Joannie Trudel (avec deux de ses enfants sur la photo) croyait pouvoir bénéficier du Programme incitatif pour la rétention des travailleurs essentiels, étant donné son faible revenu. Elle s’attend toutefois à devoir rembourser les sommes qu’elle a reçues.
Joannie Trudel (avec deux de ses enfants sur la photo) croyait pouvoir bénéficier du Programme incitatif pour la rétention des travailleurs essentiels, étant donné son faible revenu. Elle s’attend toutefois à devoir rembourser les sommes qu’elle a reçues.

PIRTE: des responsables de garderie pourraient avoir à rembourser des sommes

TROIS-RIVIÈRES — Des responsables en services éducatifs (RSE) en milieu familial qui ont bénéficié du Programme incitatif pour la rétention des travailleurs essentiels (PIRTE) risquent de devoir rembourser les sommes reçues, une décision que déplore le syndicat qui les représente.

Ce programme vise à compenser la différence entre le salaire des travailleurs essentiels et la Prestation canadienne d’urgence (PCU), dans le but d’éviter que ces salariés préfèrent rester à la maison et être mieux payés ce faisant. Puisque certaines garderies, notamment en milieu familial, sont demeurées ouvertes pour accueillir les enfants des travailleurs considérés essentiels, notamment ceux du réseau de la santé et les enseignants au primaire, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) croyait que plusieurs de ses membres, qui avaient un revenu inférieur à 550 $ par semaine, pourraient en bénéficier.

«On pensait qu’une RSE qui a seulement deux ou trois enfants dans son milieu, et qui reçoit donc trois subventions du gouvernement (pour les enfants) et non six, y aurait droit. On n’a pas dit à nos membres: vous y avez accès, c’est sûr. Mais on leur a dit: faites votre calcul», explique Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ.

Or, le syndicat indique avoir été informé récemment que les RSE ne sont pas admissibles au PIRTE, à son grand désarroi.

«On essaie de comprendre, mais on n’est pas capable. C’est comme la PCU: personne n’est capable de nous dire pourquoi on ne peut pas l’avoir», déplore Mme Grenon.

«C’est dommage»

Joannie Trudel, une RSE de la Mauricie, a pourtant reçu des sommes provenant du PIRTE. Elle aussi ne comprend pas pourquoi elle n’a pas droit à ce coup de pouce du gouvernement, alors qu’elle peine à vivre de sa profession.

«La seule raison que je vois, c’est parce que je suis travailleuse autonome. Mais de mon point de vue, je suis une travailleuse essentielle et je participe à la relance économique. C’est dommage que je sois exclue de ce programme-là», critique-t-elle.

Mme Trudel indique qu’elle sera en mesure de rembourser cet argent si le gouvernement le lui réclame réellement. Cependant, ces sommes lui auraient permis d’amortir les frais engendrés par la COVID-19. Si le gouvernement fournit aux RSE des masques et des visières gratuitement, les autres dépenses liées au réaménagement des lieux pour permettre la distanciation entre les enfants ne sont pas remboursées.

«J’ai dû adapter mon milieu à la COVID, faire des investissements dans mon service de garde pour me mettre aux normes et me procurer du Purell. Ça m’aurait aidée à essuyer ces frais-là», souligne Mme Trudel.