À l’occasion de son investiture comme candidat du Bloc québécois dans Saint-Maurice-Champlain, Pierre Jolivet (au centre) a reçu l’appui d’Harold LeBel, député péquiste de Rimouski (à gauche), et d’Yves Perron, président du Bloc québécois et candidat bloquiste dans Berthier-Maskinongé.

Pierre Jolivet officiellement investi pour le Bloc québécois dans Saint-Maurice-Champlain

Trois-Rivières — Tandis que le tout Trois-Rivières n’en avait que pour la confirmation de la candidature de son ancien maire, sous les couleurs conservatrices, le Bloc québécois investissait son propre candidat dans la circonscription de Saint-Maurice-Champlain, jeudi soir. C’est Pierre Jolivet, fils de celui qui aura été député péquiste de Laviolette pendant près de 25 ans, qui aura la tâche d’affronter le ministre François-Philippe Champagne lors du scrutin du 21 octobre prochain.

Une cinquante de personnes s’étaient déplacées pour venir encourager le nouveau candidat, au complexe La Franciade du secteur Saint-Louis-de-France. Son père Jean-Pierre, l’ancienne députée du coin, Noëlla Champagne, Yves Perron, président du parti, de même qu’Harold LeBel, député péquiste de Rimouski, étaient venus signifier leur appui à la recrue souverainiste.

Jean-Pierre Jolivet est le premier à convenir que la bataille que devra mener son fils ne s’annonce pas facile. Le principal intéressé affirme ne pas trop s’en faire. «Si mon adversaire détient un poste impressionnant, il appartient à un gouvernement qui n’impressionne personne», déclare-t-il.

Pierre Jolivet, 45 ans, se plaît à rappeler que la circonscription a appartenu aux bloquistes à plus d’une reprise, en citant les noms des anciens députés Jean-Yves Laforest et Marcel Gagnon. Celui qui œuvre comme professeur de musique sur la rive nord de Montréal souligne qu’il ne se présente évidemment pas pour décrocher un poste de prestige, mais bien pour défendre les intérêts des gens du coin.

Le président du parti, Yves Perron, sera lui-même porte-couleurs bloquiste dans la circonscription de Berthier-Maskinongé. C’est lui qui a ouvert la soirée, de manière originale dans les circonstances, en entonnant Faut que j’me réveille, de Gilles Vigneault, en s’accompagnant lui-même à la guitare.

Appelé à cerner les principaux enjeux que le parti entend défendre dans la région, M. Perron se fait volubile. Il souligne d’abord que le secteur agricole est sorti grand perdant des accords commerciaux internationaux signés ces dernières années. Avant 2011, du temps que le Bloc était un parti officiellement reconnu à Ottawa, 17 traités internationaux avaient été signés par le gouvernement canadien sans que la gestion de l’offre soit affectée, fait-il valoir. Or, depuis les dernières ententes, c’est 9 % de pertes en revenus que les producteurs ont dû encaisser, s’indigne-t-il.

Le président du parti évoque ensuite les conditions que se feront poser les agriculteurs pour être dédommagés des pertes qu’ils subiront à cause des récentes inondations. «Il y a des assurances récolte, mais si [les agriculteurs] n’ont pas semé, il n’y a pas d’assurance. On n’a rien eu pour 2017 et il n’y a pas grand monde qui en parle», déplore-t-il.

M. Perron se désole par ailleurs des faibles compensations offertes aux victimes de la pyrrhotite. «On dit beaucoup que le gouvernement Trudeau a versé 30 millions $. Est-ce que c’est suffisant? On va aller interviewer des gens qui en ont souffert, on va se rendre compte que non», soutient-il.

Dans la même veine, il maintient que tout le secteur forestier du nord de la région est continuellement négligé par le fédéral. «On a besoin de se faire respecter à Ottawa», martèle-t-il.

Quant à la vitalité du parti, Yves Perron affirme que depuis qu’Yves-François Blanchet est aux commandes, la donne a complètement changé sur le terrain. «Ça se bouscule aux portes», lance-t-il à propos du recrutement de candidats en vue du prochain scrutin.

Avec la candidature de Pierre Jolivet, dans Saint-Maurice-Champlain, celle d’Yves Perron, dans Berthier-Maskinongé et le retour du vétéran Louis Plamondon, dans Bécancour-Nicolet-Saurel, il ne manquera plus que l’annonce officielle de la candidature de Louise Charbonneau, présidente sortante de l’exécutif du parti dans Trois-Rivières, pour que le portrait bloquiste soit complet dans la région.