Pierre Karl Péladeau et Yves-François Blanchet lors du rassemblement bloquiste tenu dimanche à Montréal.

Pierre Karl Péladeau et le Bloc, pas de malaise

Shawinigan — Le Bloc québécois continuera de miser sur l’apport de grands entrepreneurs indépendantistes pour véhiculer le message du parti et cela inclut Pierre Karl Péladeau.

C’est ce qu’on peut conclure des propos d’Yves-François Blanchet, présent à Shawinigan lundi matin pour participer à l’annonce de la candidature de Nicole Morin, soit au lendemain de la tenue d’une assemblée partisane tenue à Montréal et à laquelle le grand patron de Québecor a participé. Questionné par Le Nouvelliste à savoir s’il n’y avait pas un malaise à voir un propriétaire de plusieurs médias prendre part à une activité politique, M. Blanchet rappelle que M. Péladeau n’était pas présent «pour appuyer TVA ou Le Journal de Montréal».

«On est dans la mouvance d’Air Transat. On regarde un fleuron quitter le Québec en se faisant dire que le Québec et le Canada, c’est la même affaire. Avec plus de temps, d’autres acheteurs québécois se seraient manifestés (pour acquérir le transporteur aérien). C’est dans ce contexte que je l’ai invité. Si on doit se priver de présenter des géants d’entreprises qui sont indépendantistes, comment on fait pour avancer?», plaide M. Blanchet.

N’empêche, Pierre Karl Péladeau ne dirige pas une compagnie qui fabrique du savon, mais bien une entreprise qui possède notamment un réseau de télévision généraliste avec un service de nouvelles, une chaîne d’information en continu et deux journaux quotidiens. À ce titre, M. Blanchet affirme qu’il faut protéger les journalistes et défendre la liberté de la presse.

«Il (M. Péladeau) n’entre pas dans les salles de presse pour dire quoi écrire, comme Martin Cauchon (ex-propriétaire de Groupe Capitales Médias et ancien ministre libéral fédéral) n’entrait pas dans ses salles de presse pour dire quoi écrire. Pierre Karl n’intervient pas là-dedans. Si l’éthique est respectée, je n’ai pas de problème avec ça. Radio-Canada est une entreprise qui a le mandat de préserver l’unité canadienne, mais les journalistes sont d’une intégrité exemplaire. Je suis un défenseur de l’indépendance de la presse. Mais il y a toujours un propriétaire à quelque part. Il faut protéger la personne qui tient le crayon», image le chef du Bloc québécois, en précisant qu’il prône pour la présence d’un maximum de propriétaires différents pour la presse.