de la convention collective.

Voilà pourquoi le syndicat réclame 380 000 $ en dommages, dont 150 000 $ à être payés par Savoura pour avoir «comploté dans le but de sortir le syndicat requérant à la faveur d’un syndicat dominé par l’employeur».