Pierre Giguère a notamment pu compter sur l’appui du député de Champlain, Pierre-Michel Auger, lors de son assemblée d’investiture, lundi soir.

Pierre Giguère confirmé pour les libéraux

SHAWINIGAN — Aux sondages qui prédisent un gouvernement caquiste majoritaire le 1er octobre, libéraux et péquistes ont opposé la force de leur base militante lundi soir, lors des assemblées d’investiture de ces formations pour le nouveau comté de Laviolette - Saint-Maurice. Autant au Club de golf de Grand-Mère qu’au Broadway Microbrasserie, une centaine de partisans se sont réunis en début de soirée pour couronner leur représentant dans la course électorale qui s’amorce.

Un véritable tour de force de la part de deux formations qui traînent de la patte dans l’opinion publique depuis plusieurs mois. Rien n’y paraissait lors de ces rassemblements, marqués par l’enthousiasme des militants et la fébrilité des candidats qui ont décidé de plonger même si la température de l’eau demeure peu invitante. Comme prévu, Pierre Giguère (PLQ) et Jacynthe Bruneau (PQ) se présenteront sur la ligne de départ.

Au vénérable club de golf, l’actuel député de Saint-Maurice a officiellement été désigné en présence de ses collègues Dominique Anglade (Saint-Henri - Sainte-Anne), Laurent Lessard (Lobtinière-Frontenac), Luc Blanchette (Rouyn-Noranda - Témiscamingue) et Pierre-Michel Auger (Champlain). Par contre, aucune trace de la députée de Laviolette et ministre responsable de la région.

On sait qu’au départ, le premier ministre, Philippe Couillard, avait arrêté son choix sur Julie Boulet aux dépens de M. Giguère pour représenter le PLQ dans le nouveau comté fusionné de Laviolette - Saint-Maurice. Au début mai toutefois, l’expérimentée politicienne créait toute une commotion dans le parti en décidant de ne pas solliciter un nouveau mandat, prétextant une soudaine perte d’intérêt.

Cette assemblée d’investiture aurait pu constituer un beau moment pour passer le flambeau, surtout qu’elle se déroulait dans l’actuel comté de Laviolette dans une volonté d’unir les forces. En fait, Mme Boulet n’apparaissait même pas dans une vidéo diffusée aux militants lundi soir dans laquelle Jean-Denis Girard (Trois-Rivières), Marc H. Plante (Maskinongé) et M. Auger soulignaient le travail de M. Giguère et la qualité de sa candidature.

L’actuel député de Saint-Maurice ne voulait pas trop s’éterniser sur l’absence de sa collègue, mais il assurait qu’elle avait été invitée.

«Elle avait autre chose; elle ne pouvait pas être ici. Mais des collègues se sont ajoutés, comme M. Blanchette.»

«Moi, j’invite les citoyens», ajoute-t-il. «Tous les membres étaient invités. Je l’ai invitée personnellement. On est rendu à une autre étape.»

Tour à tour, les collègues de M. Giguère ont tenu à souligner sa contribution au gouvernement dans les questions touchant l’agriculture, ses qualités humaines et sa détermination. Ému à certains moments, surtout lorsqu’il était question des sacrifices imposés à sa conjointe et à ses enfants, M. Giguère retire beaucoup de fierté de la réalisation de Shawinigan aluminium, de l’arrivée de CGI, de l’assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue, de l’agrandissement à l’école Sainte-Marie, des investissements prévus à l’urgence du Centre hospitalier du Centre-de-la-Mauricie, des jardins communautaires de Shawinigan et de la Maison Aline-Chrétien.

Mardi, M. Giguère participera à une nouvelle annonce d’agrandissement d’une école primaire fort attendue, cette fois du côté de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Pas indépendant
Cette soirée pouvait difficilement être imaginable au début février, alors que Mme Boulet avait été retenue par son chef pour garder le comté dans le giron libéral. À ce moment, M. Giguère envisageait tous les scénarios possibles, y compris celui de se présenter comme candidat indépendant.

Au fil des semaines, il avait finalement décidé de se retirer de la vie publique si sa collègue n’avait pas tourné les talons.

«C’est venu sur le plancher parce que des citoyens me l’ont demandé», explique-t-il. «Mais j’aurais annoncé que je ne serais pas candidat indépendant ni pour aucune formation. Je suis un gars terre à terre. Je me suis demandé pourquoi j’irais faire ça et quel aurait été le résultat? Quelles auraient été mes chances de gagner et en plus, j’aurais nui à mes collègues de la Mauricie. J’ai fait l’analyse, mais ça n’a pas duré longtemps.»

Gonflé à bloc, M. Giguère rappelle que personne n’aurait parié une paire de vieilles chaussettes sur ses chances d’être élu à trois mois des élections en 2014, surtout dans un comté où le Parti québécois régnait sans partage ou presque depuis vingt ans.

«Je suis un gars de terrain, je vais voir le monde. Je n’ai pas toutes les solutions, mais on travaille ensemble. C’est ce que j’offre aux gens.»