Jean-Pierre Jolivet souhaite le retour de l’école Antoine-Hallé qui a changé de nom pour du Phénix.
Jean-Pierre Jolivet souhaite le retour de l’école Antoine-Hallé qui a changé de nom pour du Phénix.

Plaidoyer pour le retour du nom école Antoine-Hallé

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
Shawinigan — Faut-il voir dans le changement de nom de l’école Antoine-Hallé par des Phénix une atteinte à la mémoire collective? C’est ce qu’a fait valoir l’ancien député de Laviolette, Jean-Pierre Jolivet, qui était flanqué de représentants d’Appartenance Mauricie et de la Société d’histoire et de généalogie de Shawinigan lors d’un point de presse donné devant l’établissement, mardi matin.

«Je demande au Centre de services scolaire de revenir sur sa décision et de laisser l’école Antoine-Hallé comme nom et de se faire un point d’honneur de le faire. Ce n’est pas honteux de revenir en arrière. Surtout si on sait ce qui s’est passé et pourquoi on l’a nommée ainsi», a-t-il lancé devant l’institution qui est devenue l’école des Phénix, mais qui arbore toujours Antoine-Hallé sur la pancarte le long de la 8e rue, à Shawinigan.

M. Jolivet estime que ça n’a aucun bon sens d’effacer ainsi la mémoire d’Antoine Hallé, un personnage marquant du monde de l’éducation à Grand-Mère, lui qui a mis en place l’école des arts et des métiers et qui a enseigné pendant un demi-siècle, de 1919 à 1969.

André Bordeleau de la Société d’histoire et de généalogie de Shawinigan.

Il déplore également que le tout ait été fait sans consulter la population, mais par un sondage auprès des parents et du personnel. « Ils n’ont consulté personne et n’ont pas vérifié auprès des gens de Grand-Mère pour savoir c’était qui cet homme-là pour qu’on nomme l’école comme telle. Un peu comme pour l’aréna Gilles-Bourassa, on a consulté. Parce que Gilles Bourassa était un homme important dans le coin. Antoine Hallé c’était aussi une personne très importante dans le coin», insiste l’ancien député et enseignant.

Même son de cloche du côté des organismes de préservation de l’histoire pour qui Antoine Hallé est un personnage marquant pour la communauté. «Il faut absolument conserver cette page d’histoire de la Mauricie», insiste Jean Huard d’Appartenance Mauricie. «C’est important que les gens puissent identifier quelqu’un parce qu’il a été impliqué dans le milieu en le reconnaissant avec un bâtiment, un aréna, un parc ou peu importe. C’est pourquoi nous appuyons la démarche pour que la décision soit reconsidérée», renchérit André Bordeleau de la Société d’histoire et de généalogie de Shawinigan.

Jean-Pierre Jolivet a également demandé à ce que la mémoire d’Antoine Hallé soit honorée par une plaque qui serait installée dans le hall d’entrée ou qu’une biographie soit incluse dans l’agenda que l’on remet aux élèves en début d’année. « Mon fils Vincent m’a dit qu’il n’a jamais compris pourquoi elle s’appelait l’école Antoine-Hallé et pourtant, il est venu ici. Ça indique que ce n’est pas d’hier qu’on oublie de parler de l’histoire d’une bâtisse. Si à l’époque on ne le faisait pas, aujourd’hui on devrait le faire», a-t-il lancé.

Jean Huard d’Appartenance Mauricie, était sur place pour appuyer la démarche.

Pas de retour en arrière

Le directeur général du centre de services scolaire (CSS) de l’Énergie, Denis Lemaire, estime que le changement de nom de l’établissement a été fait dans les règles de l’art et il n’a pas l’intention de revenir en arrière.

En entrevue au Nouvelliste, il a expliqué que c’est à la suite d’une proposition du conseil d’établissement que la décision a été prise, suivant le principe voulant qu’elle «soit le plus près de l’élève». «Ce sont les parents et le personnel qui sont le plus près de l’élève. Ce n’est pas la population, a-t-il fait valoir, soulignant au passage qu’il n’a pas apprécié la manifestation devant l’école, prétextant que des enfants ont pu être perturbés.

«Je peux comprendre que des gens auraient aimé être consultés, mais ce n’est pas écrit dans la Loi de l’instruction publique. Une fois que le conseil d’établissement a pris une résolution et que nous avons vérifié avec les autorités que c’est conforme, comme CSS, on n’a pas à juger de la pertinence du nom qui nous est proposé.»

Lise Bertrand-Lirette, qui a côtoyé Antoine Hallé à titre de secrétaire, a souligné son humanité et son professionnalisme.

Le directeur général fait valoir que plusieurs écoles de la région ont également changé de nom au cours des dernières années. «Il y a environ un tiers des écoles [de la CSS de l’Énergie] qui n’ont pas leur nom d’origine, indique-t-il. Dans le cas de l’école des Phénix, c’est le volet pour les élèves en difficulté qui est derrière l’idée. Le personnel et les parents estimaient qu’un nom qui signifie la renaissance ça les représentait mieux en 2020.»

Denis Lemaire a tout de même démontré une ouverture à placer une plaque commémorative en l’honneur d’Antoine Hallé et de publier un document à sa mémoire. Il a invité les gens intéressés à lui soumettre le nécessaire pour que ça se réalise.