Ghislaine Beaudry, secrétaire à la Société acadienne de Port-Royal, tenait fièrement le drapeau de l’Acadie lors du tintamarre qui a eu lieu jeudi dans le cadre de la fête nationale des Acadiens.

Place à un premier tintamarre acadien

BÉCANCOUR — Des bruits de casserole, des coups de sifflet et des tintements de maracas, les Acadiens ont célébré fièrement leurs origines, jeudi, lors d’un tout premier tintamarre, organisé par la Société acadienne Port-Royale, qui s’est déroulé au Quai de Sainte-Angèle à Bécancour, dans le cadre de la fête nationale des Acadiens.

«Le tintamarre est une tradition chez les Acadiens. Ce sont des gens qui font une marche tout en faisant un maximum de bruit pour manifester le fait que les Acadiens sont toujours bien vivants, malgré la déportation de 1755», explique Karine Bergeron, administratrice à la Société acadienne Port-Royale.

C’est la première fois que l’organisme à but non lucratif organise une telle marche dans la région. Ainsi, une quarantaine de participants ont pris part aux célébrations, et ce, avec beaucoup d’enthousiasme. Certains arboraient même des vêtements aux couleurs de l’Acadie, dans les teintes de bleu, de blanc et de rouge.

«J’ai participé à mon premier tintamarre à l’âge de 6 ans au Nouveau-Brunswick, confie Cécile Cormier. Ça me rappelle beaucoup de souvenirs. Dans le temps, on utilisait de vieux chaudrons et des poêles. Tout le monde se mettait dans la rue et ça faisait du bruit.» La femme d’origine acadienne habite maintenant à Nicolet, mais elle a résidé pendant 30 ans à Saint-Grégoire.

Quant à Louise Gauthier, elle avait particulièrement hâte d’entamer la marche. «C’est mon premier tintamarre et c’est merveilleux. J’ai des racines acadiennes par mes grands-parents qui étaient ici à Saint-Célestin dans la région. J’ai décidé de venir parce que c’est festif et je voulais avoir du plaisir», avoue-t-elle.

Pour sa part, Sonia Florent habite à Victoriaville et s’est rendue jusqu’à Bécancour pour participer à l’activité. «Pour être bien honnête, si j’avais pu, je serais au Nouveau-Brunswick au moment du tintamarre, mais comme je ne peux pas, j’ai décidé de venir ici», soutient-elle.

Effectivement, le premier tintamarre a eu lieu au Nouveau-Brunswick. Depuis, cette province honore chaque année la tradition, notamment dans la ville de Caraquet. Plusieurs milliers de personnes prennent part à cette marche mémorable lors des festivités de la fête nationale acadienne.

À Bécancour, une journée complète était dédiée aux Acadiens. «On a fait un défilé du côté de Saint-Grégoire et du côté de Sainte-Angèle en voiture. Le tintamarre se fait à pied jusqu’au bout du Quai de Sainte-Angèle et après nous allons faire la levée du drapeau acadien sur la tour», résume Mme Bergeron.

Dans le cadre des Jeudis en chansons de la SSJB, Quai en Fête avait aussi prévu un spectacle sous le chapiteau intitulé Sur les airs d’Acadie, afin de clore la journée. Le répertoire québécois, francophone et la musique acadienne ont été mis en valeur par les voix de Chantal Noury, Monique Fauteux et Sylvie Tremblay.