Les rues de Saint-Tite seront pleines pour une dernière fin de semaine de festivités. Brett Kissel

Place au dernier week-end au Festival western de Saint-Tite

SAINT-TITE — Le rideau tombera dimanche sur 10 jours de festivités à Saint-Tite, mais pour les prochains jours, la ville accueille encore à bras ouverts les cow-boys de toute provenance, venus profiter de la dernière fin de semaine du Festival western. Les mordus de rodéo devraient en avoir plein la vue samedi et dimanche, et les amateurs de country en auront plein les oreilles avec le spectacle La fête à Saint-Tite, mis en scène par Renée Martel.

Même si la journée de samedi s’annonce être pluvieuse, le président du Festival, Hugues Carpentier, a confiance que les spectateurs seront au rendez-vous.

«Quand il y a eu de la pluie, cette semaine, les gens se sont déplacés vers les chapiteaux, explique-t-il. Pour les spectacles, les billets étaient vendus d’avance et c’est la même chose pour les rodéos, donc ça n’a pas eu d’influence sur les activités. La rue a été moins achalandée, mais ç’a permis de remplir nos chapiteaux.»

M. Carpentier promet même un spectacle encore plus impressionnant du côté des Grandes estrades. «Ça change la dynamique (des rodéos) complètement. On voit de la boue gicler, c’est encore plus spectaculaire», assure-t-il.

La crème de la crème des cow-boys de l’Amérique du Nord sera en compétition, samedi et dimanche, pour cette finale qui est aux rodéos ce que la finale de la coupe Stanley est au hockey, selon le président du festival. «Ça fait 20 ans que le Festival est nommé le meilleur rodéo d’Amérique du Nord en extérieur par les cow-boys », souligne-t-il.

Le spectacle La fête à Saint-Tite est aussi un rendez-vous à ne pas manquer, surtout pour les admirateurs de Renée Martel. Atteinte d’un cancer, la reine du country a annulé sa tournée, mais sera présente samedi soir, au Country Club Desjardins. Si son état le permet, elle devrait faire une apparition sur scène pendant le spectacle qu’elle a mis en scène.

Malgré la pluie annoncée samedi et celle tombée la semaine dernière, donc, l’organisation du Festival demeure très satisfaite du déroulement de l’événement. «On n’entend que des commentaires positifs sur la 52e édition», se réjouit M. Carpentier.

Blanchet vendredi, Trudeau samedi

Les visites de politiciens à Saint-Tite se poursuivent également. Après Jagmeet Singh et Andrew Scheer, respectivement chefs du NPD et du Parti conservateur, la semaine dernière, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, était de passage au Festival vendredi.

Le politicien, qui habite à Shawinigan, n’en était pas à sa première visite au festival, contrairement aux deux autres chefs de parti qui sont passés au Festival jusqu’à présent. Il a salué le professionnalisme de l’organisation et la croissance que connaît l’événement depuis plus d’un demi-siècle, et a rappelé l’importance de ses retombées économiques. Il estime par ailleurs que l’événement devrait bénéficier d’un plus grand soutien étatique, notamment du gouvernement canadien, s’il en faisait la demande.

«Les organisateurs ont su gérer la croissance très bien et les événements qui peuvent se présenter vu que ça dure tard le soir pendant deux semaines. Ils ont toujours extrêmement bien travaillé. S’ils proposent un partenariat à différents paliers de gouvernement, incluant le gouvernement canadien, je pense que ça doit être entendu», mentionne M. Blanchet.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a profité de sa visite pour acheter un chapeau de cow-boy.

Alors que le professeur de droit Alain Roy réclamait, il y a une semaine, qu’un moratoire soit mis en place sur les rodéos, le chef bloquiste dit souhaiter que ces activités se poursuivent. Il croit que leur annulation, au nom du respect de la santé et de la Sécurité des animaux, serait dévastatrice pour le Festival western.

«Je ne suis pas d’accord avec ce qui semble être la finalité que ça n’existe plus. Il y a toujours place à l’amélioration. Mais je suis pour que le Festival de Saint-Tite survive, se perpétue, s’améliore, grandisse. (Le rodéo), c’est une activité qui est une passion pour tellement de gens... alors qu’il en existe des bien plus sombres», souligne M. Blanchet.

Quant à la campagne électorale déclenchée mercredi, M. Blanchet affirme toujours croire possible de doubler la députation bloquiste à l’issue du scrutin du 21 octobre, ce qui permettrait de donner un nouveau souffle au parti et, de manière générale, aux souverainistes.

«Ça va redonner de la vivacité au mouvement souverainiste, espère-t-il. Le Québec comme pays écologique, c’est mon rêve, c’est ma passion. Contribuer à ça, c’est l’objectif. Et ça se calcule en nombre de députés, c’est inévitable.»

Samedi, le premier ministre et chef du Parti libéral, Justin Trudeau, devrait à son tour faire son pèlerinage à Saint-Tite.

Brett Kissel accueilli en roi

Vendredi soir avait lieu le très attendu spectacle de Brett Kissel, étoile montante de la musique country canadienne. Le groupe québécois de new country assurait la première partie de ce spectacle, qui était à guichets fermés.

Brett Kissel

Le jeune homme originaire de l’Alberta a enregistré son premier album à 12 ans, mais n’a commencé à connaître un réel succès qu’il y a six ans, lorsqu’il a enregistré son album Started with a song avec la compagnie Warner. C’est à ce moment qu’il a entendu parler de Saint-Tite pour la première fois et qu’il a décidé qu’il voulait y jouer.

«Quand j’ai signé avec Warner, ils m’ont dit: si tu veux devenir quelqu’un sur la scène country, il faut que tu ailles là! Je m’attends à un gros party, ce (vendredi) soir. Les gens sont de bonne humeur, ils boivent depuis 9 h le matin, alors quand je vais monter sur la scène, ils vont être prêts et moi aussi», affirmait le sympathique jeune homme, quelques heures avant de commencer son spectacle.

Brett Kissel a profité de la journée pour arpenter les rues de Saint-Tite, envahies depuis une semaine par les cow-boys. Il dit s’y sentir comme chez lui.

«J’ai grandi en Alberta et j’allais à des rodéos chaque fin de semaine, raconte-t-il. C’est super de voir des gens avec un chapeau et des bottes de cow-boy en chemise à carreaux. Je me sens comme à la maison!»

L’artiste s’est dit impressionné de voir que la ville entière se transforme en un immense lieu de festival pendant 10 jours. Il a aussi failli tomber de sa chaise en apprenant que les retombées économiques de l’événement sont de l’ordre de 45 millions $. «C’est ça, le pouvoir de la musique country», s’exclame-t-il.